‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 88 sur 178 · U ^ 91 CO · texte numérisé non relu

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efficaces contre les rhumatismes. Des restes de constructions byzantines, à proximiléde ces eaux, indiquent encore l'emplacement des anciens thermes.

Le caza de Pergame possède plusieurs sources thermales visitées avec succès parles malades. L'une se trouve à 1 kilomètre au nord de Pergame. La seconde est à 27 kilomètres à l'ouest de cette ville, près du village de Dikili, chef-lieu du nahié de même nom. — Une troisième se trouve aux environs d'Ayazmend, autre chef-lieu de nahié, à 35 kilomètres au nordouest de Pergame. C'est la station thermale des habitants d'Aïvali. — La plus vantée de ces sources thermales est celle de Kénik, village situé près des bords du Bakir-tchdi (ancien Caïcus) à 25 kilomètres à Test de Pergame.

Dans le caza de Kouch-Adassi, sur la roule conduisant de Scala-Nuova à Sevké, se trouve une autre source thermale très fréquentée par les habitants de ces deux cazas limitrophes.

Le sandjak de Saroukhan n'est pas moins bien partagé que le merkez-sandjak de Smyrne sous le rapport des eaux minérales, soit froides, soit thermales.

Entre Kirk-Aghadj, chef-lieu du caza de même nom, et son nahiè Guélembé, on rencontre une excellente source d'eau thermale.

A 4 kilomètres au sud-est des ruines de la ville de Sardes, ancienne capitale des rois de Lydie, se trouvent des sources minérales et thermales qui jouissaient dans l'antiquité d'une très grande réputation. Aujourd'hui, malgré qu'elles ne soient qu'à 5 kilomètres de la station de Sart du chemin de fer de Kassaba, elles sont peu fréquentées à cause de leur isolement dans la montagne.

A Alachèhr, on exploite des eaux minérales qui sont vendues à Smyrne sous le nom d'eau de « Vais » dont la composition est en effet la même.

Plusieurs sources thermales situées dans le sandjak d'Aïdin, à proximité de cette ville, et à Ortakché, sont réputées pour la cure des rhumatismes; d'autres, situées à Déïrmendjik et aux environs de Sevké, ont la spécialité de guérir les plaies.

Toutes les eaux de la vallée de l^chunik-sou (Lycus), à parlir de Saraï-keuï, jusqu'au \illage de Kézil-Kéklik sont minérales. La plupart sonl thermales. On cite surtout celles de Khonas, ancienne Colossa, celles de Déré-keuï et les anciens thermes de iliérapolis que les habitants actuels de la contrée viennent en foule visiter par grandes caravanes. Ils s'y installent dans les ruines désertes durant toute la belle saison et prennent des bains dans de grands bassins au milieu de vastes salles voûtées, ouvrages antiques. On nomme aujourd'hui ces ruines Pambouk'kalessi\ elles sont à peu de distance vers le nord-est d'Eski-llissar, ancienne Laodicée. Les eaux de la principale source, Hiérapolis, marquent 80° centigrades, le thermomètre étant plongé dans le bassin. Elles sont limpides, potables après refroidissement, d'une saveur légèrement salée et piquante, qui décèle l'acide carbonique qu'elles contiennent en forle proportion. Toutefois, ainsi que les autres eaux minérales froides ou thermales de cette vallée, toutes carbonatées et séléniteuses, et dégageant beaucoup d'acide carbonique, les eaux de Hiérapolis ont au plus haut point la propriété incrustante.

Il est question en ce moment de faire examiner et analyser toutes les eaux minérales, froides ou thermales du sandjak de Dénizli; par une commission ad hoc^ présidée par Bonkowski Pacha, qui sera aussi chargée d'en déterminer les propriétés médicales.

Enfin le sandjak de Mentéch'é possède aussi quelques sources thermales dont ont rencontre la plus renommée à 14 kilomètres ouest de Moughla, au fond d'un ravin très encaissé, sur la route de Milas.

Agriculture. — L'état général de l'agriculture est beaucoup plus satisfaisant dans le vilayet d'Aïdin que dans bien d'autres provinces de l'Asie ottomane. Il est favorisé, outre la fécondité du sol, par un assez bon réseau de routes et deux petites lignes de chemins de fer destinées à prendre plus d'extension dans un très prochain avenir, et à acquérir d'autre part une haute importance en se reliant aux grandes voies

ferrées concédées ou en cours d'exécution qui les meflront bientôt en communication directe avec les autres centres du pays et Constantinople. Les facilités ainsi offertes à Técoulement prompt et avantageux de la production agricole sont complétées par les quais de Smyrne, dont Télablissement a donné en quelques années un accroissement remarquable au commerce local. Des cours d'eau nombreux, pour la plupart considérables, arrosent chaque sandjak. 11 ne serait ni difficile ni coûteux d'établir des canaux d'irrigations régulières qui, en y faisant participer les moindres localités, permettraient de cultiver partout les variétés de blés les plus estimés et d'introduire beaucoup d'autres améliorations utiles.

Toutefois, la grande richesse agricole du vilayet d'Aïdin ne consiste pas précisément dans ses belles variétés de céréales. — Quelque estimés que soient ses blés, kara-kiltchik ^i kara-gueuz, très productifs, ses dèvè-dichi (chamelle), ainsi nommés à cause de la grosseur énorme des grains de ce blé; ses sari-tchâm si recherchés sur le marché de Smyrne, et son yaz-bogdài ou blé d'été; malgré la réputation des orges de Ménémèn, pesant 17 okesle kilé, soit près de 22 kilogrammes les 37 litres, c'est plutôt à ses cultures spéciales, celles de la vigne, du figuier, du chêne vélani (quercus œgilops)qui produit la vallonéc, et du pavot à opium que ce vilayet doit l'état prospère de son agriculture.

Raisins. — On cultive la vigne dans toute l'étendue de la province, en vue de la production des raisins secs et frais et dans une moindre proportion pour la fabrication du vin.

Les raisins frais, destinés à la table, sont les suUaiiièh ou raisins du sultan (sultanines du commerce), dont la primeur arrive à Constantinople au commencement du mois de juillet, un mois plus tôt que les autres raisins hâtifs. Ce sont de longues grappes, à petits grains très serrés, sans pépins. Certaines de ces grappes, d'un beau vert tendre, dorées par le soleil, pèsent plus de 2 kilogrammes. On en vend aussi des quantités très considérables variant chaque année, pour la seule exportation en France, de 200 à 300,000 quintaux h l'état de raisins secs.

Toutes les eaux de la vallée de Tchurtik-sou (Lycus), à parlir de Saraï-keuï, jusqu'au \illage de Kézil-Kéklik sont minérales. La plupart sont thernaales. On cite surtout celles de Khonas, ancienne Colossa, celles de Déré-keuï et les anciens Iheraies de liiérapolis que les habitants actuels de la contrée viennent en foule visiter par grandes caravanes. Us s'y installent dans les ruines désertes durant toute la belle saison et prennent des bains dans de grands bassins au milieu de vastes salles voûtées, ouvrages antiques. On nomme aujourd'hui ces ruines Pambouk'kalessi\ elles sont à peu de distance vers le nord-est d'Eski-lIissar, ancienne Laodicée. Les eaux de la principale source, Hiérapolis, marquent 80° centigrades, le thermomètre étant plongé dans le bassin. Elles sont limpides, potables après refroidissement, d'une saveur légèrement salée et piquante, qui décèle l'aciile carbonique qu'elles contiennent en fbrie proportion. Toutefois, ainsi que les autres eaux minérales froides ou thermales de cette vallée, toutes carbonatées et séléniteuses, et dégageant beaucoup d'acide carbonique, les eaux de Hiérapolis ont au plus haut point la propriété incrustante.

Il est question en ce moment de faire examiner et analyser toutes les eaux minérales, froides ou thermales du sandjak de Dénizli; par une commission ad hoc^ présidée par Bonkowski Pacha, qui sera aussi chargée d'en déterminer les propriétés médicales.

Enfin le sandjak de Mentéch'é possède aussi quelques sources thermales dont ont rencontre la plus renommée à 14 kilomètres ouest de Moughla, au fond d'un ravin très encaissé, sur la route de Milas.

Agriculture. — L'état général de l'agriculture est beaucoup plus satisfaisant dans le vilayet d'Aïdin que dans bien d'autres provinces de l'Asie ottomane. Il est favorisé, outre la fécondité du sol, par un assez bon réseau de routes et deux petites lignes de chemins de fer destinées à prendre plus d'extension dans un très prochain avenir, et à acquérir d'autre part une haute importance en se reliant aux grandes voi^s

ferrées concédées ou en cours d'exécution qui les mettront bientôt en communication directe avec les autres centres du pays et Constantinople. Les facilités ainsi offertes à Técoulement prompt et avantageux de la production agricole sont complétées par les quais de Smyrne, dont rétablissement a donné en quelques années un accroissement remarquable au commerce local. Des cours d'eau nombreux, pour la plupart considérables, arrosent chaque sandjak. 11 ne serait ni difficile ni coûteux d'établir des canaux d'irrigations régulières qui, en y faisant participer les moindres localités, permettraient de cultiver partout les variétés de blés les plus estimés et d'introduire beaucoup d'autres améliorations utiles.

Toutefois, la grande richesse agricole du vilayet d'Aïdin ne consiste pas précisément dans ses belles variétés de céréales. — Quelque estimés que soient ses blés, kara-kiltchik ^i kara-gneuzy très productifs, ses dèvè-dichi (chamelle), ainsi nommés à cause de la grosseur énorme des grains de ce blé; ses sari-tchâm si recherchés sur le marché de Smyrne, et son yaZ'bogddi ou blé d'été; malgré la réputation des orges de Ménémèn, pesant 17 okesle kilé, soit près de 22 kilogrammes les 37 litres, c'est plutôt à ses cultures spéciales, celles de la vigne, du figuier, du chêne vélani (quercus œgilops)qui produit la vallonéc, et du pavot à opium que ce vilayet doit l'état prospère de son agriculture.

Raisins. — On cultive la vigne dans toute l'étendue de la province, en vue delà production des raisins secs et frais et dans une moindre proportion pour la fabrication du vin.

Les raisins frais, destinés à la table, sont les sultanièh ou raisins du sultan (sultanines du commerce), dont la primeur arrive à Constantinople au commencement du mois de juillet, un mois plus tôt que les autres raisins hâtifs. Ce sont de longues grappes, à petits grains très serrés, sans pépins. Certaines de ces grappes, d'un beau vert tendre, dorées par le soleil, pèsent plus de 2 kilogrammes. On en vend aussi des quantités très considérables variant chaque année, pour la seule exportation en France, de 200 à 300,000 quintaux à l'état de raisins secs.

Une seconde espèce de raisins qui parall en même temps sur le marché est noire et se confond, à l'état sec, avec le raisin dit de « Corinlhe ».

Un peu plus tard ont lieu les grandes exportations de raisins rouges ou rosakis à Tétat frais, des plus recherchés pour la table. Secs, leur exportation pour la France et l'Angleterre atteint environ 400,000 quintaux.

Les raisins noirs sont peu recherchés pour la table, mais ce sont ceux qui fouruissent la majeure partie des exportations générales de raisins secs. On les emploie aussi de préférence pour la fabrication des vins du pays, àTétats frais, quoique leur rendement soit moindre que celui du raisin blanc muscat et de rosaki.

Pour un quintal de raisin noir frais, on n'obtient en effet que 32 à 35 litres de vin , tandis que le raisin blanc donne 38 à 40 litres et le rosaki ou raisin rouge 37 à 38 litres.

Les marcs servent ensuite à fabriquer un alcool nommé raX:/, à 18 ou 19 0/0, et les résidus sont recherchés comme engrais pour les jardins.

On ne fait point de vin de raisins secs dans le vilayet de Smyrne.

Bien qu'elle soit toujours en progrès, la culture de la vigne laisse encore beaucoup à désirer. Les vendanges ne se font pas non plus avec assez de soin. En l'état actuel, on estime que la valeur moyenne d'un hectare de vignes est de 3,500 francs dans le sandjak de Smyrne, et son produit annuel moyen de 20,000 kilogrammes de raisins frais; l'entretien est d'environ 125 francs en dépenses de labour, cépage, soufrage et fumure.

Suivant l'estimation locale^ trois quintaux de raisins frais donnent un quintal de raisins secs.

Les vendanges ont lieu^ pour le raisin blanc muscat, du 27 août au 14 septembre, et pour le raisin noir, du 8 septembre au l" novembre. Le prix moyen du vin à Smyrne est de 2 1/4 piastres l'oke, soit environ 50 centimes le litre.

Les meilleurs raisins sont ceux des sandjak de Smyrne, d'Aïdin et de Saroukhan.

Figues. — La culture du figuier est préférée à toute autre par les cultivateurs de celte partie de TAsie-Mineure, à causedu peu de peine et des grands profits qu'elle donne. Cet arbre se plante profondément dans un terrain suffisamment meuble et substantiel, plutôt sablonneux qu'argileux, et ne demande d'autres soins, outre un ou deux labourages par an, que ceux relatifs à la fécondation qui s'obtient en suspendant des chapelets de figues mâles au-dessus des figuiers femelles, ces plantes étant didiques. Il n'est jamais nécessaire d'arroser. Dans ce pays qui est le sien, car le figuier, comme on le sait, est originaire de la Carie, aujourd'hui sandjak de Mentéché, il donne les meilleures figues du monde. Celles mêmes de rebut, considérées comme insipides, et rejelées lors du triage sous le nom de khorda, sont d'un goût bien supérieur aux figues d'Europe. Elles sont du reste soigneusement utilisées en France, en Autriche, où, torréfiées et pulvérisées, leur infusion constitue le « café de figues » proposé contre la pneumonie aiguë, le catarrhe, les bronchites et la coqueluche. L'usage en est plus particulièrement répandu en Autriche; ce café y est devenu un produit alimentaire courant et fort goûté.

On range les figues dites de Smyrne en deux catégories bien distinctes : lesbardad/iks ou baltazzikia et les lop ou lopia. Les premières, qui sont les plus savoureuses, ne sont pas exportées; c'est le plat de dessert de prédilection du vilayet d'Aïdin en juillet et en août. Les secondes, d'un goût moins suave, mais pourtant fort agréable, se subdivisent en trois classes principales pour l'exportation. On les nomme par ordre de supériorité erbéyli^ àidin et tchaïli.

Les principaux lieux de production des erhéyli se trouvent presque tous dans le merkez-sandjak de Smyrne ; ils sont fort nombreux et chacun de leurs noms représente un groupe de plusieurs villages. On peut citer surtout Ayasolouk^ Baladjik^ Déirmendjik, Karabounar, Ornerbéyli, etc., etc.

On récolte principalement les didin dans le sandjak de ce nom, à Omourlou, Keuchk, Sultan-Hissar, Nazilli, Aklché, Bosdoghan, etc.

Les /cAaï// appartiennent à la produclion du merkez-sandjak de Smyrne. On cile entre autres localités produisant cette sorte, Badémié, Baliambol, Eudémich, Birghi, etc.

Dans toutes ces localités, la récolte et ce qu'on appelle la « saison des figues », c'est-à-dire le temps de leur préparation et de leur emballage pour l'exportation, commencent vers le 20 août. Dès que les figues sont parfaitement mûres, elles tombent d'elles-mêmes sur une couche épaisse d'herbe sèche placée tout exprès autour de chaque arbre. Au bout de 24 heures elles sont déjà transportées en sacs au han du négociant exportateur, où le triage commence aussitôt. Cette première opération est faite par des femmes qui détirent prestement les figues et les séparent en trois classes suivant leur grosseur. Des ouvriers qu'on nomme ayakdji, en remplissent au fur et à mesure de petits paniers qu'ils portent aux hassindji ou étuvisles. Ceux-ci font un second triage pour éliminer les figues de qualité inférieure qui sont mises de côté et réservées pour former la sorte la plus commune dite khorda.

Ce second triage terminé, les figues sont mises en boîtes par ces mômes ouvriers, suivant leurs diverses qualités, et travaillées de quatre façons différentes, nommées macaroni^ yémekdji, lokoum et layers.

Lq macaroni coxi^x^ie dans un simple alignement des figues, en rangs superposés. Dans le yémekdji^ la couche supérieure représente des dessins variés. Le lokoum se compose de figues légèrement pélriesen forme cubique. Le /ay^r^, enfin, sorte plus recherchée, est obtenu en élargissant les figues en tous sens au miheu d'une forte tension et en déchirant un des côtés de manière à les ranger dans les boîtes en lignes parfaitement parallèles et perpendiculaires. Les rangs de la couche supérieure sont entrelacés de feuilles de laurier dont l'odeur, dit-on, chasse les vers et maintient les figues en bon étal de conservation.

Quand les boîtes sont remplies, elles sont enlevées et portées aux koutoudji ou emballeurs qui tiennent leurs couvercles tout prêts, les clouent en un instant, et rangent les boîtes de figues

suivant les sortes daas de grandes caisses nommées squelettes en langage commercial.

Les travaux de la saison des figues durent de deux à trois mois et font vivre un nombre considérable de familles pauvres, parmi lesquelles se répartit un gain total qui n'est pas inférieur, chaque année, à 100,000 livres turques, soit environ 2,300,000 francs. Les salaires journaliers sont de 1 2 à 40 piastres pour les hommes, 12 piastres pour les femmes et 6 piastres pour les enfants (le médjidié à 33 piastres).

Cent kilogrammes de figues superfines, triées et mises en boîte, coûtent à Smyrne, rendues franco à bord, environ 150 francs.

Vallonée. — Les localités principales où sont cultivés, dans le vilayet de Smyrne, les chênes à vallonée {quercus œgilops) sont Dikéli, Baliambol, Nazilli et la vallée du Guédiz (Hermus), On sait que la vallonée est le fruit de ces chênes. La cupule, grande, sèche, lourde et coriace, est la partie préférée : c'est en effet celle qui contient le plus de tannin. Elle est employée à la préparation et au passage des cuirs et peaux, et donne lieu à un grand mouvement d'affaires. La récolte se fait durant les mois de juillet et d'août et s'élève, pour le vilayet de Smyrne, sans compter les fortes quantités envoyées à Smyrne desautres vilayets, à une moyenne annuelle de 565,000 quintaux métriques, valant plus de 16 millions de francs. Les diverses manipulations et le triage de la vallonée occupent près de 1 0,000 ouvriers, dont les salaires journaliers sont de 20 à 30 piastres pour les hommes, de 8 à 15 pour les femmes, et de 4 à 5 piastres pour les enfants (le médjidié à 33 piastres).

Opium. — La première qualité d'opium, parmi les nombreuses sortes commerciales de Smyrne, est fournie par les cha*mps de pavots du merkez-sandjak même et est connue sous le nom de « ]i/èrli » (produit local). La seconde qualité vient des cultures du sandjak de Saroukhan ; les deux meilleures sortes sont celles des cazas de Kirk-Aghadj et d'Ak-hissar.

On fait les semailles en octobre ou au plus tard au commencement de novembre, après avoir fait subir aux champs durant le cours de Tannée plusieurs labours successifs, accompagnés de bonnes fumures. On donne au dernier moment encore un labour, par-dessus lequel on sème la graine de pavot mêlée à de la terre tamisée, pour en favoriser la dispersion. A l'arrivée de Thiver, d'ailleurs fort doux, les jeunes plantes sont déjà assez vigoureuses et elles atteignent au printemps environ 10 centimètres de hauteur. On sarcle alors les champs avec soin et Ton espace les plants de 12 centimètres en arrachant les pieds superflus et en donnant un léger labour.

Le pavot croît dès lors avec rapidité, et donne bientôt sa fleur, puis la capsule ou tête qui atteint en peu de jour son développement. Le cultivateur doit être vigilant pour bien saisir le moment précis où le vert-bleuâtre de la capsule commence à prendre une faible teinte dorée, pour y pratiquer, avec un instrument nommé « djizghi », une incision circulaire horizontale par où s'écoule le suc laiteux. Tout le monde, femmes, enfants, vieillards concourt à celte opération dirigée par des cultivateurs expérimentés. L'incision se fait vers le coucher du soleil, et l'on recueille le suc laiteux le lendemain vers 1 1 heures du matin au moyen d'un instrument spécial, nommé « alik ». Tout le suc est réuni au fur et à mesure de la cueillette dans des vases en terre et en métal, et quelques jours plus tard on le malaxe avec les mains en le façonnant en forme quelconque. Ces pains sont exposés au soleil, puis roulés dans des semences de rumex et enveloppés enfin de feuilles de pavot. C'est en cet état que l'opium est livré au commerce.

Comme on le sait, la ville de Smyrne est pour ainsi dire le principal, pour ne pas dire Tunique marché d'opium dans le levant. Cet opium, qui tient le premier rang par sa richesse en morphine, arrive sur place des divers pays producteurs, c'est-àdire de diverses localités du vilayet de Smyrne, des vilayets de Brousse, de Koniah, de Mamourel-ul-Azizet même de la Perse. Mais la production du vilayet de Smyrne et surtout celle du Merkez-sandjak est à la fois la plus considérable et la plus es-

timée. Sur environ 16,000,000 de francs, produit total des ventes d'opium du marché de Smyrne, on peut compter les deux tiers comme appartenant à l'agriculture de ce vilayet, soit environ 10,000,000 francs.

La graine du pavot, dont le principal usage est la fabrication de l'huile blanche ou huile d'œilletle, est principalement exportée en France. C'est un article de commerce assez important.

On fabrique dans le vilayet une certaine quantité d'huile d'œillette pour la consommation locale ; les habitants de Tintérieur font entrer cette huile dans leur consommation et la préfèrent à l'huile d'olives.

Coton. — Les sandjaks de Smyrne et de Saroukhan possèdent les quatre principaux centres producteurs du coton, dont la cuhure a pris une grande extension dans tout le vilayet depuis l'époque de la guerre d'Amérique dite de « sécession ». On s'en occupe d'une manière toute spéciale dans le caza de Baïndir, et dans les cazas de Kassaba, d'Ak-hissar et de Kirk-aghadj. Les champs affectés à cette culture ne reçoivent aucune autre semence; l'étendue moyenne de chacun est de 1 hectare i/i. Le terrain est préparé avec le plus grand soin un an d'avance et la graine choisie pour l'ensemencer est celle de provenance locale, de capsules à 5 lobes, variété de colon donnant des filaments plus beaux et plus blancs que ceux des espèces dites d'Amérique. La cueillette se fait en octobre ; le travail de moulinage est efiFectué à l'aide des cotton-gins introduits dans le pays en 1864 ; puis le coton nettoyé est pressé aux pieds et mis sommairement en balles, afin de l'expédier à dos de chameaux ou par chemin de fer à Smyrne, oîi il est soumis à la presse hydraulique et mis en balles cerclées de fer.

Des quantités très considérables de graines de coton sont exportées de Smyrne à destination de l'Angleterre et du nord de la France.

Tel est à peu près, en résumé, l'état des plus importantes cultures, objets principaux des travaux agricoles des habitants

et bases de Talimealation du commerce de Smyrne. Cet état, depuis longtemps prospère, tend sans cesse à s'améliorer; on en voit plus loin la preuve à la suite des tableaux du chapilre spécial du commerce du vilayet.

Cependant, le colon seul, et peut être aussi le pavot, sont l'objet de soins atleulifs de la part desagriculleurs duvilayetde Smyrne, qui s'occupent peu de perfectionner la plupart des autres cultures. Celle de la vigne n'est que passable el, comme il a été déjà dit plus haut, laisse encore beaucoup à désirer. Il est inutile de parler du figuier, qui ne demande presque aucun travail. Quant aux céréales, elles ne sont ni mieux ni plus mal cultivées que dans les autres vilayets, sauf les exceptions, qui s'y rencontrent également, de certaines exploitations parfaitement faites, soit par l'administration de la liste civile impériale, soit par quelques grands propriélaires. On peut en dire autant touchant la généralité des autres cultures. Mais le fait dominant qui se révèle dès le premier coup d'œil, si Ton compare la situation agricole de la majeure partie des provinces ottomanes à celle duvilayetde Smyrne, c'est que dans celles-là, l'agriculteur, d'ailleurs dévoré parles usuriers, travaille mal et peu, tandis que dans celle-ci, soit passablement, soit même très bien, la terre est partout mise en rapport avec activité. A ce premier fait se joint un second qui à première vue étonne : c'est le bon fonctionnement relatif de la « Banque Agricole w et des autres institutions de crédit, la modération comparative des taux usuraires, où leur secours est bien moins pressant. La raison de ces contrastes frappants n'est pas moins évidente. Dès les premières lignes du présent chapitre, elle se fait voir clairement.

En effet, en présence des facilités exceptionnelles que l'agriculture trouve dans les chemins de fer el les routes pour l'écoulement de ses produits, et des précieux éléments de prospérité que mettent à la disposition du commerce de nombreux ports, parmi lesquels celui de Smyrne avec ses quais, on comprendrait peu qu'il pût en être autrement. Quoique de telles causes ne soient qu'accessoires et que la question soit très complexe, il serait oiseux d'en dire plus long à ce sujet.

Bestiaux. — L'élève du bétail, largement pratiqué dans le \ilayet de Smyrne, y donne de nombreux et de beaux résultats. Le bétail sur pied, de toute race, la laine, le poil de chèvre et de chameau, et autres produits accessoires, beurre, fromage, etc, sont d'importants articles du commerce de la province tout entière et en particulier de Smyrne. On estime la production annuelle de toute race, au chiffre moyen de 3,361 ,934 têtes de bétail, comme suit :

ESPÈCES

SANDJAKS

TOTAUX

PAR

ESPÈCBS

ce

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* aa

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Bœufs

Vaches

Chevaux

Anes

Mulets

Chameaux

Moutons

Chèvres

Porcs

Totaux par sandjaks

Total oénéral

On trouvera plus loin la répartition des chiffres ci-dessus afférents à chaque caza, par races et par espèces.

Fleuves; rivières. — Sept principaux cours d'eau, coulant de l'est à Touest, arrosent le vilayet de Smyrne et y reçoivent un grand nombre d'affluents, qui viennent s'y jeter de toutes les directions.

En les énumérant successivement k partir du nord du vilayet pour descendre jusqu'à sa limite méridionale, ils se présentent dans chaque sandjak, comme suit :

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