ÉC0L
ÉLÈVES
outre les mosqu^^es et les églises, sont le Konak ou hôtel du (jouvernement et l'école nichdiè (secondaire). La ville est propre et bien construite; ses rues sont larges, celles du bazar sont bien alignées, les magasins et beaucoup de maisons sont en pierre et bois avec couverture en tuiles, les murs des maisons sont blanchis à la chaux ou peints de couleurs diverses. Outre le bazar, il y a à Salihli un marché [tcharchï) couvert, et l'un des bains turcs est remarquable par son parfait aménagement. L'éclairage au pétrole fonctionne régulièrement à Salihli depuis plusieurs années. Une route carrossable de 104 kilomètres, actuellement en construction, reliera sous peu cette ville à celle de Uémirdji L'altitude de la station de Salihli est de 1 70 mètres, et celle du bazar de 160 mètres.
Chef lieu du nahié. — Adala ou Atala, chef-lieu du nahiéde même nom, résidence du mudir, est situé sur la droite du Ghédiz (Hcrnius) à 15 kilomètres nord-est de Sahhli, à proximité de la route ou chaussée carrossable qui conduit de cette ville à Démirdji et à Geurdèz. C'est un bourg ou gros village d'environ 1,500 habitants, qui n'aurait rien de remarquable s'il n'occupait l'emplacement de l'ancienne Atlalia fondée par le roi de Pergame Altale Philadelphe. On ne retrouve du reste aucun vestige de cette ville, car le château bàli sur un rocher ne date que du moyen âge.
Production agricole. — Les principaux produits agricoles du caza de Salihli et de son nahié, sont le coton, le tabac,
les céréales et le raisin. Il se fait un grand trafic de ces produits avec Smyrne par le chemin de fer.
Localités remarquables — Le caza partage avec celui de Kassaba, limitrophe, le privilège de conserver sur son territoire le souvenir des rois de Lydie. Kassaba possède le lac Gygée autour duquel s'élèvent les lumulus de leur nécropole ; Salihli possède le Pactole et la ville de Crésus. Mais aujourd'hui le fleuve, si fameux jadis, auquel Sophocle a donné Tépithèle de « chargé d'or », n'est plus qu'un ruisseau parfois torrentueux, roulant des sables micacés, d'un éclat métallique, et dont toute l'importance se borne à faire tourner quelques moulins. Sart, qui a remplacé la fastueuse Sardes, n'a guère d'autres habitants que le meunier d'un de ces moulins du Pactole, établi avec sa famille dans les ruines.
CAZA DEROULA
Orientation, limites. — Le caza de Roula est situé à Test du sandjakde Saroukhan et au nord-est du vilayet de Smyrne. 11 est limité au nord par le caza de Démirdji ; au nord-est par le vilayet de Brousse ; à l'est par le caza d'Echmé ou Asma ; au sud par celui d'Alachèhr, et à l'ouest par ceux de Salihli, de Guerdèz et de Démirdji.
Supe)'*ficie. — Sa superficie totale est de 1 ,681 kilomètres carrés, comme suit :
Cultures 400 kilom. carrés
Pâturages 20 —
Montagnes 1,251 —
Forêts 10 —
Total. . . . 1,681 kilom. carrés
Division administrative. — Le caza de Koula a pour nahié Sélendi qui comprend dans sa circonscription 20 villages ; celle du chef-lieu en possède 65 autres.
Autorités. — 11 est administré par un caïmakam et par un mudir, assistés de leurs conseils respectifs.
Population du caza. — Sa population totale est de 20,697 habitants comme suit :
Musulmans 19,401 hab.
Grecs orthodoxes 1,296 —
Chef-lieu. — Koula, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des services publics, est située à 700 mètres d'altitude, au pied d'un ancien cratère nommé Kara Devlit (rencrier noir), élevé lui-même à 860 mètres au-dessus du niveau de la mer. Toute la contrée environnante appartient du reste au pays que les anciens appelaient Calacécaumène ou contrée brûlée et qui portait alors bien plus de traces qu'aujourd'hui des feux souterrains. La coulée de lave noire qui a fourni les matériaux de construction de la ville de Koula s'étend dans toute la vallée. Elle est composée à la surface d'énormes quartiers de roche parcourus par des fissures qui communiquent entreelles et à travers lesquelles, en été, passent des courants d'air froid; les habitants mettent à profit cette singulière disposition naturelle en plaçant dans ces fissures des vases pleins d'eau qu'ils font ainsi rafraîchir.
Population. — La population de Koula, comprise dans le chiffre sus-énoncé de celle du caza, est de 6,000 habitants comme suit :
Musulmans 5,655 hab.
Grecs orthodoxes 345 —
Total. . . 6,000 hab.
Ecoles. — Il V a à Roula 38 écoles, dont 4 secondaires et 34 primaires, fréquentées par 1 ,240 élèves dont 845 garçons et 295 filles et petits garçons, comme suit :
COMMUNAUTÉS
Masulmans : 1 école secondaire
— 30 — primaires
Grecs orthodoxes : 3 écoles secondaires
— 2 — primaires (garçons)
— 1 — — (filles) . .
Sœurs de charité : 1 — — (mixte) .
ÉCOLBS
Total. . .
ÉLftFRS
Parmi ces écoles, une mention toute spéciale doit être faite de celle des Sœurs françaises, dites vulgairement « Sœurs de la Charité », où elles recueillent 140 enfants trouvés, (filles et garçons) de nationalité à peu près inconnue, élevés par elle dans la religion catholique.
L'aspect de la petite ville de Koula, dont toutes les maisons sont bâties en pierre noire tirée de la lave épanchée de l'ancien volcan qui la domine, semblerait ainsi devoir être fort triste. Il n'en est rien cependant, caria plupart des maisons sont ombragées par de grands arbres, les mosquées en sont environnées, et leurs murs blanchis, leurs élégants minarets se détachent et s'élancent du sein de cette fraîche verdure. Les rues sont assez larges et propres, surtout dans le bazar, qui a été récemment reconstruit à la suite d'un incendie. La ville est éclairée au pétrole depuis assez longtemps. La population est active et industrieuse et tout ce qu'on voit indique laisance. En effet, c'est à Koula même que prend naissance une longue vallée riche en produits de toutes sortes, qui s'étend au loin vers le sud, et fournit aux habitants de nombreux articles de commerce avec Smyrne. La communauté grecque orthodoxe dirige et entretient ces utiles relations, tandis que la communauté musulmane s'occupe plus spécialement de l'industrie et surtout de la fabrication des tapis.
On comple h Koula 30 mosquées, 2 églises grecques orlhodoxes, 3 bains publics, 2 A«n5 (hôtelleries), 1 bazar, 35 boutiques, 10 caiï's, 12 magasins ou dépôts, 15 fontaines publiques, 4 fours, etc.
Koula occupe remplacement d'une ville antique; on avait même cru pouvoir ridenlifier h celle de Mœonia, mais le véritable emplacement de cette ville a été fixé, d'après la constation faite par Hamilton, au village de Mennë, i5 kilomètres plus à Touesl.
Qaoi qu'il en soit, on trouve à Koula un grand nombre de fragments de marbre, de bas-reliefs et autres sculptures de grande valeur artistique, et quelques inscriptions dignes d'intérêt. M. C. Toxier en a cité une d'après laquelle un hiérodule ordonne de faire une prière au soleil Phalatès, au Men Tiamos et au Men Roi, sous peine de reconnaître reffet de la puissance de Jupiter. Klle porte la date de Tan 256 des Séleucides.
La distance de Koula au nord-est d'Alachèhr est de 35 kilomètres, précisément à mi-chemin de la route conduisant de cette dernière ville h Kchmé (Takmak) qu'elle relie, ainsi que Koula, au chemin de fer de Kassabael, par cette voie rapide, à Smyrne, marché central des produits de leur agriculture et de leur industrie.
Production agricole. — Les principaux produits agricoles du caza de Koula sont les céréales, le coton, la vallonée et la laine de ses nombreux troupeaux qui, après avoir fourni abondamment à la consommation locale pour la fabrication des tapis, donne encore d'importantes quantités à l'exportation du port de Smyrne.
Production industrielle. — Outre les industries relevant directement de Tagriculture, la principale occupation des habitants du raza et de la ville de Koula est la fabrication des tapis dits de « Smyrne ». Les lapis fabriqués à Koula sont de grandes dimensions; la laine en est de qualité supérieure, la chaine est en fil de chanvre. On fait aussi dans plusieurs fabri-
ques de ce caza des tapis plus petits qui n'ont comme ceux de Geurdèz que 2 mètres sur 1 " 20. La production annuelle est estimée à 35,437 mètres carrés, d'une valeur totale de 865.000 francs.
Tout ce qui concerne cette industrie se trouve plus haut au chapitre spécial du vilayet de Symrne.
Localités remarquables. Anciens volcans. —
Strabon, dans sa description de la région Calacécaumène (XIII, 626-628) parle de trois cratères que Ton retrouve encore aujourd'hui. Le premier, déjà décrit ci-dessus, domine la ville actuelle de Koula. Le second, observé par Hamilton, est situé à 10 kilomètres ouest de cette ville, entre les villages de Mennè (Mœonia) et de Sandal; le troisième, à 7 kilomètres ouest de Mennè, a 800 mètres de tour et 780 mètres d'altitude. C'est le mieux conservé; on le nomme Kaplan-Alan.
Daldia(Yildiz). — Prèsde ce même village de Mennè, qui occupe l'emplacement de la Mœonie, se trouve, dans une localité nommée Yildiz exploitée comme carrière de marbre, de nombreux fragments de belles sculptures et des restes de vastes édifices, anciens temples et autres monuments. C'est l'antique Daldia.
Sélendi(Silandus). — Sélendi,cher-lieudunahiédemème nom, occupe l'emplacement de l'ancienne ville Lydienne de Silandus qui fut autrefois un siège épiscopal. Elle est située sur VAïné'tc/iaï ou Sélendi-tchdi, affluent du Ghédiz. Plusieurs inscriptions y ont été trouvées.
Davala (Tabala). — Davala, sur la rive droite du Ghédiz^ à 18 kilomètres est de Koula, est l'ancienne Tabala.
Emir-Hamniani (sources thermales). — Les thermes des environs de Koula, où parmi des ruines moins anciennes on voit des restes de constructions archaïques, ont été déjà décrits plus haut au chapitre spécial du vilayet.
CAZA D'ALACHEHR
Orientation, limites. — Le caza d'Alachèhr est situé au sud-est du sandjak de Sarouhan et à Test du vilayet. U est limité au nord et au nord- est par les cazas de Koula et d'Echmé ; au sud-est et au sud par les sandjaks ds Dénizli et d'Aidin ; et à Touest par le merkez-sandjak de Smyrne et le caza de Salihli.
Superficie. — Sa superficie totale est de 1.315 kilomètres carrés, comme suit :
Cultures 500 kilom. carrés.
Prairies 200 —
Montagnes 487 —
Forêts 128 —
Total. . . 1.315 kilom. carrés.
Division administrative. — Il est administrativemeiit divisé en un seul nahïé qui est Inégueul ou plutôt Aïné-gueul, contenant dans sa circonscription 20 villages^ ce qui, avec les 44 autres delà circonscription du chef-lieu, donne, pour le caza d'Alachèhr, un chiffre totale de 64 villages.
Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par un caïmakam et un mudir.
Population du caza. — La population totale du caza d'Alachèhr est de 35.510 habitants comme suit :
Musulmans 27.510 hab.
Grecs orthodoxes 7.326 —
Étrangers 335 —
Israéiles 3e6 —
Total. • . 35.510 hab.
Chef-lieu. — Alachèhr (la ville blanche), nommée encore aujourd'hui Philadelphie par la population grecque, est le cheflieu du caza, la résidence officielle du caïmakam, et le siège des divers services publies et d'un archevêché grec orthodoxe; elle est situé vers l'extrémité orientale de l'ancienne Lydie, à 5 kilomètres de la rive gauche de Y Alachèhr-tchài ou Kouzou-tchai (Cogamus), près des versants orientaux du Bouz-dagh (Tmolus), qui s'abaissent graduellement jusqu'à ses portes en formant une grande plaine en pente douce entre la ville et les monts. Son altitude est de 175 mètres.
La population de cette ville, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 22.000 habitants comme suit :
Musulmans 1 7.000 hab.
Grecs orthodoxes 4.326 —
Étrangers 335 —
Israélites 339 —
Cette ville, située sur la grande route qui de l'Orient conduisait d'une part dans la vallée du Méandre et d'autre part dans celle de THermus, occupe ainsi une position stratégique de premier ordre qui commandait et défendait les deux plus belles et plus fécondes vallées de TAsie Mineure. C'est sans doute pour cela que^ bien que le sol y fût plus sujet qu'aucun autre aux tremblements de terre, Attale Philadelphe, roi de Pergame, choisit ce point, vers l'an 140 avant Jésus-Christ, pour y fonder la célèbre ville de Philadelphie, ainsi nommée par lui de son propre surnom. Pour la même raison, plusieurs historiens et géographes ont cru devoir faire remarquer que la situation de Philadelphie correspond à celle de la ville Lydienne de Callatébus, par laquelle fut dirigée la marche de Xerxès sur Sardes, trois siècles plus tôt. Ces deux villes n'en seraient donc, en réalité, qu'une seule, et le roi Attale n'aurait fait, dans ce cas^ que lui donner son surnom.
Quoi qu'il en soit^ et malgré les continuels tremblements de terre qui, du temps de Strabon, forçaient les habitants de remédier à leurs ravages par un maçonnage, pour ainsi dire, permanent ; bien que depuis lors ils se soient renouvelés plusieurs fois, Philadelphie existe encore sous son nom nouveau d'Alachèhr, et n'a jamais été abandonnée. Elle fut léguée à la République romaine avec les autres possessions du royaume de Pergame et compta parmi les villes romaines de TAsie Mineure qui, les premières, embrassèrent la foi chrétienne. Elle y fut convertie par saint Jean TEvangéliste lui-même, et placée dans son Apocalypse au rang des sept grandes églises de l'Asie. On y trouve, toutefois, peu de monuments de l'époque chrétienne comme de l'antiquité. Les églises byzantines, au nombre de 27, tant grandes que petites, sont de construction fort modeste, la plupart abandonnées par les Grecs orthodoxes qui ne pratiquent plus le culte que dans celles de la Panaïa, de Saint-Georges, de Saint- Michel, de Saint-Théodore et de Saint-Dimitri.
Depuis 1391, Alachèhr n'a cessé de faire partie de l'empire ottoman que durant le courte invasion de Timour-Leng et de la révolte de l'émir Djounéïd, terminée par la mort de ce rebelle sous le sultan Mourad II, vers 1423.
Les anciennes murailles de Philadelphie subsistent encore et forment une enceinte rectangulaire autour de la ville actuelle d'Alacbèhr. On y remarque seulement du côté du nord une large brèche par laquelle les troupes coalisées de Jean Paléologue et de Baïazid P' pénétrèrent dans cette place lors de sa prise de possession par les Ottomans. C'est encore aujourd'hui l'entrée principale de la ville, dont les portes sont complètement ruinées. Bâtie sur plusieurs collines, elle domine la plaine qui, de là, remonte doucement jusqu'au mont Tmolus.
Ecoles. — Les écoles d'Alachè.hr sont au nombre de 31 dont 4 secondaires, 1 préparatoire et 26 primaires, fréquentées par 880 élèves dont 650 garçons et 230 filles, comme suit :
COMMUNAUTÉS
éCOLES
ÉLÈVES
Musulmans : 1 école secondaire
— 1 ^ DPéDarutoire
— 20 — primaires
Grecs orthodoxes : 2 écoles secondaires ffirarcoQs)
— 1 (Slles)
— 1 — orimaire fisrarcous^
- 1 — (filles)
Catholiques (étraoKers) : l école primaire (filles^
— 1 — — (ffarcoDS)
Israélites 2 — — (ffarcons)
Total. . .
L'école secondaire el l'école préparatoire des musulmans ont été fondées et sont entretenues par le Ministère de Tlnslruction publique, au moyen de centimes additionnels. Leurs écoles primaires sont des annexes des mosquées, entretenues par le Ministre du Culte (Chéïk-ul-Islam) sur les revenus de ces fondations pieuses.
Les trois écoles secondaires et Tune des écoles primaires des Grecs orthodoxes sont des fondations ne formant en réalité qu'un seul établissement, dû aux libéralités d'un riche notable de cette communauté qui le lit construire à ses frais en 1875. On lui a donné le nom d' « Écoles Théologhiennes », dérivé du nom du fondateur : Georges lladji Théologhis. L'école secondaire de garçons est divisée en 6 classes tenues par 6 professeurs y compris le directeur. L'école des filles n'admet que des pensionnaires. L'école primaire est mixte; on n'y reçoit que de petits enfants. A cet établissement sont annexés une bibliothèque d'environ 1,000 volumes et un petit Musée composé d'inscriptions antiques.
Parmi les fondations qui font honneur à la communauté grecque orthodoxe d'Alachèhr, on doit citer également un « Syllogue » littéraire dont les membres se proposent pour but de propager l'instruction dans leur pays, en y créant des écoles, ou par tout autre moyen aussi efficace.
On comple à Alachèhr environ 4,000 maisons, pour la plupart
en bois et eu pisé et couvertes en tuiles ; quelques-unes sont en pierre ou pierre et bois, el d'assez belle apparence. Ses 20 mosquées sont aussi peu intéressantes comme monuments que ses 27 églises byzantines déjà citées, quoique cinq ou six soient incontestablement d'architecture seldjoukide, ordinairement remarquable par sa richesse et son élégance, absentes ici. Mais leurs minarets blancs s'élançant au ciel, entourés de beaux platanes, donnen ta la ville un charmant aspect oriental.
Alachèhr est le point terminus actuel de la ligne principale du chemin de fer de Kassaba. La station est à 175 mètres d'altitude, et la ville est immédiatement au-dessus. C'est à cette station, située à 169 kilomètres de Smyrne, que viennent se vendre les produits d'Ouchak, lesquels^ joints à ceux ducaza d' Alachèhr et des environs, fournissent au chemin de fer un important trafic.
Les rues principales d' Alachèhr sont assez larges et éclairées au pétrole.
Industrie locale. — Il y a à Alachèhr 2 usines à coton, 1 usine à réglisse, plusieurs filatures et un assez grand nombre de boutiques de tisserands où l'on fabrique des étoffes à l'usage du pays. Les tanneries y sont également nombreuses. On fabriquait autrefois dans cette ville de notables quantités de tapis à peu près semblables à ceux d'Ouchak, mais cette industrie a presque disparu. Le halva de la ville d'Alachèhr est très renommé dans tout l'Orient. Ou sait que cette composition, qui fait les délices des enfants, est à peu de chose près celle du miel de Callatébus cité par Hérodote (liv. Vil, 31), ce qui pourrait corroborer l'opinion des savants tendant à faire, de cette antique cité lydienne et de Philadelphie, une seule et même ville, si le halva n'était fabriqué dans toutes les autres villes de l'Orient avec plus ou moins de perfection.
Eaux minérales. — Aux environs d'Alachèhr se trouvent des eaux minérales très esliméus, pour l'exploitation desquelles une petite chaussée de 3,350 mètres a été construite près de la
station du chemin de fer. Ces eaux viennent de 3 sources : la première porte le nom de Démir-sou-ma'adeni'j comme ce nom l'indique, elle est ferrugineuse ; c'est un succédané de l'eau de Vais; on la vend à Smyrne sous le nom de celle-ci et l'on en obtient les mêmes effets curatifs. La seconde, nommée Sari- Aez-souïou, c'est-à-dire « eau de la fille blonde », et la troisième dile Kukurt mdadeni ou mine de soufre, sont des eaux sulfureuses également employées en boissons et en bains.
Production agricole. — Les principaux produits agricoles du caza sont les oliviers, l'orge qui dépasse un rendement de 2,000 tonnes; le coton, l'opium, la réglisse, et une grande abondance de fruits et légumes.
Bestiaux. Apiculture. — L'élève du bétail est pratiqué sur une vaste échelle dans les tchiftliks ou fermes des environs d'Alachèhr, où se trouvent des riches pâturages qui facilitent et encouragent ce travail. La chair des agneaux de ces cantons se recommande par son goût délicat. Les fromages sont excellents. Les abeilles, objet de soins intelligents, donnent un miel recherché et une belle cire.
CAZA D'ECHMÉ
limites. — Le caza d'Echmé est situé à l'est du sandjak de Saroukhan et au nord-est du vilayet de Smyrne. Il est limité au nord et à l'est par le vilayet de Brousse ; au sud par le sandjak de Dénizli et le caza d'Alachèhr; et à l'ouest, par le caza de Koula.
Superficie. — Sa superficie totale est de 398 kilom. carrés, comme suit :
Cullures 300 kilom. carrés.
Pâturages 20 —
Montagnes, terres arides. 62 —
Forêts 16 —
Total. . . 398 kilom. carrés.
Division administrative. — Il est subdivisé en un nahié qui est Gueuré, et Ton y compte 79 villages, dont 41 dans la circonscription du chef-lieu et 38 dans celle du nahïé.
Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par uncaïmakam et un mudir.
Population du caza. — La population totale est de 26,896 habitants comme suit :
Musulmans 26J28 hab.
Chef-lieu. — Takmak, nommée aussi Asmaet Echmé cheflieu du caza, résidence ofricielle du caïmakam et siège des services publics, est située à 930 mètres d'altitude, à 32 kilomètres sud-est de Koula en ligne droite et à 48 kilomètres nord-est d'Alachèhr. Une roule carrossable y conduit de cette dernière ville, en passant d'abord par Koula. La longueur totale de cette route, qui décrit un grand arc de cercle, est de 70 kilomètres 850 mètres.
Population. — La population du Takmak, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 4,000 hab. comme suit :
Musulmans 3.892 hab.
Grecs orthodoxes 108 —
Total. . . 4,000 hab.
Ecoles. — Les écoles du Takmak sont au nombre de 23 dont 1 secondaire et 22 primaires, fréquentées par 345 élèves comme suit:
COMMUNAUTÉS
ÉCOLES
ÉLÈVES
Musulmans : 1 école secondaire
— 20 — Drimaires •
Grecs orthodoxes : 2 écoles Drimaires - -
Total . . .
Dans ce nombre sont comprises 10 écoles musulmanes de villages, fréquentées par 80 élèves. Les écoles grecques sont aussi alimentées par les villages voisins.
On compte à Takmak, outre le konak ou hôlel du Gouvernemeal, 6 mosquées et 1 église grecque, 1 bâtiment neuf en pierre pour Técole ruchdië, 1 bazar et 40 boutiques, 4 magasins ou dépôts, 1 han OM hôtellerie, 1 bain public, 6 moulins à farine ; 3 fours et 800 maisons.
Production agricole. — Les principaux produits agricoles du caza d'Ëchmé sont les céréales^ le coton, les raisins et autres fruits et légumes.
L'élève des bestiaux donne dans ce caza d'importantes quantités de laine et de produits accessoires, tels que fromages, beurre, etc., objets d'un grand commerce avec Smyrne, par Koula et Alachèhr.
SANDJAK D'AIDIN
Orientation^ limites. — Le sandjak d'Aïdin est situé à peu près au centre du vilayet, entre 24*^40' el 26**27' de longitude, et entre 37^20' el 38»5' de latitude. 11 est limité au nord parle merkez-sandjak deSmyrneet lesandjak de Saroukhan; — à Test, par le sandjak de Dénizli^ au sud^ par celui de Mentéché; et à l'ouest, parTArchipel olloman.
Superficie. — Sa superficie est de 7,604 kilom« carrés comme suit :
Cultures 2,400 kilom. carrés.
Pâturages 850 —
Montagnes 3,830 —
Forêts 524 —
Total. . . 7,604 kilom. carrés.
administrative. — Il est adminislrativement divisé en 5 cazas, 9 nahiés, et contient 450 villages comme suit :
GAZAS
AÏDIN. ...
Sevkè
Tchina, chef-lieu Kir-Ova.
Bozdoghau
Nazilli
NAHIÉS
10 iDéaLad. — 2o Saboudjè. — 3o Keuchk. 40 Karaït
50 Yéni-bazar
60 Kouyoudjak. — 7° Aktché. — 8° Sultan- Hissar. — O* Rara-sou
VILLA- GES
Totaux : 5 cazas — 9 Dahi(^3 — et 450 villages
Autorités. — Lesandjak d'Aïdin est administré, ainsi que son merkez-caza qui porte le même nom, par un gouverneur, sous Tautorité duquel 4 caïmakams et 9 mudirs administrent les 4 autres cazas et les 9 nahiés Ces 14 fonctionnaires relèvent en outre du vali, gouverneur général du vilayet résidant à Smyrne. Ils sont respectivement assistés de conseils administratifs de même composition que le conseil du vilayet plus haut décrit.
Division militaire. — Il n'y a pas de troupes de l'armée active dans ce sandjak; mais la ville d'Aïdin est le quartier central d'une circonscription militaire des diverses réserves. Un général de brigade commande cette circonscription, qui a été formée sans tenir compte de la division administrative^ comme
1^ District (fAïdin, formé des cazas d'Aïdin et de Sevké, elde celui de Kouch-adassi qui appartient au merkez-sandjak de Smyrne.
2'' District de Tirèh, appartenant en entier au merkez-sandjak ; il est formé des cazas de Tirèh, Baïndir et Eudémich.
3** District de Nazilli, formé du caza de Nazilli moins le nahié de Kara-sou, et du caza de Bouladan qui appartient au sandjak de Dénizli.
4* District de Kara-sou, comprenant ce nahié et le caza de Bozdoghan, plus le caza de Saraï-keuï qui appartient au sandjak de Dénizli.
Le cinquième caza du sandjak d'Aïdin, Tchina, n'est pas com-
pris daus sa circonscription militaire. Il a été placé dans le district de Milas, qui appartient au sandjak de Mentéché.
L'élat-major et les cadres de ces troupes comprennent en totalité 92 officiers : 1 général de brigade (liva); 1 colonel (mir-alaï); 2 lieutenants-colonels (caïmakams); 8 chefs de bataillon (bin-bachi; 8 adjudants-major (kol-aghassy ; 32 capitaines (yuz-bachi): 32 lieutenants (mulazims) et 8 kiatibs (secrétaires) ayant le grade de capitaine ou adjudant-major et dépendant en principe d'un alaï-emini (intendant du régiment).
Autorités religieuses. — Les autorités religieuses du sandjak d'Aïdin sont, pour les musulmans, le mufix^ les cadis^ les mollahs et imam et les ndibs ou juge dont la juridiction n*est pasjbornée au droit moderne (bidaïet), mais s'étend aussi au chéri (droit islamique) fondé sur les préceptes du Koran.
Pour les Grecs orthodoxes, les autorités religieuses sont les évèques de Traites (Aïdin) et de Sevké ou Sokia qui relevait du diocèse d'Ephèse. Aujourd'hui, l'évêché de Sokia relève de Manissa (Magnésie du Sipyle).
Les Arméniens grégoriens, les Arméniens catholiques, les Catholiques latins et les Israélites relèvent des archevêchés grégorien et latin, des R.R. Pères iMékhitaristes et du hahambachi ou grand rabbin de la ville de Smyrne.
Tribunaiix. — Il y a au chef-lieu du sandjak des tribunaux civil, criminel, correctionnel, du chér'i et de commerce, et dans chaque chef-lieu de caza siège un naïb qui juge d'après le ô/dàiet ou droit moderne et le chér'i ou droit islamique. Chaque village musulman a aussi un imam^ un mollah ou un cadi^ aptes à juger suivant le chér'i.
Gendarmerie, police. — La gendarmerie et la police du sandjak d'Aïdin se composent de 45 gendarmes à cheval dont 1 officier et 12 sous-officiers; de 288 gendarmes à pied dont 3 officiers et 45 sous-officiers; de 15 agents de police dont 1 commissaire de Ir"* classe et 1 de 2'^« classe. Soit en totalité un
service d'ordre public comprenant 348 gendaroies et agents de police.
Dette p\ibliq[ue ottomane. — L'administration des revenus concédés à la Dette publique ottomane a 4 agences relevant de son nazaret ou agence principale de Smyrne. Ces 4 agences sont celles de Sevké, Bozdoghan, Yéni-Bazar et Nazilli.
Régie des tabacs. — La Régie cointéressée des tabacs a fait, du sandjak d'Aïdin, un mudiriet (agence principale) de son nazaret ou agence supérieure de 1'" classe de Smyrne. De ce mudiriet, dont le siège est à Aïdin, dépendent 4 agences secondaires qui sont Nazilli, Aktché et Bozdoghan, Karaïl et Deïrmendjik et Sevké ou Sokia.
Postes et télégraphes. — Il y a une station télégraphique de service intérieur, c'est-à-dire où la langue turque est seule employée, dans chaque chef-lieu de caza, soit 5 stations en totalité.
Consulats. — L'Angleterre, TAutriche, la France, la Grèce, l'Italie et la Perse ont des agents consulaires à Aïdin.
Banc[ues. — Des succursales de la banque impériale ottomane sont établies à Aïdin et à Nazilli.
Population. — La population totale du sandjak dWïdin est de 205,577 habitants, comme suit :
Musulmans 185,898 hab.
Grecs orthodoxes 16,907 —
Arméniens grégoriens . . . 634 —
Catholiques latins 114 —
Israélites 2,024 —
Total. . . 205,577 hab.
Mœurs; usages, etc. — H nW a rien à ajouter ici à ce qui a été dit plus haut au sujet des mœurs, usages, coutumes, etc., des habitants de ce sandjak, au chapitre spécial du vilayet d'Aïdin, où ce qui concerne les DéiéBeys et leur milice îrrégulière de Zéibeks a déjà fait l'objet d'une notice particulière.
Ecoles. — Les écoles du sandjak d'Aïdin sont au nombre de 73 dont 17 secondaires et 56 primaires, fréquentées par 2,337 élèves dont 2,045 garçons et 292 filles, comme suit :
COMMUNAUTES
Musulmans
Grecs orthodoxes
Arménieus grégoriens. .
Catholiques latins
Israélites
Totaux