‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 138 sur 178 · LIVRES · texte numérisé non relu

LIVRES

turques

Impôt foncier

Administration gouvernementale

Patentes Uémeilu)

ËxooératioQ du service militaire

Administration des finances.

Honoraires des Cadis et Muftis

Taxe sur les moutous

Dlme des céréales

Pensions de retraite

Administration de la Justice.

— de rinstruc-

tion publiaue

Revenus des forêts

— des mines

Droits de mutation

— judiciaires

Dime des tabacs

Administration des forôts. .

Divers

Divers

Gendarmerie

Centimes additionnels. .....

Total

Police

GAZAS DU SANDJAK DE DÉNIZLI

MERKEZ-CAZA DE DÉNIZLI

Orientation, limites. — Le merkez-caza de Dénizli est silué au nord-est du sandjak de même nom, vers sa partie centrale, et à Test du vilayet. Il est limité au nord parle caza de Bouladan ; à Test, par celui de Tchal; au sud, par ceux de Davas et de Kara-Aghadj ; et à l'ouest, par le caza de Saraï-keuï.

Superficie. — Sa superficie totale est de i,0I4 kîlom. carrés, comme suit :

Culture 277 kilom. carrés.

Pâturages i73 —

Montagnes 429 —

Forêts 135 —

Total. . . 1,014 kilom. carrés.

Autorités. — L'autorité civile y est exercée par le mulessarif du sandjak, assisté, suivant Tusage général, d'un conseil d'administration semblable à ceux de toutes les divisions administratives de TEmpire.

Division militaire. — 11 appartient, sous le rapport militaire, au 4° district de la circonscription de Milas. Le quartier

général de ce 4* district est à Dénizli. Les troupes qui Toccupent se composeot de 2 bataillons de ladite réserve, sous le commandement d'un lieutenant-colonel, de 2 chefs de bataillon, 2 adjudants-majors, 16 capitaines el 32 lieutenants et sous-lieutenants. Dans la même ville il existe un dépôt militaire gardé par 20 soldais.

Population. — La population totale du merkez-caza de Dénizli est de 37^326 hab. comme suit :

Musulmans 35,696 hab.

Grecs orthodoxes i ,200 —

Arméniens grégoriens. . . . 430 —

Total. . . 37,326 hab.

Chef-lieu. — Dénizli, chef-lieu du sandjak et du merkezcaza de même nom, résidence du mutessarif et de tout le personnel administratif central du sandjak, ainsi que de Tautorité militaire, de la gendarmerie et de la police, siège des services publics, desTribunaux, etc., est située au bord d'une plaine fertile, où viennent expirer en pentes douces les derniers contreforts du Baba-dagh (mont Cadmus), au milieu de beaux jardins et de champs cultivés, arrosés par de nombreux petits affluents du Tchuruk'sou (Lycus) el du Tchoukour-sou. Dénizli est à 10 kilomètres nord-est du Baba-dagh (Cadmus); àU kilomètres sudouest du Tchuruk'SOu (Lycus), et à 9 kilomètres sud de la ligne principale du chemin de fer de Smyrne-Aïdin, auquel la relie un embranchement spécial aboutissant à proximité des ruines de Laodicée (Eski-Hissar), à la station de Goudjéli. La station de Dénizli est à 260 kilomètres de distance de la gare de Smyrne. Son altitude est à 425 mètres.

Population du chef-lieu. — La population de Dénizli, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du merkez-caza, est de 16,917 hab. comme suit ;

COMMUNAUTÉS

HOMMES

FEMMES

TOTAUX

MusulmaDs

Grecs orthodoxes

ArméDieDs firréfforieus ••■

Totaux...

La ville proprement dile de Dénizli est entourée d'une enceinte de murailles qui lui a mérité le nom de Kassaba (ville fermée, ville forte), et dont les anciens habitants étaient venus de Laodicée s'y réfugier; elle est aujourd'hui à son tour presque solitaire. Un tremblement de terre, il y a environ 80 ans, a renversé presque toutes ses maisons, en n'y laissant que le bazar; et la population est allée s'installer à 1 kilomètre plus loin^ dans les jardins d'alentour. Des mosquées champêtres, entourées de colonnades en bois, bâties en planches agrémentées de peintures éclatantes représentant des paysages féeriques, s'élèvent parmi les groupes serrés de magnifiques arbres fruitiers, à l'ombre desquels les habitants passent jour et nuit la saison chaude. Les rues sont formées des murs en terre qui limitent les jardins. L'eau coule en abondance dans de petits canaux établis le long de la voie publique et répand dans toute cette cité campagnarde une fraîcheur agréable.

Ecoles. — Les écoles de cette ville sont au nombre de 8 dont 1 secondaire et 7 primaires, fréquentées par 925 élèves dont 815 garçons et 110 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

éCOLBS

ÉLÈVES

Musulmans : 1 école secoadaire

— 3 — Drimaires

Grecs orthodoxes : 1 école oriuiaire (trarcous)

— 1 — — (SUesJ

Arménieiis firréfforiens : 1 école Drimaire fnlles^

— 1 — — (garçons)

Total. . .

L'école secondaire des musulmaDs, fondée et dirigée par le Ministère de rinslruction publique^ n'est pas entièrement défrayée sur les centimes additionnels perçus à cet efifet. Les dépenses annuelles de cette école, où l'enseignement est donné par 9 professeurs, sont de i,900 médjidiés, soit environ 8,700 francs. Ses revenus, c'est-à-dire les petites sommes qu'on y fait payer aux élèves pour droit d'écolage, sont de 1,000 médjidiés. Le solde seul de la dépense, soit 900 médjidiés, est parfait sur la part de centimes additionnels, destinée à couvrir les dépenses de l'instruction publique. Ces sortes d'exceptions sont assez rares, surtout en ce qui concerne les écoles musulmanes. Le principe généralement établi chez toutes les communautés, en Turquie, est celui de la gratuité de l'enseignement. Dans les écoles militaires et autres établissements scolaires spéciaux du Gouvernement, les élèves reçoivent même une petite solde mensuelle, proportionnée à leur degré d'avancement.

11 y a, àDénizli, outre les écoles proprement dites énumérées au tableau ci-dessus, 20 médressés ou école de droit chér'i et de théologie islamique, où 4 h 500 étudiants sont instruits, logés, nourris, vêtus, etc., sur les revenus de ces fondations pieuses. Suivant le principe général d'enseignement gratuit, l'école de garçons tenue par i professeurs et l'école de filles tenue par 2 maîtresses, de la communauté grecque orthodoxe, sont entièrement défrayées par cette communauté. Leur dépense annuelle est de 900 médjidiés.

Celles des arméniens grégoriens font exception à la règle. L'école de garçons et l'école de filles, tenues par un professeur et une maîtresse, perçoivent annuellement des droits d'écolage montant en totalité à 400 médjidiés et ne dépensent ensemble que 375 médjidiés soil un bénéfice annuel d'environ 115 francs. Outre le konak ou hôtel du Gouvernenxent récemment transféré dans un local nouvellement construit et où les services administratifs sontà Tétroit; outre la caserne et le dépôt mihtaire, les 20 médressés précités et 6 teckkés (couvents de derviches), 4 mosquées en pierre et 20 medjids (oratoires musulmans) en bois, 1 église grecque orthodoxe et 1 église arménienne grégo*

rienne, on comple à DéDizli 3,300 maisons; 1 bazar entouré de murs, contenant 985 boutiques ; 3 autres bazars non clos qui sont : délikli'tchmar : 63 boutiques; kayalik : Î2J8; kahvè-eunu : 29; soit, en totalité 1 J05 boutiques; 10 hans ou hôtelleries; 4 bains publics, 1 pharmacie, 10 moulins hydrauliques ayant en tout 33 paires de meules et 26 autres moulins, également mus par Teau, situés aux alentours des jardins et complétant un ensemble de 60 paires de meules sans cesse en mouvement.

A Texception des cinq grands négociants dont quatre sont en même temps fabricants, tous les habitants de la ville et du merkez-caza de Dénizli sont des artisans, de petits commerçants et des cultivateurs.

Depuis que la ville de Dénizli est desservie par un embranchement du chemin de fer, la banque impériale ottomane y a établi une succursale.

Industrie. — Le petit village de Manastir, situé à 10 kilomètres de Dénizli^ est renommé pour sa fabrication de sacs et de couvertures pour chevaux. Les achirèts ou tribus nomades qui campent autour du chef-lieu font des tapis de laine rare, et les aladja des tisserands de Dénizli sont fort recherchés des dames turques pour la confection de robes, de ceintures, de couvertures de sofas et autres meubles.

Produits agricoles. — Les principaux produits agricoles du merkez-caza de Dénizli sont les céréales et les olives. Les blés et les orges de cette provenance sont, ainsi que les farines, très recherchés sur la place de Smyrne et dans tout le vilayet.

Bestiaux — L'élevage du bétail dans ce merkez-caza produit annuellement, en moyenne, 455,122 têtes de bétail de toutes races. Les laines de Dénizli sont tout particulièrement estimées sur tous les marchés d'Orient et d'Occident.

Localités remarquables. — Eski-Hissar, situé à quelques kilomètres de Dénizli, à proximité de la ligne principale

du chemin de fer de Smyrne-Aïdin el du point de joncliou de l'embranchement spécial de Dénizli sur cette ligne, esl l'ancienne ville de Laodicée, fondée par Anliochus Soter, qui lui donna le nom de sa femme. C'était, sous le règne de Tibère, Tune des plus belles villes de la Phrygie. Ses ruines, qui sont visitées par tous les voyageurs, ne semblent pas avoir été l'objet d'une élude spéciale.

Celte ville, mentionnée dans l'épîlre de saint Paul aux Colossiens, compta parmi les sept grandes églises d'Asie. En li20, l'empereur Jean Comnène fît réparer ses murailles; on ignore l'époque exacte à laquelle, pendant les désastreuses guerres du moyen âge, ses habitants l'abandonnèrent pour se réfugier à Dénizli.

Honas. — IIonas, village situé à 18 kilomètres est de Dénizli, entre la rive gauche du Tchuruksou (Lycus) et la rive droite du Tchoiikour-soii^ est l'ancienne Colossae, qui fut aussi, comme Laodicée, l'une des grandes églises d'Asie et l'objet de la sollicitude de saint Paul. Ses ruines ont été décrites par Hamillon, qui a le premier déterminé l'emplacement de celte antique cité.

Pambouk-Kalessi. — Pambouk ou Tamouk-Kalessi est situé sur la rive droite du Tchuruksou (Lycus), à 20 kilomètres nord-est de Dénizli el à la môme distance est de Saraï-keuï, vers la limite de ces deux cazas. L'ancienne ville de Hiérapolis, citée par tous les auteurs de l'antiquité avec admiration, a laissé en cet endroit de vastes et belles ruines, souvent, mais fort imparfaitement décrites. On ne trouve nulle part la date de sa fondalion. Ce qui a surtout préoccupé l'attention de Strabon, qui en parle très longuement, de Dion Cassius, d'Ammien Marcellln, c'est bien moins la ville elle-même que ses eaux thermales et surtout son célèbre Plutonium^ aujourd'hui disparu sans avoir laissé de traces. Quoique Cockerellait dit l'avoir découvert entre les eaux thermales et le théâtre, ses indications n'ont pu être vérifiées.

Quoi qu'il en soit, v^ici, d'après M. Charles de Scherrer, ancien

consul général d'Aulricbe-Hongrie à Smyrne, l'état acluel des thermes, attrait spécial de cette localité, et qui pourraient lui rendre une nouvelle prospérité : « Les sources de Hiérapolis et « de Pambouk-Kalessi, déjà célèbres dans l'antiquité, sont au- « jourd'hui complètement abandonnées. Elles ont une tempéra- « ture de 80** C, sont limpides, agréables à boire, d'un goût (( légèrement piquant, ce qui relève la présence de l'acide car- « bonique. Par leur richesse en sels calcaires, elles ont formé (( des incrustations à ce point considérables, que toute une cola line de tuf calcaire s'est ainsi agglomérée successivement. La « beauté et la variété des cristaux qui se sont précipités sur ce « point pendant des siècles, dépassent celles des incrustations « analogues que l'on admire dans des sources européennes. »

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