INDUSTRIES EXTRACTIVES, CHIMIQUES ET MÉCANIQUES
Un gisement de phosphate a été découvert à Gafsa il y a quelques années; une Compagnie s’est formée pour l’exploiter. La Compagnie n’a pas encore commencé cette exploitation; elle n’en est encore qu’à la période d’essai ; toutefois il est certain aujourd’hui que cette affaire sera d’un excellent rapport; mais la création d’une fabrique d’acide sulfurique en Tunisie assurerait a
LES INDUSTRIES DES EUROPEENS EN TUNISIE
ccttc Compagnie de plus grands revenus encore; en effet, la transformation du phosphate en superphosphate sur place lui procurerait l’écoulement d’une grande quantité de ses produits pour les besoins de la consommation tunisienne à des prix bien plus rémunérateurs. Les phosphates ne peuvent pas être utilisés sous leur forme naturelle, et, s’ils doivent être expédiés à l’étranger pour y être transformés, la Tunisie n’aura plus l’avantage de ccttc source de richesse. La fabrication de l’acide sulfurique sur place s’y ferait à très bon compte, puisqu’on aurait à bon marché les pyrites de fer et de cuivre du pays ou le soufre de Sicile.
Depuis quelques années, MM. Balzan et C1C et MM. Démange frères, constructeurs à Soussc, ont créé dans cette ville des établissements pour la fabrication des briques à bâtir; cette industrie parait prospérer.
Nous n’en dirons pas autant de l’industrie des poteries et carrelages, autrefois si florissante en Tunisie; elle a été l’une des plus considérables de ce pavs au commencement du siècle, mais
EXTRACTION DU SEL U^NS LES SEBKIIAS (p. 277).
elle a passé presque tout entière entre les mains de l’Italie, qui inonde de ses produits tous les ports de la Régence.
Nous signalerons aussi l’extraction du sel qui se pratique dans les sebkhas ou lacs salés
(fig. P. 277).
La fabrication du gaz d’éclairage en Tunisie n’est pas de celles qui sont appelées à prospérer. La cause en est au bon marché du pétrole, qui n’est pas soumis, comme en France, à d’énormes droits de douane. L’éclairage au gaz est considéré comme un éclairage de luxe, dont l’emploi serait très limité, surtout dans les petites villes.
Les lièges des forêts de la Khroumirie fourniraient, à notre avis, un aliment plus que su I lisant pour plusieurs fabriques de bouchons, qui trouveraient leur écoulement sur place. Une industrie de ce genre serait des plus prospères; en effet, les bouchons pour les huiles et les vins viennent de France ou d’ailleurs.
Quant à la construction des machines et instruments agricoles, il n’y a absolument aucun intérêt à ce qu elle soit entreprise sur place, en raison de la franchise des droits d’entrée dont sont favorisés ces articles. De même quant il la construction mécanique en 1er et acier. En effet, tous les matériaux destinés à l’usage industriel ou à l’usage agricole sont exempts de tous droits-
SI nous ajoutons que les ouvriers spécialistes manquent, et que, si l’on en faisait venir, on les payerait beaucoup plus cher qu’en France, nous aurons suffisamment démontré que ces dernières industries ne sont pas appelées à réussir en Tunisie, du moins pour le moment.
Pour la construction en bois, on emploie généralement les bois de Norvège, qui arrivent dans les ports de la Tunisie à aussi bon compte que dans les nôtres.