I.’ ADMINISTRATION MUNICIPALE
Il n’y avait pas d’organisation municipale, sauf un embryon à Tunis depuis 1858, avant le protectorat. Plusieurs villes maintenant en ont une. En 1883, la commune de Tunis a été réorganisée; puis d’autres communes ont été instituées avant ou après le décret du 1er avril 1885 qui règle le fonctionnement des municipalités : Bizerte, Sfax, Sousse, la Goulette, le Kef, Mehclia. Sept autres villes ont été pourvues d’une commission municipale dont les pouvoirs ne sont pas déterminés par une loi : Gabès, Monastir, Kairouan, Béjà, Nabeul, Houmt-Souk, Souk-el-Arba. Dix localités avaient, au commencement de l’année 1896, une commission de voirie : Tozeur, Zarzis, Zaghouan, Tebourba, Gafsa, Médenine, Aïn-Draham, Mecljez-el-Bab, Thabarka, Sidbbou-Saïd.
Les conseils municipaux des sept communes se composent d’un président, qui est toujours un indigène et presque toujours le caïd de la circonscription, d’un vice-président français (il y en a deux à Tunis), qui possède la plus grande partie des attributions administratives, et d’un nombre à peu près égal, quand il est possible, de conseillers européens et de conseillers indigènes; le nombre des conseillers est fixé par le gouvernement qui les nomme. A Tunis, il y a un commissariat central et cinq arrondissements de commissaire de police. Trois cheikhs pour les musulmans et un caïd pour les israélites sont chargés de faire exécuter les arrêtés municipaux par leurs administrés.
Les membres des commissions de voirie sont nommés aussi par l’administration; les Européens y sont en général peu nombreux, parce qu’il y a peu d’Européens établis dans ces localités.