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SPARTERIE ET VANNERIE

L’alfa croît spontanément clans les terrains arides d’une grande partie de la Régence, en touffes tantôt éparses, tantôt serrées. Son véritable centre est la région comprise entre Ivasserine et Gafsa à l’ouest, les chotts au sud, le Sahel et Sfax à l’est, l’Oued-Zerad au nord : là il est si serré qu’il constitue, souvent sur de grandes surfaces, la seule végétation. La

récolte, que les indigènes font en toute saison, consiste à tirer sur la feuille pour détacher le limbe de la gaine, sans endommager cette dernière; l’arrachement s’opère facilement ainsi, si la feuille est bien développée- Si l’arrachage est trop hâtif, la gaine verte suit le limbe à la traction, le rhizome est endommagé, et la reproduction de la plante compromise. La coupe — plus rapide que la cueillette à la main, et, pour cela même, souvent préférée des indigènes — amène la destruction rapide des touffes d’alfa.

Outre l'alfa exporté en Angleterre pour la fabrication du papier et celui que consomme le bétail, l’industrie locale utilise une grande quantité de cette graminée. Le travail de l’alfa est une industrie domestique, répandue dans tout le pays, même loin des centres alfatiers. Tout indigène a peu près sait tresser cette fibre (fig. p. 242) et en faire nombre d'objets : cordes et cordages de tous genres : habel, kliezma , merchana, nattes, hacira , scourtins, chamïa ; paniers de toutes formes et dimensions, Tourna, charïa, horion; confies et couffins; bouchons de jarre, sedad; nattes pour couvrir les bats de chameau, bethach g/iecha; paniers doubles pour animaux de bât, zenbil; muselières, licols, œillères, bricoles, traits, colliers, entraves, etc. Bien que la consommation locale de ces objets soit considérable, la Tunisie en exporte en France une certaine quantité, des cordages surtout. Les centres les plus renommés pour le travail de l’alfa sont : Tunis, Sfax, les îles Kerkennah, Kairouan, Sousse, Monastir, Mehdia, le village de Guennouch dans l’Arad, Hergla dans le Sahel, et les villages berbères de Djeradou, Takrouna, Zriba, etc.

Des tribus nomades se livrent aussi h cette industrie.

Avec le diss ou alfa mahboula , très commun dans certaines régions, on tresse de nombreux objets. Les nattes blanches en diss de Metouïa, dans l’Arad, sont renommées.

La vannerie en feuilles de palmier s’exerce partout. Dans le Sud, avec le djerid, feuilles du palmier dattier fendues en lanières, on tresse des chapeaux à larges bords, medlialla ; des éventails, merouaha ; des couvre-plats, mekebb ; des chasse-mouches, mendia; des paniers de tous genres, couffins, zenbils, diekkour, thebaq, etc.

TISSAGE A LA MAIN DANS LE DJÉRID (p. 248).

Le pétiole de la feuille du même arbre est formé de filaments appelés U fa, dont on tresse des cordes, des anses de couffin, etc.

On fait des cordes et des filets avec les fibres du pédoncule des régimes de dattes.

Dans le Nord, la feuille du palmier nain, qui croit partout, donne une fibre blanche dont on tresse des nattes pour la prière, sedjada ; des couffins, des cordes fines, khez/na ; des éventails, de petits balais à poignée dits meslaha, etc., etc. Le village de Somaa au cap Bon est renommé pour cette fabrication.

Avec le roseau, on fait, dans le Nord, des paniers, mekbad, et des corbeilles à fruits hautes et étroites, kartalla.

La natterie de jonc est une spécialité de Nabeul surtout, de Djerba, de Tunis, du hameau d’El Maïa dans l’Arad. Nabeul emploie 60 métiers à ce travail.

La ch aine de la natte est formée de cordelettes d’alfa ou même de ficelles de chanvre; les brins de jonc, blancs, rouges ou verts, forment la trame. Voici le métier du nattier : deux pièces de bois reposent sur le sol parallèlement et à plusieurs mètres l’une de l’autre ; une troisième

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Les industries textiles sont de beaucoup les plus répandues.

Mentionnons les principales :

Chéchias. — La fabrication des bonnets rouges, chéchias, aujourd’hui ruinée par la concurrence des produits similaires autrichiens, occupait jadis la moitié des habitants de Tunis. 70 ateliers au plus sont encore ouverts. La chéchia, coiffure nationale, est une calotte sphérique reposant sur un cylindre bas, d’une teinte rouge vif ou rouge brun et surmontée cl’un gland de soie bleu foncé appelé koubbita. Le bonnet est d’abord tricoté, par des femmes généralement, avec de la laine d’Australie, cardée et filée dans la famille ou le plus souvent importée en fils. Ce tricot, enduit d’huile cl’olive, est passé au foulon, apprêté avec les chardons, teint au kermès avec l’alun, le tartre et la noix de galle, apprêté de nouveau avec les chardons et mis en presse. Le chaouachi, qui

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