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INDUSTRIES TEXTILES

LES INDUSTRIES DES INDIGÈNES EN TUNISIE 245

pièce glisse sur les cordelettes d’alfa qui la traversent, en serrant les brins de jonc à mesure que le nattier les passe entre ccs cordelettes; deux ou trois artisans accroupis travaillent à la même natte, chacun faisant la moitié, le tiers de la largeur de la trame. Il y a les grandes nattes ou hacira, et les qaias, petites nattes pour recouvrir les murs.

FEMMES TISSANT A LA MAIN DANS LES OASIS (p. 248).

a son atelier à Tunis, fait quelquefois tricoter ses bonnets au loin, jusque clans l’Àrad; le foulon, ou batan, qui appartient au gouvernement, est aTébourba; l’atelier de teinture de la corporation esta Zaghouan1 : on comprend les frais énormes de transport qui grèvent cette industrie, sans parler du droit de foulon revenant à l’Etat et des droits d’importation sur les matières premières.

Tapis. — Les tapis de Kairouan, universellement réputés pour la solidité de leur tissu, l’inaltérabilité de leurs teintes, la beauté de leurs dessins, sont tissés dans les familles, surtout par les

femmes. Ce sont elles aussi qui lavent, filent et teignent même parfois la laine du pays achetée en toison.

Leur métier est vertical et se compose de deux cylindres de bois horizontaux superposés à l'“,50 1 un de l’autre et maintenus par deux montants verticaux. La chaîne est tendue sur ces deux cylindres; la trame, passée sans navette, est serrée avec un peigne de fer. L’ouvrière travaille derrière la chaîne, sans voir son ouvrage, sans modèle, sans repères. Chaque famille a son dessin spécial, transmis fidèlement de génération en génération. Le travail est d’une extrême lenteur. Les tapis de Kairouan sont ou a laine près rasée, dits zerbia, ou à points unis serrés par un fort fil de

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