TOTAUX
Ecoles publiques . . .
Ecoles libres .
Totaux .
Le nombre des élèves des écoles publiques a donc augmenté de 1.069, celui des écoles privées de 136; au total, 1.205,
En 1885, première année oii il a été possible de faire une statistique rigoureuse, ces écoles étaient fréquentées par 2.707 garçons et 1.683 filles, soit par 4.390 écoliers au total. Les résultats de 1885 et de 1896 s’opposent d’eux-mèmes et montrent le chemin parcouru. Nous ferons seulement observer qu’en 1883 il y avait à peine en Tunisie 150 élèves musulmans étudiant la langue française : il y en a aujourd’hui 3.585, non compris les adultes.
Matières enseignées . — L’enseignement primaire dans les écoles publiques de la Tunisie comprend l’instruction morale, la lecture, l’écriture, le français, l’arithmétique, les éléments de la géométrie et de la comptabilité, la géographie (spécialement celle du bassin méditerranéen), les éléments de l’histoire de la France et de l’Afrique du Nord, des récits sur les grands hommes de tous les âges, les éléments des sciences physiques et naturelles et leurs applications pratiques, les travaux manuels, le dessin, la musique élémentaire, la gymnastique pour les garçons et les travaux à l’aiguille pour les filles.
Ce programme n’est pas appliqué partout intégralement. On le suit cependant dans les écoles où les Européens forment la majorité. Il indique en tout cas le but à atteindre.
L’emploi du temps est arrêté par l’inspecteur primaire, sur la proposition des directeurs d’écoles. Les écoles sont aménagées selon les ressources qu’a pu fournir le budget tunisien. Le matériel d’enseignement est le même qu’en France. Mais les immeubles ne répondent pas à tous les desiderata. Il y a cependant progrès, et l’on peut espérer bientôt un aménagement suffisant pour les écoles de la Tunisie.
Les quatre établissements d’enseignement les plus considérables de la Tunisie se trouvent tous ;i Tunis. Ce sont le lycée Carnot, l’école secondaire de jeunes filles, le collège Sadiki et le collège Alaoui ou école normale d’instituteurs.
Lijcèe Carnot. — Le lycée de Tunis, auquel on a donné le nom de lycée Carnot en juin 1894, est situé au centre du quartier européen, avenue de Paris. 11 occupe une superficie de plus de deux hectares; c’est dire qu’on a pu donner aux bâtiments et aux cours de récréation tout l’espace nécessaire.
Le gouvernement tunisien a fait les plus grands sacrifices pour cet établissement, qui peut supporter la comparaison avec les établissements similaires de la métropole. Aussi la population scolaire, qui s’élevait à 256 élèves en 1890, comprend aujourd’hui 426 élèves, répartis comme il suit :
Internes. Dcmi-pens. Ext. surv. Ext. libres. Enseign. prirn. Eus. classique. Enseign. moderne.
L’enseignement secondaire classique et l’enseignement primaire y sont donnés conformément aux programmes de la métropole. L’enseignement secondaire moderne est donné d’après des programmes spéciaux qu’on a établis en prenant pour base ceux de l’enseignement moderne en France, mais que l’on a appropriés aux besoins de la Tunisie.
Il comprend deux divisions : division de grammaire (6e, 5e, 4e) et division supérieure (3e, 2e, lre). Après la troisième, les élèves peuvent entrer dans la section normale, dans la section commerciale ou dans la section agricole.
L’enseignement de la section normale est conforme aux programmes de l’enseignement moderne de France.
Les sections commerciale et agricole sont propres à la Tunisie, et dues à l’initiative de la Direction de l’Enseignement.
La section commerciale comprend deux années d’étude, 2e et ire. L’enseignement embrasse : les langues française, arabe, italienne, anglaise; l’histoire du commerce et de l’industrie, la géographie commerciale et industrielle; les mathématiques appliquées au commerce; la physique et la chimie appliquées à l’industrie; le droit usuel et l’économie politique; la comptabilité, la calligraphie, le commerce et l’étude des marchandises.
La section agricole comprend également deux années. Elle embrasse dans son enseignement les langues française, arabe, italienne; l’histoire et la géographie économiques, les mathématiques, la physique, la chimie et les sciences naturelles appliquées a l’agriculture; le droit usuel et l’économie politique; la comptabilité agricole et des notions de commerce; le dessin appliqué a l’agriculture.
Au lycée Carnot, au point -de vue des nationalités, les élèves se dénombraient ainsi à la fin de
Français. Arabes. Israélites. Maltais. Italiens. Grecs. Divers.
Total . . . 426
Ecole secondaire de jeunes filles. — Pour permettre aux familles européennes de faire donner
LES SERVICES SCIENTIFIQUES ET L’INSTRUCTION PUBLIQUE
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h leurs filles une instruction solide, il fallait créer à Tunis un établissement analogue au lycée Carnot. En même temps, on devait songer à former des institutrices pour les écoles laïques, après les avoir recrutées parmi les meilleures élèves de ces écoles. Ces raisons ont amené la création de l’école secondaire de jeunes filles, installée dans le quartier européen, avec tous les avantages du plus moderne confort. L’école de Tunis n’a rien à envier, il ce point de vue, aux établissements les plus perfectionnés de la France.
L’enseignement y est ainsi réparti :
Classe maternelle destinée anx enfants au-dessous de 4 ans (garçons et filles).
Classe enfantine pour les enfants de 4 à 6 ans (garçons et filles).
Classes primaires pour les filles au-dessus de 7 ans.
Classes secondaires dans lesquelles on ne reçoit les élèves que lorsqu’elles sont pourvues du certificat d’études primaires. Ces classes comprennent cinq années d’enseignement. Les trois premières conduisent à l’examen du brevet élémentaire, les deux dernières au brevet supérieur.
Les programmes de l’enseignement comprennent d'une manière générale les matières suivantes : langue et littérature françaises, langues vivantes (arabe, anglais, italien), morale, histoire, géographie, mathématiques, physique, chimie, sciences naturelles, économie domestique, travaux à l’aiguille, dessin, musique, etc. \
L’école reçoit, outre les élèves-maîtresses qui se destinent à l’enseignement, des élèves internes, demi-pensionnaires, externes surveillées et externes libres. A la fin de 1895-96 cet établissement comptait 442 élèves dont :
Externes surveillées. Externes libres. Internes. Demi-pensionnaires.
ENSEIGNEMENT MÜSÜLM A N
Collège Sadiki. — Le trait caractéristique du collège Sacliki est d’être exclusivement ouvert aux jeunes musulmans. Il leur offre une culture primaire supérieure appropriée à leurs besoins et à leurs moyens. Il complète ainsi heureusement le lycée. Européens au Ivcée Carnot, musulmans au collège Sadiki, trouvent dans la métropole tunisienne l’enseignement auquel ils ont droit et qui leur convient.
Le collège fut fondé en 187G par le bey Sadiki, sous le ministère de Khérédinc, et doté de la majeure partie des biens confisqués à l’ancien ministre Si Moustafa Khasnadar : liions religieux, inaliénables, dont les revenus couvrent les dépenses d’administration du collège. Depuis le protectorat, le contrôle français s’exerce sur le collège et ses propriétés, grâce à un conseil d’administration de huit membres. Ce conseil joue le rôle du conseil de l’université dans les universités allemandes. 11 dresse le budget, approuve la gestion des biens, crée les chaires, fixe les traitements, etc.
Le collège, autrefois recruté par le tirage au sort, — seul moyen alors d’éviter les abus du favoritisme, - — est aujourd’hui ouvert au concours. Il reçoit 100 élèves qui sont demi-pensionnaires aux frais de l’établissement, et 50 internes complètement boursiers. L’enseignement que les élèves
sont obligés de suivre se divise en sept classes et comprend : l’étude du français (lecture, grammaire, écriture, littérature), l’histoire et la géographie de la France, des notions d’histoire et de géographie générales, l’arithmétique, le système métrique, la géométrie, l’algèbre, le dessin, les éléments des sciences physiques. L’arabe est naturellement enseigné dans toutes les classes.
Le débouché naturel du collège, ce sont les administrations tunisiennes. Un des anciens élèves est aujourd’hui médecin à Tunis, deux sont géomètres, beaucoup d’autres fonctionnaires (enseignement, finances, contrôles, municipalités).
Collège Alaoui. ■ — Le collège Alaoui est le seul des quatre établissements de Tunis qui soit véritablement ouvert à tous. Européens, Français et indigènes s’y coudoient. C’est que l’école normale doit former à la fois des instituteurs français et indigènes.
Fondée en 1884 sur l’initiative de la Direction de l’Enseignement, l’école normale est la pépinière des instituteurs de la Tunisie. Presque tous les maîtres venus de France y ont passé au moins quelques mois. Aujourd’hui les jeunes maîtres y séjournent encore pour se familiariser avec les méthodes spéciales employées dans les écoles primaires de la Régence ainsi qu’avec la langue arabe, et c’est seulement quand leur stage est terminé qu’ils rejoignent leur poste dans l’intérieur.
L’école normale donne l’enseignement primaire supérieur, et dans les classes de l’école annexe l’enseignement primaire. L’enseignement professionnel, commercial et agricole y tient une large place. Les travaux manuels, principalement ceux qui ont rapport au bois et au fer, sont particulièrement en honneur dans l’établissement. En 1889, on a installé des ateliers pour ces travaux pratiques. Ils comprennent une grande salle de dessin, une salle pour le travail du bois, une salle de modelage, un atelier d’ajustage, un atelier de reliure. Déjà plusieurs des élèves ont été reçus à l’Ecole des arts et métiers d'Aix. Les notions de travail manuel acquises à l’école normale sont très utiles aux futurs instituteurs dans les différents postes où ils ont à exercer. La population du collège, 542 élèves en juillet 1896, comprend des externes libres, des externes surveillés, des demipensionnaires et des pensionnaires. Parmi ceux-ci comptent les élèves-maîtres ou futurs instituteurs. Tous sont boursiers, au nombre de 15, dont 5 Français et 10 indigènes. Leur séjour à l’école peut se prolonger au delà des trois années réglementaires pour leur permettre de compléter leur é d u c a t i o n profession n elle