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Non compris les provinces tributaires de l’Europe

INTRODUCTION

et d’Eyoub (faubourgs de Constantinople) , de Smyrne, de Yéni-Chéher, de Salonique et d’Alep.

La cinquième classe est forméedes mollasappelés devriiè, c’est-à-dire qui n’ont pas droit à l’avancement : ce sont ceux de Philippopoli, de Sofia, Bosna, Marach, Castamouni, Van, Trébisonde, Kharberout, Aïntab, Mossoul, Beyrout, et Tripoli d’Afrique.

3° Cent vingt-six cadiliks (offices de cadi) ou tribunaux ordinaires siégeant ordinairement au chef-lieu du sandjak ;

4° Des tribunaux inférieurs, dirigés par des ndibs (substituts) qui font l’office de juges de paix dans les districts et dans les communes.

LeB office» de judicature sont annuels. Chaque magistrat, l’année de son exercice écoulée, reprend son rang dans la classe à laquelle il appartient, jusqu’à ce qu’il soi t pourvu d'un nouvel office, d’après son tour d’inscription sur le tableau.

Chaque tribunal de l’empire possédait, il y a quelques années encore, un apanage plus ou moins considérable. On prélevait sur le revenu du district une somme qui constituait la dotation du cadi. Un même uléma possédait quelquefois plusieurs de ces apanages. Comme de raison, il ne résidai! pas et déléguait un remplaçant pour administrer la justice. Le cumul de ces sortes de prébendes n'existe plus, le gouvernement ayant décidé d’assigner aux juges un traitement fixe sur le budget et de s’attribuer la part des impositions locales qui leur revenait.

Instruction publique. — L’instruction publique est dirigée par un conseil supérieur placé sous la surveillance du président du conseil d’ÉLat et du ministre des affaires étrangères. L’enseignement, d’après la nouvelle organisation de 1815, se divise, comme chez nous, en trois branches :

1° L’enseignement élémentaire, donné par les mektèbs, gratuit et obligatoire.

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2° L’enseignement secondaire, dont l’organisation ne date que de l’année 1850, donné par des écoles préparatoires à l’instar de nos lycées, dites mektebi ruchdiè ( écoles de l’adolescence).

3° L’enseignement supérieur , qui comprend les médressés, sortes de hautes écoles annexées aux mosquées, et les écoles spéciales introduites depuis la réforme.

Ces dernières sont au nombre de dix à Constantinople, savoir :

Les deux écoles de la mosquée d'Ahmed et de la mosquée de Sélim, pour les jeunes gens qui se destinent aux services civils ;

Le collège fondé par feu la sultane mère en <850 ;

L’école normale;

L’école impériale de médecine à Galata-Séraï, fondée par le sultan Mahmoud ;

L’école impériale militaire, sous la dépendance du ministère de la guerre ;

L’école impériale du génie et de l’artillerie, sous la dépendance du grand maître de l’artillerie;

L’école impériale de la marine, sous la dépendance du capi tan-pacha ;

L’école impériale d’agriculture, àSan-Stefono;

L’école vétérinaire.

Si l’on en excepte les nouvelles écoles et les écoles spéciales, à l’entretien desquelles l’État pourvoit directement, on peut dire que l’instruction publique en Turquie est défrayée par les revenus particuliers affectés aux écoles des divers degrés, par les aumônes des particuliers et par les subventions provenant de l’administration des vacoufs. L’État ne contribue en rien aux frais de cet enseignement et n’a rien à y voir.

C’est de l’instruction publique et de l’application de la loi

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purement musulmane qu’il s’agit ici. Les écoles des sujets non musulmans de la Porte ne reçoivent rien de l'État et sont dans une complète indépendance. Il en est de même de leurs tribunaux particuliers, qui ne relèvent que des patriarches pour les chrétiens, et du khakham-bachi (grand rabbin) pour les israéliles.

Des tribunaux de commerce où les Européens sont représentés, et où l’on juge d’après la loi et la procédure françaises, sont depuis longtemps en exercice à Constantinople, et s’étendent peu à peu à tout l’empire. De nouveaux tribunaux, offrant aux raïas et aux Européens les mêmes garanties qui leur ont été données dans les tribunaux de commerce, viennent d’être institués pour juger les délits et les crimes, et fonctionnent déjà à Constantinople, au Caire, à Andrinople, à Smvrne, etc.

Armée et marine.

Armée. — L’armée forme deux départements séparés, et comprend la totalité des emplois désignés sous le nom de s e'iftiè, ou emplois du sabre.

A la tète de la hiérarchie militaire se placent le séraskier, qui a sous ses ordres tout le personnel des troupes de terre, moins les corps spéciaux, et le grand maître de l’artillerie, qui joint au commandement des corps spéciaux la direction des forteresses, du matériel de l’armée et de la plupart des établissements militaires. L’un et l’autre sont assistés d’un conseil supérieur siégeant au séraskiérat et à l’arsenal de Topkhanè.

L’armée, recrutée uniquement parmi les sujets musulmans, comprend deux services : l’armée active (ntzom) et la réserve ( redifj .

L’armée active, sur le pied de paix, se compose de six corps d’armée ou camps (ordou); chaque ordou forme deux

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divisions de trois brigades chacune, réparties dans dix cantonnements ou lieux de garnison. La garde impériale, par exception, n’en a que cinq.

Chaque brigade est commandée par un général de brigade (liva)-, chaque division par un général de division ( ferik ); l’ordou entier est sous les ordres d’un feld- maréchal (muchir).

Voici les noms des six ordous avec l’indication de leur quartier général ( merkez ) :

De la garde impériale, quartier général à Scutari ;

De Constantinople, — Constantinople;

De Roumélie, — Monastir;

D'Anatolie, — Kharberout ;

D’Arabie, — Damas;

D’Irak, — Bagdad.

Chaque ordou est composé de 41 régiments, dont 6 d’infanterie, 4 'de cavalerie et 1 d’artillerie, présentant un effectif de 20 880 hommes , ce qui donne pour les six ordous un total de 125 880 hommes, auquel il convient d’ajouter les corps détachés de Candie , de Tripoli et de Tunis (16 000 hommes), et les corps spéciaux placés sous le commandement du grand maître de l’artillerie (6800 hommes).

L’effectif de l’armée régulière active se trouve ainsi porté à près de 4 50 000 hommes, décomposés comme il suit :

Régiments.

Effectif.

f Infanterie

Ordous.

Cavalerie

^ Artillerie

[ Artill. des forteresses.

Corps spéciaux, <

\ Génie

A reporter

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Régiments.

Effectif.

> Report...

/•en Candie

Corps détâchés ] à Tripoli

'à Tunis

Le rédif est comme une deuxième armée, organisée sur le modèle du nizam, et présentant, dans les diverses armes, un nombre de régiments égal à celui des ordous, ce qui porte le chiffre réel de l’armée, sur le pied de paix, à 275 000 hommes environ.

En temps de guerre, ce chiffre atteint aisément 400 000 hommes par l'adjonction des contingents auxiliaires fournis, soit par les provinces tributaires, soit par certaines portions du territoire immédiat de l’empire, telles que la Bosnie et la haute Albanie, non encore soumises à la loi de recrutement, et par celle des troupes irrégulières ( bachi-bozouqs ), formées exclusivement de volontaires musulmans, de la gendarmerie et du coqw des Cosaques impériaux.

Marine. — Le département de la marine est confié au capitan • pacha , ayant sa résidence officielle à Tersanè, et assisté du conseil de l’amirauté ( medjlici bahriiè).

L’état-major général comprend 5 amiraux [feriki bahriiè), 3 vice-amiraux ( bahriiè livaci) et 7 contre-amiraux ( bahriiè mir-alai ) , assimilés pour le grade , les premiers aux généraux de division, les seconds aux généraux de brigade, et les derniers aux colonels de l’armée de terre.

L’effectif de la flotte se composait, avant le désastre de Sinope, de :

2 vaisseaux à 3 rangs, de 130 et de 120 canons.

4 — 2 rangs, de 90 à 74 —

4 0 frégates 60 à 40 —

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6 corvettes de 26 à 22 canons.

14 bricks 20 à 42 —

1 6 cutters, schooners, etc. 42 à 4 —

6 frégates à vapeur, de. . 800 à 450 chevaux.

1 2 corvettes et bâtiments inférieurs.

En tout, 70 bâtiments.

Les équipages au complet forment un total de 32 000 matelots, plus un régiment d’infanterie de marine de 4000 hommes , sous le commandement supérieur d’un général de brigade.

Commerce.

Le commerce intérieur de la Turquie peut être envisagé sous deux rapports : 4° Échanges des Échelles 1 et des places commerçantes de ia Turquie entre elles; 2° Échanges de la Turquie avec ses provinces tributaires.

Sur le premier point , le manque de documents officiels rend à peu près impossible une évaluation quelconque. Quant aux échanges de la Turquie avec ses provinces tributaires , elles peuvent être calculées approximativement entre 60 et 65 millions, qui se partagent ainsi entre les quatre provinces :

Importation.

Exportation.

Totaux.

Égypte

24 000 000 fr. 4 8 000 000 fr. 39 000 000 fr.

Valaehie. . . .

Moldavie. . . .

Serbie

J . On comprend , d’après un usage ancien, sous le nom d’ Échelles du Levant {en turc, iskèlè) toutes les places maritimes de l’Afrique septentrionale, de l’Egypte, de la Syrie, de l’Asie Mineure, de la Turquie d’Europe et de la Grèce.

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Ces divers échanges s’effectuent, d’une part : au moyen des caravanes, qui établissent une communication régulière et périodique entre les Échelles et les grandes villes de l’intérieur , soit de la Turquie, soit des contrées voisines de l’Asie et de l’Afrique; de l’autre, au moyen de la navigation à voile et à vapeur. Cette navigation est dite navigation de caravane, par opposition à la grande navigation, qui a pour objet les échanges avec les États et les ports européens. On estime de 25 000 à 30 000 (environ 3 millions et demi de tonneaux) le nombre des navires, sous pavillon ottoman, égyptien, valaque, moldave, samien, de Jérusalem, affectés à ce service dans les ports de Constantinople, Smyrne, Beyrout, Salonique, Trébisonde, Varna, Candie, Alexandrette et Basra (golfe Persique).

Le commerce extérieur de la Turquie était évalué en 1852 à 45D millions (importation et exportation réunies) répartis comme il suit, d'après les principaux pays de provenance

et de destination :

Importation.

Exportation. Totaux.

Grande-Bretagne i

58 000 000 fr. 30 000 000 fr. 88 000 000 1

et dépendances (

Idem (transit 1

100 000 OOO

avec la Perse) j

France

Autriche

Russie

Hollande

Belgique

Sardaigne

Grèce

Perse (commerce 1 direct) )

Suisse, États-Unis, i etc. • |

225200000 fr.216 260000 fr.451 460000 fr.

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Le tableau rapide que nous venons d’esquisser marque seulement les premiers pas de la Turquie dans la voie des réformes ; le temps et l’appui durable de la France et de l’Angleterre compléteront l’œuvre de Mahmoud et d’Abdul- Medjid.

La Providence, d’ailleurs, réservait à celui-ci un autre auxiliaire qui avait fait défaut à Mahmoud, le succès. L’expérience de cette dernière année a donné gain de cause à la réforme. La Turquie a montré qu’elle n’était plus ce qu’on l’avait vue en 1828, au lendemain de la destruction des janissaires. Et cependant, déjà à cette époque, les résultats de la première campagne inspiraient au cabinet russe de sérieuses réflexions. J’ai cité ailleurs les curieux aveux consignés dans une dépêche du comte Pozzo di Borgo à M. de Nesselrode, datée du mois de novembre de cette même année 1828 : « Lorsque le cabinet impérial examina la question de savoir si le moment était arrivé de prendre les armes contie la Porte, il aurait pu exister des doutes, relativement à l’urgence de cette mesure, aux yeux de ceux qui n’avaient pas assez médité sur les effets des réformes sanglantes que le chef ottoman venait d’exécuter avec une force terrible.... Maintenant, l’expérience que nousvenons de fairedoit réunir toutes les opinions en faveur du parti qui a été adopté. L’empereur a mis le système turc à l’épreuve, et Sa Majesté l’a trouvé dans un commencement d'organisation physique et morale qu’il n’avait pas eue jusqu’à présent. Si le sultan a pu nous opposer une résistance plus vive et plus régulière, tandis qu’il avait à peine réuni les éléments de son nouveau plan de réformes et d’améliorations, combien l’aurions - nous trouvé plus formidable dans le cas où il aurait eu le temps de lui donner plus de solidité ! »

La même chose était arrivée quarante ans auparavant dans la guerre de 4787, qui suivit le fameux voyage de Cri-

XXVUl

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mée. Les pauvres diables de Turcs , comme on disait dans les entretiens de Catherine et de Joseph II , se défendirent avec une opiniâtreté qui mit à mal plus d’une fois leurs agresseurs'. En 1854, le malade de l’empereur Nicolas a prouvé qu’il lui restait encore assez de vigueur pour lutter seul contre le géant du Nord et le forcer à reculer.

1 . « Pouvait-on croire que cet empire musulman délabré eût pu mettre l’empire russe dans le plus triste état? »

( Lettre du prince de Ligne, datée du camp devant Ockzakow, juin 1787.)

LA

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