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parole. Au même instant, comme ponr 1m alléger les ennuis de l'attente, un domestique lui apportait le café, et, pour peu qu'il payât de mine, la pipe*.

Le quartier de Pacha-Capouci est im des plus beaux de Stamboul; les rues sont spacieuses et bien percées; les maisons, de belle apparence, peintes en blanc ou de coujeurs vives , présentent un aspect plus bizarre, qu'harmonieux. De loin l'on dirait d'une immense marqueterie.

C'est aussi la portion de la ville la plus riche en nïonuments. Un espace de deux milles carrés renferme ce que Constantinople offre de plus curieux à visiter : le Sérail, la Sublime-Porte, Sainte-Sophie, la mosquée de Sultan-Ahmed, l'Hippodrome et ses précieux restes d'antiquités, la Citerne aux mille colonnes, les bazars.

Les Turcs conservèrent le nom grec de Sainte- Sophie (Ata-Sofià), de même qu'ils avaient respecté l'édifice. Lorsqu'il mit pied à terre devant la célèbre basilique, le jour nïème où Constantinople tomba en son pouvoir , le Conquérant aperçut un soldat occupé à briser les marbres du parvis. « Je vous ai abandonné le butin, mais les édifices m'appartiennent, » dit-il , et d'un coup de son cimeterre il abattit à ses pieds le barbare. Sa visite terminée, il

1. L'offre du café et celle de la pipe constituent deux nuances, ou mieux deux gradations dans la politesse turque. Voyez chapitre X.

mionna à un des muezzins qui raccompagnaient l'appeler les fidèles à la prière, et lui-même, dorféj lant Tèxemple, monta sur l'autel et pria. C'est ainsi pie fut inauguré le culte du Prophète dans le temple , dont , au dire des historiens grecs , un ange irait donné le plan et le ciel fourni l'or et les matériaux précieux. Bâtie par Constantin, agrandie par son fils Constance , incendiée à deux reprises dans une émeute, ébranlée par un tremblement de terre, réédifiée en dernier lieu par Justinien, qui y employa pendant seize ans dix mille ouvriers dirigés par les deux plus célèbres architectes du temps» Artémius de Tralles et Isidore- de Milet, Sainfce-So* phie avait passé jusque-là pour le chef-d'œuvre de l'architecture sacrée dans toute la chrétienté. La conquête lui fit subir peu de changements. Nous irenons. de voir quelle était la simplicité du culte musulman. Sauf l'addition d'un mithrab, destiné à marquer l'orientation de la Mecque pendant la prière, d'un mimber pour la récitation du kouthbè\ de trois ou quatre chaises (kursi) pour les prédicateurs ordinaires, la disposition intérieure de l'édifice est restée à peu près la même. L'image du Père étemel peinte au fond du dôme a seule disparu et a été remplacée par cette inscription tirée du Coran : Dieu est la source de la lumière.

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