OUO
Soit environ, revenu net, 1.070.000 francs
GAZAS DU MUTESSARIFLIK DE BIGHA
CAZA DE RALÉ-I-SULTANIE (DARDANELLES)
Orientation, limites. — Le merkez-caza de Kalè-î- Sultanië (Dardanelles) est situé à Touesl du mulessariflik de Bigha. U est limité au nord par les cazas de Lampsaki et de Bi* gha; à Test par ce dernier; au sud, par celui d'Ézinè, et à l'ouest par le détroit des Dardanelles.
Division administrative. — Il est divisé administratif vement en 1 nahié qui comprend 39 villages.
Autorités civiles. — Il est administré civilement par un mutessarifj gouverneur du sandjak de Bigha et du merkez-caza de Ralè-i-Sultaniè, qui relève directement du Ministère deTintérieur, et par un mudir^ directeur du nahié d'Éren-Keuï.
Autorité militaire. — L'autorité militaire y est exercée par un féri/c, général de division commandant en chef le mulessariflik de Bigha ainsi que les forteresses et casernes des côtes d'Europe et d'Asie du détroit des Dardanelles et des lies de TArchipel ottoman.
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Autorités religieuses. — Tout ce qui concerne les autorités religieuses des divers cultes et les ditl'érents services publics centralisés aux Dardanelles se trouve plus haut, dans les chapitres spéciaux du mutessariflik.
Population. — La population totale du merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè (Dardannelles) est de 19,49i habitants, comme suit :
l Population fixe 8.662 )
Musulmans. | ^^^^^^ 3^^ | 9.059 hab.
Grecs-Orlhodoxes 5.501 —
. . i Grégoriens 904 ) ^^^
Arméniens, j p,,j;3i,„j3 ^g ( 956 -
Israélites 1.805 —
Î Grecs-Orthodoxes . . . . 1.147 Catholiques Latins. ... 92 . . ^ Protestants 8 1 ^'^^^ ~ Israéhles 926
Total 19.494 hab.
Chef-lieu. — Kalè-î-Sultaniè (forteresse principale; est le nom officiel du chef-lieu du mutessariflik de Bigha, mais le nom de Tchanak-Kalè (le fort des poteries) a prévalu chez les populations locales, et celui de Dardanelles chez les étrangers.
Bien que l'origine de ces trois noms soit généralement parfaitement connue, il convient peut-être de la rappeler ici très brièvement.
On sait qu'en 1659, époque de la construction parle grand vizir Méhmed-Keupruli des forteresses de la côte d'Europe, nommées Kilid-ul-Bahr (la clef de la mer) et Sidd-ul-Babr (la digue de la mer), les fortifications du détroit qui dataient de 1453^ étant devenues tout à fait insuffisantes pour la défense du pays, furent entièrement rebâties sur de nouveaux plans d'ensemble et considérablement au£:mentées, notamment aux Dar-
danelles, qui fut alors choisi comme centre du système et reçut le nom qu'il porte encore officiellement aujourd'hui.
Celui de Tchanak-Kalè, plus populaire, ne date que de l'établissement des fabriques de poteries que l'on fait remonter h
Quant an nom de Dardanelles, les Européens l'ont donné d'un commun accord à celte petite ville, parce qu'elle est située dans Tancienne Dardanîe, et que d'autre part on la croyait bâtie sur remplacement de l'antique cité de Dardanos, d'ailleurs assez voisin^ puisque Tarchéologie le reconnaît à 8 kilomètres au sud-ouest, près de Kéfez-bournou.
La date exacte de la fondation de la ville des Dardanelles est inconnue. Des recherches faites à ce sujet par M. Cabanel, dans les archives des communautés locales, permettent seulement de supposer qu'elle est restée longtemps à l'état de forteresse, sans autres habitants que la garnison turque, et de constater les faits suivants, relatifs à l'origine des diverses communautés et à l'époque de leur établissement à Kalè-i-Sullaniè.
D'après les documents contenus dans les archives de la communauté arménienne, 83 familles du rite grégorien, fuyant la tyrannie de Chah-Thamas, fils d'Ismaîl Sofi, roi de Perse, se réfugièrent aux Dardanelles sous le règne de Suléiman-el-Kanouni, en 1529. En 1669, les descendants de ces réfugiés construisirent une chapelle qui fut détruite parles Turcs en 1691, et reédifiée en 1718, sous Ahmed III, en vertu d'un Iradé impérial.
En 1660, d'après un recueil des décisions des tribunaux rabbiniques de ces contrées, édité cette même année en hébreu à Salonique, le tribunal rabbinique des Dardanelles autorisa, le 15 sivan 5420 (avril-mai 1660), une veuve israélite à se remarier. L'existence de ce tribunal démontre celle d'une communauté assez importante, et fait supposer que l'établissement des Israélites aux Dardanelles est antérieur à l'année 1660. D'autre part, le dialecte hispano-hébreu de la communauté israélite de Kalè-i-Sullanië donne à croire qu'elle descend, comme la plupart des israélites de Turquie, de ceux qui furent expulsés d'Espagne en 149^.
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La communauté grecque orthodoxe, presque aussi nombreuse que celle des musulmans et qui semblerait devoir être la plus ancienne, n'a pas été organisé avant 1690. Vers 1740, elle élait groupée dans un quartier spécial ne contenant qu'environ 80 maisons, et son église n'a été construite qu'en 1793.
Enfin, Torganisaliou de la petite communauté des catholiques latins ne date que de 18i8 ; sa chapelle actuelle a été bâtie en 1852. Les Arméniens protestants n'ont un local servant de temple que depuis environ quinze ans, et sont restés sans cimetière jusqu'en 1887.
Population du chef-lieu. — La population de la ville des Dardanelles, déduction faite des troupes logées dans la forteresse et les casernes, est de 1 ] ,062 habitants compris dans le chiffre ci-dessus de la population totale du merkez-caza. Ces 11,062 habitants sont répartis par communautés, comme suit :
Arméniens . | p^SanlV. " '. '. ^11 \ ^^^ "
Israélites 1.805 —
! Grecs-orthodoxes . . . 1.147
Catholiques Latins ... 98 , , ,„
Prolestants 8 ^ ^^^^ ~
Proiesianls 8
Israéhles 92G
Total il .062 hab.
Ecoles. — Les écoles du merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè aontau nombre de 12, dont une à la fois secondaire, primaire et élémentaire, 8 primaires et 3 élémentaires, fréquentées par 1 .402 élèveâ dont l,Uli> garçons et 387 ûUes, comme suit :
COMMUNAUTÉS
Musulmans. — École secondaire, primaire et élémeu-
taire
Grecs orthodoxes. — Ecoles primaires
Arméniens id
Catholiques-lutins id ,
Israélite* ( ^*^®^*^* primaires
israeiues. . . . { i.^^^^ élémentaires
TOTAf.
ÉCOLES
ks
iJ
fa.
ÉLÈVES
flB ■< O
il2
On trouve tous les détails concernant ces écoles au chapitre spécial du mutessariflik de Bigha.
Dardanelles. — La ville des Dardanelles (Kalè-i-Sultaniè) est siluée par 24''30' de longitude et 40<'56' de latitude, sur la rive nord-est du détroit, à 12 milles marins environ de son embouchure dans la mer Egée. Cette ville est assez bien bâtie, ses rues sont larges et droites, mais non pavées. Chaque communauté y a son quartier spécial; celui qu'on appelle le quartier « Franc » est au bord du rivage. A Texception du château-fort, des casernes et de Thôpilal militaire, aucun édifice ne mérite d'être cité. Le bazar n'est qu'une suite peu intéressante de boutiques; il n'y a que 3 hôtels insuffisants pour les voyageurs.
On compte aux Dardanelles 8 mosquées & minarets, 3 mesdjid ou chapelles musulmanes, 1 église grecque orthodoxe, 1 église arméoo-grégorienne, 1 chapelle arméno-protestante, 1 chapelle catholique-latine et 3 synagogues ; 6 bains publics, 4 han ou hôtelleries, 47 cafés, 3 hôtels, 5:2 boutiques, une tannerie, 2 moulins à vent, 1 moulin à vapeur pour les troupes, 26 fours de boulanger, 12 fours de potier, 13 fontaines publiques, 1 club où les étrangers sont admis sur la présentation d'un des membres actifs, et 2040 maisons. Le quartier « Franc », qui borde le rivage, a été entièrement reconstruit à la suite du grand
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incendie de 1860. Les quartiers grec, israélite et arménien, détruits en grande partie parTincendie en 1865, ont été reconstruits sur un nouveau plan. Ces reconstructions et Tagrandisse* ment de la ville ont amené le dessèchement de plusieurs marais, qui étaient un foyer de fièvres paludéennes.
Consulats. — L*Angleterre^ la France, la Grèce et la Russie ont chacune un vice-consul aux Dardanelles; les autres puissances n'y ont que des agents consulaires ou vice-consuls honoraires, pour la plupart représentants de compagnies de na« vigation à vapeur. L'Allemagne avait créé un vice-consulat dans cette ville en février 1872, mais elle Ta supprimé en avril
Le port des Dardanelles est mis en communication régulière et fréquente avec toutes les grandes places commerciales du monde, grâce aux bateaux à vapeur des compagnies Austro-Hongroises, Égyptiennes, Françaises, Helléniques^ Italiennes, Russes, Turques, etc, qui desservent les principaux ports du Levant. Plusieurs de ces compagnies délivrent des connaissements directs pour Bordeaux, Dunkerque,le Havre, Barcelone, Valence, Londres, New-York et TAmérique du sud, et vice-versa. Ce port a également de très fréquentes relations avec les petites échelles de Tarchipel Grec et des lies ottomanes du déiroit de la mer de Marmara, etc., desservies par un nombreux cabotage à vapeur et à voiles.
Les offices et stations des postes et télégraphes sont énumérôs au chapitre spécial de mutessariflik de Bigha.
Production agricole. — La production agricole du merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè est estimée en totalité à une quantité moyenne annuelle de 5,188,350 okes et à une valeur do 4,204,350 piastres.
Ce caza est le seul où le tabac ne soit pas cultivé.
Mines et minières. — Les mines d'or d'Osmanlar sont situées à environ 25 kilomètres au sud-est des Dardanelles et à
4 kilomètres de la rive droite du JRkodius^ sur le territoire du village de Sertchiler. Le firman de concession et d'exploilalion pour 99 ans, a élé promulgué en juillet 1878. La compagnie anglaise qui exploite ces mines a élé constituée en février 1889, sous la raison de : « Compagnie des mines d'Astyra », au capital de 180,000 livres sterling (4,500,000 fr.), divisé en 180,000, actions de 1 sterling chacune.
Tout d'abord on a contesté à cette compagnie le droit de porter le nom d'Aslyra qui est en effet le nom des célèbres mines d'or d'où sont sorties tant de richesses sous le règne de Crésus et qui étaient voisines d'une ancienne ville d'Aslyra située au fond du golfe d'Adramit.
Mais il s'agit ici d'une autre ville portant le même nom d*Astyra, sur laquelle Strabon dit : (XlIl-591) «plus haut que le territoire des Abydéens, dans la Troade, se trouve Astyra, ville en ruines appartenant actuellement à Abydos. Astyra, autrefois indépendante, avait des mines d'or... »
Et plus loin (Xlll-680)... « celles (les richesses) de Priam provenant d'Aslyra, dépendance d'Abydos, où on voit des débris et des ouvrages souterrains... »
Smith dit aussi dans son dictionnaire : « Greek and Roman Géography » sous la rubrique Rliodius : «i Ce fleuve prend sa source dans l'Ida un peu plus haut qu' Astyra. Il prend la direction nord-est et, passant par Astyra et Cromaste, se jette dans l'Hellespont, entre Abydos et Dardanos».
Il résulte donc des notices ci-dessus que la mine en question aie droit de porter le nom d* « Astyra ». Nous ajouterons qu'il est certain que cette mine a été exploitée dans l'antiquité, car il existe encore de nos jours, des galeries, d^anciens travaux, ainsi que des ruines d'une forteresse et d'un mur d'enceinte des., tinés probablement à protéger les mineurs troyens.
Bestiaux. — La production annuelle de Télève des bestiaux dans le merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè, est en moyenne de 33,205 têtes de bétail détentes races, d'une valeur totale de 5,070,612 piastres, soit euvirou 1 ,166,240 francs, comme suit :
MUTESSARIPLIK DE BfGHA
RACES
Race boTine
— caoïélKuuc.
— cbeTaline. . .
— asine
— ovine
— porcine . . . .
NOMBRE
DCTftTB«
26 Ui
Totaux ■ 33 205
VALEUR
PIA&TRBS