LES CONTROLES CIVILS ET L’ADMINISTRATION LOCALE
Les formes de l’administration indigène sontdemeurées. Les caïds ou gouverneurs nommés par le Bey sonttoujours les administrateurs des circonscriptions territoriales et des tribus; ils sont chargés de la police générale, de la recette de l’impôt, d’une certaine autorité militaire, et ils ont même des attributions judiciaires. Ils on t pour adjoints des khalifas, et pour collecteurs d’impôt les cheikhs. Les fonctions îles caïds et les circonscriptions des caïdats ont été revisées et précisées par le protectorat.
Le contrôleur civil, assisté du contrôleur suppléant, les surveille; il est leur intermédiaire auprès du gouvernement du bey, et, de même que toute la correspondance bevlicale passe entre les mains du secrétaire général du gouvernement tunisien, toutes les correspondances et toutes les alfa ii 'es des autorités locales passent par l’intermédiaire du contrôleur. Rien ne peut donc se faire qu’il ne sache et dont, par conséquent, le Résident général ne puisse être instruit; il connaît les abus et il doit s’appliquer à les détruire ou au moins à les atténuer peu à peu; il veille à la répartition et à la levée des impôts et dispose en réalité de la corvée; il exerce une grande autorité sur les caïds, car il peut les faire destituer; il recommande les candidats; il exerce la liante police, et la gendarmerie indigène ( oudjak ) est. directement sous ses ordres. 11 serait peut-être utile d’augmenter le nombre de ces gendarmes pour donner aux colons établis au milieu des campagnes toute la sécurité souhaitable et calmer des inquiétudes que quelques attentats récents leur ont causées. L’institution des contrôleurs, par laquelle le gouvernement français a la main sur la population tunisienne sans que le poids de cette main, qui est celle d’un étranger et d’un infidèle, pèse trop lourdement sur une population attachée à ses traditions, est un instrument peu coûteux et très efficace de police, d’influence et de progrès.
La Tunisie est divisée aujourd’hui en treize contrôles (Tunis, Bizerte, Grombalia, Béjà, Soukel-Arba, le Ivef, Maktar, Kasserine, Kairouan, Sousse, Sfax, Galsa, Gabès), avec sept annexes (Zagliouan, Medjez-el-Bab, Thabarka, Mehdia, Djerba, Tozeur). Dans l’extrême Sud, les pouvoirs de contrôleur sont confiés à l’administration militaire, qui a créé le commandement militaire de Gabès, divisé en poste des Matmata et poste de Kebili, et le cercle de Médénine avec ses quatre postes : Médénine, Foum-Tatahouine, Zarzis et Ksar-el-Ghardane. C’est principalement avec les Magzden, goums indigènes, que les officiers font la police de la frontière de la Tripolitaine.
Chaque contrôle civil comprend ordinairement plusieurs caïdats. Dans celui de Tunis, par exemple, sont les caïdats de la banlieue de Tunis et celui de Tebourba et de la Sebala, et, en outre, l’annexe de Zaghouan.
L’ŒUVRE ADMINISTRATIVE DE LA FRANGE EN TUNISIE
L’administration indigène tient du caractère patriarcal, surtout dans les tribus; elle est très simple, pour cette raison surtout qu’on administre très peu, les services publics n’existant pas ou étant à l’état rudimentaire. Les deux grandes affaires sont la justice el l’impôt, dont je parlerai plus loin.