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par une dépense de plus de 50.000 francs par an, les pêcheurs, livrés à eux-mêmes, auraient, en peu d'années, épuisé des bancs (jui font vivre actuellement plus de quatre mille cinq cents marins et leurs familles, arabes, grecs et surtout italiens. »
En vertu des conventions signées par le gouvernement beylical « les Italiens et les nationaux de toutes les puissances qui ont avec la Tunisie le régime de la nation la plus favorisée peuvent exercer librement l'industrie de la pêche dans les eaux tunisiennes, le gouvernement beylical conservant, bien entendu, sur les eaux, les pouvoirs de souveraineté et de police qui sont dans les attributions de tout gouvernement ' ». Néanmoins les beys ont. depuis une époque indéterminée, contracté l'habitude de concédcides droits spéciaux sur certains points du littoral en vue de l'établissement de pêcheries dont quelques-unes, les thonaires par exemple, ont une grande importance.
Les eaux des lacs sont placées en dehors de ce régime. Le gouvernement tunisien y jouit d'un droit absolu de propriété, <m vertu duquel il a pu amodier l'exploitation de la pêche dans les lacs de Bizerte, d'Iskeul, de Porta-Farina, de Tunis et des Bibans.
La plus importante de ces exploitations a été pendant longtemps et est peut-être encore celle des lacs de Bizerte et d'Iskeul. Le lac de Bizerte a une superficie de 150 kilomètres carrés; il communique avec le lac d'Iskeul, dont la superficie est de 120 kilomètres carrés par un chenal sinueux, long' de 5 kilomètres, connu sous le nom d'oued Tindja. Pendant neuf mois de l'année cet oued coule du lac Iskeul vers le lac de Bizerte ; pendant les trois mois de fortes chaleurs il coule du lac de Bizerte vers le lac d'Iskeul. La composition des eaux de ce dernier lac varie suivant la direction du courant. Avant l'établissement du Protectorat et le creusement du canal qui joint aujourd'hui directement le lac de Bizerte à la mer, les poissons ne pouvaient entrer ou sortir du lac que par un canal sinueux,