CAZA DE KOURNA
Orientation, limites. — Le caza de Kourna est situé au nord du merkez-sandjak de Bassorah. Il est limité au nordouest par le sandjak d'Amara; à Tesl, par la Perse; au sud, par le merkez-caza de Bassorah, et à Touest par le sandjak de Muntéfik.
Division administrative. — Il est divisé administralivement en 2 nahiés qui sont eU\fédiné et el-Machoué.
Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par le caïmakam, sous-gouverneur du caza, et les 2 mudirs, directeurs des nahiés. Ces 3 fonctionnaires sont assistés chacun d'un conseil administratif de même composition que celui du vilayet.
Chef-lieu. — Kourna, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam, sous-gouverneur, siège des divers services publics, station fluviale, douanière, télégraphique et sanitaire importante, est situé précisément au point de jonction du Tigre et de YEuphrate^ où ces deux fleuves n'en formant plus qu'un seul, prennent le nom de Chatt-el-Arab, et sur l'emplacement deTanliquc Digba. C'est une petite \ille de récente construction, assez mal bâtie, élevée il y a cent ans à peine par les gouverneurs ottomans qui l'entourèrent du côté de la terre d'une double muraille de briques séchées au soleil, pour en faire une sorte de forteresse en vue d'arrêter les invasions persanes. On y compte 500 maisons et 600 sérifé\ le konak du gouvernement, les locaux de la douane et autres services de l'État sont les seuls édifices publics. La marine impériale y a toujours un brick amarré le long du fleuve, et quelques soldats. Une mosquée vient d'y être bâtie par les soins du gouvernement. Le bazar ne renferme qu'un petit nombre de boutiques et un han.
Population. — La population de la ville de Kourna, comprise dans le chiffre ci-dessus de la population du caza, est de 5,000 habitants, comme suit :
Musulmans sunnites (autorités, police) . 50 hab.
— chyiles 4,950 —
. Total 5,000 hab.
Kourna est un centre de commerce et d'industrie. Sa population, pour la plus grande partie, se partage en gens occupés de divers négoces et en fabricants à'aba dont il se fait une grande exportation. Les aba fins de Kourna, dits khachiyé, qui passent tout entiers dans une bague, possèdent une très haute et juste renommée. On cite aussi le fromage de Kourna mis en fils et tressé pour la vente, particularité qui n'est pas absolument spéciale à cette ville, car sur les marchés de Gonstantinople on trouve de semblables fromages tissés, filés et tressés, de provenances variées.
Tribus. — Les habitants des nahiés de ce caza appartiennent à des tribus différentes, comme suit :
Nahié de el-Médiné : tribus de Kattarmé, de el-Amara et de el-Seamer.
Nahié de Machouè : tribus des Béni-Malek, des el-Saad^ des el-Halaf et des Béni-Mansour.
Ces nahiés sont administrés par les chéïk des tribus, qui ne suivent guère d'autre loi que leur caprice, et suscitent bien souvent des embarras aux autorités.
Produits divers. — Les tribus susdites, outre la culture des dattiers, dont la production annuelle est estimée à 12,000 kara, soit 30,790 tonnes de dattes; celle d'une petite quantité de blé et d'orge, et celle du riz, qui produit par an une moyenne de 2,000 tagar, soit 3,078 tonnes de cet article non décortiqué, s'occupent aussi de la confection en grand des bariyé^ nattes de
joncs et de roseaux qui servent h beaucoup d'usages divers déjà énumérés plus haut.
Elève des bestiaux. — Ces tribus élèvent aussi beaucoup de moutons, de bœufs et de vaches et surtout de buffles, spécialité des éleveurs habitants des marais.
Ecoles. — Les tribus arabes qui habitent le caza de Kourna ne songent nullement à donner une instruction quelconque à leurs enfants. Il n'y a d'écoles qu'à la ville, et encore ne sontelles qu'au nombre de deux, fréquentées par 30 élèves^ auxquels deux molta/f s enseignent les premiers principes de leur religion, de la lecture et de récriture arabes.
Climat. — Le climat du caza de Kourna est très malsain et fiévreux, surtout celui du chef-lieu, dont les habitants sont d'une fort mauvaise constitution.
Sites remarquables, légendes, etc. — Il y a sur le bord du Tiffre, à Kourna, un arbre extraordinairement vieux, qui passe pour avoir été planté par Noé et qui est en grande vénération dans tous les pays environnants. De nombreux voyageurs viennent le visiter et ne manquent d'en emporter une petite branche. Cet arbre ne produit point de fruits.
CAZA DE KOUET
Orientation, limites. — Le caza de Kouèt est situé au sud du merkez-sandjak de Bassorah. Il est limité au nord par le merkez-caza de Bassorah; à l'est, par le golfe Persique; au sud, par le sandjak de Nèdjd^ et à l'ouest par le désert de Chamiyè ou de Syrie.
Division administrative. — Le caza de Kouèt n'a point de nahié ni autre subdivision administrative.
Autorités. — Il esl administré par le chéïk Abdullah-ben- Sabah, régulièrement investi par le gouvernement ottoman du titre de caïmakam, sous-gouverneur de ce caza, fonction pour laquelle il reçoit du vali, gouverneur général de Bassorah, des honoraires consistant en i^O Aaras^ soil environ 385 tonnes de dattes par an.
En réalité, ce sous-gouverneur, dont l'investiture est motivée par les grands services qu'il a rendus aux troupes ottomanes lors de la soumission définitive du sandjak de Nèdjd par Midhat-Pacba, est absolument indépendant. Ses relations avec le gouverneur général se bornent à la perception de ses honoraires. Toutes les questions civiles et autres sont tranchées par lui, et ses Jugements sont^;sans appel. Il ne fait payer à la popu. lation locale aucune imposition ni taxe, mais les étrangers qui importent des marchandises pour les vendre, soit h Kouèt, soit dans rintérieur du pays, sont frappés à son profit d'un droit douanier d'un réal ou thalari (thuler de Marie-Thérèse), soit environ 4 fr. 60 par balle.
Popidation. — La population du caza de Kouèt, compre* nant seulement celle de la ville et des environs, car on ne saurait évaleur exactement les tribus nomades, est de 20,000 ha* bitants, comme suit :
Musulmans sunnites .... 19,950 hab.
Israélites 50 —
Total . . 20,000 hab.
Kouèt. — Kouèt, chef-lieu du caza, résidence du caïmakam, sous-gouverneur, AbduUah-ben-Sabah, et siège de son autorité, sur le golfe Persique, à 82 kilomètres au sud-ouest de Faô et à 123 kilomètres au sud de Bassorah. Cette ville et ses alentours comptent 3,000 maisons et 500 sérifé. Les maisons sont construites en blocs de pierre que Ton va chercher au bord de la mer et cimentés avec la terre calcaire ou plutôt gypseuse {djès) des environs. U y a dans la ville de Kouet 500 boutiques,
3 hans^ 6 cafés et 5 siff^ ou magasins pour dépôts de céréales. La population, énumérée ci-dessus, vil en grande partie des produits de la culture de jardins situés hors du caza de Kouèl, près de Faô. Les environs sont arides ; on n'y voit ni arbres ni aucune verdure sauf le peu de djet que les éleveurs sont forcés de cultiver pour la nourriture des bœufs et des vaches. Les tribus campées dans ce caza ne peuvent y résider faute d'herbages pour leurs troupeaux qu'ils doivent conduire au loin, dans les déserts du Nèdjd ou de Chamyié, pour trouver des pâturages. On ne voit aucun dattier sur le territoire de Kouèt, et on assure que ces arbres n'y peuvent point croître. Il n'y a du reste aucun cours d'eau ; celle nécessaire à l'alimentation des habitants vient des puits creusés autour de la ville, où des porteurs d'eau l'apportent et la vendent.
Les habitants qui n'ont pas de jardins auprès de Faô s'oc* cupent de trafiquer avec les tribus du désert de Nèdjd qu'ils fournissent des denrées nécessaires, apportée à Kouèt, soit par les baghalè soit par des vapeurs qui s'y arrêtent en passant. La ville n'ayant aucune industrie, sauf la construction des baghalè qui occupe encore une autre partie de sa population, tout lui vient du dehors, soit de Bassorah, soit de Bouchir : toile pour vêtements, aba, céréales, riz, café, tabac, dont les habitants font une grande consommation. Le bois de construction des a baghalè » vient des Indes. — Ces tribus vendent en retour les produits de leurs troupeaux et tout ce que sur la route elles ont pu piller aux caravanes ; les israélites établis à Kouèt sont les principaux agents de ces sortes d'échanges.
Ces israélites, au nombre d'une cinquantaine, sont venus de Bouchir à Kouèt, il y a quelques années, et AbduUah-ben-Sabah leur a permis de construire à leurs frais une synagogue dont Us lui paient le loyer à raison de 20réaux (environ 91 francs) par an. Il n'y a pas d'autres étrangers à Kouet, excepté quelques Persans venus aussi de Bouchir, et qui ne s'y établissent pas. Les bateaux à vapeur de passage jettent l'ancre à une heure et demie de distance de la ville, et il est bien rare que quelque passager vienne la visiter.
Les plus pauvres habitants de Kouèt s'embarquent comme matelots sur les baghalè^ afin de payer ainsi par leur travail leur passage jusqu'aux parages de Bahrèïn, où ils vont pratiquer la pêche des perles.
Ecoles. — Il y a à Kouèt 3 petites écoles fréquentées par 60 élèves auxquels des mollahs enseignent les principes de leur religion y de la lecture et de l'écriture en langue arabe.
Les israélites n'ont point d'école.
Climat. — Le climat de Kouèt, en été, est humide et d'une chaleur excessive. En hiver, il y règne un froid sec.