CAZAS DU SANDJAK D'AIDIN
6 ni
-te
ea
Total général : têtes db bétail
CD
et minières. — Ainsi qu'on Ta déjà dil au chapitre spécial des mines du vilayet, toutes les mines d'émeri exploitées sont situées dans une même contrée faisant partie du merkezsandjak de Smyrne, à l'exception d'une seule situées à Kekré, dans le nahié de Kara-sou, dépendance du caza de Nazilli, et qui a été concédée h Son Excellence Yahia Pacha. On sait cependant que les gisements d'émeri ne sont pas rares dans le sandjak d'Aïdin, où ils s'étendent à partir du Djouma'a-Dagh dans toute la chaîne de montagnes qui s'y rattache, d'un côté jusqu'à Sevké,
el de l'autre au-delà même du sandjak et du vilayel d'Aïdin jusqu'à Kutahia, dans le vilayel de Brousse.
On connaît aussi, dans le sandjak d'Aïdin, plusieurs affleurements de lignite dignes d'intérêl, mais qui n'ont fait jusqu'à présent l'objet d'aucune étude sérieuse, notamment dans les cazas de Sevké, de Nazilli, et dans le nahié de Sultan-Hissar.
Forêts. — Les forêts exploitées sous la surveillance de l'État dans le sandjak d'Aïdin couvrent une superficie de 524 kilomètres carrés. Leurs principaux peuplements consistent en pin d'Alep et en diverses espèces de chêne.
Les principaux usages de ces coupes sont la carbonisation et la construction des habitations, à laquelle fournissent surtout les forêts de pins et de chênes du caza de Nazilli, dont Pétendue est 205 kilomètres carrés.
Tabacs. — On cultive dans le caza de Sevké (Sokia) les tabacs de la qualité dite à'Ayasolouk. Ces tabacs proviennent de graines originaires de Yénidjé. Ils sont peu goûtés dans le vilayet d'Aïdin, où on leur préfère la qualité dite de « Magnésie »; ils sont demandés à l'étranger.
Eaux minérales. — Il existe à proximité de la ville d'Aïdin, sur les ruines de Traites, une source thermale à 28** centigrades, contenant de l'alun, au dire de Tchihalchef. Elle est fréquentée avec succès par les rhumatisants, ainsi que celles d'Ortaktché, dans le caza de Nazilli. Ces dernières coulent avec assez d'abondance pour faire marcher un moulin. Il en est de même de celles de Gumuch-Ilidjassi, près Deïrmendjik, aux environs des ruines de Magnésie du Méandre; ces eaux ont la spécialité de guérir les plaies.
Agriculture. Réglisse. — En ce qui concerne l'agriculture proprement dite, il n'y a lieu de rien ajouter ici à ce qui a déjà fait l'objet du chapitre spécial du vilayet d'Aïdin. Toutefois, il convient de faire remarquer l'importance toujours croi^
586 VILWET DF SMYRNE
sanle que prend depuis environ 40 ans, époque avant laquelle il n'en était que fort peu question en Turquie, Texploitalion de la racine de réglisse, production spontanée du sol, si abondante dans la vallée du Méandre et autour des affluents de ce fleuve. Une maison anglaise a monopolisé celte exploitation en passant des contrais à long terme avec les propriétaires des terrains, moyennant une faible redevance, et elle y a gagné en peu de temps une fortune considérable. L'extraction est libre, et le premier venu peut s'y livrer à la seule condition d'apporter le produit de ses fouilles au dépôt le plus proche, où on lui paye la racine de réglisse à raison de 10 paras Toke (environ 5 centimes le kilogramme). Un homme peut en récolter de 20 à 40 okes(25 à 51 kilogrammes), et gagner ainsi de 1 fr. à 2 fr. 30 par jour. Pendant l'hiver, des milliers d'habitants pauvres des campagnes n'ont pas d'autre gagne-pain, et quand la récolte est mauvaise, plus d'un cultivateur leur fait une concurrence, peu dangereuse d'ailleurs, caries quantités de racines extraites sont toujours achetées. Les usines à réglisse sont au nombre de trois dans le sandjak d'Aïdin; à Aïdin et à Nr.zilli, les racines sont conservées pendant un an au moins pour les faire bien sécher, puis elles sont mises en balles au moyen de presses hydrauliques, pour être exportées à l'étranger; à l'usine de Sevké (Sokia) on s'occupe, outre cela, de l'extraction, de la purification du jus de réglisse, et de sa mise en bâtons ou en pâte, suivant qualité.
En 1887, année de mauvaise récolte pour les agriculteurs, l'extraction de la racine de réglisse, dont la moyenne ordinaire est de 20 millions d'okes, s'est élevée à 38 millions d'okes.
Fleuves, rivières. — Un seul fleuve : le Buyuk-Mendérès ou Méandre arrose d'est en ouest le sandjak d'Aïdin où il pénètre par le caza de Nazilli et le parcourt dans son entier.
Ses principaux affluents, sur la rive gauche, sont : XArpa-sou^ ancien Harpas, et le Tchina-tchdi^ décrits tous deux, au chapitre spécial du vibyet.
Lacs, marais. — Le Bafa-Guetd, nommé aussi Dénizli^
Gueul et Yédi-Botiroun-Gueulj mais plus connu dans le pays sous le nom de Akir-Tchai-Gueul, est situé dans le caza de Sevké. C'est l'ancien golfe de Lalmus dont l'entrée a été barrée par les atterrissements du Méandre à partir de l'embouchure même de ce fleuve, où se trouvait alors située Milel. Par suite de ces atterrissements, les ruines de cette antique place maritime se trouvent aujourd'hui à 1 5 kilomètres environ à l'intérieur des terres. Le lac ainsi formé s'étend en moyenne sur une longueur de 18 kilomètres et une largeur de 5 kilomètres. Il est demeuré peuplé de poissons de mer, au nombre desquels on cite d'excellents mulets.
Routes, chemins. — Le chemin de fer d'Âïdin, suffisamment décrit dans le chapitre spécial du vilayet, pénètre dans le sandjak d'Aïdin à 1 4 kilomètres environ à l'est de Scala-nuova, et le parcourt entièrement, de l'ouest à Test, en desservant directement Aïdin, Nazilli et les deux ca/as de même nom. 11 dessert aussi Sevké au moyen d'un embranchement. Tchina et Bozdoghan s'y rattachent par des routes carrossables qui relient la première de ces villes à la station d'Aïdin et la seconde à celle de Nazilli. Une troisième route carrossable suit le même parcours que l'embranchement de Baladjik à Sevké. La longueur de ces trois routes est de 86,500 kilom. comme suit :
Route de Sevké à Baladjik . . . ?2^000-.
— Tchina à Aïdin .... 36 500
— Bozdoghan à Nazilli. . 28 000
Total. . . 86^500".
Ports et rades. — Les ports du sandjak d'Aïdin sont ceux du merkez-sandjak du Smyrne.
Transports. — Il n'y a rien à ajouter ici à ce qui a été dit d'une manière générale au sujet des transports au chapitre spécial du vilayet.
Montagnes. — La chaîne du Messogis qui commence à Test du vilayel de Smyrne dans le vilayel de Brousse, à Binaire (Dènaïr), pénètre dans le sandjak de Smyrne à sa lisière nordest, où Tun des principaux sommets de celte chaîne, VAk-dagh^ le sépare des sandjaks de Saroukhan et deDénizli. Cette chaîne, qui circonscrit au nord la riche vallée du Buyuk-M endérès ^ s'étend ensuite entre les deux sandjaks de Smyrne et d'Aïdin jusqu'au littoral où elle se termine parle mont Micale^ aujourd'hui Samsoun-daghy qui sépare le caza de Sevké de celui de Kouch- Adassi appartenant au merkez-sandjak de Smyrne.
Du côté du sud, sur la rive gauche du fleuve, cette même vallée et celles qui viennent s'y rattacher des sandjaks de Dénizli et de Mentéché sont limitées par une autre chaîne qu'on pourrait nommer chaîne du Latmus. Elle se divise en trois groupes dont le premier a son principal sommet, le Baba-dagh (mont Cadmus), près de la ville de Dénizli, et se prolonge dans le sandjak d'Aïdin sur toute la rive droite de VArpa-sou. Le second de ces groupes a pour principal sommet le Madaran-dagh, qui borne à l'ouest la vallée de VArpa-sou, et limite à l'est celle de Tchina-tchài, Le troisième groupe, enfin, est celui du Latmus proprement dit, nommé aujourd'hui Bech-parmak-dagh ou mont Cinq-Doigts. Son principal sommet termine la chaîne au lac de Bafa (Akir-tchaï-Gueul).
Industrie. — Les moulins et usines à vapeur que possède le sandjak sont : le moulin de Kir-Ova, chef-lieu du caza de Tchina; les usines de la ^ille d'Aïdin au nombre de 5, dont 1 pour la réglisse, \ pour l'huile d'olives, 2 pour le coton et 1 pour l'huile d'olives et le colon ; les 2 usines de Nazilli, dont \ pour la réglisse et \ pour le coton ; celle de Soboundja pour la réglisse; celle d'Aklché pour le colon; et les 2 usines de Sevké dans l'une desquelles ou extrait, purifie et met en bâtons et en pâle le jus de réglisse; l'autre sert à toutes les opérations concernant les préparations commerciales du coton.
Quant aux moulins à farine non perfectionnés, aux pressoirs à huile et autres, à moteurs autres que la vapeur, leur nombre
est pour ainsi dire incalculable; il n'est pas de si petit village où Ton n en compte plusieurs.
La ville d'Aïdinest un des trois centres principaux de diverses industries comme on le verra plus loin.
Commerce. — Ces exportations et importations du sandjak d'Aïdin ont lieu par le port de Smyrne et sont comprises dans son mouvement commercial, au chapitre spécial du vilayet.
Dîmes et impôts. — Recettes et dépenses du sandjak d'Aïdin.
RECETTES
Impôtfoucier
Patentes (témetlu)
Exonération du service milituii ti
Taxe sur les moutons etc
Dime des céréales . . . ,
Revenus des forêts
— des mines
Droits de mutations
— judiciaires
Dime des tabacs
Centimes additionnels
Divers
Total
LIVKES TURQUEf^
DEPENSES
Administration gouvernementale
Administrallou des iluauces. . .
Honoraires des cadis^ muftis etc.
Pensions de retraite
Administration de la Justice . .
— de l'Instruction publique *
Administration des travdu.\ publics
Administration des forints . . . .
— des mines
Gendarmerie
Police
Divers
Total . . ..
LIVRES TURQUES
Notices historiques. — Le sandjak d'Aïdin est formé de divers territoires qui, dans Tantiquité, ont appartenu soit séparément^ soit même en commun, aux Lydiens, aux Gariens et aux Ioniens de Milet; à ces derniers et à ceux de Priène appartenait en propre le littoral. Le fleuve Méandre traçait la limite entre la Carie et la Lydie. Les événements les plus marquants et les dates principales du passage successif^ de ces
territoires aux mains des Perses, desMacédonieDs, d'Alexandre le Grand, des Romains de la République et des empires d'Occident et d'Orient, puis des Turcs seldjoukides et enfin des Ottomans, leurs possesseurs actuels, seront brièvement énoncés plus loin, aux chapitres spéciaux de chaque caza.