‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 170 sur 178 · U 240 509 (00 618 OdO · texte numérisé non relu

U 240 509 (00 618 OdO

FBANCS

1 166 2kJ

Les autres détails se trouvent plus haut au tableau général de cette branche agricole.

Fleuves et rivières. — Le Sari-khodja-tchai ou grand fleuve jaune, ancien BhodiuSy prend sa source dans le Tchamlidagh, à Test du merke-caza de Kalè-i-Sullaniè. qu'il arrose d*un bout à Tautre, d*est en ouest. Il se jette dans le détroit des Dardanelles, sous les murs de la ville de même nom, après un parcours de 40 kilomètres effectué tout entier dans le merkezcaza et durant lequel il reçoit un certain nombre de ruisseaux sans aucune imporiance.

Les autres cours d*eau qui peuvent être cités sont le Déirmendéressi, qui prend sa source à la limite sud du merkez-caza et se perd dans le canal à Kéfez-bournou, à 2 kilomètres environ de remplacement de Tancienne ville de Dardanos, après avoir parcouru du sud-est au nord-ouest environ 24 kilomètres, et le Simois^ aujourd'hui Orta-ketchi-déré^ qui parcourt à partir de sa source jusque dans le caza d'Ezinè, environ 14 kilomètres au sud du merke/-caza.

Montagnes. — Les deux chaînons du Kaz-dagh qui contournent au nord et au sud le merkoz-caza de Kalè-i-Sultaniè, ne sont composés que de collines d'altitudes moyennes dont aucune ne semble mériter une mention particulière.

industrielles. — Les productions industrielles de cette partie du mutessariflikde Bigha sont énumérées en détail plus haut, au chapitre spécial de la production générale.

Commerce. — Il n'y a rien à ajouter ici aux tableaux de l'exportation et de l'importation qui se trouvent plus haut aux chapitres du mouvement commercial de la place des Dardanelles en 1 891 , à la suite duquel se trouve également un tableau du mouvement de la navigation de ce port.

Localités remarquables. — Les localités les plus re* marquables situées dans le merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè sont, à partir du nord-est en se dirigeant au sud-ouest, le long de la rive du détroit, les emplacements des anciennes villes d'A^y(/o^, de Dardanos et d!Ophrynion.

Le premier de ces emplacements est reconnu par la science archéologique actuelle à la pointe Nagara, à 2 kilomètres environ à lesl du fort autrefois nommé Boghaz-hissar. C'est là que s'élevait la ville à'Abydos chantée par Homère, et fondée, selon Slrabon, parles Milésiens, ce qui doit s'entendre d'une simple reconstruction, du temps oti Gygès, roi de Lydie, était maître du pays. Abydos est surtout célèbre par les touchantes amours de Léandre et de la prêtresse Héro, et par le passage de l'armée de Xerxès d'Asie en Europe, à cet endroit réputé alors comme le plus rapproché du continent européen. La distance est aujourd'hui plus courte de moitié entre Kalè-i-Sultaniè et Kilit-bahr que d' Abydos à Sestos»

On place aujourd'hui Dardanos^ non plus à Kalè-i-Sultaniè comme on le croyait autrefois, mais à 8 kilomètres plus au sud- ,ouest, à proximité de Kéfez-bournou. Cette ville fut bâtie, dit Homère (Iliade XX, 215), « lorsqu'Uion avec son peuple immense n'était pas encore, et qu'on habitait au pied de l'Ida arrosé de sources. »

Quant à l'emplacement d^Ophn/nion^ on le reconnaît actuellemeut^ àun kilomètre au nord d'Éren-keïu, chef-lieu du nahié m 48

75^ MUTESSARIFLIK DE BIGHA

de même nom. Le village d'Éren-keuï est situé à un kilomètre environ du rivage du détroit, et à 15 kilomètres sud-ouest de la ville des Dardanelles. On l'appelle aussi yol-guèlmèz^ expression qui signifie, pour les indigènes, la « localité où la fête du Baïram n'arrive pas », ou bien encore <c endroit où il n'y a pas de turcs »^ pour indiquer que c'est un village habité exclusivement par des grecs orthodoxes. Pour la même raison, d'autres encore appellent ce village Giaour keui^ parce qu'il est le seul village du sandjak où l'on s'occupe de l'élevage du porc, ce qui lui vaut les épilhètes que lui décernent les musulmans.

On peut voir encore, à 13 kilomètres à l'est des Dardanelles, sur la rive droite du Sari-khodja ichaï (Rhodius), les restes intéressants d'un ch&teau du moyen Age, au village nommé Giaour^Aissar (le château des infidèles).

GAZA DE BIGHA

Orientation, limites. — Le caza de Bigha est situé au nord-est du mutessariûik de même nom. Il est limité au nord par la merde Marmara; à l'est par le vilayet de Brousse (Khodavendighiar); au sud par le caza d'Ézinè, et à l'ouest par ce même caza et ceux de Kalè-i-Sultaniè et de Lampsaki.

Division administrative. — Il est divisé administrât!* vement en 3 nahiés qui sont Uimétokay Tchan et Kara-Bigha ; on y compte 175 villages.

Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par un caimakamj sous-gouverneur du caza, et par trois mudirs, directeurs des nahiès.

Popiilation du caza. — Sa population totale est de 44,738 habitants, comme suit ;

( Population fixe 40,486 )

Musulmans. | ^^^^^^^ ^^3 J 40,749 hab.

Grecs- orthodoxes 3,745 —

Total 44,73Shab.

Chef-lieu. — Bîgha, chef-lieu du caza, résidence officielle du sous-gouverneur et siège des services publics, est située sur le Graniçue^ qui prend à partir de cette ville le nom de Bighatchdi^ à cinq kilomètres de son confluent avec le Kara-atli-tchai^ à 1 1 kilomètres de celui du DimétoAa-sou ou Khodja-bachi-déré^ et à 23 kilomètres de son embouchure dans la mer de Marmara. La distance en ligne directe du port des Dardanelles à Bigha est de 70 kilomètres de l'ouest à l'est.

PoptQation du chef-lieu. — La population de la ville de Bigha, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 10.000 habitants, comme suit :

Musulmans 8,395 hab.

Grecs-orthodoxes 1,445 —

Arméniens-grégoriens. ... 160 —

Total. . . 10,000 hab.

Ecoles. — Les écoles de Bigha sont au nombre de 5, dont 4 primaires et 1 élémentaire, fréquentées par 265 élèves, dont 210 garçons et 55 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

éOOLBS

ÉLÈVI8

i École primaire de garçons

MnfinliiiaDt. . . T < — — d<f filles-... t ............ .

( — — élémentaire de garçons

GrecB-orthodo- ( École orimaire de ffarcons

doxes — -~ demies

Total

754 MUTËSSARIFLIK DE BIGHA

Bigha, citée par Anne Gommène sous le nom de Pigas (les sources), est rancienne ville de Pégaï. On la nomme vulgairement en turc « Boghaz-chèhr », ou la ville du défilé. Celle ville est célèbre dans les annales musulmanes par une grande bataille livrée sous ses murs en 1 230 à une armée tartare commandée par Djelal ed-din Alangouberti, dernier prince du Rharezm, et taillée en pièces par Ala ed-din Keïgobad, f prince Seldjounide de Koniah, qui, dit Thistorien Hammer^ « fit fabriquer des tentes avec les peaux des vaincus » I

Chef-lieu des nahiés. — Dimétoka, chef-lieu du nahié de même nom, est située sur le Khoéja-bachi-déréy à 3 kilomètres sud-est de son confluent avec le Granique et à 6 kilomètres nordest de Bigha. C'est Tancienne ville de Didymoteichos (les murs de Didyme).

On y compte actuellement 7,000 habitants, comme suit :

Arméniens-grégoriens .... 84 —

Total. . . 7,000 hab.

Tchan-bazar-keul, chef-lieu du nahié de Tchan et centre commercial de la vallée environnante, ancienne plaine d'Adrastée, est situé à proximité du Granique^ qui perd là son nom initial de (xullu'tchaiy ou rivière des roses, pour prendre celui de Tchan-khodja-tchài qu'il garde jusqu'à Bigha. — Le qualificatif de bazar donné au bourg de Tchan est justifié par la grande foire qui s'y tient chaque année et durant trois jours au commencement de juin. — On estime de 20 à 25,000 le nombre des personnes qui se rendent à cette foire, en caravannes nombreuses et pittoresques, protégées par la gendarmerie locale. Personnes et bêles campent à la belle étoile^ tandis que les négociants en manufactures, broderies, denrées coloniales^ etc., s'installent sous de grands hangars étabUs ad hoc et divisés en petits compartiments. Les transactions qui s'effectuent à cette foire atteip^ent des chiffres importauts, principalement sur le

bétail, sur les ustensiles de cuisine en cuivre, les tissas de toutes sortes dénommés « manufactures », et sur les riches costumes turcs confectionnés et brodés à Bigha et à Brousse. Les négociants vendeurs qui alimentent cette foire, viennent surtout des Dardanelles, de Rodosto, de Brousse et même de Smyme.

Après le troisième jour, la foire de Tchan se transporte à Bigha, où acheteurs et vendeurs se rendent dans le même ordre. Les transactions qui s'opèrent à Bigha sont de même nature qu'à Tchan. La durée de la foire de Bigha est de six jours.

La population de Tchan-bazar est évaluée à 2,000 habitants, dont 1,500 musulmans et 500 Grecs-orthodoxes.

Kara-Bigha, chef-lieu du nahié de même nom, est situé sui la mer de Marmara, à 2 kilomètres ouest de Tancienne embouchure du Granique et à 5 kilomètres de son embouchure actuelle, sur remplacement de l'ancienne ville de Priapus, station navale renommée du temps d'Alexandre le Grand, et déjà célèbre par ses vins sous l'archontat de Thémistocle, qui reçut les vignes de cette localité en usufruit pour Tusage de sa maison.

On compte à Kara-Bigha 995 habitants, tous marins ou vignerons, comme suit :

Musulmans 495 halK

Grecs-orthodoxes 500 —

Total ... 995 hab.

Production agricole. — La production agricole du caza de Bigha, est estimée, en quantité et valeur, année moyenne, à 18,719^824 kilogrammes représentant une valeur de 2,992,400 francs (voir pour les détails le tableau de la production générale au chapitre spécial du mutessariûik de Bigha).

Mines et minières. — 11 existe dans le caza de Bigha de nombreuses mines non exploitées de boracite, de plomb argentifère, et de cuivre.

Forêts. — Les principales forêts de ce caza sont celles do

75« MUTESSARIFLIK DE BIGHA

Bozgoudji-daghy peuplée surtout de chônes, d'ikirtchi. où croissent aussi de beaux chênes propres aux constructions ; les hêtres et les charmes àeRizil-elma-dagh (ancien mont Colylus) ; de Kara-khodja et Aghi-dagh sont renommés. Les coupes de ces forêts sont transportées par araba et embarquées sur des cdiks à Kara-Bigha (Priapus) et à Kémer (Parion).

Tabac. — Le tabac de Bigha, très estimé, est cultivé actuellement dans ce caza sur 110 hectares seulement. La production a été en 1 890 de 53,700kilogrammes,d'une valeurtotale de 33,720 francs.

En 1889, le nahié de Tchan, principal centre de cette culture, y avait consacré à lui seul 152 hectares, dont la production avait été de 86,947 kilogrammes de tabac, desquels 23,700 kilogrammes ont été achetés par la régie à des prix inférieurs au quart de ceux pratiqués avant Tinstitution de cet administration.

Eaux (thermales). — Les sources thermales sont nombreuses dans le caza de Bigha, mais très peu fréquentées et du reste inexploitées ; on peut citer entre autres, sur le parcours du Granique^ les sources de Tchan-bazar'keui et celle de Buyuktépé'keui^ où l'on voit des restes d'anciens thermes.

Bestiaux. — C'est surtout dans les cazas de Bigha et d'Ézinè qu'est pratiqué l'élève des bestiaux en général ot plus spécialement celui de la race bovine. Mais le caza de Bigha l'emporte de beaucoup sur le second, tant pour la quantité que pour la qualité de la production des bœufs, vaches et veaux. On eslime le chiffre annuel moyen de la production de ce caza à 141,796 têtes de bétail de toutes races, d'une valeur de 27,914,920 piastres, soit environ 6,420,431 francs, comme suit :

RACES

NOMBRE

DB TÂTBS

Race bovlDe

— camëlienne

— chevaline

— asme

— ovine

— porcine

Totaux

1 il. 996

VALEUR

PIASTKES

FBARCâ

Fleuves et rivières- — Les principaux cours a eau du caza de Bigha sont : 1" le Granique^ aujourd'hui nommé Gullutchdi (rivière des roses), à partir de sa source jusqu'auprès de Tchan-bazar-keul; puis, de celte ville à celle de Bigha : Ichankhodja'tchài (la grande rivière de Tchan), et enfin de Bigha à son embouchure dans la mer de Marmara : Bigha-tchaï (la rivière de Bigha), 2* ses trois affluents, dont deux : le Kara-atli-lchai et le Dimétoka-sou ou Khadjà-bachi-déréy ont été souvent considérés, notamment par Tchihalchef, comme des bras de ce fleuve.

Les autres cours d'eau, d'ailleurs peu nombreux, tels que le Kémer-tchài et le Gueul-asma^ sont sans importance.

Lacs; marais. — L'unique lac du mutessariflik de Bigha est situé dans ce caza, on le nomme Edjè-ffueul; il a été formé par les atterrissemenls qui ont changé l'ancien cours du Granique et reporté l'embouchure actuelle de ce fleuve à 3 kilomètres environ plus à il'est. L'embouchure primitive est aujourd'hui celle du Gueul^asma^ ruisseau par lequel le trop-plein du lac s'écoule dans la mer.

Montagnes. — Il n'y a lieu d'ajouter ici à la nomenclature des montagnes de la chatne du Kaz-dagh (mont-Ida), déduites au chapitre spécial du mutessariflik, que le Rizil-elmadagh (mont des pommes rouges), ancien Cotylus, qui borde au sud son extrême limite et le sépare du vilayet de Brousse et du caza d'Ézinè.

758 MUTESSARIFLIK DE BIGHA

Localités remarquables. — Outre les anciennes villes dont remplacement est occupé par les chefs-lieux des nahiés précités, il convient de mentionner aussi Parion qui fut colonisé par les habitants de Milet, de Paros et d'Erythrée, selon Strabon, et que Pline croit être la même qu'Adrastée citée par Homère. Ses ruines se voient encore h Kamarès, village maritime situé près de l'entrée du détroit, sur le petit cap appelé Tersana-bournou .

CAZA DE LAMPSAKI

Orientation; Limites. -*- Le caza de Lampsaki est situé au nord-ouest du mutessarif^k de Bigha. Il est limité au nord par la mer de Marmara ; à Test ppr le caza de Bigha; au sud par le merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè, et à l'ouest par le détroit des Dardanelles.

Division administrative. — Il est divisé administrativement en deux nahiés, qui sont Berges et Tchardak^ et Ton y compte 86 villages.

Autorités. — Il est administré par un càimakam^ sousgouverneur du caza, et par deux mudirs^ directeurs des nahiés.

Population du caza. — Sa population totale est de 12,263 habitants, comme suit :

Musulmans 10,758 hab.

Grecs-orthodoxes 941 —

Sujets hellènes 25 —

Bulgares 494 —

Arméniens-grégoriens 28 —

Israélites 17 —

Total . . . 12,263 hab.

Chef-lieu. — Lampsaki, chef-lieu du caza, résidence ofR-

cîelle du sous-gouverneur et siège des services publics, est située sur la rive du détroit, par 40* 21' de longitude et 40* 20' de latitude, à 34 kilomètres nord-est de la ville des Dardanelles et à 50 kilomètres ouest de Bigha. La distance qui la sépare de Gailipoli, situé sur la rive européenne à l'entrée du détroit, est à peine de 3 milles marins. La situation de Lampsaki aux abords de la petite plaine dite « plaine des oiseaux » ( kouch ova), entourée de collines couvertes de vignes dominées par les sommets plus éloignés ombragés de pins, d'où lui venait son premier nom de Pityœssa^ est très agréable. Un petit fleuve nommé Soghanti^éré (la rivière ou le val des oignons) parcourt la vallée, arrose les nombreux jardins des environs et vient fournir à la ville Teau potable nécessaire à son alimentation, en se jetant sous ses murs dans le détroit.

du chef-lieu. — La population actuelle de Lampsaki, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 2,000 habitants, comme suit :

Musulmans 1 ,230 hab.

Grecs-orthodoxes 700 —

Grecs sujets hellènes 25 —

Arméniens^grégoriens 28 —

Israélites J7 —

Total . . . "2,~0ÔÔhab.

Ecoles. — Les écoles de Lampsaki sont au nombre de 5, dont 4 primaires et une élémentaire, fréquentées par 160 élèves, dont 130 garçons et 30 filles, comme :

COMMUNAUTÉS

ACOLKS

ÉLÈYBS

Musnlmana : Écolfi Drimtird d6 sarcoDS

— — de filles

— élémentaire de ffarcons.

Grecs-orthodoxes : Ecole Diimaire de ffarcoQS.

— — denlles

Total

780 MUTESSARIFL1K DE BIGHÂ

Durant les travaux des champs, les deux écoles primaires de garçons sont à peu près désertes, et toutes sont vides à Tépoque des vendanges, où les enfants de tout âge sont utilisés pour la cueillette des raisins.

L'époque de la fondation de Lampsaki, dont le premier nom était Pityaessa, remonte au loin dans les temps préhistoriques. Selon Plutarque, deux Phyréens, amis du roi Mandron qui régnait à Pityaessa, furent autorisés par lui à y amener une colonie grecque, et ayant été sauvés d'une trahison des indigènes par Lampsakè, fille du roi, par reconnaissance il donnèrent son nom à la ville. La ville de Lampsaki devint très populeuse^ riche et florissante, et après avoir subi les mêmes péripéties que toutes les autres colonies grecques sous les Perses, les Athéniens, Alexandre le Grand et ses successeurs, elle fut incorporée à l'empire romain et conserva un rang distingué parmi les villes d'Asie jusqu'à son déclin. Elle fît partie des possessions ottomanes dès l'origine de Tempire. C'est dans les eaux de Lampsaki que le seigneur génois Adorno obtint du sultan Mourad II, en 1421, outre l'énorme prix d'un ducat d'or par homme pour le passage de l'armée turque en Europe, la remise du tribut imposée à la république de Gênes pour l'exploitation des mines d'alun de Phocée, ainsi que celle de l'arriéré, montant à 20,000 ducats d'or, dû à ce moment par les exploitants.

Chefs-lieux dés nahiés. — Bergos, chef-lieu du nahié de même nom, résidence officielle du mudir, et siège de son administration, est située à 14 kilomètres sud-ouest de Lampsaki et à 19 kilomètres nord-est des Dardanelles, à proximité de l'emplacement de Percole, ville citée plusieurs fois par Homère, et qui subsistait encore dans les derniers temps de l'empire romain. EUeétait situéesur le fleuve du Practios^ aujourd'hui Berghos'-tchdi. Il existe des ruines intéressantes à 1 kilomètre environ au nord de Bergos et à 5 kilomètres à l'est de ce même bourg, autour du village d'Erdagh, en un lieu, dit « PalœPercote».

Tchardak, chef-lieu du nahié de même nom, oti réside le

STATISTIQUE DESCRBPTrVE 761

mudir, est un petit village marilime situé à 5 kilomètres environ au nord-est de Lampsaki. Son importance, aujourd'hui à peu près nulle, était assez grande du temps que la route com^ mcrciale de Dimétoka venait y aboutir par Guérédjé. Les vignobles et les jardins de Tchardak sont renommés ainsi que ceux de toute la contrée qui forme actuellement le caza de Lampsaki, consacré dans l'antiquité à Priape, dieu des jardins.

Production agricole. — La production agricole du caza de Lampsaki, très abondante, consiste surtout en céréales, fruits, raisins et denrées maraîchères de toutes sortes. Ses vins, quoique souvent confondus avec les autres produits du sandjak sous le nom de « vins des Dardanelles », sont cependant moins estimés que ces derniers et que ceux d'Éren keuï; ils sont plus faibles en couleur et en alcool et se vendent moins chers.

La moyenne annuelle de la production du caza de Lampsaki est estimée, en quantité et valeur, comme suit :

Quantité : 6,749,714 okes, = 8,672.037 kilogr. Valeur : 5,616,190 piastres, = 1,290.000 francs.

C'est à peu près la moitié de la production du caza de Bigha, dont rétendue est triple. (Voir pour les détails le tableau général).

Mines et minières. — Outre les mines de plomb argenttifère et de cuivre concédées à M Franck Calvert, vice-consul d'Amérique aux Dardanelles, on en connaît plusieurs autres non exploitées dans ce caza, notamment debeaux gisements de boracile.

Forêts. — On cite parmi les importantes forêts du caza de Lampsaki, celles du Guérédjé, de Baldjilar et de Yapil-dagh, dont les essences dominantes sont : les conifères le chêne^ Forme, le hêtre, le platane et le tilleul.

Tabacs. — Le tabac est cultivé sur 29 hectares produisant

MUTESSARIFLIK DE BIGHA

22,138 kilogrammes en feuilles, dont la valeur totale est de 13,902 francs.

Bestiaux. — On estime, en moyenne annuelle, la production totale de l'élève du bétail dans ce caza, à 49,468 têtes de toute race, d'une valeur de 5,212,840 piastres, soit environ 1,198,953 francs, comme suit :

RACES

TfrTBS

PIASTRK8

PRAlfCS

Race bovine

— camélienne

— chevaline

— asine

-- ovine

— porcine

Total

Fleuves ; rivières. — Le caza de Lampsaki est arrosé et fertilisé par de très nombreux cours d^eau qui le parcourent dans toutes les directions^ et forment de cette contrée une suite continue de magnifiques forêts, de champs, de prairies, de jardins et de belles vignes. Cependant chacun de ces ruisseaux est par lui-même de si minime importance, que le seul fleuve Practios, aujourd'hui Bergos-tchàij mérite une mention particu- ^ère à cause de son passé historique. Il est écrit plus haut au chapitre spécial des fleuves et rivières du mutessariflik de Bigha.

Montagnes. — Les montagnes de ce caza sont aussi nombreuses que ses cours d'eau; elles appartiennent toutes à la chaîne de ïlda (Kaz-dagh) et n'ont d'une faible altitude. 11 n'y a lieu de rien ajouter à ce qui en est dit plus haut.

GAZA D'ÉZllSE

Orientation. Limites. — Lecaza d'Éziné est situé yersle sud du mutessariflik de Bigha et en occupe toute la largeur à partir de la mer Egée jusque et y compris le mont Ida (Kaz dagh). Il est limité au nord par le merkez-caza de Kalé-i-Sultaniè et le caza de Bigha; à Test, par le vilayet de Brousse; au sud, par le caza d'Aivadjik et à Touest par la mer Egée. C'est la Troade proprement dite, théâtre de la première grande lutte de TEurope contre l'Asie, chantée par Homère. Là se trouvent ses derniers vestiges, les ruines d'Uion et les tertres oti reposent les héros grecs et troyens^ autour du Xanthe et du Simoïs^ à l'ombre majestueuse des forêts du mont Ida.

Division administrative. — U est divisé en deux nahiés qui sont : Balramitch et Koum-kalé; on y compte 126 villages.

— Les autorités civiles sont le càimakam et les deux mvdirs.

Population du caza. — La population totale de ce caza est de 34,368 habitants, comme suit :

^, , ( Population fixe 28.653 ) ^^^,^^ ^

Musulmans, j *' ^^^^^^ ^^^ | 29.210 hab.

Grecs orthodoxes 4.458 —

Arméniens grégoriens 460 —

Israélites 240 —

Total 34.368 hab.

Chef-lieu. — Ezinè, chef-lieu du caza, résidence officielle

MUTESSARIFLIK DE BIGHA

da Calmakan et siège des services publics, esl situé par 24*" de longitude et 39"* 47' de latitude, surla rive gauche du Scamandre (Mendérès-t chaï), à un kilomètre sud de ce fleuve et à 40 kilomètres en ligne directe au sud des Dardanelles. Par abréviation, les habitants du canton appellent Iné cette petite ville, que plusieurs voyageurs ont citée sous le nom d^Éncu.

Population du chef-lieu. — Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 1,750 habitants, comme suit :

Musulmans ' 780 hab.

Grecs orthodoxes 580 —

Arméniens grégoriens 260 —

Israélites 130 —

Total . . . 1.750 hab.

Eooles. — On compte à Ézinè 5 écoles, dont 4 primaires et 1 élémentaire, fréquentées par 279 élèves dont 211 garçons et 68 filles, comme suit :

COMMUNAUTES

( Ecole primaire de ffarçons

MulsulmaoB. < — de filles ,

( — élémentaire de garçons ,

Grecs i Ecole primaire de garçons

orthodoxes ( — de filles ,

Total

éCOLBS

ÉLÈVES

Outre le conak ou hôtel du gouvernement, il y a à Ézinè une belle mosquée à minaret ; 3 mesdjid ou chapelles musulmanes, 1 église grecque orthodoxe, une chapelle arménienne, 1 local servant de synagogue, I corps de garde, 1 grand bazar où se tient chaque lundi le marché des lapis, 1 han ou hôtel-

lerie, vaste caravansérail du temps de la conquête ottomane, 3 bains publics (hammam) ; 5 fontaines, plusieurs moulins et fours, 100 boutiques et 350 maisons.

Chefs-lieux des nahiès. — Baïramitch, chef-lieu du nahîé de même nom, où réside le mudir^ est situé sur la rive gauche du Scamandre (mendérès-tchaï), à 25 kilomètres est d'Ézinè en ligne directe. La colline sur laquelle est bâtie celte petite ville domine une vaste plaine bien cultivée, qui fait partie de la plaine de Troie où combattirent les héros de TUiade. C'est un des principaux centres agricoles du mutessariflik de Bigha On y compte 250 maisons et 1,250 habitants, comme suit :

Mulsumans 800 hab.

Grecs-orthodoxes 190 —

Arméniens-grégoriens 200 —

Israélites 60 —

Total . . . 1,250 hab.

n se tient chaque mercredi un grand marché de tapis au bazar de Baïramitch.

Koum-kalè (le fort de sable) est le premier château fort qui fut construit à l'embouchure du détroit des Dardanelles par Mahomet II (el Fatyhle Conquérant) (1451-1481) sur le promontoire de sable formé par les alluvions du Xanthe et du SimoïSy en prolongement de l'ancien cap Sigée disparu et dont l'emplacement est reconnu aujourd'hui à 5 kilomètres plus au sud sur la côte de la mer Egée où se voient encore les ruines de la ville antique de Sigée. On retrouve celles de la ville de Rhœtée, qui était située sur un autre cap opposé, également disparu^ à 9 kilomètres est de Koum-kalè, dans le détroit des Dardanelles.

Koum-kalè, chef-lieu du nahié de même nom et résidence officielle du mudir^ n'a que 1,000 habitants, dont 700 musulmans, 276 grecs-orthodoxes et 24 Israélites, tandis que la petite ville de Yéni-chehr, de fondation beaucoup plus récente et si-

•7W MUTESSARIFLIK DE BIGHA

tuée à 3 kilomèlres au sud sur la mer Egée, compte déjà 1,200 habitants, dont 600 musulmans, 574 grecs-orthodoxes et 26 Israélites.

La baie située dans la mer Egée, à 23 kilomètres environ au sud de Koum-Kalè, entre les caps Béchik-bournou et de Eoumbournou, est devenue célèbre dans ces derniers temps sous le nom de « baie de Bessika ».

Production agricole. — La production agricole du caza d'Ézinè, très variée, mais consistant surtout en blés^ orges, raisins, bons vins dits des Dardanelles et en quantité considérables de vallonées, est estimée en moyenne annuelle comme suit :

Quantité : 15,427,960 okes, = 19,792,529 kilos. Valeur: 15,679,149 piastres = 3,606,200 francs.

Voir plus haut pour les détails le tableau général de la production agricole du mutessariflik de Bigha.

Mines et minières. — On cite dans ce caza 4 mines de chrome, 5 de manganèse, et 1 de soufre, non concédées.

Forêts. — Les forêts les plus importantes du mutessariflik de Bigha sont celles du Kaz-dagh (mont Ida) et du Satchlar^ situées, ainsi que celles de Tchamli-dagh, qui fournit de très beaux pins à la marine ottomane, dans le caza d'Ézinè. Ces forêts, qui ont été explorées sous la direction de M. Tassy, conç^ervaleur des eaux et forêts de France et fondateur de l'école forestière de Gonstantinople, sont décrites plus haut succintement, au chapitre spécial du sandjak.

Eaux minérales. — On trouve également plus haut, dans un autre chapitre spécial, la description des sources ther- * maies du Tchigri-dagh, situées au sud de la ville d'Ézinè, prèj des ruines d'Alexandria-Troas.

Bestiaux. — La production annuelle de Télève du bétail dans le caza d'Ézinè est estimée en moyenne à 151*931 têtes de

toute race, d*une valeur totale de 18,680,424 piastres soit environ 4,296,497 francs, comme suit :

RACES

Race boTine •••••

— camélienne

— chevaline

— asine

— OTine] k

— poreiàe

Total..

TâTKS

PUSTRB8

FRAlfCB

Fleuves, rivières. — A l'exception de deux seuls, le Kourcak-déré , affluent de droite du Scamandre^ dont le confluent se trouve situé à 2 kilomètres en aval de Balramitch, et d'un autre affluent de gauche du même fleuve, PÉziné-sou^ qui traverse le chef-lieu de ce caza, aucun des très nombreux cours d'eau qui Farrosent ne mérite une attention spéciale, si ce n'est peut-être le Kémer-^ou^ infime ruisseau qui passe près d'Aktchékeuï, hameau bâti sur l'emplacement de l'antique vallée Thymbra, oà campaient les alliés des Troyens. Cet humble filet d'eau, est Tancien fleuve Tht/mbrius, aux bords duquel Hector tint conseil sur le tombeau d'Uus.

Le MendérèS'tchdij (ancien Xanthe ou Scamandre^) et YOrta- Aetchi'déré'sou, (ancien Simoïs,) sont suffisamment décrits au chapitre spécial du mutessariflik.

Montagnes et localités remarquables. — Le

Kad'dagh, ancien mont Ida, situé au sud-est du caza d'Éstinè, a été plus haut l'objet d'une assez longue description dans un chapitre spécial, ainsi que les principaux sommets des chaînons qui y prennent leur origine.

n serait beaucoup trop long d'énumérer toutes les-localités remarquables de ce caza; mais on ne saurait pourtant passer sous silence les plus célèbres, telles, par exemple que les villes

768 MUTESSARIFUK DE BIGHA

d'ilion, de Néandria, Cébrène et d'Aleiandria Troas et la forteresse antique Cenchrœ.

Ilion. — On reconnaissait généralement à Pounar-bachi, sur la rive gauche du Scamandre^ l'emplacement de l'ancienne capitale du roi Priam ; mais voici que les fouilles faites à Hissarlik^ plus au nord et sur la droite du même fleuve, semblent jeter un doute sur l'état de la science archéologique reconnu jusqu'ici. Schliemann croit en effet, et il rétablit d'une manière indubitable selon lui, avoir retrouvé les vestiges de Troie et les tombeaux des héros d'Homère à Hissarlik, à 25 kilomètres sudouest des Dardanelles^ à 6 kilomètres sud-est de Koum-kalè, entre le Xanthe et le Simoïs^ et à proximité de Tchiblak. Le gouvernement aUemand a même — un peu prématurément peutêtre — consacré officiellement la découverte de Schliemann par la frappe et la distribution d'une médaille commémorative. Cependant il nous a été donné d'entendre soutenir très vigoureusement et avec non moins de certitude la thèse contraire par de véritables savants archéologues, voire même des compatriotes de Schliemann, qui assurent, avec la plus grande impartialité, que la Troie découverte par Schliemann ne serait qu'une bourgade fortifiée de l'âge de pierre, où furent ensevelis dans l'acropole mycéenne les chefs dont Schliemann a retrouvé les tombes pleines d'or.

Quoi qu'il en soit, les services rendus à la science archéologique par l'infatiguable Schliemann n'en sont pas moins précieux, et ses découvertes ainsi que celles qu'il a provoquées par son exemple^ méritent d'être prises en très sérieuse considération.

Néandiia, Cenchrae. — Les ruines de Néandria sont situées à 9 kilomètres sud-ouest d'Ézinè, au mont Tchigri, où se trouve également, à 502 mètres d'allitude, le fort appelé Tchigrî-Kalessi, qui a été reconnu pour l'ancienne forteresse de Cenchrae, où les empereurs byzantins enfermaient les prisonn ers d'état, jusqu'au moment où l'emplacement de Néandria que l'on reconnaissait à Ézinè, a été restitué aux ruines situées

sur le Tchigri-dagh. Par ce fait, remplacement de Cenchrae reste indéterminé.

Gébrène. — On reconnaît actuellement à Ak-Bounar l'emplacement de Cébrène, ville dont les habitants furent transférés par Antigone à Alexandria Troas avec ceux de Scepsis dont ils étaient séparés par le Scamandre. Ak-Bounàv (la source blanche), est située sur les pentes du Tchal-dagh (altitude moyenne 501 mètres), à 9 kilomèlres sud- ouest de Baïramilch, sur la rive droite du Déirmen-déré, petit affluent du Scamandre ou Xanthe [Mendérès-tchài). Les ruines, d'une étendue considérable, sont dominées par un hiéron archaïque, et contiennent, entre autres monuments dignes d'intérêt, d'anciens thermes et de grandes salles aux murs revêtus de stuc, bien conservés.

Alexandria-Troas. — Les ruines d'Alexandria-Troas, ville fondée par Antigone, qui lui donna le nom d'Antigonia, sont situées sur la mer Egée, à 4 milles marins de la pointe sudouest de nie de Ténédos et 13 kilomètres environ au sud-ouest d'Ezinè, près d'un hameau nommé Dalian et des sources thermales de Tchigri-dagh, au lieu connu sous le nom de Eski- Stamboul. Celle ville fut peuplée par les habitants de Cébrène, de Scepsis, de Néandria et autres qui y furent transportés lors de sa fondation. Au partage de l'empire d'Alexandre (323 av. J.-C), elle échut à Lysimaque qui lui donna le nom d'Alexandrie auquel on ajouta celui de Troas pour la distinguer des autres villes de même nom. Les habitants de Ténédos obtinrent alors, sur leur demande, la faveur d'y être transportés.

Les ruines d'Eski-Stamboul ont été si souvent visitées et ont donné lieu à tant de publications savantes, qu'il serait oiseux de les décrire ici, mais on trouvera peut-être quelque intérêt à savoir que les splendides colonnes alternativement de marbre blanc et rose qui soutiennent les voûtes de Yéni-Djami à Gonstantinople, ainsi que les deux colonnes de jaspe d'un prix inestimable placées à droite et à gauche de la principale entrée de cette magniflque mosquée, ont été tirées de ces ruines. Les

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carrières qui ont fourniaux anciens tous ces marbres précieux, si beaux et si variés, sont situées h 10 kilomètres environ au nord-est d'Eski-StambouIetàlo kilomètres ouest d*É/jnè. Elles sont restées inexploitées depuis Tantiquité jusqu'aujourd'hui.

GAZA D'AIVADJIK

, limites. — Le caza d'Aïvadjik est situé au sud du mu(essariflik de Bigha. 11 est limité au nord par le caza d'Ézinè ; à Test, par le vilayet de Brousse ; au sud, par le golfe d'Adramit, et à Touest, par la mer Egée.

administrative. — Ce caza n'a point de nahié ; il contient 57 villages.

Autorités. — I! est administré par un caïmakam, sousgouverneur.

Population du caza. — La population totale du caza d'Aïvadjik est de 18,575 habitants, comme suit :

m. 1 ^ Population fixe .... 16.483 ) ,^ o,.- i ,

Musulmans, s i oaz c 16.807 hab.

( — nomade. . . 324 )

Grecs-orthodoxes 1.768 —

Total 18.575 hab.

Chef-lieu. — Aïvadjik, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des services publics, est située par 24''4'de longitude et 39°37' de latitude, à 62 kilom. sud des Dardanelles, en ligne directe.

Population du chef-lieu. — Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 1 ,820 habitants, comme suit :

Musulmans 1,052 hab.

Grecs-orlhodoxes 768 —

Total . . . 1,820 hab.

Ecoles. — Il y aà Aïvadjik 4 écoles primaires, fréquentées par 109 élèves dont 70 garçons et 39 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

Mosalmans : Ecole primaire de earçons

— — — fillff»

Grecs-orthodoxes : Ecole primaire de filles

— — garçons

Total

ÉCOLES

ÉLiVBS

Aïvadjik est le centre commercial du caza. Il s'y tient chaque vendredi un grand marché de tapis. On compte dans cette petite ville, outre le Konak ou Hôtel du Gouvernement, 3 mosquées, une église grecque-orthodoxe, un han ou hôtellerie, 1 bain public (hammam), 6 fontaines, 10 moulins à farine, 5 huileries, 4 fours, 150 boutiques et 370 maisons.

Production agricole. — On estime la production agricole du caza d'Aïvadjik, consistant surtout en blé, orge, olives et huile d'olives renommée ; fruits frais et vallonée en très grande quantité et fort estimée en année moyenne, comme suit :

Quantité: 8,631,990 okes, = 11,073,979 kilos. Valeur : 13,884,338 piastres, = 3,193,397 francs.

Voir plus haut, pour les détails le tableau général.

Mines et minières. — On cite dans ce caza, plusieurs mines de fer non exploitées depuis des siècles, et qui out donné dans Tantiquité un grand renom à cette contrée, oîi il existait

MUTESSARIFLIK DE BIGHA

aussi des mines dor dont remplacement n'a pas été retrouvé jusqu'ici.

Forêts. — Il existe dans ce caza de très belles forêts, dont la principale est celle de Dikili-dagh (ancien mont Gargare), riche surtout en beaux chênes et en conifères. Elle n'est qu'à 12 kilom. de la mer.

Salines. — La saline de Bèhramchah (ancienne Tragasoée), exploitée par rAdministration des revenus concédés à la Dette Publique ottomane, est décrite plus haut, au chapitre spécial du mutessariflik de Bigha. Les sources de cette saline sont thermales et varient d'un point de leur émergence aux autres entre 80* et 90'* centigrades.

Bestiaux. — On estime en moyenne la production annuelle de l'élève du bétail dans le caza d'Aïvadjik à 77,525 têtes de toute race, valant en totalité 11,396,338 piastres, soit environ 2,621,157 francs, comme suit :

RACES

TftTKS

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