‹ La TunisieChapitre 2 sur 98 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

économique des régimes, celui qui exige le moins tle personnel européen, et celui qui est le plus facilement accepté par les indigènes, il permet, beaucoup mieux que le régime de Tadministration directe, de prélever sur les recettes budgétaires les sommes nécessaires à Texécution des travaux publics. VA tous étaient désireux de construire des routes, des chemins de fer, des ports, etc., qui, en créant la ricliesse, leur vaudraient la reconnaissance des colons et des indigènes. Aucun n'aurait admis comme règle de conduite cette formule trop facilement adoptée dans la métropole : « les établissements d'outre-mer sont faits pour assurer des places bien rétribuées à ceux qui n'en trouvent pas en France ».

La Tunisie a échappé à l'application de ce faux principe parce qu'elle est placée sous la haute direction d'un ministère métropolitain dépourvu de caractère administratif et n'employant qu'un personnel très spécialisé, ce qui le soustrait aux sollicitations des gens en quête de places pour leur clientèle électorale.

C'est probablement aussi à cette condition particulière que la Tunisie doit d'avoir vu ses résidents généraux y faire tous de longs séjours. De 1881 à 1916 elle en a eu seulement cinq, tandis que de 1884 à 1916 rindo-Chine en a vu passer treize ou quatorze dont plusieurs n'y restèrent qu'un petit nombre de mois.

De tous ces faits le lecteur conclura sans nul doute avec moi que le gouvernement de la République rendrait à nos établissements coloniaux un bien grand service en les dotant d'assez d'indépendance pour que

VI PRÉFACF.

ciiacuii d'euLie eux put se développer coniormémenl aux conditions particulières dans lesquelles il se trouve, et en accordant à leurs gouverneurs assez d'autorité pour qu'ils se sentent responsables de leur gestion politique, administrative et économique vis-à-vis de ceux, indigènes et colons, qui y sont directement intéressés.

Je tiens à remercier, en terminant, le Résident général et ses collaborateurs ainsi que le président de la Chambre d'agriculture pour l'amabilité avec laquelle ils m'ont documente en vue de cette seconde édition. L'empressement qu'ils y ont mis est à mes yeux et sera pour le lecteur un témoignage de plus en faveur de l'excellence de l'œuvre accomplie en Tunisie.

•I.-L. DE Lanessan.

Ecoueu. le iô décembre 191G.

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