‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 154 sur 178 · ISS 183 CSl 5S · texte numérisé non relu

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Régie des tabacs. — Le produit des ventes effectuées par le mudiriet institué aux Dardauelles par la Régie coin I éressée des tabacs, a été en 1890, y compris le produit des ventes des 5 sous-agences qui dépendent de ce mudiriel duasle mutessariflik de U'gba, de 981,096 piastres.

Postes et télégraphes. — Le service postal est fait dans les chefs-lieux du sandjak et des cazas par l'administration des postes el télégraphes ottomans. De plus, trois olHces postaux étrangers : Austro-hongrois, français el russe, fonctionnent régulièrement aux Dardanelles. Depuis que les chemins de fer

oltomans sont raccordés aux grandes lignes européennes, les correspondances arrivonl presque tous les jours. Celles de Paris parviennent en 4 jours el demie aux Dardanelles, d'oîiles correspondances locales sont expédiées également, presque chaque jour, par Constanlinople. Le service de distribution de roffice postal français étant de beaucoup le mieux organisé, est Tobjel d'une préférence très marquée de la part du public.

Il y a huit stations télégraphiques dans le mutessariflik de Bigha, mis en communication directe avec les principales places du monde par voie aérienne aux Dardanelles, et par le câble sousmarin qui relie le sandjak à Salonique au moyen d'un raccordement du service ottoman avec Ténédos, tôle de ligne du câble de r « Eastern-Télégraph-Company », comme suit :

r Dardanelles, station de service international, c'est-à-dire où les dépêches sont reçues ou transmises en caractères turcs et en caractères latins.

2' Éren-Keuï, nahié des Dardanelles, station de service intérieur, c'est-à-dire oîi les dcpôches en langue turque peuvent seules être reçues ou transmises ;

3* Bigha, slation de s(^rvîcc intérieur;

4^ Lampsaki —

5' Ezinè —

G" Koum-Kalè ~

7° Aïvadjik —

8** Cable sous-main (via Salonique) relié à celui de Y « Easfer- Télégrah-Company», à Ténédos, slation de service international (correspondance en caractères turcs et en caractères latins).

Population. — La population totale du mutessariflik de Bigha, d'après les dernières données, est de 129,438 habilants. Ce chiffre est réparti par communautés ou nationahtés et par cazas, comme l'indique le tableau à la page suivante :

Mœurs, usages, etc. — Comme on le voit au tableau ci-après, la grande majorité des habilants du mutessariflik de Bii^ha se compose de musulmans, et la communauté la plus nombreuse après celle-ci est celle des Grecs orthodoxes.

MUTESSARIFLIK DE BIGIIA

COMMUNAUTÉS

, ( population fixe . . .

Musulmans. . { Souia.lc-

Grecs orthodoxe?

Bulgares

Arméniens

— protestants

Israélites

Sujets ( Grecs orliiodoxes. .

et ) Catholiques latins .

Protégés 1 Protestants

étrangers f Israéhtc!»

Totaux par Caz.\s

GAZAS

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Total cÉNéRAL des habitants Dr sandjak db Bigha

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Arexceptiou de quelques négociants el d'un petit nombre qui se sont enrichis durant la guerre de Crimée, ceux-ci, tout comme les premiers, sont principalement des agriculteurs, petits propriétaires cultivant eux-mêmes leur bien, ou des artisans, des marins, des ouvriers agricoles, travaillant à la saison ou à la journée. En un mot, ils vivent tous de leur labeur, et, pour la plupart, sans être absolument pauvres, ils sont plus éloignés de l'aisance que de la misère. Celle-ci pourtant, grâce à leurs goûts simples et à leur sobriété, leur est tout à fait inconnue. Le dénûment qui, du moins en apparence, règne à l'intérieur de leurs maisons semblerait démontrer le contraire, car le confortable y manque partout; mais ils n'en ressentent aucun besoin et n'en ont pas la moindre idée. Presque toutes les habitations sont de chélives maisons en bois ou en pisé ; bien peu sont en pierre. Généralement, elles n'ont qu'un seul étage sur un rezde-chaussée lion pavé, qui sert à la fois de cuisine, d'étable ou d'écurie. Le meuble capital, mis avec soin en évidence, est un grand cofifre en bois peint de vives couleurs, et souvent orné de naïves sculptures représentant des cyprès, des fleurs et autres

ornements taillés au couteau. Quelques coussins, un ou deux lapis, des naUes communes, les ustensiles de cuisine indispensables, en terre cuite ou en bois, complètent Tameublement de ces maisons habilces par leurs propriélaires.

Quoique très fortement attachés à leurs croyances respectives, à Texceplion d'une infime minorité qui, parfois, se détache do la communauté arménienne pour passer au protestantisme, tous les liabilants vivent en parfaite harmonie et respectent mutuellement les fêtes religieuses, les édifices et les cérémonies des d.fîérents cultes. Ils sont d'ailleurs également protégés par les lois et les autorités du pays.

Les mœurs générales de la population du sandjak de Biglia, de toutes communautés, sont, du reste, douces et hospitalières. Celle population est sobre, laborieuse, aimant la vie de famille, et Ton ne saurait guère lui reprocher qu'un peu trop de vanité, de ruse, et d'insouciance de la parcle donnée.

Langues. — Toute la population du mutessariflik, sans exception, sait parler la langue turque. Pnlre eux, les Grecs orthodoxes parlent le grec vulgaire, les Arméniens leur langue nationale, et les Israélites, un espagnol hébraïsé. La langue française est parlée aux Dardanelles par la plupart des négociants et par la colonie levantine dite européenne ; le corps consulaire en fait usage dans ses communications olficielles, à l'exclusion de toute autre langue.

Ecoles. — Le mutessariflik de Bigha laisse beaucoup à désirer sous le rapport de Tinstruclion. Chaque chef-lieu de caza possède une école primaire de garçons et une de filles, et c'est tout. C*est seulement aux Dardanelles, chef-heu du sandjak, que les diverses communautés montrent une certaine émulation à suivre l'impulsion donnée à l'enseignement par le Ministère ottoman de Tiustruction publique. Celui-ci, durant le cours de l'année 1890, a ouvert dans cette ville une nouvelle et spacieuse école civile, grâce à laquelle le nombre des élèves musulmans, de 259 qu'il était l'année précédente^ s'est élevé au chiffre de 338.

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