RÉGLEMENTATION ET PROTECTION DES PECHES
Depuis longtemps déjà, des capitalistes français ont songé à tirer parti des nombreuses richesses qu’offrait la côte tunisienne; mais ce n’est guère que depuis le protectorat français que les affaires peuvent s’y développer. Dans la Conférence consultative de Tunis, en novembre 1895, la Commission fut d’avis de maintenir le vœu de la précédente session, vœu qui avait pour but de délimiter le domaine maritime au fur et à mesure que l’Etat pourrait disposer des moyens financiers nécessaires, ce qui permettrait d’accorder des concessions de pèche aux personnes offrant des garanties sérieuses pour en faire l’exploitation régulière. La commission fut aussi d’avis qu’une réglementation complète de la pêche côtière fût promulguée au plus tôt.
En ce moment, les pêcheurs ne sont soumis à aucun contrôle et jouissent de privilèges qu’il serait dangereux de maintenir à l’avenir. Ils opèrent avec des engins de toutes sortes, sans s’inquiéter de l’avenir, ravagent, avec des filets h mailles étroites et des dragues, les fonds autrefois si poissonneux de la côte tunisienne.
Les entreprises de thonaires paraissent jouir d’une certaine faveur; l’administration a tenté aussi avec succès l’affermage de la pêche dans le lac de Tunis; ce fermage a été adjugé pour 17.500 francs par an. Une adjudication est en préparation pour le lac de Porto-Farina ; ce système sera très probablement généralisé.
J. -A. Deiss,
Manufacturier à Salon (Marseille),
Membre de la Chambre de commerce de Marseille.