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Tchesmé est en outre desservie, tous les quinze jours régulièrement, par les bateaux à vapeur des compagnies Pantaléon et C et « Asia-Minor » de Smyrne, ainsi que par ceux du Lloyd Austro-hongrois. Ceux de la compagnie Hamidié, y louchent une fois par sfimaine, venant également de Smyrne.
Les ventes de l'agence de la régie des tabacs, à Tchesmé, dépassent annuellement 22,000 francs. L'administration des revenus concédés à la Dette publique ottomane, a aussi une agence dans cette petite ville qui possède une station télégraphique à service international, c'est-à-dire où les correspondances se font en turc et en français.
Ecoles. — 11 y a, dans le caza de Tchesmé, 17 écoles, dont
5 secondaires et 12 primaires ; 3 de ces dernières sont des écoles de filles. Le nombre total des élèves est de 935, dont 695 garçons et 240 filles, comme suit :
Musulmans. . . 5 écoles primaires de garçons, 250 élèves
i 5 — secondaires de garçons, 185 —
Grecs orthodoxes . . .<3 — primaires — 250 —
( 3 — — de filles, 240 —
Israélites .... 1 école primaire de garçons . . 10 —
1 7 écoles 935 élèves
Eaux minérales. — Les eaux thermales de Lidja sont renommées. Elles sont de plus en plus fréquentées, pendant la belle saison, par des malades venant de Smyrne, des îles de TArchipel, de la Grèce et de l'Egypte. Depuis quelques années, le nombre d'hàtels et de maisons a considérablement augmenté, et si les installations ne sont pas somptueuses, elles sont moins rudimentaires que ce qu'on a Thabitude de voir dans ces contrées. Depuis 2 ou 3 ans, Taffluence des baigneurs est telle, qu'il faut retenir des chambres k l'avance pour ne pas être exposé à se trouver sans logement. Ces bains sont connus sous le nom de « Lidja de Tchesmé ».
Aux environs de Rythri se trouvent deux autres sources thermales. D'après Tchihalcheff, l'une, fortement sulfureuse, marque 21* centigrades, et Tautre, saline, a 24** centigrades.
Antiquités. — Les ruines d'Erythrée, ville fondée par un fils de Rhadamante et peuplée de Cretois, de Lyciens, de Cariens, de Pamphyliens et d'Ioniens, sont situées au nord du caza de Tchesmé, à son extrême limite, marquée par le petit village grec de Rythri. Les murailles, bâties en grands blocs de trachyte rouge, sont défendues par de très solides tours carrées, espacées d'environ 30 mètres. Tous les édifices, construits avec ce même trachyte emprunté à la base des collines d'alentour, étaient rouges, de sorte que la ville méritait bien son nom d'Erythrée, parfaitement en harmonie avec le nom de son fondateur
« Érythros ». Ces ruines sont d'autant plus intéressantes, spécialement au point de vue architectonique, dit M. C. Texier, qu'elles surpassent en antiquité celles de toutes les autres villes de rionie.
GAZA DE SIVRNHISSAR
. — Le cazade Sivri-Hissar est situé à Touest du vilayet d'Aïdin. U est limité au nord par le caza de Vourla et le merkez-caza de Smyrne ; à Test, par ce dernier caza ; au sud, par le golfe de Kouch-Adassi ; et à Touest par la baie de Sighadjik.
Superficie. — Sa superficie est de 472 kilomètres carrés, comme suit :
Terres arables .... 220 kilom. carrés.
Prairies 50 —
Montagnes 137 —
Forêts 65 —
Total : 472 kilom. carrés.
Division administrative . — U est subdivisé en un nahié qui est Sighadjik, et Ton y compte 14 villages ressortissant de ce nahié.
Autorités. — 11 est administré par le caïmakam et le mudir. Ces deux fonctionnaires sont assistés de conseils administratifs.
Population. — La population totale du caza de Sivri-Hissar est de 28,840 habitants, comme suit :
494 VILAYKT DE SMYRNE
Musulmans 21,200 hab.
Grecs orthodoxes 7,500 -•
Etrangers 100 —
Israélites 40 —
Total : 28,840 hab.
Chef-lieu. — Sivri-Hissar, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des services publics, est situé dans un agréable vallon, sur un frais ruisseau qui va se jeter à la mer au milieu des ruines de Téos, antique ville carieune, dont la population se trouve absorbée par des migrations grecques successives, et qui devint ainsi, parla suite, une ville ionienne, occupant dans la confédération un rang important. C'est aujourd'hui Sighadjik. Sivri-Hissar n'en est éloignée que de 5 kilomètres à Test, et peut s'en servir comme d'échelle maritime, au besoin, pour ses exportations et importations, au moyen de son petit fleuve. Un embranchement de 21 kilomètres sur la route de Vourla, met Sivri-Hissar à la dislance de 56 kilomètres sudouest de Smyrne par voie carrossable.
Population. — La population de Sivri-Hissar, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du Caza, est de 3,640 habitants, comme suit :
Musulmans 2,000 hab.
Grecs-orthodoxes 1,500 —
Elrangers 100 —
Israélites 40 —
Total : 3,640 hab.
Ecoles. — 11 y a dans le caza de Sivri-Hissar 9 écoles primaires dont 8 de garçons, fréquentées par 580 élèves et une de filles avec 100 élèves, comme suit ;
Musulmans (écoles prim. de garçons) 5 écoles. 250 élèves.
Grecs-orthodoxes — — 2 — 300 —
— — filles 1 — 100 —
Catholiques étrangers. garçons 1 — 30 —
Total : 9 écoles. 680 élèves^
Les forêts de pinsd'Alep de ce caza donnent lieu à une coupe annuelle de 560 mètres cubes.
Agriculture. — La production agricole du caza de Sivrî- Hissar, assez importante, consiste surtout en céréales (blé et orge) et en olives et huile d^olives estimée.
Antiquités et localités remarquables . — Plusieurs villes antiques célèbres ont occupé diverses parties du terri toire dont est aujourd'hui formé le caza de Sivri-Hissar. Cette ville même est bâtie, comme celle de Sighadjik, de pierres tirées des ruines de Téos. La plupart des inscriptions des Téiens ont été conservées parce qu'elles ont été encastrées, soit dans les murs de Sighadjik, soit dans ceux de quelques édifices de Sivri-Hissar. C'est là qu'on peut les étudier, mais il est probable qu'on en découvrirait d'autres non moins intéressantes en fouillant les ruines de Téos qui sont très voisines de Sighadjik, et à 4 kilomètres seulement de Sivri-Hissar. On sait que cette ville, très probablement détruite par un tremblement de terre, était consacrée à Bacchus et était devenue le point de réunion de tous les acteurs d'Asie qui concouraient à l'éclat de ses fêtes dionysiaques. Sa puissance maritime était fort grande et tous les arts y étaient en grand honneur, comme le prouvent les magnifiques sculptures qu'on voit encore dans ses ruines. Devenue chrétienne dès les temps apostoliques, Téos avait Daphnus pour évêque lors du martyre de Saint-Polycarpe à Smyrne.
LébédoSj autre ville ionienne également célèbre pour ses fêtes dionysiaques, rendez-vous de tous les acteurs de l'Ionie, où les
entrepreneurs de spectacles venaient engager leurs troupes, se trouvait sur le bord de la mer, près de Tembouchure d'un ruisseau où se jette une source thermale sulfureuse, à 9 kilomètres est du bourg d'Hypsiii-Hissar, dernier refuge du rebelle Djounéïd en 1423^ sous le sultan Mourad II. Cette source marque 75« centigrades de thermalité ; elle émerge avec tant d'abondance que les habitants des environs s'en servent pour faire tourner un moulin. Sur les vestiges des anciens thermes, deux salles rustiques ont été bâties pour les baigneurs. Une foule de débris d'édifices, restes de la ville de Lébédos, couvrent le sol tout autour.
Colophon^ ville ionienne dont l'armée se distinguait par sa cavalerie qui a donné lieu au proverbe grec : « // a ajouté la cavalerie de Colophon », pour dire : « il n'a rien oublié de ce qui pouvait assurer son succès », a laissé quelques vestiges sur la limite du caza de Sivri-Hissar et du merkez-caza de Smyrne, près du village de Zilè. On voit aussi non loin de là, sur la rive gauche du petit filet d'eau qui porta le nom de Halésus, un large plateau dominant la mer d'environ 40 mètres et au milieu duquel, parmi les imposantes ruines de Claros, antique colonie Cretoise, s'élève encore le soubassement du fameux temple d'Apollon, où Calchas et Mopsus luttèrent de science divinatoire. La grotte ou l'antre célèbre où Mopsus rendait ses oracles est sur la rive droite de l'ancien Halésus. Une source tarie y a laissé de belles stalactites.