‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 113 sur 178 · DES ÉLÈVES · texte numérisé non relu

DES ÉLÈVES

Collèffe de la DroDafiraude

Frères des écoles chrétienues

Daines do Sion

Filles de la charité

Totaux : Élèves par sexes

Total général

Écoles Italiennes. — /iVo/^ //afe/în^. Construite en 1865 et entretenue aux frais du gouvernement italien. Études gratuites ;

usage exclusif de la langue italienne . . . .

École de r Immaculée Conception, fondée en 1887 par le gouvernement italien, qui en a donné la direction aux dames italiennes de l'Immaculée Conception. Usage exclusif de la langue italienne

Écoles paroissiales. — École de Santa-Maria^ fondée en 1870

École Saint-Polycarpe^ fondée en \ 793 par le curé de la paroisse. Enseignement primaire gratuit.

École de San-Bocco, — Enseignement primaire gratuit

85 élèves

Total, 5 écoles et 535 élèves

IsRAÉUTEs. — École de C alliance israélite universelle. Deux sec-

470 VILAYET DE SMYHNE

ronDantes^ îlsera toujours dangereux pour rhabilanldeSmyrne de se confier au calme apparent de leur solitude.

Les lieux curieux à visiter en ville et à proxinaité sont les monts Pagus, les bains de Diane, le lac de Tantale et les grottes d'Homère. Il ne reste plus de traces du temple de Tibère mentionné par Tacite.

Njrnaphio. — Nif, chef-lieu d'un nahié du merkez-caza de Smyrne, résidence officielle du mudir, directeur de ce nahié, et siège des services publics, est Tancienne Nympha^um située sur le ISif'tchài, dans la vallée de même nom, au pied des derniers contreforts du Tmolus qui viennent y expirer au milieu d*uoe agréable campagne et de jardins remplis d'arbres fruitiers. L'empereur Andronic le Jeune s'y était fait construire un palais qui subsiste encore et dont la construction et les dispositions architecturales, fort simples et dénuées d'ornementation, rappellent celles du palais do Constantin le Grand à Conslantinople. Nympbaum, aujourd'hui appelée Nymphio par les Grecs et Nif par les Turcs, a étéaupouvoirdes Latins au moyen âge. On y voit encore sur un sarcophage byzantin encastré dans la fontaine publique, un bas-relief représentant des armoiries latines aupaon rouant, accosté de fleurs de lis, au chef chargé dun griffon passant. Plusieurs empereurs ottomans ont résidé à Mf en villégiature. Les habitants se rendent aujourd'hui en partie de plaisir dans cette charmante petite localité qui se trouve à 28 kilomètres àTest. Les cerises de Nif sont très renommées.

Mf est en grande réputation dans le monde savant depuis la découverte, en 1839, aux environs de ce bourg, d'un bas-reliel aculplé dans le roc et représentant, dit-on, Sésostris; c'est du moins l'opinion du savant allemand Lepsius et de plusieurs autres archéologues. C'est aussi celle d'Hérodote qui citQ ce basrelief (Liv. II, 106).

Journaux en langue française, — Bien que comptant déjà une longuedurée d'existence, les quatre journaux français : V Impartial^ la Ré forme j le Courrier et le Journal de Smyrne n'ont pas encore atteint une situation proportionnée a leur mérite. \J Impartial, il est vrai, sert d'organe officiel à l'administration dans ses rapports avec les étrangers, mais sans être subventionné par elle. Ce journal, ainsi que la, lié/orme, a pour principaux objets la politique, le commerce et la science, tandis que les deux autres journaux français sont plus particulièrement mondains. Les abonnés à la presse française de Smyrne sont presque exclusivement les étrangers et la population catholique.

Journaux et revues grecs. — La nombreuse population grecque de Smyrne du vilayet entier et des îles voisines suffit largement à faire prospérer les 3 journaux et les 2 revues en langue grecque, d'ailleurs peu coûteux. Sur ces cinq organes, VAmalthéa et VHarmonia sont quotidiens. La Néa-Smyr7ia est bi-hebdomadaire. La revue, le 3fentor,est mensuelle et la revue Pîvodhos paraît à de longs intervalles.

Le plus ancien journal de Smyrne est VA7nalthéa^([\x\ compte plus de 50 ans d'existence. Ce journal, politique et littéraire, traite surtout des questions se rapportant directement à la communauté grecque-orthodoxe de Smyrne et du vilayet d'Aïdin ou envisagées au point de vue des intérêts de celte communauté. VHarmonia et la Néa-Smyrna, tout en traitant des mêmes sujets, s'occupent plus particulièrement de commerce. Ces trois journaux publient fréquemment des suppléments, soit politiques, soit littéraires.

Revue arménienne, — Le Mamoul (la Presse), revue arménienne à grand format, s'occupe de littérature et de science, les questions politiques étant fort épineuses en Turquie pour la communauté arménienne, en ce moment du moins.

Revue Israélite, — La revue J&^/^^raTir^, hispano-hébraïque, traite de tous sujets au point de vue isrnélite.

Il n'y a point àSmyrne de censure préventive pourla presse périodique ; ce service, après une existence éphémère, ayant été reconnu inutile. Si quelque article est jugé répréhensible à Cens-

• Chef-lieu. — Pergama, chef-lieu du caza, résidence offificielle du caïmakam el siège des services administratifs, est située par 24° 55' de longitude et 39V de latitude, à 80 kilomètres au nord de Smyrne, à 30 kilomètres de Dikili el de Tchandarli, tous deux sur la mer Egée, et à 5 kilomètres de la rive droile du Bakir-tchài (Caïcus). Cette ville occupe une partie de l'emplacement de l'ancienne Pergame, capitale des Atlales, sur une montagne, contre-fort du mont Kozak, qui domine toute la vallée environnante. Un ruisseau très encaissé el sujet à des débordements, le Pergama-mu (ancien Sélinus) parcourt la ville actuelle el les ruines de Tancienne ville grecque sur près d'un kilomètre de long.

Population du chef-lieu. — La population de Pergame, comprise dans le chiffre ci-dessus de colle du caza, est de 14,502 habitants^ comme suit :

Musulmans 8,000 hab.

i (jirecs orthodoxes. , . . 3,416 ) Chrétiens . .< Arméniens grégoriens. . 1,500 ? 5,502 —

( Étrangers 586 ;

Israélites 1,000 —

Total 14.502 hab.

Aucun des restes fori nombreux de l'antique Pergame ne remonte plus haut que le temps des rois grecs; mais on sait que la date de sa fondation se perd dans la nuit des âges. Cette villo existait déjà à l'époque de la guerre de Troie. En effet, Pausanias rapporte (Liv. I, c. <0) que Pergamus, l'un des trois fils de Pyrrhus et d'Andromaque, étant venu avec sa mère chercher fortune au pays des Teuthraniens, où régnait Arius, tua ce prince en combat singulier et prit sa capitale, à laquelle il donna son nom. Le même auteur dit que les deux tumulus qu'on voit encore aujourd'hui à l'entrée de Pergama et dont l'un porte le nom de Maltépé, sont les tombeaux d'Andromaque et d'Augée, mère de Télèphe.

en plein été, par les intempéries. Le théâtre des Quais est installé au milieu d'un terrain vague, sur les quais, et le second, également en plein air, dans le café dit : « jardin de TÉden ».

Parfois Tune de ces deux scènes est occupée, durant un été, par une de ces troupes d'opérette française qui parcourent les principales villes du Levant, ou, plus rarement encore, par une troupe d'opéra italien, tandis que l'autre reçoit la compagnie grecque qui vient régulièrement chaque année, donner de longues séries de représentations d'ordinaire très courues. Une troupe d'opérette turque, composée d'artistes arméniens, vient aussi de temps à autre charmer les oreilles turques et arméniennes; mais le plus souvent ces deux scènes sont occupées simplement, quand la saison le permet, par des presdigitateurs, des magnétiseurs et des clowns; c'est, en général, la seule distraction théâtrale que puisse se donner le public smyrnéen, pendant neuf mois sur douze.

En revanche, malgré l'exiguïté de leur local et les chaleurs torrides de Tété, les deux cafés dits « concerts ». le Monaco et le Palais de cristal, sont toujours pleins et ne sont jamais exposés à faire relâche. Le spectacle qu'ils offrent à la jeunesse de la ville est peu varié, bien qu'ils ne manquent pas de lui faire entendre, quelques semaines après leur éclosion, les dernières créations des cafés-concerts de Paris. On y peut d'ailleurs, en moins de deux heures, entendre chanter en dix langues différentes des chanteuses, qui justifient assez bien le titre qu'elles se donnent « d'artistes internationales ». Il est très rare de rencontrer dans ces établissements des spectateurs turcs, qui préfèrent fréquenter ainsi que les Israélites, les théâtres « Karagueuz », (sorte de guignol à turban) aussi communs à Smyrne que dans toute autre ville de Turquie.

Cercles, etc. — Il n'est pas d'usage général à Smyrne de donner le nom de « cercles » à ce genre de réunions qui ne sont du reste qu'au nombre de quatre : le casino européen^ fondé depuis de longues années par les étrangers fixés en cette ville ; le casino greCy où l'on rencontre autant d'étrangers que l'on m 30

474 VILAYET DE SMYIINE

Rome le frère du roi, apaisèrent les mauvaises dispositions de la République. Un décret du Sénat ordonnant d'enlever les statues d'Eumène de toutes les places publiques fut révoqué, et ce prince, délivré de toute inquiétude, put s'occuper en paix d'achever la grande œuvre commencée par son père. Deux cent mille volumes furent rassemblés dans cette bibliothèque si fameuse, dont la perte est regrettée depuis tant de siècles. Un travail aussi colossal eiU été absolument impossible^ à cause de la rareté du papyrus, de fabrication difficile et de sa grande cherté, car l'Egypte seule en pouvait fournir. Eumène supprima l'obstacle qui semblait invincible, en créant des fabriques où les peaux furent préparées pour l'écriture; il invente le parchemin (pergamenaî chartaB) ainsi nommé du nom même de la ville où a pris naissance cette industrie, qui n'a pas cessé d'y être exercée durant près de vingt siècles, jusqu'aujourd'hui.

Après avoir érigé ce monument h la gloire de Pergame, qu'il orna et enrichit de plusieurs temples et autres édifices magnifiques et qu'il agrandit considérablement, Eumène II mourut. Il avait régné 49 ans, son frère Atlale, qu'il avait nommé régent, exerça en réalité le pouvoir souverain, et Strabon l'inscrit parmi les rois de Pergame sous le nomd'Attale 11, Philadelphe. Ce roi agrandit encore le royaume et augmenta sa puissance h un tel point qu'il put rétablir sur son trône Ariarathe, son beaupère, roi de Cappadoce. Attale II, maître de la Phrygie et de la Pamphylie, bâtit les villes d'Attalia (Adalia) et de Philadelphie (Alachèhr) auxquelles il donna ses noms. Son neveu, Attale III Philométor, fils d'Eumène II, se lassant d'être frustré de son héritage, l'empoisonna en 137 avant J.-C.

Hévoré do remords sur la fin de son règne, et privé d'enfants légitimes, Attale III, par un testament signé de tous les rois de l'Asie, légua son royaume à la République romaine, en 132 avant J.-C. Pendant trois ans, cette riche proie fut disputée à cette dernière, par Aristonic, fils naturel du roi défunt. Publias Crassus et Perperna, personnages consulaires, entrèrent successivement en campagne contre le prétendant qui fut enfin vaincu, emmené prisonnier et mis h mort à Rome en 129 avant

J.-C, Tous les trésors des rois de Pergame furent emportés pour le peuple romain et un proconsul vint en son nom prendre possession du royaume.

Plus fard, sous les empereurs romains, Tancien royaume de Pergame fut compris dans la province d'Asie, et ses villes jouirent des mêmes immunités et libertés municipales que Smyrne et les autres grandes cilés grecques. Pergame, célèbre par son temple d'Esculape où plusieurs empereurs vinrent en personne demander la sanlé, reçut le titre de Néocore inscrit sur les médailles impériales. Elle eut aussi, comme Smyrne, des jeux publics présidés par un Asiarque et le privilège d'élever des temples aux empereurs. La confiance inspirée par son culte d'Esculape rendit fameuse entre toutes TÉcole de médecine de Pergame qui compte Claude Galien parmi ses illustrations.

Pergame fut aussi Tune des premières villes qui embrassèrent la foi chrétienne dès la prédication des apôtres. Elles est citée dans l'Apocalypse comme une des sept églises d'Asie. Son évêché fut d'abord sutîragant de Smyrne ; mais elle obtint ensuite le titre de métropole. Elle fut rangée par Constantin Porphyrogénète dans le nouveau thème Obsequium.

En 1306, l'émir Karasi enleva Pergame aux empereurs byzantins ; mais, trente ans plus tard, le sultan Orkhan, fils d'Osman, lige des empereurs ottomans, lui reprit cette ville qui faisait partie du domaine donné à son père par le Sultan des Turcs seldjoukides, Alaeddin, sous le nom de Osman-eumi {le tablier d'Osman). A partir de cette prise de possession en 1336, Pergame n'a jamais cessé d'appartenir à l'Empire ottoman.

La ville actuelle, ainsi qu'il a été déjà dit plus haut, occupe une partie des restes de l'ancienne ville grecque et romaine. Les quais d'aujourd'hui sont les quais antiques construits en grandes pierres de taille à bossage et très élevés, afin de contenir les eaux torrentueuses du Bergama-sou, l'ancien Sélinus, qui est sujet à des débordements. Comme au temps des Attales, ses deux rives sont entourées de nombreuses tanneries et de mégisseries, où l'on fabrique surtout maintenant des maroquins jaunes, rouges et noirs, très recherchés pour la confection des

à fêter dignement tous les anniversaires officiels, la fêle la plus populaire y est celle de la France. Durant toute la journée du 14 juillet, la foule des habitants se presse dans la rue Franque brillamment décorée et pavoisée, et la nuit elle encombre les quais dont les illuminations présentent un aspect féerique.

Sans atteindre aux larges proportions du carnaval de Rome, de Venise, et autres villes universellement renommées, les réjouissances de cette époque de l'année ont h Smyrne beaucoup d'entrain et de joyeuse animation. Un comité tout nouvellement fondé décerne des récompenses aux plus beaux groupes de masques.

Cafés, brasseries. — Il n'est pas d'usage h Smyrne que les femmes entrent dans les cafés, même les mieux fréquentés ; elles restent dehors dans les petits jardins, ou sur les trottoirs qui, même en hiver, pourvu que le temps ne soit pas trop mauvais, sont occupés par les consommateurs. Les plus renommés parmi ces établissements sont presque tous situés sur les quais. Le ca/é Loiicas qu'on doit citer en premier lieu et où un bon orchestre attire la foule dans son jardin; le café Costi^ YEden^ VAl/tambra, la Corinne^ lePosseïdon sont renommés pour leurs bonnes consommations et spécialement pour X^narghilèh, objet spécial des exigences du public. La brasserie de Strasbourg^ la brasserie viennoise et la Maison dorée sont très bien achalandées. Le Petit marseillais a, pour attraction, un orchestre dans le goût grec.

Promenades. — La réunion des avantages résultant d'un bon pavage, d'une ligne de tramways, delà proximité des cafés les mieux fréquentés et des deux scènes de la ville, a fait des quais la promenade favorite de Smyrne, le seul endroit d'ailleurs où on puisse respirer en été un peu d'air frais. Une foule énorme la remplit chaque soir durant la belle saison. La gare du chemin de fer d'Aïdin, ainsi que les jardins qui bordent les deux rives de la voie ferrée, sont aussi très fréquentés des promeneurs. Dans ces jardins, arrosés par le Mélès^ de nombreux

petits cafés et brasseries sont abrités sous des ombrages séculaires.

Il n'y a pas d'autres promenades à l'intérieur de la ville, mais depuis quelques années, les communications avec les environs ayant été rendues plus faciles, plusieurs villages nouveaux se sont formés autour de la rade. Au nord, Cordélio et Baïmkli; au sud, Kara-tacky Gueuz-tépéy Kokaryali^ forment un cordon d'habitations à peine interrompu, de loin en loin, sur toute la côte de la baie de Smyrne. Ces localités, pourvues de beaucoup d'agréments naturels, sont malheureusement presque privées d'eau douce ; la végétation y est souffrante. 11 faudrait pourtant bien peu d'efforts et de dépenses pour y remédier et en faire des campagnes d'une grande beauté. Un tramway d'environ 6 kilomètres et de fréquents bateaux à vapeur de la société « Hamidié » desservent les villages au sud; Cordélio, de son côté, est réuni à Smyrne par la ligne de Kassabaet un semblable service de bateaux. Un grand nombre de promeneurs se rendent à ces villages, surtout le dimanche. La route de Gueuztépé est, pour la fréquentation du moins, le « Bois » de Smyrne.

Avant la création des susdits villages, les seules résidences d'été des riches Smyrnéens étaient Boudja et Bournabatd, situés à rintérieur des terres. Des Anglais y ont planté à grands frais de très beaux jardins et y séjournent pour la plupart hiver comme été. Deux embranchements spéciaux des chemins de fer d'Aïdin et de Kassaba et deux routes carrossables les relient à Smyrne. Aujourd'hui toutefois le public leur préfère les villages du bord de la mer, particulièrement à cause des bains.

On pourrait citer bien d'autres localités préférables aux précédentes sous tous les points de vue et situées à fort peu de distance de Smyrne, mais qui, pourtant, restent inconnues à tous ses habitants faute de sécurité pour les explorateurs. Malgré les efforts de l'autorité locale pour l'extirpation du brigandage, il est rare que quelque année se passe sans que quelque imprudent amateur de la campagne ne soit victime de son innocente passion. Tant que des voies larges, faciles à parcourir et à surveiller ne pénétreront pas au cœur des contrées envi-

470 VILAYET DE SMYIINE

ronnanteS; il sera toujours dangereux pour rhabilantdeSmyrne de se confier au calme apparent de leur solitude.

Les lieux curieux à visiter en ville et à proximité sont les monts Pagus, les bains de Diane, le lac de Tantale et les grottes d'Homère. 11 ne reste plus de traces du temple de Tibère mentionné par Tacite.

Nsrmphio. — Nif, chef-lieu d'un nahié du merkez*caza de Smyrne, résidence officielle du mudir, direclenr de ce nahié, et siège des services publics, ost Tancienne NymphiBum située sur le Kif'tchai, dans la vallée de môme nom, au pied des derniers contreforts du Tmolus qui viennent y expirer au milieu d'une agréable campagne et de jardins remplis d'arbres fruitiers. L'empereur Audronic le Jeune s'y était fait construire un palais qui subsiste encore et dont la construction et les dispositions architecturales, fort simples et dénuées d'ornementation, rappellent celles du palais do Constantin le Grand a Gonstantinople. ISymphaum, aujourd'hui appelée Nymphio par les Grecs et Nif par les Turcs, a étéau pouvoir des Latins au moyen âge. On y voit encore sur un sarcophage byzantin encastré dans la fontaine publique, un bas-relief représentant des armoiries latines atipaon rouant^ accosté de fleurs de lis, au chef chargé duji griffon passant. Plusieurs empereurs ottomans ont résidé à Nif en villégiature. Les habitants se rendent aujourd'hui en partie de plaisir dans cette charmante petite localité qui se trouve à 28 kilomètres & l'est. Les cerises de Mf sont très renommées.

ISif est en grande réputation dans le monde savant depuis la découverte, en 1839^ aux environs de ce bourg, d'un bas-relicl sculpté dans le roc et représentant, dit-on, Sésostris; c'est du moins l'opinion du savant allemand Lepsius et de plusieurs autres archéologues. C'est aussi celle d'Hérodote qui cite ce basrelief (Liv. II, lût)).

CAZA DE PERGAMK

Orientation, limites. — Le caza de Pergame est situé au nord-ouest du vilayet de Smyrne.Ii est limité au nord par le vilayet de Brousse ; h Test par le sand jak de Saroukhan ; au sud par ce môme sandjak el le caza de Ménémèn, et à Touest par le canal de Mételin.

Superficie. — Sa superficie totale est de 2,85(» kilomètres carrés, comme suit :

Cullures 1,200 kilom. carrés.

Pâturages . 303 —

Montagnes, terres arides. 1 ,023 —

Terrains boisés 330 —

Total: 2,856 kilom. carrés.

Division administrative. — Il est divisé administrai!vemenl en 7 nahiés qui sont : 1** Kozak; 2'* Ayazmènd; 3** Dikili ; 4** Tchandarli ; o** Kilissé-Keuï ; 6** Ilidja; 7" Névahi-Pergama. On y compte 163 villages.

Autorités. — Le caza de Pergame est administré par un caïmakam et 7 mudirs, directeurs des nahiés.

Population. — Sa population est de 35,237 habitants, comme suit :

Musulmans 23,735 hab.

( Grecs orthodoxes. . . . 8,416 J Chrétiens . .< Arméniens grégoriens. . 1,500 s 10,502 —

( Étrangers 586 \

Israélites 1,000 —

ToTAi 35.237 hab.

• Chef-lieu. — Prroama, chef-lieu du caza, résidence offificielle du caïmakam el siège des services administratifs, est située par 24° 55' de longitude et 39*5' de latitude, à 80 kilomètres au nord de Smyrne, à 30 kilomèlres de Dikili et de Tchandarli, tous deux sur la mer Egée, el h 5 kilomèlres de la rive droile du Bakir-tchài (Caïcus). Celle ville occupe une partie de remplacement de l'ancienne Pergame, capitale des Attales, sur une montagne, contre-fort du mont Kozak, qui domine toute la vallée environnante. Un ruisseau très encaissé et sujet à des débordements, le Pergama-^iou (ancien Sélinus) parcourt la ville actuelle et les ruines de l'ancienne ville grecque sur près d'un kilomètre de long.

Population du chef-lieu. — La population de Pergame, comprise dans le chiffre ci-dessus de colle du caza, esl de 14,502 habitants^ comme suil :

Musulmans 8,000 hab.

i Grecs orthodoxes. . . . 3,416 ) Chrétiens . .< Arméniens grégoriens. . 1,500 ? 5,502 —

( Étrangers 586 ;

Israélites 1,000 —

Total 14.502 hab.

Aucun des restes fort nombreux de l'antique Pergame ne remonte plus haut que le temps des rois grecs; mais on sait que la date de sa fondation se perd dans la nuit des âges. Celle ville existait déjà à l'époque de la guerre de Troie. En effet, Pausanias rapporte (Liv. I, c. 10) que Pergamus, l'un des trois fils de Pyrrhus et d'Andromaque, étant venu avec sa mère chercher fortune au pays des Teuthraniens, où régnait Arius, tua ce prince en combat singulier et prit sa capitale, à laquelle il donna son nom. Le même auteur dit que les deux lumulus qu'on voit encore aujourd'hui à l'entrée de Pergama et dont l'un porte le nom de Mallépé, sont les tombeaux d'Andromaque et d'Augée, mère de Télèphe.

Quoi qu'il en soit, la première mention faite de Pergame aux temps historiques est de Xénophon, qui trouva dans celte ville une hospitalité généreuse, et en partit pourcombattre les Perses alors maîtres du pays. La seconde se rapporte à la fondation du célèbre royaume grec de Pergame, sous les successeurs d'Alexandre. L'un de ses généraux, Lysimaque, qui devint roi de Thrace et plus tard de Macédoine, avait fait choix de Pergame à cause du château fort, pour y déposer ses trésors estimés à 9,000 talents, soitSi ,750,000 francs, sous la garde de l'eunuque Philélère. Celui-ci, menacé d'une disgrâce, se déclara indépendant et réussit, avec l'appui de Séleucus, puis de son fils Antiochus, à réunir sous son gouvernement une grande partie de l'iEolide qu'il légua à son neveu Eumène. Ce dernier régna vingt-deux ans et mourut en 241 avant J.-C. en laissant son héritage à son cousin Attale.

Ces deux premiers souverains de Pergame n'avaient pas le titre de roi ; mais Attale le reçut par acclamation après une grande victoire qu'il remporta sur les Gaulois de la Galatie jusqu'alors réputés invincibles. Cette victoire excita chez les Grecs de toute l'Asie, ainsi qu'à Athènes, un enthousiasme inexprimable. Le souvenir en fut conservé par des tableaux représentant la bataille gagnée par Attale P% déposés dans les temples de Pergame et d'Athènes. Ce roi régna quarante-quatre ans, étendit sa domination jusqu'à Adramit, et posa les premiers jalons de la bibliothèque de Pergame dont son fils et successeur, Eumène II, doit être considéré comme le véritable fondateur. La nécessité où se trouva Attale P' de faire face à beaucoup d'ennemis, le conduisit à rechercher l'amitié de la puissante Répu- Wique romaine; les effets de cette alliance furent d'abord très heureux, mais elle fut en réalité la cause première de la perte du royaume grec.

Sous Eumène II, l'amitié du peuple romain commença déjà à manifester ostensiblement de la méfiance, des soupçons fâcheux, mais Tibérius Gracchus, envoyé en Asie comme commissaire pour examiner la conduite du roi de Pergame, ne put rien découvrir contre lui. Son témoignage et le voyage que fit à

474 VÏLAYET DE SMYllNE

Rome le frère du roi, apaisèrenl les mauvaises dispositions de la République. Un décret du Sénat ordonnant d'enlever les statues d'Eumène de toutes les places publiques fut révoqué, el ce prince, délivré de loule inquiétude, put s'occuper en paix d'achever la grande œuvre commencée par son père. Deux ceni mille volumes furent rassemblés dans cette bibliothèque si fameuse, dont la perte est regrettée depuis tant de siècles. Un travail aussi colossal eiH été absolument impossible, à cause de la rareté du papyrus, de fabrication difficile et de sa grande cherté, car TÉgyple seule en pouvait fournir. Eumène supprima l'obstacle qui semblait invincible, en créant des fabriques où les peaux furent préparées pour l'écriture; il invente le parchemin (pergamenc'e chartai) ainsi nommé du nom même de la ville où a pris naissance cette industrie, qui n'a pas cessé d'y être exercée durant près de vingt siècles, jusqu'aujourd'hui.

Après avoir érigé ce monument à la gloire de Pergame, qu'il orna et enrichit de plusieurs temples et autres édifices magnifiques et qu'il agrandit considérablement, Eumène II mourut. Il avait régné 49 ans, son frère Attale, qu'il avait nommé régent, exerça en réalité le pouvoir souverain, et Strabon l'inscrit parmi les rois de Pergame sous le nomd'Attale II, Philadelphe. Ce roi agrandit encore le royaume et augmenta sa puissance h un tel point qu'il put rétablir sur son trône Ariarathe, son beaupère, roi de Cappadoce. Attale II, maître de la Phrygie et de la Pamphylie, bâtit les villes d'Attalia (Adalia) et de Philadelphie (Alachèhr) auxquelles il donna ses noms. Son neveu, Attale III Philométor, fils d'Eumène II, se lassant d'être frustré de. son héritage, l'empoisonna en 137 avant J.-C.

Dévoré do remords sur la lin de son règne, et privé d'enfants légitimes, Attale III, par un testament signé de tous les rois de l'Asie, légua son royaume h la République romaine, en 132 avant J.-C. Pendant trois ans, cette riche proie fut disputée à cette dernière, par Aristonic, fils naturel du roi défunt. Publius Crassus et Perperua, personnages consulaires, entrèrent successivement en campagne contre le prétendant qui fut enfin vaincu, emmené prisonnier et mis à mort à Rome en 129 avant

J.-C, Tous les trésors des rois de Pergame furent emportés pour le peuple romain et un proconsul vint en son nom prendre possession du royaume.

Plus lard, sous les empereurs romains, Tancien royaume de Pergame fut compris dans la province d'Asie, et ses villes jouirent des mêmes immunités et libertés municipales que Smyrne et les autres grandes cités grecques. Pergame, célèbre par son temple d'Esculape où plusieurs empereurs vinrent en personne demander la santé, reçut le titre de Néocore inscrit sur les médailles impériales. Elle eut aussi, comme Smyrne, des jeux publics présidés par un Asiarque et le privilège d'élever des temples aux empereurs. La confiance inspirée par son culte d'Esculape rendit fameuse entre toutes l'École de médecine de Pergame qui compte Claude Galien parmi ses illuslralions.

Pergame fut aussi Tune des premières villes qui embrassèrent la foi chrétienne dès la prédication des apôtres. Elles est citée dans TApocalypse comme une des sept églises d'Asie. Son évôché fut d'abord suffragant de Smyrne ; mais elle obtint ensuite le litre de métropole. Elle fut rangée par Constantin Porphyrogénète dans le nouveau thème Obseqiàum.

En 1306, l'émir Karasi enleva Pergame aux empereurs byzantins ; mais, trente ans plus tard^ le sultan Orkhan, fils d'Osman, tige des empereurs ottomans, lui reprit cette ville qui faisait partie du domaine donné à son père par le Sultan des Turcs seldjoukides, Alaeddin, sous le nom de Osman-eunii {\e tablier d'Osman). A partir de cette prise de possession en 1336, Pergame n'a jamais cessé d'appartenir à l'Empire ottoman.

La ville actuelle, ainsi qu'il u été déjà dit plus haut, occupe une partie des restes de l'ancienne ville grecque et romaine. Les quais d'aujourd'hui sont les quais antiques construits en grandes pierres de taille à bossage et très élevés, afin de contenir les eaux torrentueuses du Bergama^sou, l'ancien SélinuSj qui est sujet à des débordements. Comme au temps des Altales, ses deux rives sont entourées de nombreuses tanneries et de mégisseries, où l'on fabrique surtout maintenant des maroquins jaunes, rouges et noirs, très recherchés pour la confection des

chaussures à la mode turque, et l'on y fait aussi toujours quelques quantités de très beaux parchemins, quoique les grands progrès de la papeterie moderne en aient rendu l'usage bien plus rare. Des spécimens de cette industrie, née à Pergame il y a deux mille ans, ont été forl remarqués par Je jury international aux expositions universelles de 1867 et de 1873 à Paris et à Vienne, dans la section ottomane.

Les trois ponts sur lesquels la population actuelle passe la rivière, ainsi que le terre-plein de 200 mètres de long et 27 de large, établi sur cette même rivière, et sur lequel est construit tout un quartier, sont des ouvrages romains; mais les égouls qui servent encore principalement, comme lors de leur création, aux besoins des tanneries, ont été construits sous les rois grecs. Les quartiers modernes d'ailleurs sont bâtis en pierre tirées des ruines, et cimentées avec de la chaux faite de marbres antiques, la pierre calcaire manquant tout à fait dans cette contrée au sol volcanique.

On remarque à Bergama la mosquée « Aya Sofia >• ancienne église byzantine de style primitif dont on ne saurait fixer la date, mais qui, certainement, remonte avant Justinien. Les autres édifices plus modernes ou récents consistent dans le Konak ou hôtel du gouvernement et quelques han (hôtelleries) magasins ou dépôts n'offrant rien de remarquable. Tout l'intérêt de Pergame est dans ses monuments antiques, soit dans l'état de complète conservation, soit en ruines, dans la ville actuelle même ou à proximité. On doit mentionner plus spécialement la basilique et ramphilhéâlre romains, et dans l'Acropole, le château de Lysimaque près duquel restent encore des traces du grand temple, merveille de magnificence bien souvent citée.

Les principales villes et principaux ports du caza de Bergama sont Dikili sur le canal de Mytilène et Tchandarli sur le golfe de même nom. Ce dernier port est l'ancienne Pitane, ville des ^oliens. — Une des salines, dite de Phocée v est établie : elle est décrite au chapitre spécial du vilayet.

Tchandarli, dont le nom grec est aujourd'hui Atarnios*,

(1) (Atarnée, ville antique qui n'existait déjà plus du temps de Pausanias.)

n^est plus qu'un bourg assez misérable, aux rues étroites, tortueuses et tellement solitaires, qu'on les dirait inhabitées. Ses environs sont un peu plus animés, bien que Ton n'y rencontre pas de villages, mais seulement quelques fermes [tchiftliks) appartenant à des particuliers, et des campements de nomades turcomans.

L'unique monument de cette bourgade est une forteresse génoise, encore presque intacte. Cependant il est à croire que les fouilles que Ton y ferait seraient fructueuses, car souvent Ton découvre en labourant la terre des restes intéressants de l'antiquité.

Les édifices actuels sont, outre le kojiak du directeur du nahié, 5 mosquées, 1 médresséet 1 église grecque orthodoxe ; 1 bain public; 2 han (hôtelleries) et 12 magasins ou dépôts. On compte à Tchandarli 350 maisons.

Ecoles. — Il y a dans ce bourg 2 écoles primaires de garçons, Tune musulmane, entretenue par le gouvernement, et l'autre grecque orthodoxe, entretenue par la communauté. La première est fréquentée par 35 élèves, et la seconde en compte 30, soit en totalité 2 écoles et 65 élèves. Ces deux écoles ne sont d'ailleurs fréquentées qu'aux époques de l'année où les enfants ne peuvent être utiles à leurs parents pour les aider aux travaux des champs.

Le port de Tchandarli était naguère l'échelle principale du caza de Pergame, mais les produits agricoles ont cessé d'y être dirigés depuis 1833, date de la construction de la route carrossable de Pergame à Dikili.

Dikili. — Ce dernier port, actuellement préféré comme échelle maritime des céréales et autres produits de la vallée du Bakir-tchai (Caïcus), est relié non seulement à Pergame, mais aussi àKènèk, Soma, Rirk-Aghadj et Manissa (Magnésie), par une route carrossable de 155 kilomètres. 11 est mis en communication avec Smyrne et Mételin deux fois par semaine par les bateaux à vapeur de la Compagnie Hamidié, et une fois par se-

478 VILAYKT DE SMYRNE

inaine par ceux do la Compagnie Joly. Les magasins el dépôts du bourfî de Dikili sont construits en pierre, ainsi que la plupart des maisons.

Les principales productions du cazade Pergame sont les céréales, le colon, les raisins frais el secs, le sel, les écorces de pin el de chêne pour tannage et le tabac, dit de Smyrne.

Son induslrie se comjiose surtout de tanneries renommées, de lapis et broderies recherchés dès la plus haute antiquité et d'étoffes h Tusage du pays, primées aux dernières expositions universelles de Paris et de Vienne.

GAZA DE PHOCÉK

Orientation, limites. — Le cazade Phocée (Folchatin) est situé au nord-ouest du viluyet d'Aïdin. Il est limité au nord par le golfe de Tchandarli ; à Test, par le cazade Ménémèn ; au sud, par le golfe de Smyrne el à Touest, parla mer Egée.

Superficie. — Sa superficie totale est de 234 kilomètres carrés, comme suit :

Terrains cultivés .... 120 kilom. carrés.

Prairies 10 —

Terres en friche 98 —

Forêls 6 —

Total : 234 kilom. carrés.

Division administrative. — 11 comprend administrativement un nahié, outre le caza proprement dit, et contieul 8 villages, dont (} dépendent directement du chef-lieu qui est Phocée, el les deux autres du nahié qui est Fotcha-Djédid ou Néa-Phokia (nouvelle Phocée).

Autorités. — Le caza de Phocée est administré par le

caïmakam (sous-gouverneur) cl le uiudir, direcleur du nahié, assistés respectivement de leur conseil administralif.

Population. — Sa population totale est de 20,019 habitants, comme suit •

Musulmans 2,884 hab.

Grecs orthodoxe? 8,435 —

Arméniens 350 —

Étrangers 100 —

Israélites 250 —

Total: 12,019 hab.

Chef-lieu. — PnocéE, aujourd'hui Fotchatin, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des divers services publics, est située précisément à l'entrée du golfe de Smyrne et en face du mont Boz-dagh qui termine au nord la presqu'île Erythrée, à 45 kilomètres au nord-ouest de Smyrne en ligne directe ; à 30 kilomètres de Ménémèn et à 62 kilomètres de Magnésie du Sipyle, àTouest de ces deux villes.

Population. — Sa population^ comprise dans le chilfre ci-dessus de celle du caza, est de 6,137 hab., comme suit :

Arméniens grégoriens .... 100 —

Étrangers 100 —

Israélites 150 —

Total 6,137 hab.

La ville actuelle de Fotchatin, nommée encore aujourd'hui par la population grecqur Paléa Phokia, occupe exactement l'emplacement de l'ancienne Pliocée, tel qu'il a été décrit par Tite-Live, peu d'années av. J.-C. Son port est encore divisé en

iSO VII.WKT 1)K SMYUNK

diMiv partii^s pur iiin' I.iiiumii» iIi» tf rr»« qui riironscril an sud-ouest ranci<»ii arsenal ili's hàtinnMils d<» j^u^m'IV, appelé alors yauxtnihimm, r| aiijoiiririiui Mr/iV.:,- a'v.x'/.iç, i»l au iiord-ost Tancicn ljnn/ttt'i\ aiijomd'liiii M./.::; v.y.xi^iz', mais un n'y roln>uve aurnui» Iracr dt» raiitii[niir'.

On sait ([u«» iMitin'i» a rit» loiidiM» par mit» rnionit» f^ivcquo vrnin' dt» IMin('idi\ M»n< la ctnidnih» dt» d«Hiv cliofs athéniens, IMiilo,irJ»ne t'i l>ann»n. k lVp()([nt» d»"^ pri»niirrt»s migrations ionicnnt's. Lr pa\s «mi Itw |^li(Kv»'ns s'étaldiriMil et hàlireut leur villt* à iaijutdh' il> d(iiintM'(>nt (nul nalurrllt^nienl leur propre nom, a|)partrnail àr.lvdide^maisiUul aus'^itôt annexé à Tlonie. Lt^s liahitanl- tli» Phoréi» stml Itîs prcnn't'rs Grecs d'Ionie qui aicMil tMilrt'pii'- dos voyati^sau lt»n.ir<*t>urs, ponrlosqn(?ls ilsconslruisin»nl dt - \ais<«»aux à tMiupianh» ram»»s. IMiocée devini IdtMitut ritdit' fl iiîii'-^anlt' par snn commerce ave<* les Tyrrhéniens, les ri>erains df i A<irialique et ii^s lhèn»s.

I.ni - dtî rin>a>ion des Perses, tdl«î fut investie par llarpagus du coté de la liMre «M ce général, pour abréger la résistance, ayant l'ail auv as>iéi:és dt»s propositions. c<Mix-ci demanderont im jt)ur (rarmi<liee el rélni^Miemenl à «pielque distance de l'armét» |)ers»». Prolilnil d«» ee ré|)il ipriJarpagus, informé de leur prnjel, leui* accorda pourlani, ils mirent à Ilot leurs vaisseaux de cinquanli» raîn«'S, v lirtMil enlrei* leurs familles, v charuênMil liMirs rii'lie->es. leuis nieul)l«»<. les imavrt*> de leurs (lieux el lireiil voile pour (lliiii. L»» Imdemain, l'armée perse entra dans la villt» déserle et en prit possession. N'ayant pu s'(»nlendre a\ec les hahiianis de T.hio, auxquels ils proposaient de leur acheter* It^s îles i >Kiuis<«»s. lt»s Phoréi»îis résolurent d'aller au lt»iii s'expalritM" : mais a\anl tir partir |)our ce long vo\ag:e, ils relournt'reid à IMiocée et ma»aerèrent la garnison |)erse. Puis, ri»mt»ntés sur l«»urs vaisst»aux, ils jeltM'enl dans la mer une masse tlo fer rougie au ft»u t»n prout»nt;ant des imprécations solennelles conlrr ceux qui ahaudonneraient la Hotte el rentreraitMil dans leur patrit», a>ant cpu» cidte masse de fer ne surnageai, el ils ipiiltènMil Phocér pour toujours, à Texceplion de quelqui»s-uns cjui ne purent s'y décider. De cet acte héroïque

LA TUnOUTK D'ASTE

Par m. Vital CUINET

l/ouvrai;(M.»st piiMuM'îi fOou 12 livraisons ([uî formeront i forts voliiinrs faraud iii-S, avoc Jo nombreuses cartes,

(Iliaque livraisiwi ronipriMiant au moins l*i feuilh'S se vend séparrnii'nt ;> fr.

Prix (11» soust*ri|ition à Touvrage complet . . ÎO fr.

I.a livraison 1 cinitient : la carte p^rnéralf* de la Turquie dWsii», et les Vilavets de Trrhizonde (»t d'Krzt^roum avec liMU's 4»arles resjM»ctives.

La livraison II conliiMit : les Vilavets d'Ani^ora, des llf»s d«» rArehi[M*l ol de la ('rète, avec lein*s caries.

La livraison III contitMit : les Vilav«»ts de Sivas et diî

Koniah, avec leurs cartes.

La livraison IV coiilient : It» Vilayel d'Adana et la [dus grande partir dr ('(^Ini d'AI(»p av(»c. leurs cartes.

La livraison V conliiMit : la lin du Vilayel dWlop, le Mutessnrifal de Znr, lo Vilavet de .Main<»nn»t-ul-Aziz, le Vilavet de hiarbrkir, av«'C leurs caries.

La livraison VI coulii'nl : la lîn du Vilavet de Diarbékir,

les Vilav<»ls <l<» Hillis, dé Vaii, de M(»ssnuL avec leurs caries.

La livraison VII cnnlionf les Vilayrts de Bagdad et do Hasstn-ab, avec leurs caries.

La li\raisou Vlll coulii'ul : la (lu du Vilavot de Bassorali et le Vilîtvol do Smvrne a\e<; sa caile.

est venu le proverbe grec : « Quand la masse de fer des Phnrèens surnagera >», pour indiquer une chose impossible.

Les Phocéens expatriés fondèrent des colonies dont la plus célèbre fui Massilia, aujourd'hui Marseille. Plus lard, lorsque les consuls, vainqueurs du dernier préfendant au IrAne de Pergame, marchèrent contre Pliocée, restée fidèlcî à ce prince, les Phocéens de Massilia inlercédèrenl puissamment en faveur de leur antique métropole et rétablirent la paix par une amicale influence auprès du peuple romain. Mais, à partir de sa réduction en ville romaine de la province d'Asie, Phocée ne fît plus que décroître, et, sous les empereurs byzantins, ce n'était plus qu'une bourgade misérable avec des murailles détruites.

Les (jénois s'y établirent du temps de Michel Paléologue pour Y exploiter une mintî d'alun, moyennant une redevance annuelle. Sous ses successeurs, ils y élevèrent, pour se garantir contre les émirs turcs, une forteresse actuellement en ruines et entourèrent la ville de murailles qui subsistent encore, mais en assez mauvais étal. Toutefois, le podestat qui gouvernait celte colonie au nom de la sérénissime république de (lônes, ne négligea pas, pour plus de sûreté de payer ;i Saroukhan, émir de Lydie, son voisin, un tribut annuel de .-iOO ducats, en vertu d'un traité avec le sultan ottoman Mohammed h" Tchélébi, moyennant 20,000 ducats payables en dix ans. Adorno, noble génois qui lit passer le détroit des Dardanelles au sultan Mourad 11 sur ses galères, obtint pour ce service, outre le prix convenu, remise de ce tribut. Les Génois restèrent possesseurs de Phocée jusqu'après la prise de leurs comptoirs de Kaffa (*t autres places de Crimée par Mohammed II, dont les conquêtes successives ruinèrent toutes leurs colonies d'Orient. Dès lors, c'est-à-dire vers l'an 1480, Phocée appartint de fait et sans conteste à rKmpire ottoman.

Ecoles. — Les écoles de la ville de Folchalin sont au nombre de 1 1 avec 610 élèves dont 480 garçons et 130 filles, comme suit :

ViLAYET DE SMYRNE

COMMUNAUTÉS

KCOLES

OAHrONS

FILLBS

Musulmans

4âO

Grecs orthodoxes

Totaux

Vue du côté de Fancien Naustathmos, la ville de Phocée présente un aspect assez misérable, n'offrant aux regards qu*un assemblage de maisons à demi-ruinées, avec lesquelles forme contraste le palais du Gouvernement et les vastes dépôts de sel. Du côté opposé, tout change : le nouveau quartier, situé au nord-est et habité par les chrétiens, forme un ensemble pittoresque de jolies et confortables habitations bâties autour du rivage, hors des fortifications. Ce quartier n'a commencé à exister que depuis une vingtaine d'années, car avant cette date, il n'était pas permis de bâtir hors des murs de l'ancienne ville génoise. Celle-ci, comme toutes les petites cités du moyen âge, se compose de rues étroites et tortueuses, d'une propreté qui laisse aujourd'hui à désirer. On y compte 1,241 maisons, 3 mosquées dont une sans minaret ; et trois églises modernes qui sont : Sainte-Irène, avec un clocher, bâtie en 1792 ; Saint-Nicolas, qui date de 1839 ; et Saint-Constantin, hors des murs, dans le cimetière grec. Les israélites ont une petite synagogue.

La forteresse génoise se trouve à l'entrée du port, vaste, profond et assez sûr, grâce auquel la petite ville de Fotchatin pourrait grandir et prospérer comme Tancienne Phocée, si ce n'était la proximité de Smyrne qui est le grand marché de toutes ces contrées. Les bateaux des Compagnies Hamidié et Joly, qui font la ligne de Smyrne à Aïvalik, desservent Phocée deux fois par semaine à l'aller, et deux fois au retour.

il y a à Fotchatin une agence de la régie des tabacs et une station télégraphique à service intérieur, c'est-à-dire où la langue turque est seule en usage.

. — Le climat de cette ville est très sain ; il n'existe

aucun marais aux environs ; une chaîne de petites montagnes la met à Tabri de tout vent de terre ; la mer y est remarquablement belle et pure ; Tair est rafraîchi durant Tété par le vent du large, dit « imbât », qui souffle de 8 heures du matin à 6 heures du soir. Toutes ces circonstances réunies font de Phocée un séjour délicieux pour les quelques familles smyrnéennesqui viennent y passer la belle saison et prendre des bains de mer.

Navigation. — Mouvement maritime du port de Phocée du 1/13 mars 1891 au 28 février 1892.

NOMBRE DE NAVIRES

TONNAGE

DROITS

PAVILLON

VAPBUHS

es

Dd

co

es

eu < >

es

PHARR.S

piastres

Aoirlais

Helièue

it

Italien

Ottomau

ol.003

Samieu

Russe

Totaux

Soit 2.735 uavires jaugeant 81.69

1 tonneaux.

Chef-lieu du nahié. — A 10 kilomètres environ au nordest de Phocée, sur le golfe de Tchandarli, est située la petite ville de Yéni-Fotcha (Nouvelle-Phocée) qui porte en langue grecque le même nom : Néa Phokéa. Cette localité assez importante est le chef-lieu de Tunique nahié de ce caza. On y compte 1,202 maisons, 3 mosquées et 2 églises grecques. Sa population, comprise dans le chiffre précité de celle du caza, est de 4,403 habitants, comme suit:

Musulmans. . . .

Grecs orthodoxes

844 hab.

Total. 4,403 hab.

Ecoles. — Il y a à Yéni-Folcha 2 écoles avec 70 élèves. Tune aux musulmans et Tautre aux Grecs orthodoxes.

Le climat de celte ville est aussi sain que celui de Tancienne Phocée. Ses environs, très fertiles, produisent en grande quantité d'excellents raisins et des céréales, entre autres de Torge. On trouve à proximité de belles carrières de pierres à bâtir. Les productions de Véni-Fotcha sont transportées à Smyrne par càiks.

Productions, commerce, etc. — Les salines de Phocée, décrites au chapitre spécial du vilayet, constituent Tunique industrie et l'occupation du plus grand nombre des habitants du caza. C'est leur principale ressource ; la production des raisins secs n'occupe que le second rang, sa moyenne annuelle est de 80,000 kantars de 44 okes pour tout le caza, soit environ 4,500 tonnes de raisins secs de lameilleure qualité. Ces deux productions sont les seuls articles d'exportation; celle-ci a lieu par les ports de Fotchatin et de Yéni-Fotcha. Quant aux céréales (blé et orge), elles sont transportées pour la plus grande partie à Ménémèn et le quart environ est consommé dans les chefs-lieux du caza et du nahié sur les lieux de production.

Les articles d'importation ne consistent qu'en un petit nombre de denrées, telles que sucre, café et autres produits coloniaux, en quantités insignifiantes.

Antiquités. — Ainsi qu'il a été dit plus haut, on ne retrouve à Fotcha aucune autre trace de l'antiquité que le site même et les dispositions naturelles du double port de Phocée. Toutefois, il est probable que l'on découvrirait quelque reste de la cité ionienne si Ton y faisait des fouilles, car il existe encore aux environs des monuments d'une époque antérieure à sa fondation. Ces moimments préhistoriques sont deux tombeaux dont on trouve la description détaillée dans la Revue archéologique de 1885. L'un est laillé dans le flanc septentrional des collines de la presqu'île de Phocée, à 50 mètres environ au-dessus de la mer. 11 est divisé en deux chambres de mêmes dimensions ;

dans le sol de la seconde est creusée la tombe. Le travail est très soigné, les parois des murs et de la fosse sont bien unies, et le rocher lui-même ne présente aucune fente. L'autre, nommé dans le pays IIeXsy,Y)Tirj, est situé à 6 kilomètres environ à Test de Folcha,près du chemin qui conduit de cette villeàMénémèn, sur les dernières hauteurs qui bordent la vallée de VHermus. Il ressemble de loin à une petite église de village surmontée de son clocher en forme de tour carrée. Le monument tout entier est taillé dans un seul bloc de rocher. C'est d'abord un parallélipipède de 8", 40 sur 6",23 et de 2",40 de hauteur ; sur la moitié orientale s'élève une pyramide de 4 degrés, puis un dé de 1",90 de hauteur. Dans la paroi du nord s'ouvre une porte donnant sur une petite antichambre au fond de laquelle, à droite, une seconde porte permet l'accès de la chambre sépulcrale, où la tombe, en forme d'auge, est creusée dans le sol. Celle-ci a 2", 35 sur I",2d et sa profondeur est de l^^SO. Les plafonds sont partout horizontaux, les angles un peu arrondis, et le travail général est fait avec moins de soin que celui du premier tombeau.

Une inscription grecque dite de Phocée, publiée inexactement en 1873 et restituée en 1886 par M. Salomon Reinach, a fourni les premiers renseignements sur la construction des synagogues primitives hors de la Judée ; elle atteste en même temps l'existence d'une synagogue à Phocée dans les premiers temps du christianisme. En outre des données intéressantes architecturales des synanogues ainsi que des basiliques et des cloîtres chrétiens, dont le type originel commun serait la maison grecoromaine avec un atrium^ on doit aussi à cette inscription et à sa restitution par M. Salomon Reinach, des éclaircissements au sujet du privilège de proédrie ou protocathédrie, consistant dans le droit de s'asseoir au banc-d'œuvre.

CAZA DE MÉNÉMÈN

Orientation, limites. — Le caza de Ménémèn est situé

AHC} VlfAYRT DE SMYHNE

au iiord-ouesl du vilayel d'Aïdin. U est limité au nord par le golfe de Tchandarli et le caza de Pcrgame ; h Test, par le sandjak de Saroukhan; au sud, parle merkez-caza et le golfe de Smyrne et h l'ouest par ce même golfe et le caza de Fotcha.

Superficie. — La superficie lotale est de 995 kilomètres carrés, comme suit :

(Cultures 450 kilom. carrés.

Pâturages 250 —

Montagnes 267 —

Forêts 28 —

Total : 995 kilom. carrés.

Division administrative. — Il n'a point de nahié, et contient 45 villages.

Autorités. — Le caza de Ménémèn est administré par le caïmakam, assisté de son conseil d'administration.

Population. — Sa population totale est de 30,196 habi-

l Grecs orthodoxes . . . 7,779 j Chrétiens . •- Arméniens Grégoriens 508 ( 9,787 —

( Étrangers 1,500 \

Israélites 100 —

Total 30,196 hab.

Chef-lieu. — Ménémèn, chef-lieu du caza, résidence officielle du sous-gouverneur et siège des services administratifs, est située au pied du lamamlar-dagh, sur la rive gauche de VHermus, aujourd'hui G/iédiz-tchai, h 26 kilomètres au nord de Smyrne, à 33 kilomètres à Touest de Magnésie du Sipyle et à 30 kilomètres à Test de Phocée.

Population. — Sa populalion, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du cazH, est de 9,387 habitants, comme

suit :

Musulmans

Grecs orthodoxes

Arméniens Grégoriens . . .

Etrangers

Israélites

5,000 hab 2,279 —

9,387 hab.

Ecoles. — Les écoles de Ménémèn sont au nombre de 12, fréquentées par 675 élèves, dont 555 garçons et 120111168. Trois de ces écoles sont secondaires; les neuf autres sont primaires, comme suit :

COMMUNAUTÉS

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