‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 67 sur 178 · MERKEZ-CAZA DE BASSORAH · texte numérisé non relu

MERKEZ-CAZA DE BASSORAH

Orientation, limites. — Le merkez-caza de Bassorah est silué à Test du merkez-saudjak de même nom. Il est limité au nord par le caza de Kourna; à Test, par la Perse; au sud, par le golfe Persique el le caza de Kouèl et à Touest par le désert de Ghamiyé ou de Syrie.

Division administrative. — Il est divisé adminislrativemeot en 4 nahiés qui sont : Zobéïr, Abou-Hassib, Chatl-el- Arab et Faô.

Autorités civiles. — il est administré par le vali, gouverneur général du vilayet, et par les 4 mudirs, directeurs des nahiés. Ces cinq fonctionnaires sont respectivement assistés de conseils dont la composition est énoncée au chapitre spécial du vilayet.

Autorités religieuses, militaires, tribunaux, etc. — Quant aux autorités religieuses, militaires, aux tribunaux^ etc., tout ce qui les concerne a été dit aux chapitres spéciaux du vilayet de Bassorah et du merkez-sandjak de même nom.

Population. — La population totale du merkez-caza de

Bassorah, comprise dans le chiffre énoncé plus haut de la population du merkez-sandjak de même npm, est de 220,000 habitants, comme suit :

^ , (Sunnites 16,200) . ^, ,

Musulmans, j^j^y.^^^ ^g^^^^^j 2i5,750hab.

r • { Grégoriens i ,500

Arméniens. f '

^2 250 — Grecs-orthodoxes 25 ( '

Catholiques 700

Israélites 2,000 —

Total. . . 220,000 hab.

Dans ce chiffre sont compris les habitants de la ville de Bassorah, énumérés plus haut en détail.

Ecoles. — Les écoles du merkez-caza de Bassorah sont en totalité au nombre de 39 dont 38 primaires. Sur ce nombre total, 22 écoles, dont une ruchdiè^ appartiennent à la ville de Bassorah; le détail en figure au chapitre spécial de cette ville. Les 17 autres écoles, qui appartiennent aux nahiés sont énumérées plus loin, chacune en son lieu.

NAHIÉ DE ZOBÉIR

Zobéïr. — Le nahié deZobéïr, ainsi qu'il a été dit déjà plus haut, est situé sur l'emplacement même de l'ancienne ville de Bassorah du temps des khalifes de Bagdad. Son chef-lieu, qui porte le même nom, est bâti sur les restes de cette ville, autour du tombeau du célèbre docteur sunnite Zobéïr. Ses fondateurs, dont les habitants actuels sont les descendants, étaient de dévots sunnites, admirateurs zélés de la doctrine de cet illustre savant, qui, en témoignage de leur attachement à ses préceptes et de

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leur vénération, ont voulu se constituer fidèles gardiens de sa sépulture en y fixant leurs habitations.

La population actuelle de ce bourgs entièrement composée de musulmans sunnites, est de 4,000 habitants.

Pour la plupart, ce sont de riches propriétaires, vivant de leurs revenus, et n'exerçant aucune profession. Leur maisons, au nombre de 400, sont belles, bien aménagées, commodes et solidement construites en briques, mais dépourvues de jardins, parce que l'on ne sait pas tirer parti de la terre de cette contrée, qui est très calcaire. On n'y cultive guère que quelques légumes, que l'on arrose avec l'eau tirée des puits. Cependant, à peu de dislance du bourg, se trouve un vaste terrain nommé drêhmé, où l'on cultive des melons très renommés dans tout le pays sous le nom de melons de Zobéïr, et que l'on envoie jusqu'à Bagdad à titre de cadeaux fort appréciés.

Ecoles. — Il y a à Zobéïr 3 écoles où des mollahs enseignent à 60 élèves la lecture et l'écriture en langue arabe et le Koran.

Edifices publics. — Ce bourg possède une belle mosquée. Il n'y a point d'autre édifice public; point de han, de café, ni de magasin ; le bazar ne se compose que de 5 à 6 boutiques.

Climat. — Le climat de ce nahié est très sain ; les riches habitants de Bassorah passent une bonne partie de Tannée dans ce séjour tranquille et agréable.

NAHIÉ DE ABOU-HASSIB

Le nahié d'Abou-Hassib comprend tous les moukatoUa (grandes cultures^ exploitations agricoles), situés le long du Chatt-el- Arab^ sur la rive droite, à partir de el-Séradji jusqu'à Kout-el- Zin. Le mudir fait sa résidence au moukatà'a proprement dit

d'Abou-Hassib, qui esl le plus vaste et le plus riche des seize dont se compose le aahié. Il est représenté dans les quinze autres moukàtaa par quelques zapliés (soldats de police) en très petit nombre^ commandés par un sergent.

.. — Abou-Hassibest un petit bourg de 500 maisons bâties en pisé, situé à 30 kilomètres en aval et au sud-est de Bassorah. Sa population est d*environ 3,000 habitants, musulmans cbyites, à Texceplion du mudir et des zaptiés. Ce sont presque tous de riches propriétaires, vivant dans l'oisiveté, quoique Taspect misérable de leurs habitations indique plutôt la pauvreté que Taisance.

La population totale du nahié, en y comprenant celle du cheflieu, ci-dessus énoncée, est de 31,000 habitants, comme suit :

Musulmans sunnites (autorités, police) . 50 hab.

— chiytes 30,950 —

Total. . . 31,000 hab.

Ecoles. — Dans tous les moukatà'a dépendant de ce nahié, il y a de petites mosquées, et dans le nahié tout entier il y a 7 écoles fréquentées par 160 enfants auxquels les mollahs enseignent la lecture et récriture en langue arabe et les principes de leur religion.

Produits agricoles. — Le principal produit de ces moukatà'a est la datte. Outre les dattiers, on ne cultive guère dans ce nahié que le djèt et quelques légumes.

NAHIÉ DE CHATT-EI^ARAB

Le nahié de Ghalt-el-Arab comprend tous les moukatcHa de la rive gauche du fleuve, dite de Kerdélân, à partir de Kètèban

jusqu'à el-Dèhèdji, sur la froulière persane. Toutes les cultures de la rive gauche du Chalt-el-Arab à partir du Nahr Youssef^usqu'à Roséiybé, situé vis-à-vis de FaA, appartiennent à la Perse. Le mudir, directeur de ce nahié, n'a pas de résidence fixe; il pan*.ourl Tun après Taulre les divers moukatà'a placés sous sa direction.

Population. — La population totale du nahié de Chatt-el- Arab est de 12,000 habitants, comme suit :

Musulmans sunnites (autorités, police, etc.). 100 hab. — chyites 119,900 —

Total . . 129,000 hab.

Ecoles. — Les écoles de ce nahié sont au nombre de 6, dans lesquelles 6 mollahs enseignent à 85 élèves le Koran^ la lecture et l'écriture en langue arabe.

agriole. — On cultive dans les moukatà'a de Chatt-el-Arab, outre les dattiers, les céréales, la vigne et les arbres fruitiers, notamment le pommier et l'abricotier.

Bestiaux. — On y élève aussi beaucoup de bestiaux.

NAHIÉ DE FAO

Le nahié de Faô comprend tous les moukatà'a de la rive droite du Chatt-el-Arab situés entre celte ville et Kout-el-Zin, point extrême du nahié d'Abou-Hassib.

Chei-lieu. — Le fort de Faô est la résidence du mudir, directeur du nahié. Ce fort est entouré d'un village arabe où il n'y a point d'autres constructions que des sérifé^ sauf les

bâtiments do la douane, deToffice sanitaire, et les deux stations télégraphiques ottomane et anglaise.

,. — Ce fort est situé à 5 kilomètres environ au nord de Ras-el-Miskeb, point extrême de Tembouchuredu Chattel-Arab, sur une langue de terre de la rive droite, émergeant des marais au milieu de quelques bouquets d*arbres. C'est à ce point qu'atterrit le câble télégraphique anglais qui vient de l'Inde, remonte par l'Asie ottomane jusqu'à Constantinople et pour y rejoindre le réseau européen.

Par sa position, le fort de Faô commande l'entrée du fleuve en même temps que Bassorah, port de la iMésopotamie, et Mohammérah, port de Karoun. Si ce fort, commencé durant ces dernières années, était achevé et garni de bons canons, il pourrait barrer la roule à la navigation du Chatt-el-Arab et empêcher les canonnières anglaises de remonter jusqu'à Bassorah, où les Anglais ont un résident, trois agences de bateaux à vapeur et un dépôt de charbon ; ils viennent de faire ouvrir le Karoun à leurs navires et d'établir une agence à iMohammerah. Ils ont enfin, sur tout le golfe Persique de nombreux sujet parsi qui monopolisent le commerce de la iMésopotamie. Aussi l'existence du fort de Faô est-elle pour eux un sujet d'inquiétude, car l'autorité ottomane ne Ta construit que pour surveiller l'application des quarantaines imposées aux provenances de l'Inde, contrôler les mouvements de la navigation dans ces parages et paralyser autant que possible les efforts du commerce dirigés sur Mohammérah, au détriment du commerce de Bassorah. Toutefois, celte rivalité de la Turquie et de la Perse n'a fait que servir jusqu'à présent les intérêts anglais.

Population. — La population totale du petit nahié de Faô est de 5,000 habitants, comme suit :

Musulmans sunnites (autorités et police). . . . 50 hab. — chyites 4,950 —

Total . . 5,000 hab.

Ecoles. — Il n'y aà Faô qu'une seule école fréquentée par 15 élèves auxquels un mollah enseigne les premières notions de leur religion, de la lecture et de l'écriture en langue arabe.

Production agricole. — Outre les dattiers et plusieurs espèces d'arbres à fruits, on cultive dans tous les moukataa du nahié de Faô le lawsoniay dont la racine, mise en poudre, fournit le henné ou alkanna , qui sert comme teinture cosmétique très recherchée dans tout TOrient et joue un grand rôle dans la médecine arabe, et le rosier. L'eau de roses obtenue par la distillation des fleurs de ce dernier arbuste est dirigée sur Bassorah et Bouchir.

Mohammérah. — La localité de ce nom, jusqu'ici presque inconnue, est située au confluent du Karoun ei du Chad-el-Arab^ sur le territoire persan; elle est devenue tout à coup un port d'une grande importance, depuis que les Anglais, comme il est dit ci-dessus, ont ouvert le Karoun à la navigation. Des vapeurs remontent cette rivière jusqu'à Ahouâz, qui est relié à son tour à Chouster par des convois d'aUèges qui pénètrent jusqu'au cœur de la Perse, à la hauteur d'Ispahan. Le bassin de Mohaounérah pourvoit déjà à l'exportation européenne des quantités notables de blé, de graines oléagineuses, du lin, de l'essence de roses, etc., etc. Mohammérah possède des tanneries et des teintureries de quelque valeur, et les habitants de cette région sont aussi, dit-on, très habiles dans la confection de certains produits d'orfèvrerie artistique.

L'autorisation accordée aux Anglais de naviguer sur le Karoun^ — qui n'était pas jusqu'ici accessible au commerce européen, — a grandement occupé la presse britannique dans ces dernières années^ en présentant cet avantage comme une victoire remportée par la diplomatie de l'Angleterre sur la Russie.

Une chose est certaine, c'est que le négoce anglais a promptement et largement mis à profit cette nouvelle situation.

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