‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 155 sur 178 · AO · texte numérisé non relu

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En résumé, les écoles du mulessariflik de Bigha sont, en 1891, au nombre de 31, dont une à la fois secondaire, prîmaîro et élémentaire, 24 primaires et 6 élémentaires, fréquentées en totalité par 2,215 élèves, dont 1,636 garçons ot 579 filles, comme Findique le tableau ci-contre :

La nouvelle école civile, ouverte en 1890 aux Dardanelles, remplace les deux écoles élémentaires et Fécole primaire des musulmans de cette ville par des classes similaires, et réunit ces deux degrés d'enseignement à des classes secondaires dans un seul établissement scolaire. La construction de cet édifice a coûté 300,000 piastres, soit environ 70,000 francs. Le premier exercice scolaire a été clôturé avec le chiffre d'élèves 338 porté au tableau ci-dessus; ce chiffre se décompose comme suit :

Iblidayiè (classes élémentaires) 130 élèves

Ruchdïè (enseignement primaire) 118 —

Idadïè (enseignement secondaire) 90 —

Total. . . ooS élèves

Tous ces élèves sont externes. L'augmentation immédiate de 88 élèves qui s'est produite dès l'ouverture a bien prouvé la nécessité des classes secondaires qui avaient manqué jusqu'alors. Durant le second exercice scolaire, on prévoit une nouvelle augmentation. Le personnel enseignant, qui a été, pendant la première année, de 12 professeurs, dont 1 pour la langue française, va être doublé à la rentrée des classes. Le budget prévu pour les dépenses de l'année prochaine est de 91 ,930 piastres, soi t environ 2 1 ,000 francs. Les dépenses de Tannée écoulée se sont élevées à 81,000 piastres, soit environ 18,600 francs. L'unique langue étrangère enseignée est le français. L'enseignement est gratuit, et de même que dans toutes les autres écoles turques qui ne relèvent pas du Ministère du cuKj, les élèves sont admis sans distinction de religion ni de nationalité.

Les écoles des Grecs orthodoxes aux Dardanelles ont été fondées, celles de garçons en 1842^ et celle de filles en 1870.

700 MUTEESARIFLIK DE BIGHA

On y enseigne aux garçons le grec, le turc et les principes du français. Les filles apprennent le grec el les divers travaux de coulure, de broderie el de tapisserie. Les dépenses annuelles de ces deux écoles sont d'environ 12,000 francs. Elles sont couvertes de la même manière que celles des'aulres communautés non musulmanes, par le produit de quêles, d'aumônes, de dons particuliers el de fêles ou de loteries organisées chaque année en faveur des écoles, sous le patronage du gouvernement local ou des consuls.

Les écoles arméniennes portées au tableau qui précède, comprennent deux écoles appartenant à la communauté grégorienne el une aux Arméniens protestants. Les deux premières sont une école de garçons fondée en 1836 el fréquentée par 105 élèves, el une école de filles fondée en 1875 el comptant 72 élèves. L'élude de la langue turque est obligatoire pour les garçons, mais l'enseignement leur est donné en arménien. Quelques-uns reçoivent les premières notions du français. Les filles apprennent rarnfîénien, les travaux d'aiguille et la coupe des vêlements. La dépense annuelle de ces deux écoles est d'environ 7,600 francs.

Quanta Técole prolestante, les 50 élèves qui la fréquentent reçoivent d'un professeur envoyé par la mission américaine de Constantinople, l'enseignement de la Bible, de la langue arménienne el de la langue anglaise. L'entretien du professeur est à la charge de la mission précitée.

Il existe aussi aux Dardanelles, malgré le petit nombre de catholiques latins de cette ville, une école catholique de filles. Fondée en 1883 par feu S. E. le cardinal Rotelli, alors délégué apostolique à Constantinople, cette école est dirigée par les religieuses géorgiennes, servantes de rimmaculée-Conceplîon. Elle esl actuellement fréquentée par 30 élèves, tant filles que petits garçons; l'instruction primaire leur est donnée en français par les religieuses, qui apprennent aussi aux filles à coudre, à broder et à faire de la tapisserie. Une maîtresse de grec est attachée à cet établissement qui ne reçoit aucune subvention et ne subsiste qu'au moyen d'un faible écolage et du produit d'une

loterie annuelle organisée parla dél(^gation apostolique de Conslanlinople et par le consul de Franco. Beaucoup do lots consistent en ouvrages des élèves, fort intéressants pour la plupart.

En janvier 1878, le comité central de V « Alliance Israélite universelle », dont le siège est à Paris, a fondé aux Dardanelles une école de garçons actuellement fréquentée par 112 élèves. En octobre 1888, ce même comité a ajouté à cette première fondation celle d'une école de filles, également aux Dardanelles et fréquentée par 85 élèves. L'enseignement est donné aux élèves de ces deux écoles exclusivement en français et conformément au programme des écoles primaires laïques de la ville de Paris. Les professeurs de l'école de garçons, munis du brevet supérieur obtenu à Paris, sont envoyés de cette ville ainsi que la maitresse de l'école de filles, munie d'un brevet de capacité. Dans la première, outre l'instruction générale donnée en français, on enseigne la langue hébraïque et la langue turque ; et dans la seconde, une maîtresse spéciale apprend aux élèves les divers travaux de lingerie, la broderie et la tapisserie.

Les dépenses faites annuellement par ces deux écoles montent à 10,935 francs.

Il y a de plus, aux Dardanelles, trois écoles élémentaires ou salles d'asile pour les petits garçons de 5 h 10 ans de la communauté Israélite. Les trois rabbins qui dirigent cet établissement enseignent aux 170 élèves qui les fréquentent, la lecture hébraïque et l'écriture judéo-espagnole en caractères hébreux^ moyennant un faible écolage.

Climat. — Le climat du mutessariflik de Bigha est généralement tempéré et assez salubre, excepté sur le littoral où régnent, avec rhumidité, des fièvres paludéennes, autrefois par- ^ tout endémiques, mais qui, depuis quinze ans, ont cessé de sévir à l'intérieur de la contrée, par suite du dessèchement des marais. La température, depuis la mer de Marmara jusqu'à la mer Egée ne s'abaisse guère en hiver au-dessous de 5* centigrade, et ne dépasse pas, en été, + 35** h l'ombre. Les sautes de vent, 1res fréquentes dans cette région, donnent lieu h

70'i MUTESSARIPLIK DE BlGilA

de brusques variations. Le baromèlre oscille enlre 745 et 785 m/m. Les vents régnants sont ceux de nord-est en hiver et en été, et de sud-ouest en automne. Dans la partie montagneuse du sandjak, au sud-ouest, la température est plus froide que sur le littoral. Quant aux saisons, à cette exception près que le printemps existe à peine, les temps variables et souvent pluvieux se prolongeant après l'hiver ; jusqu'au mois de juin, elles sont du reste régulières. Il y a de fort belles journées et des nuits éloilées durant tout l'été et l'automne, jusqu'en décembre. Le ciel est presque toujours pur et la splendide lumière du soleil d'Orient revêt toutes choses des plus vives et des plus harmonieuses couleurs.

L'hiver est abondamment pluvieux et neigeux, et le dégel des neiges accumulées sur les montagnes durant cette saison coïncidant avec l'époque des grandes pluies, il en résulte de fortes crues des nombreux cours d'eau qui deviennent alors torrentiels et ravagent le pays que d'ordinaire ils arrosent et fertilisent. Souvent même ils débordent au loin et se répandent partout, causant de graves inondations, telles que celles du 22 février 1889 produite par le débordement du Scamandre et du lihodius.

Les tremblements de terre sont fréquents en automne; ils sont généralement légers. Cependant il s'est produit, le 26 octobre 1889, une très violente secousse qui a duré 25 secondes et a occasionnéunegrande panique et d'importants dégâts matériels.

Les eaux potables abondent partout et sont pour la plupart excellentes; mais les conditions d-hygiène des habitations, de la voirie, des égoûts, des fosses d'aisances, etc., sont si mauvaises partout^ et les populations si peu soucieuses de leur santé, que malgré celte heureuse circonstance jointe à la pureté de l'atmosphère et au dessèchement des marais, toute maladie n'a pas disparu à Tinlérieur du pays. La variole y existe encore à l'état endémique et y fait de nombreuses victimes, chose d'ailleurs fort peu surprenante, s'il est vrai, comme on l'assure, que la vaccination est pratiquée dans les villages par des empiriques, qui substituent au vaccin une simple solution gommeuse.

STATISTIQUE DESCHIPTIVE 708

Production agricole. ~ La produclioo agricole du mulessariflik de Bigha s'est élevée, du l"mars 1890 au 28 février 1891 h la quantité totale de 49,976,230 okes de produits divers, représentant une valeur totale de 52,394,620 piastres. Le tableau ci-après montre ces résultais par cazas respectifs :

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