‹ La Tunisie et l'œuvre du Protectorat françaisChapitre 35 sur 52 · CHAPITRE X L'état économique · texte numérisé non relu

CHAPITRE X L'état économique

L'exploitation des forêts domaniales. — Progrès de la colonisation agricole.

— Augmentation du nombre des centres ruraux. — Les cultures de céréales.

— Le vignoble et la mévente des vins. — Les plantations d'oliviers et les cultures fruitières. — L'élevage du bétail. — Les pêcheries maritimes. — Les richesses du sous-sol. — Décadence des industries indigènes. — Etat actuel des industries européennes. — Importance du mouvement commercial.

Quoique siiftisamment pourvue de ressources naturelles, la Tunisie était cependant, avant l'occupation française, considérée comme un pays pauvre et hors d'état de nourrir une population nombreuse. On oubliait volontiers qu'au temps de l'ancienne Rome cinq ou six millions d'habitants avaient vécu sur cette terre, les uns adonnés à l'agriculture, les autres utilisant les richesses de la mer on exploitant les minéraux cachés dans le sous-sol.

Les mauvais jours vinrent, il est vrai, quand disparut cette savante organisation administi-ative qui lit longtemps régner la paix dans le monde méditerranéen. Alors, les mines et les carrières furent abandonnées, les trésoi'S enfouis sous les eaux de la mer furent nét-liiîés, la terre elle-même redevint inculte en de nombreuses régions et le vide se fit dans les campagnes désolées. La sauvagerie des Turcs et l'incurie des ministres beylicaux perpétuèrent cet état de choses jusqu'en 1881, mais sous cette apparente pauvreté les Français surent retrouver la richesse latente. Vaillamment, ils se mirent à l'ouvrage, et leurs efforts bien conduits rendent peu à peu aux cantons qui semblaient les plus déshérités leur antique prospérité.

Une des premières préoccupations de l'Administration du Protectorat fut de préserver les taillis et les forêts qui avaient échappé aux incendies allumés pendant les guerres ou causés par la criminelle négligence des pasteurs arabes. Avec 500.000 hectares de boisements, dont moins de 100.000 en arbres de haute futaie, la Tunisie est particulièrement exposée au ravinement des collines et a l'irrégularité du débit des sources. L'aménagement des forêts avait

donc, en un pays aussi dénudé, une importance toute particulière pour la colonisation agricole, sans préjudice des bénétices que pouvait en retirer le Gouvernement.

Les boisements les plus étendus, les seuls, à vrai dire, qui ont actuellement une véritable valeur économique, sont les massifs de Khroumirie, d'une contenance d'environ 100.000 hectares : forêts de Feïdja et d'Aïn-Draham, forêts des Nefza et des Mogod, puis quelques bouquets isolés au nord de Béja.

On ne saurait cependant passer sous silence lesboisdeZaghouan et de Hammamet, ceux de la haute vallée de l'oued Miliane, les forêts de La Kessera, des Zlass,de Sidi-Youssef et de l'oued Melleg, la forêt de Neheur, les massifs de Haïdra, les massifs de Mactar, le tout ayant une contenance d'environ 30.000 hectares; la forêt de Feriana, d'une superficie de 50.000 hectares, et enfin les 15.000 hectares de Cheba, entre Mahdia et Sfax. Il faut aussi signaler dans le sud le massif unique d'acacias gommifères de Thala.

Deux essences principales, le chêne-liège et le chêne zéen, couvrent les parties supérieures des montagnes du nord, dont les pentes inférieures sont peuplées de broussailles et d'oliviers sauvages. Le fond des vallées est occupé par l'aune, le saule, le peuplier l^lanc, le peuplier noir, le houx, etc. De maigres taillis de chênes verts couvrent aussi les hauteurs moyennes.

Les boisements du sud sont en moins bon état, mais renferment encore de superbes massifs de pins d'Alep et de chênes verts, qui se dressent au milieu de buissons d'oliviers sauvages et de thuyas.

En liège de reproduction, bois d'œuvre des massifs de chênes zéens, écorce à tan, charbons de bois, etc., les forêts tunisiennes ont rapporté, en 1904, plus de 1.100.000 francs, tandis que les déjjcnses du Service, y compris la (ixatiun des dunes domaniales, n'ont pas dépassé 583. 'iOO h-ancs. Les bénéfices de l'exploitation seront encore plus considérables quand l'aménagement des massifs soracomplèteimiil IciiniiK-.

Dans les régi(jns de steppes, les immenses étendues d'alfa font aussi l'objet d'une exploitation rationnelle 1res rémuii(''ralrice. L'alfa roussia s'exporte prinri[)nlemeiil en Angleterre pour la l'aiji'ication du j)apier, el l'ulfa maboul est surloul nlilisé par les in-

digènes pour les travaux de sparterie. Des usines viennent d'être créées à Tunis et à Sousse pour l'utilisation sur place de cette précieuse plante, dont l'exportation dépasse déjàun million de francs.

Mais l'initiative privée a surtout porté son effort sur les parties cultivables du sol de la Régence. Sans doute, la charrue n'a pas encore entamé toutes les régions susceptibles d'être défrichées; l'œuvre de régénération est néanmoins commencée. Déjà l'on peut mesurer le chemin parcouru et constater l'importance des résultats acquis. Plaines du Khanguet et du Mornag, vallées de la Medjerda et de l'oued Miliane, collines du Goubellat et du Cap-Bon, Sahel de Sousse et de Sfax, partout la colonisation s'implante en maîtresse, modifiant la physionomie du paysage, empiétant sur la steppe, faisant même parfois reculer les sables du désert. L'indigène, étonné tout d'abord, presque inquiet de ces progrés incessants qu'il regardait sans comprendre, s'associe peu à peu à ce mouvement de conquête pacifique. A l'exemple de ses voisins européens, il perfectionne ses procédés de culture et ses méthodes d'élevage. Les foires aux chevaux de Kairouan et les concours agricoles de Tunis, Sfax, Béja,Mateur, témoignent dès maintenant de la valeur de nos exemples.

A l'inverse de ce qui s'est passé en Algérie, les campagnes tunisiennes furent d'abord occupées par des propriétaires français possédant de vastes superficies et capables de consacrer à la mise en valeur de leurs domaines des capitaux importants. Cette première forme de la colonisation eut pour effet la constitution dans le nord de la Régence de quelques ilôts presque exclusivement affectés aux plantations de vignes et à la culture des céréales. Un nombre restreint de nos compatriotes, aidés par une main-d'œuvre italienne ou indigène, vivait sur ces «henchirs». On ne comptait, en 1885, que 136 propriétés françaises s'étendant sur 212.811 hectares. Encore est-il bon d'ajouter que le domaine de l'Enfida, appartenant à la Société Marseillaise, ligure à lui seul pour cent mille hectares sur ce total. La promulgation de la loi sur l'immatriculation foncière eut pour effet d'accroître rapidement ce nombre dans les cinq années suivantes, et, en 1890, on trouve 505 propriétés françaises formant une étendue de 359.000 hectares. Le progrès

n'est guère sensible jusqu'en 1893, puis la mise en valeur des terres sialines marque une nouvelle étape; en 1897, on compte un millier de propriétés françaises. Enfin, l'aliénation des autres terres domaniales, les concessions de habous, les facilités de tous genres accordées par l'Administration afin de favoriser le peuplement des terres arables transforment peu à peu le mode primitif de colonisation, provoquent la naissance de groupements où domi-

LE GOUIiliLLAT : llAlilTATlON u'UN COLON FUAN(,-AIS

lient les moyens et les petits propriétaires, si bi.Mi (praujourd'liui on note l'existence de plus «le I .OOO <loiii;iiii(>s. .riiiii> siipciiicie totale; de (ilJT.CKX) hectares.

Pendant que se prodiiisiiit cette ('■Vdlutiitii de notre système de colonisation ;i<ifi(:ole, les étrangers ne l'estiiieiit pas iii;ietit's, et 8().()(X) hectares passaient ;m\ ni.iiiis (l<'s Itiilieiis et Kiiro|)éeiis de nationalités diverses.

.Sous rinlluence de ces multiples causes, les villages commencent

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à surgir dans les pays à céréales ou dans les régions de culture arbustive. Tantôt ces petits centres agricoles sont presque entièrement composés de Français : tel est le cas au Goubellat, à La Mornagliia,'iU'i Bir-M'cherga, à Uusseltia, à Maknassy, à La Merdja de Souk-el-Khemis, à Bir-Meroua, à Dar-Djendi et à Triaga, anciens domaines de l'Etat mis à la disposition de nos compatriotes par la Direction de l'Agriculture. Tantôt, au contraire, les groupements sont surtout formés par des paysans italiens installés sur des parcelles provenant du lotissement de vastes propriétés particulières. Ainsi furent constitués les centres de M'rira, Chaouat, Saïda, Oued-el-Lill, Zaiana, Birine, Sedjoumi, Bordj-el-Amri, Farcine, Reyville, Bou-Ficha, Seinech et Nianou, etc. Mais dans l'un comme dans l'autre cas, c'est le démembrement des grands domaines qui a rendu possible l'installation sur le sol tunisien d'agriculteurs disposant seulement de modestes ressources.

Le long des voies ferrées, auprès des anciennes villes indigènes, se sont aussi réunis des colons européens vivant surtout du travail de la terre, soit comme possesseurs du sol, soit comme métayers, fermiers ou même comme simples manœuvres. Ainsi s'explique le subit développement de Ghardimaou, Souk-el-Arba,Souk-el-Khémis, Béja, Tebourba et tant d'autres points dont la fortune est toute récente. Le même phénomène se manifeste aux abords des stations de la ligne de Tunis au Kef, à peine ouverte à la circulation, et Ton n'a pas encore achevé la voie de Sousse à Aïn-Moularès que déjà des villages de colonisation, comme Sidi-Naceur-Allah, sont en création dans les endroits les plus favorables.

C'est le début d'une ère de prospérité pour la Régence, car la multiplicité des centres agricoles et l'incessante augmentation du nombre des villages auront pour effet immédiat de hâter le peuplement français, d'accroître les sources de production, par suite, de donner au commerce local et au mouvement des échanges extérieurs des éléments de prospérité qui parfois encore lui font défaut.

Le caractère général de cette évolution apparaît nettement

(1) 11 y a aussi à La Mornaghia un petit groupement de colons italiens.

quand on étudie la marche des emblavements et des plantations sur toute l'étendue de la Régence. On est amené, en elïet, à constater que non seulement les progrès de la colonisation ont eu pour conséquence de livrer à la culture des emplacements autrefois abandonnés, mais encore que les indigènes tendent aussi à diminuer dans une forte proportion les espaces jusqu'ici laissés en friche autour des douars. La raison en est que la présence des Européens les incite au travail et qu'ils ont en même temps des facilités plus grandes pour la vente de leurs récoltes on de leurs bestiaux.

A l'appui de cette assertion, il suffit de citer les chiiTres donnés par les rapports officiels. « Des pluies abondantes, dit un de ces documents, étant tombées à la fin de l'hiver 1899-1900, avaient encouragé les indigènes à faire d'importantes semailles de céréales. Les surfaces emblavées ont été, en elfet, de 429. 288 heclan^s pour le blé et de 340.137 hectares pour l'orge, soit, comparativement à l'année précédente, une augmentation de 01.518 hectares pour le liié et de 2G.7G2 hectares pour l'orge. )> Cinq ans plus tard, sans changement appréciaijje dans les conditions atmosphériques, les surfaces emblavées sont de 493. G15 hectares pour le blé et 482.058 hectares pour l'orge. On constate aussi que les ensomencemonts en avoine ont été chaque année en augmentant considérablement, passant de 8.012 hectares, en 1900, à 20.735, en 1903, et 48. 181 en 1904. Enhn, il semble que les indigènes, encourugésjpiir les résultats obtenus, se préoccupent d'imiter les colons 'européiMis <'l de pratiquer également cette culture si rémunératrice.

Si l'on songe que la superficie des terres susceptihles d'élre iiiis(>s en valeur par l'agi'iculture et l'élevage est ilcnviiMii Imil millions frhectarcs,"^ on se rendra compte, par les chirfresj)récédenls,(les pi'ogrès déjà réalisés. Plus d'un million d'hectares cmlilavc's dans un [tays où |)artout le système des jachères est en usîigc, ci'la représente, en cllct, au moins ficiix millions d'hcclarcs alleinaliviMiicnl alï(;ctés nu |);ilina^(! et à la (■iilliii'e.

« Le vignobh; coniporlail, d'aiilre pari, an (h'-hnl de lamii'-c 1900,

{M Notice, p. 1.

une superficie de 16.000 hectares en chitrres ronds ; les plantations d'oliviers, 220.000; de palmiers, 19.000; etc. » Les espaces vides diminuent ainsi peu à peu d'étendue devant la patiente énergie du colon ; mais que de mornes solitudes encore à conquérir par la charrue ! que de plaines dépourvues de véf^étation arbustive, de collines aux flancs décharnés à recouvrir de riches plantations !

C'est au moyen de la vigne et de l'olivier que cette œuvre si intéressante a été surtout entreprise. La Tunisie est, en effet, par son sol comme par son climat à saisons tranchées, le pays de prédilection des cultures arbusiives. De plus, les ravages du phylloxéra

LE MUNCHAR : L'NF. MKTAIRIE

en France eurent pour conséquence de provoquer un véritable engouement pour la vigne dans toute l'Afrique française du Nord, car l'on espérait y échapper à la poursuite du redoutable insecte et combler par la production algéro-tunisienne le déficit des récoltes de la métropole.

En quinze ans, on planta en Algérie près de cent mille hectares. Sans doute, l'effort accompli dans la Régence ne saurait être comparé à celui de la colonie voisine, où la population agricole était plus dense ; mais en 1882 le vignoble européen n'occupait guère que 100 hectares sur le territoire de la Tunisie ; dix ans après, on pouvait noter l'exploitation d'un vignoble de 5. 475 hectares, et enfin,

en 1004, on comptait li.l07 hectares en plein rapport, auxquels il faut ajouter environ 1.700 hectares appartenant à des propriétaires indigènes, soit au total 16.000 hectares, pouvant donner, dès maintenant, environ 300.000 hectolitres de vin. On signalait cette même année que, (cpar suite de l'état pléthorique du marché français et des grèves qui avaient entravé les envois, la vente des vins avait été particulièrement difficile et que les cours moyens n'avaient guère dépassé 8 à 10 francs l'hectolitre ». Doit-on voir là un fait accidentel ou, au contraire, les conséquences de la reconstitution du vignoble métropolitain? La persistance de cette baisse de prix tend à prouver qu'il s'agit ]nen d'un phénomène économique d'ordre général. Les colons tunisiens auront désormais quelque peine à écouler leurs produits sur le marché français, à moins que, suivant les conseils des maîtres expérimentés en la matière, ils ne se décident résolument à faire choix pour leurs plantations d'espèces pouvant donner des vins de coupage ou des vins liquoreux. Reste, il est vrai, le marché extérieur, et particulièrement les pays de l'Europe septentrionale ; mais l'adoption de nouvelles mœurs commerciales est nécessaire pour pénétrer dans ces milieux encore mal connus de nos compatriotes. Souhaitons que la crise de mévente soit l'occasion de cette transformation si désirable de nos méthodes de propagande commerciale à l'étranger.

On peut, en résumé, répéter aujourd'hui ce qu'écrivait il y a tlix ans M. Paul i'ourde : « L"liistoir(> de la viliciilliirc en Tunisie (celle 1 de la viticulture algérienne est la même) se partage en trois phases : p('riode d'engouement pendant laquelle ont été constitués ces immenses et beaux vignobles dont (]uelquos-uns onl pins de t200 hectares (le plus gran<l en a5(K)); période de diM-ouragerncnt causé par l'abaissemeiil du prix i\t'< vins i|iii ;i Arcw les ('sp(''ranc('s dt^s planteurs, mais (jui, en Tunisie du nidins, n';i a ukmk* aucune catasii'ophe, car tous les colons uni Icnu hun (|ii;in<l niénie ; eulin, périoile (ju'on [)0urrait appeler |ii''ii(M|f de pioi^ivs d «le sagesse. La mai'ge des bénéfices s'(''l;iiil i^'-lrécir, on s'ingc'-nii' à l:i r('u''lar^ir m ;init''li(ii anl

la culture et en aimMioriUit l;i \ inilicalion »> et aussi, pituvons-

nous ajouter, ru clioisissanl niii'ux les (■('■pages, en (■r('';inl des ly|)es devins dilTércnts de ceux de la ni(''lr()jK)l(\ «Si I On n Cu es! plus

aux rêves d'il y a (jiiinzc ans, on envisage l'avenir avec conliance.

(( Conduite avec la prudence que réclame toute entreprise agricole, faite avec le souci de ne rien négliger des perfectionnements révélés par l'expérience, la viticulture, remise à son rang après ces hauts et ces bas» contiiuieraà nous apparaître comme une des industries les plus propres « à attirer et à fixer dans notre possession les colons français » '''

L'olivier est pour le centre tunisien ce que la vigne est pour le nord. S'il est téméraire d'affirmer avec la légende que l'introduction de cette plante précieuse chez les Liby-Phéniciens soit due à Aniiibal, il est hors de doute en tout cas que les Carthaginois retiraient déjà d'énormes revenus des olivettes qui couvraient le pays. Plus tard, quand les Romains établirent leur domination sur l'Afrique, la culture de l'arbre consacré à Minerve gagna toute la Byzacène. Une immense forêt d'oliviers s'étendait du Sahel de Sousse et de Sfax jusqu'aux montagnes de Tébessa et du Kef. Partout sur le vaste territoire compris entre ces divers points se dressent les ruines d'innombrables huileries. Çà et là quelques îlots d'arbres centenaires subsistent même encore, muets témoins des invasions passées. Ce sont les pasteurs arabes'-' qui ouvrirent ces énormes brèches à travers les rangs serrés des vieux plants si respectés des anciennes populations ; c'est devant les troupeaux que peu à peu la culture arbustive disparut pour faire place aux herbes de la steppe. Sur quelques points seulement les populations vivant de l'olivier réussirent à se maintenir, particulièrement le long du littoral. Mais telle était l'importance de cette forêt si vantée que ses débris suffisent encore aujourd'hui à classer la Tunisie comme le premier pays oléicole du monde.

Près de dix millions d'arbres'^' ont été recensés pour l'établis

(1) Voh' dans La France en Tunisie, publiée sous la dii'ection do Louis Olivier : « La Viticulture en Tunisie », par Paul Bourde, p. 160.

(2) Et aussi la sauvage méthode défensive des Berbères de la Kaliéna. reine des tribus de l'Aurès.

(3) Exactement 9.526.567, se décomposant ainsi :

Sauvageons 711 .586

Greffés, âgés de moins de 20 ans 1.582.326 Greffés, âgés de plus de 20 ans. . 7 .232.6.55

sèment de Fimpôt ((kanoun» à percevoir pendant l'année 11K)2. La production et la culture varient selon les régions. Rien n'est plus différent d'aspect qu'une olivette du nord de la Régence et un des grands vergers du Sahel de Sfax. D'une part, des plantations serrées comptant jusqu'à 120 et même 150 arbres à l'hectare ; de l'autre, de larges espaces intercalaires ménagés le long des rangées d'arbres danslebutde favoriser le développement des racines et la croissance des branches, mais ne permettant guère de planter que 18 à 20 unités à l'hectare. '^' Les olivettes du Sahel de Sousse, qui comptent jusqu'à 60 pieds à l'hectare, forment comme une sorte de transition entre les deux systèmes précédents.

Pour s'expliquer une telle diversité dans les méthodes de culture, il suffit de songer que le régime des pluies est essentiellement variable selon les régions, et que le degré d'humidité du sol est beaucoup moindre dans les environs de Sfax qu'autour de Tunis.

On a constaté aussi que les plantations du nord sont en général assez mal entretenues. Longtemps on attribua ce fait à la nature de l'impôt perçu, consistant en une dîme sur le produit de la récolte au lieu d'une taxe par pied d'arbre, comme dans le sud. On distinguait ainsi les pays (Vachour et les pays de kanoun. Dans ces derniers seulement, disait-on, l'agriculteur était en courage à soigner ses arbres. En réalité, les causes liscales ne sufliseiit pas à exphquer l'état d'infériorité des olivettes de la Tunisie septentrionale. Les raisons de ce phénomène résidcnl dans le gcaiid nombre de biens habous soustraits à la vigilance de leurs propriétaires, dans l'insuflisance de la Ghal)a'-) à remplacer l'initiative privée, dans un mode défectueux de plantation serrant les arbres à tel point (ju'ils ne peuvent être suflisamment ac'rt's et l'endent plus diflieile le hi- Ijour; la tailleelle-même est mal comprise, et la cueillette des olives se l'ail par gaulage au lieu d'être en'ectu(''e à la main.

De là, des rendemeiils insul'lisauls que radniiuisti'alidu s'est efr()i'e(''e d'améliorer p.ir luie nTorine de l;i (lliidia, l'enqiloi de nouveaux procédés de l;iillt\ une suiveilhinee plus eriieiiee des cultures

(') (Jnliiiairoment dix-sepi .

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