‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 112 sur 178 · DES ÉLÈVES · texte numérisé non relu

DES ÉLÈVES

Collëffe de la nroDaffando

Frères des écoles chrétiennes

Daines de Sion

Filles de la charité

Totaux : Élèves par sexes

Total général

Écoles Italiennes. — École Italienne. Construite en 1865 el entretenue aux frais du gouvernement italien. Éludes gratuites ;

usage exclusif de la langue italienne ....

École de rimmaculée Conception^ fondée en 1887 par le gouvernement italien, qui en a donné la direction aux dames italiennes de l'Immaculée Conception. Usage exclusif de la langue italienne

Écoles paroissiales. — École de Santa-Maria^ fondée en 1870

École Saint' Poly carpe, fondée en 1793 par le curé de la paroisse. Enseignement primaire gratuit.

École de San-Bocco, — Enseignement primaire gratuit

Total, 5 écoles et

85 élèves

535 élèves

Israéutes. — École de l'alliance israélite universelle. Deux sec-

lions : Tune de 8 classes pour les garçons, Tautre de 6 classes pour les filles.

La première a él6 fond(^e en 1873. Enseignement obligatoire,

de riiébreu, du turc, du français et du grec . .

dont 300 sont instruits gratuitement.

La seconde section, pour les filles, a été fondée en 1878. Enseignement obligatoire des mômes langues, à Texceplion du turc qui est facultatif.

dont 180 sont instruites gratuitement.

École communale. L'enseignement v est donné en hébreu et en turc

École Talmud-Tora\ commelaprécédente,elleest entretenue par la communauté israélite. Destinée spécialement à Tinstruction gratuite des enfants pauvres, auxquels il est distribué des vêtements une fois par an

Cette école est dirigée par 12 professeurs, dont 10 pour l'hébreu et 2 pour le turc.

ÉJcole des inétiers^ fondée en 1878. Plusieurs habiles ouvriers y enseignent divers métiers . .

École commerciale Kœn^eu hébreu, turc, français, et grec

ÉJcole de jeunes filles Kœn^ 3 classes, enseignement primaire

Total. .

500 élèves.

1,532 élèves.

Presse périodicjue. — La presse périodique est représentée à Smyrne par 10 journaux et 3 revues. Parmi les premiers, 2 sont publiés en langue turque; 4 en français; 3 en grec et 1 en espagnol hébraïsé. Quant aux revues, 2 sont publiées en grec et 1 en arménien.

Journaux turcs. — Les deux journaux turcs sont XAidin, hebdomaire, et le Hidmet, bi-hebdomadaire. L'abonnement à YAïdin, journal officiel du vilayet, étant obligatoire pour tous les fonctionnaires du gouvernement provincial, la situation de cette feuille est assez prospère. Le Hidmet compte peu d*abonnés hors de la ville de Smyrne.

Journaux en langue française. — Bien que comptant déjà une longuedurée d'existence, les quatre journaux français : Vlmpartialy la Réforme, le Courrier et le Journal de Smyrne n'ont pas encore atteint une situation proportionnée àlcurmérife. L'Impartial, il est vrai, sert d'organe officiel à l'administration dans ses rapports avec les étrangers, mais sans être subventionné par elle. Ce journal, ainsi que Xdi lié forme, a pour principaux objets la politique, le commerce et la science, tandis que les deux autres journaux français sont plus particuli^Tcmont mondains. Les abonnés à la presse française de Smyrne sont presque exclusivement les étrangers et la population catholique.

Journaux et revues grecs. — La nombreuse population grecque de Smyrne du vilayet entier et des îles voisines suffit largement à faire prospérer les 3 journaux et les 2 revues en langue grecque, d'ailleurs peu coûteux. Sur ces cinq organes, VAmalthéa et VHarmonia sont quotidiens. La Néa-Smyrna est bi-hebdomadaire. La revue, le Mentor, esi mensuelle et la revue Proodhos paraît à de longs intervalles.

Le plus ancien journal de Smyrne est VAynalthéa,([\x\ compte plus de 50 ans d'existence. Ce journal, politique et littéraire, traite surtout des questions se rapportant directement à la communauté grecque-orthodoxe de Smyrne et du vilayet d'Aïdin ou envisagées au point de vue des intérêts de celte communauté. VHarmonia et la Néa-Smyrna, tout en traitant des mêmes sujets, s'occupent plus particulièrement de commerce. Ces trois journaux publient fréquemment des suppléments, soit politiques, soit littéraires.

Revue arménienne, — Le Mamnul (la Presse), revue arménienne à grand format, s'occupe de littérature et de science, les questions politiques étant fort épineuses en Turquie pour la communauté arménienne, en ce moment du moins.

Revue israélite, — La revue ^,ç/;^>aAif«, hispano-hébraïque, traite de tous sujets au point de vue isrnélite.

Il n'y a point à Smyrne de censure préventive pourla presse périodique ; ce service, après une existence éphémère, ayant été reconnu inutile. Si quelque article est jugé répréhensible à Cons-

464 ' VILAYET DE SMYUNE

tantinople, il est envoyé des ordres h ce sujet, cas des plus rares.

Bibliothèques, elc. — Pour les personnes studieuses et les amateurs de lecture, il existe à Smyrne plusieurs établissements publics, en tûte desquels on doit citer la Bibliothèque du Musée de P École ÉvangéWjue grecque orthodoxe, où sont réunis environ 30,000 volumes et 200 manuscrits, entourés des belles collections de sculpture, d'architecture et de numismatique du musée, formées par des dons en nature faits par des Grecs habitants de tous les pays.

Sous le nom de Syllogos, la communauté grecque orthodoxe possède aussi un local où de fréquentes conférences scientifiques et littéraires sont données et dans lequel une société philantropique professe dos cours élrmont.iires du soir à Tusage des travailleurs.

Le cabinet de lecture arménien met à la disposition du public plus de 5,000 volumes en français, en anglais et surtout en arménien.

L'alliance française a établi à Smyrne un comité comptant déjà plus de 200 membres recrutés parmi les personnes les plus capables de travailler h la propagation de la langue française.

On pourrait peut-être ajouter à cette liste un peu courte le Smyrna-Iiest, établissement ouvert par la mission protestante de celte ville. Tout en prenant le thé ou le café, on y lit, outre la bible en 40 à 50 langues, les différents journaux anglais ou autres, publiés par la mission. De temps en temps, la musique d'un orgue et le chant d'hymnes en anglais accompagnent alternativement cette lecture. — Entrée gratuite.

Spectacles, elc. — Le a théâtre de Smyrne » détruit il y a six à sept ans par un incendie, n'a pas encore été reconstruit, quoique plus de soixante projets aient été proposés pour sa réédilication, sans cesse ajournée.

En attendant, les habitants de Smyr.ie, faute d'une salle convenable, se contentent du « théâtre des Quais » et du « théâtre du jardin de CEdcn )>, consistant tous deux en des baraques en planches où les représentations sont souvent empêchées, même

en plein été, par les intempéries. Le théâtre des Quais est installé au milieu d'un terrain vague, sur les quais, et le second, également en plein air, dans le café dit : « jardin de TÉden ».

Parfois Tune de ces deux scènes est occupée, durant un été, par une de ces troupes d'opérette française qui parcourent les principales villes du Levant, ou, plus rarement encore, par une troupe d'opéra italien, tandis que l'autre reçoit la compagnie grecque qui vient régulièrement chaque année, donner de longues séries de représentations d'ordinaire très courues. Une troupe d'opérette turque, composée d'artistes arméniens^ vient aussi de temps à autre charmer les oreilles turques et arméniennes; mais le plus souvent ces deux scènes sont occupées simplement, quand la saison le permet, par des presdigitateurs, des magnétiseurs et des clowns; c'est, en général, la seule distraction théâtrale que puisse se donner le public smyrnéen, pendant neuf mois sur douze.

En revanche, malgré l'exiguïté de leur local et les chaleurs torrides de Tété, les deux cafés dits « concerts ». ICiVlonacoet le Palais de cristal, sont toujours pleins et ne sont jamais exposés à faire relâche. Le spectacle qu'ils offrent à la jeunesse de la ville est peu varié, bien qu'ils ne manquent pas de lui faire entendre, quelques semaines après leur éclosion, les dernières créations des cafés-concerts de Paris. On y peut d'ailleurs, en moins de deux heures, entendre chanter en dix langues différentes des chanteuses, qui justifient assez bien le titre qu'elles se donnent « d'artistes internationales ». Il est très rare de rencontrer dans ces établissements des spectateurs turcs, qui préfèrent fréquenter ainsi que les Israélites, les théâtres « Karagueuz », (sorte de guignol à turban) aussi communs à Smyrne que dans toute autre ville de Turquie.

Cercles, etc. — Il n'est pas d'usage général à Smyrne de donner le nom de « cercles » à ce genre de réunions qui ne sont du reste qu'au nombre de quatre : le casino européen^ fondé depuis de longues années par les étrangers fixés en cette ville ; le casino greCy où l'on rencontre autant d'étrangers que l'on

4()(j VIIAYKT DK SMYHNK

trouve de Greci dans le premier ; le cercle oriental fins connu sous le Qom de casino arménien^ el enfin le neir-club, dernier fondé.

11 n'est pas non plus d'usage que les membres d'un cercle, d'un casino, ou d'un club, considèrent, ainsi qu'en Angleterre ou en France, ce lieu de réunion comme leur « home ». On n'y prend pas ses repas et c'est à peine si Ton y va durant le jour; mais on y reste assez tard la nuit. On y trouve salles de jeux, de lecture et riches salons de réception où se donnent souvent de belles spirées dansantes, des fêles de bienfaisance, représentations théâtrales d'amateurs du high-life.

L'admission au casino, assez difficile pour les indigènes, Test bien moins pour les étrangers.

La loge maçonnique, qui occupait à Smyrne un vaste local où elle donnait des fêtes et des bals qui attiraient la même affluence que ceux des casinos, a depuis quelques années cessé d'exister.

Sport. — Les divers genres de sport qui réunissent le plus d'adhérents sont indiqués par le nom des principaux clubs spéciaux : le Club des chasseurs, \q Jockey -club et le Club des rameurs. Il n'y a point de club des vélocipédistes, ce genre de sport étant impossible à Smyrne tant que le pavage de la ville n'aura pas été réparé entièrement.

Le club des chasseurs, au contraire, devait compter et compte en effet beaucoup de membres, car on chasse tout autant et peutêtre plus à Smyrne que partout ailleurs. Toutefois, à l'exception d'une ou deux maisons anglaises qui organisent de vraies battues et de vraies chasses, telles que les peut permettre l'état du pays, il n'y a guère que de simples amateurs, heureusement pour le gibier, en général assez inoffensif. Quoiqu'il en soit, les orageuses séances du club des chasseurs ont lieu régulièrement dans un agréable local, situé près de la salle de tir^ voisinage sympathique.

Plus ancien que le précédent et non moins fréquenté, le Jockey-club a déjà obtenu de bons résultats et fait quelques pas vers le but qu'il se propose d'atteindre. On voit en effet, deux

fois par an, aux courses de Boudja, des concours de beaux chevaux anglais, arabes ou même du pays, auxquels préside la direction du chemin de fer d'Aïdin, et qui donnent à ces fêles un élément nouveau de gaieté et d'animation, très vivement apprécié par la société smyrnéenne. Les paris mutuels y ajoutent beaucoup d'attraits.

De tout temps, la beauté de la rade de Smyrne a invité la jeunesse du pays à s*y livrer au salutaire exercice de la rame, mais c'est seulement depuis peu que les partisans de ce sport ont songé à s'organiser en société et ont formé le Club des rameurs. Il ne faut donc pas s'étonner si jusqu'ici l'on n'a pas encore eu à Smyrne des régates à l'instar de Conslanlinople.

Les jeunes anglais de Smyrne et des environs cultivent passionnément le jeu britannique du /^oZ-^a/AQuelquefois des paris, engagés par eux avec d'autres foot-ballists^ donnent lieu à des déplacements considérables. C'est ainsi que les Anglais de Constantinople sont venus plusieurs fois répondre à leurs défis et jusqu'à ce jour victorieusement.

Fêtes publiques et autres. — Les plus heureux moments pour la société de Smyrne sont ceux ou quelque es-' cadre se présente dans la rade. De nombreux bals sont alors organisés, soit dans les casinos elles consulats, soit à bord. Les officiers de la marine française sont particulièrement recherchés et choyés, à cause de leur vieux renom, toujours bien mérité, de bonne compagnie , d'empressement et de petits soins pour les dames. Les Autrichiens, les Italiens participent aussi à la faveur générale, mais les Anglais ne fréquentent guère que la société anglaise. Leurs matelots, ainsi que ceux des Hottes françaises, se distinguent entre tous parleurs goûts hippiques, et sont la Providence des surudji et surtout des âniers. Fait digne de remarque : à l'exception de ceux des plus hauts grades, les officiers turcs n'ont que de très rares relations avec la société chrétienne.

Quoique Smyrne tienne à l'honneur de justifier son titre de seconde ville de TEmpire ottoman par un grand empresaiemenl

Écoles françaises de jeunes filles. — Dames de Sion : i' pensionnai de Smi/me — payant — 96 élèves — fondé en 1875 par Ms' Spaccapietra, alors archevêque latin de Smyrne, qui en confia la direction aux Dames de Sion. — Enseignement supérieur, secondaire et primaire. Instruction donnée eidusivemeot en français.

2" Ecole de CordéUo — gratuite — 30 élèves. Filles de la Cuaiuté, vulgairement Sœurs de Charité. i" Collège de la Prnmdence; fondé en 1833 par les sœurs de Sainl-Vincenl de Paul pour l'éducation et l'instruction gratuites des jeunes filles pauvres. Il est divisé en deux sections el est semblable en tout aux autres Maisons de la Providence du môme institut religieux. L'usage de la langue française est exclusif. Nombre d'élèves en 1892 : 445.

2" Ecole de thôpital français, fondée par le gouvernement français en même temps que l'hâpîtal et placée également sous

NATION ALI Tk

soeu

HiTi;

TOTAUX

Franijaise

ottomane

iUl

sn

ta

Israélite 22

Prote^Iautus.. 10 Musulmanca.. 2

lUIienna

AcBlaise

AutnchicDQ'!....

RuaaB

ffiSt-;::;;,

ArojéQiPDTie

HoMbdiIhUc

Roumaiue

PorlugaUe

TOTMriP^nKCOLBS

KV:-

VM

Total ^,É^il?K^r. ....

Total «oAt.... 1.138

la direclion des Sœurs de Charité, Nombre d'élèves (moitié payantes, moitié gratuites) : 267.

^"^ Ecole de Bournabad^ 148 élèves.

4^ École de Boudja, 1 32 élèves.

Le tableau ci-contre (page 460) indique avec le nombre, la nationalité et la religion des élèves confiées à ces écoles.

Page 1