‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 89 sur 178 · I. — Dans le sandjak de Smyrne · texte numérisé non relu

I. — Dans le sandjak de Smyrne

^ Le Madara-tchài — le BakiMchài (Caïcus), et le Kutchtik- Mendérès (Caïslre;.

II. — Dans les sandjaks de Saroukhan et de Smyrne : le Giiédiz'tchaï (Hermus).

III. — Dans les sandjaks de Dénizli et d'Aïdin : le Buyuk- Mendérès (anc. Méandre).

IV. — Dans le sandjak de Mentéché : le Dalaman-tchdi ou Ghérénis'tchài, et le Khodj a^lchdi (Xanthus).

Voici la description de ces sept cours d*eau :

1° Le Madara-tchai prend sa source dans le Madara-dagh, à 40 kilomètres àTest d'Aïvalik, ancienne Cydonia, et se jette dans le canal de Mèlelin, à 5 kilomètres au sud d'Ayazmend, après un parcours total de 45 kilomètres, dont 40 kilomètres dans le merkez-sandjak de Smyrne.

V Le Bnkir-tchdi (Caïcus) a ses principales sources à Guélembé, nahié du caza de Kirk-Agadj. Elles sortent des pentes méridionales deTOuzoundja-yaila-dagh. Le fleuve se dirigesur le village de Bakir dont il prend le nom, passe à Kirk-Agadj, à Soma, entre dans le caza de Pergame et va déverser ses eaux dans le golfe de Tchandarli, après un parcours total d'environ 100 kilomètres, dont 60 kilomètres dans le merkez sandjak de Smyrne et 40 kilomètres dans le sandjak de Saroukhan. Durant ce trajet, le Bakir-tchai reçoit sur ses deux rives seize affluents principaux, parmi lesquels on peut citer le Bergama-soUy ou rivière de Pergame.

3" Le Kiitchuk-Mendérès (Caïstre) descend à la fois par plusieurs sources, des versants méridionaux du Bouz-dagh (Tmolus) et des versants septentrionaux du Kestané-dagh (Messogis). Ces sources se réunissent entre Kélès et Baliambol, nahiés du caza d'Eudémich. Continuant à recevoir tout le long de son parcours, de no kilomètres, dans la direction générale de Test à l'ouest, un certain nombre d'affluents peu importants qui lui viennent des mêmes versants, le Kuichuk'Mfindérès dessine, vers le sud, une courbe au delà de Baïndir et va se jeter dans le golfe d'Ephèse, à 6 kilomètres d'Ayasolouk. Le port maritime de l'antique cité d'Ephèse, métropole de Tlonie, dont l'origine se perd

dans les temps fabuleux, a été comblé par les alluvions du Càistre^ et ses ruines se trouvent aujourd'hui situées assez avant dans les terres.

4oLe 6rw^â?/3(Hermus) prend naissance à 70 kilomèlres environ de la limite nord-est du vilayet deSmyrne, dans le Mourad-dagh (Dindymène), montagne du vilayet de Brousse, et passe à 7 kilomètres au sud du bourg de Guédos qui lui donne son nom. Il prend d'abord la direction du nord-est au sud-ouest, mais en entrant dans le sandjak de Saroukhan, il adopte celle de Test à l'ouest d'une manière générale, ne traçant guère que deux grandes courbes peu accentuées, la première pour monter vers le nord jusqu'à 5 kilomètres de Borlou, trajet durant lequel il reçoit sur sa rive droite deux affluents importants, les rivières Ainé'tchaiei Démirdji'tchai. La seconde courbe, plus étendue et plus douce, passe en descendant au sud par le nahié d'Adala, à travers la vallée de VHernws proprement dite, à peu près à égale distance de Mérméré-gueul (lac Gygée), sur la rive droite, et de Salihli, des ruines de Sardes, où il reçoit le Pactole (sarlsQu), et de Ahmedli sur la rive gauche. La courbe s'achève en remontant au nord la même vallée jusqu'à Magnésie du Sipyle et Ghiaour-keuï, où commençait une dernière et grande courbe, qui descendait au sud par iMénémen jusqu'à l'embouchure du Guédiz dans le golfe de Smyrne ; cette dernière courbe a disparu par suite des beaux travaux de dérivation exécutés par M. Rivet, ingénieur en chef du vilayet, et décrits plus loin.

Outre ÏAïnétc/iaï et le Démirdji'ichdl^ déjà cités, le Guédiz reçoit encore sur sa rive droite, près de Magnésie, un affluent considérable, le Koum-tchài^ qui descend des hauteurs du Démirdji-dagh, à 24 kilomètres au nord-est de Gueurdèz et parcourt environ 100 kilomètres de la source au confluent; sur la rive gauche, il n'y a qu'un affluent important, V Alachèhr-tchai, dont le parcours est de 90 kilomètres à parlirdu mont Messogis où il prend naissance jusqu'à son confluent avec VHermus^ entre Adala et Salihli. Tous les autres affluents du Guédiz, qui sont innombrales sur les deux rives d'un boutàTautrede son parcours d'environ 300 kilomèlres, sont de trop minimes ruisseaux pour

être cités, excepté peut-être, à cause de leur antique renom, le le Sart-tchaï om Pactole, nommé plus haut, et le iVe/-fcAaï (rivière de Nymphio) qui prend naissance sur Tun des versants méridionaux du Sipyle, nommé Imamlar-dagh, et contourne à Test le pic principal pour aller au nord de celui-ci chercher son confluent devant Magnésie.

11 n'y a pas bien longtemps que les fortes crues du Guédiz^ qui sont très-fréquentes, inondaient encore périodiquement la plaine de Ménémen. où les eaux causaient de grands ravages. Aujourd'hui, le cours de ce fleuve ayant été détourné, comme il est dit ci-dessus, ses alluvions forment déjà sur le rivage de Guéren-keuï une nouvelle plaine dont la superficie ne tardera pas atteindre des milliers d'hectares. On sait en effet que de semblables dépôts d'alluvions ont seuls formé l'espace de 20,000 hectares qui s'étend de nos jours entre Ménémen et la mer. Ces alluvions sont très fertiles ; aussi les nouveaux terrains sont-ils fort recherchés , et leur valeur, relativement aux anciens, est considérable.

Célèbre dès l'antiquité parles multiples et capricieuses sinuosités de son cours, le Bujuk-Mendérès (Méandre) doit cette singularité à la nature très-meuble et au peu de pente du terrain où ses eaux serpentent en milliers de nœuds compliqués, variant sans cesse au gré du remous. Les sources du Buyuk-Mendèrès sont à Dinéïr ou Dinair, ancienne Apamée Cibolos, fondée par Antiochus Soter, surl'emplacement de Cœlenœ, la plus ancienne ville de Phrygie. Leur altitude est à 900 mèlres. Ce tleuve entre dans le vilayet de Smyrne par le sandjak de Dénizh, et après avoir arrosé les cazas de Tchal et de Bouladan, il passe dans le sandjak d'Aïdin. il le parcourt entièrement, de l'est à l'ouest, en inclinant constamment vers le sud à travers la magnifique vallée du Mendérès ou Méandre, pour aller se jeter à la mer dans le cazade Sevké. Son embouchure est à 15 kilomètres environ à l'ouest des ruines de l'antique cité maritime de Milet, que les atlerrissemenfs formés par les sables qu'il charrie ont relégué à cette distance dans les terres. Le même travail d'alluvions a comblé lesquatres ports de cette place commerciale si fameuse.

mère de quatre-vingts colonies; il a fermé le golfe de Lalmus, ainsi transformé en un lac qu'on nomme Ahiz-tchài-gtieulu ; il a fait enfin disparaître une tle toute entière englobée dans les atterrissements qu'on ne retrouve plus.

Les innombrables lacets du Buyuk-Mendérès portent sa longueur totale de la source à Tembouchure à 475 kilomètres environ, tandis que cette même longueur mesurée en ligne directe ne serait que 300 kilomètres.

Ses principaux affluents sont au nombre de cinq comme suit :

a. Sur la rive droite, le Banaz-tchai qui prend sa source au sud-est du Mourad-dagh (Dindymène) dans le vilayet de Brousse. Cette rivière se jette dans le Buyuk-Mendérès k\0 kilomètres à Test de Gunée et à 20 kilomètres à Touest de Ketchi-bazar, après un parcours total de 110 kilomètres, dont 20 kilomètres dans le caza de Tchal.

b. Sur la rive gauche, à 6 kilomètres au nord-est et en amont de Saraï-Keuï, le Buyuk-Mendèrès reçoit le Tchuruk'SOu.d^Wei rivière sort par plusieurs ruisseaux du lac Adji-gueul près de Tchardak, passe à 5 kilomètres de Khonas, ancienne Colossaœ, et parcourt 70 kilomètres en totalité, dont 50 kilomètres dans le sandjak de Dénizli.

c. Sur la même rive, à Koyoudjak, nahié du caza de Nazilli, on rencontre l'embouchure du Kara-sou, rivière qui prend sa source au pied du Baba-dagh (mont Cadmus) et parcourt 50 kilomètres dans les sandjaks de Dénizli et d'Aïdin.

d. — V Arpa-sou jàontle cours supérieur se nomme A k-t chat est l'ancien Harpas, compté parmi les fleuves de Carie. Harpasa, ville carienne où s'arrêtaTarméeromaine lors de l'expédition de Manlius contre les Galates, existe encore aujourd'hui près de celte rivière sous le nom d'Arpa-Kalèssi. VArpa-sou prend ses sources au midi du Baba-dagh (Cadmus) et au nord du Boz-dagh (Salbacum) ; il se dirige du sud-est au nord-ouest et va se jeter dans le Buyuk-Mendérès sur sa rive gauche, en face d'Aktché, après un parcours de 105 kilomètres dans les sandjaks de Dénizli et d'Aïdin.

e. Le dernier cours d'eau considérable qui vient affluer sur la rive gauche du Méandre est le Tchmar-ichai, Celte rivière a ses sources dans les montagnes qui environnent Mougla et, après un parcours de 95 kilomètres, elle se jetle dans le Méandre en face d'Aïdin situé sur la rive opposée.

6" Le Dalaman ou Ghérénis-tchài est l'ancien fleuve Indus qui séparait laLycie de la Carie. Il prend sa source dans le Kartal-dagh, h 2.600 mètres d'attitude, et adopte d'abord la direction du nord-est, sort du sandjak d'Aïdin et passe entre Gueul- Bazar et Khorzoum, où sont les ruines de Cibyra, ville antique qui avait 100 stades, 18 kilomètres de tour. Ce premier trajet est de 42 kilomètres. Le ôeuve fait alors une courbe en se dirigeant au nord-ouest durant un second trajet de 30 kilomètres. A la hauteur de Béderbey, il jprend brusquement vers le sudouest une direction parallèle à son premier trajet, et continue à la suivre à travers la vallée de Ghérénis jusqu'à son embouchure, à 10 kilomètres du bourg de Dalaman, entre les caps Kapnia et Suvéla et les baies de Kara-Euren et de Makri. Le parcours total du Dalaman-tchai est de 167 kilomètres dont 100 kilomètres dans le sandjak de Mentéché.

T Le Khodja'tchài est le Xanthus de Lycie qui prend sa source dans les hauts plateaux, aux environs d'Euren, ancienne Araxa, (vilayet de Koniah) et porte d'abprd le nom d'Ak-lchaï ou rivière blanche à cause de la limpidité de ses eaux. Ce n'est en efl^et que bien plus loin, dans la plaine, qu'elles prennent la couleur jaune et boueuse, origine des noms antiques du fleuve dans les deux langues grecque et lycienne. VAA'tckaï, prend le nom de Khodja-tchài ou la « maîtresse-rivière », à peu de de distance de son embouchure, à 40 kilomètres au sud de Makri, chef-lieu du caza de même nom et à 9 kilomètres au sudouest du petit village de Ghennèh, à proximité duquel se trouvent les merveilleuses ruines de Xanthus antique capitale de la Lycie. La longueur totale du parcours de l'ancien Xanthus de Liycie est de 105 kilomètres, dont 85 kilomètres dans le sandjak de Mentéché.

Lacs; marais. Les principaux lacs duvilayet deSmyrne sont au nombre de trois comnie suit :

1° Dans le sandjak de Saroukhan, Merméré-gueiil, ancien lac Gygée, dont parle Homère et qui, selon la tradition citée par Sfrabon « fut creusé de main d'homme pour recevoir les eaux lors du débordement des fleuves (Strabou, Xill, 626) ». Il est entouré d'un très grand nombre de tumulus qui sont les tombeaux des rois de Lydie, d'après le témoignage d'Hérodote, qui donne (Liv. I, 93), une description circonstanciée du plus grand de ces tumulus, d'une circonférence dépassant 1.100 mètres. « C'est, dit-il, le tombeau d'Alyatte, père de Crésus. Il est l'ouvrage d'artisans, d'ouvriers et de courtisanes; le travail de chaque classe d'ouvriers est indiqué dans des inscriptions gravées sur cinq bornes de pierre au sommet de ce monument ». A cause de ces tumulus, dont plusieurs sont gigantesques, les Turcs ont donné à la nécropole des rois de Lydie le nom de Bin-tépé qui signifie « mille collines ».

Le lac Merméré-gueul est situé à 6 kilomètres de la rive droite du GuédiZ'tchaï (Hermus), à 14 kilomètres au nord de Ahmedli, station du chemin de fer de Smyrne-Kassaba, et à 16 kilomètres de Salihli, autre station du même chemin de fer, toutes deux sur la rive gauche. L'étendue de ce lac est de 13 kilomètres sur 3. Il est très abondant en poissons.

2° Dans le sandjak d'Aïdin, le Bafa-gueul ou Dénizli-gueul^ plus connu dans le pays sous le nom àQ Ahiz-tchài-gueid, a été formé par les atterissemenls de sables charriés par le Buyuk Mendérès (Méandre) qui ont barré l'entrée du golfe de Latmus à partir de l'embouchure du fleuve. Celte embouchure, où se trouvait alors située Milet, est aujourd'hui de 15 kilomètres plus loin à l'ouest, et le fond du golfe de Latmus, séparé de la mer par cette large bande de terrains d'alluvions, est transformé ainsi en un lac au bord duquel sont, au milieu des terres, les ruines de l'antique place maritime jadis si riche et si puissante. Ce lac, d'une étendue moyenne de 18 kilomètres sur 5, offre la singularité d'être peuplé de poissons de n^er qui s'y sont trouvés enfermés lorsque les sables du iMéandre ont intercepté la com-

»f2 VILAYET DE SMYRNE

munication du golfe avec la mer. Parmi ces poissons, on cite surtout d'excellents mulets.

3^ Dans le sandjakde Men léché, \e Keuïdjiês-liman'ffueui ou Dalian est situé à 8 kilomètres au nord-est de U baie de Kara- Agadj. 11 est relié à cette baie par une petite rivière qui vient se jeter à son extrémité nord-est et tempère la salure de ces eaux en faisant circuler ses affluents à travers celles d'un grand nombre de petits ruisseaux frais et limpides, pour reparait à Tautre bout du lac pour faciliter l'écoulement de son trop plein. Quoique tous les terrains situés entre la mer, le lac et ses alentours, ne soient qu'un vaste marécage, cette contrée, fort malsaine, mais riante et pittoresque, ne compte pas moins de 69 villages sur les bords du lac et le long de la rivière, autour du chef-lieu du caza. Sur le lac, on voit sans cesse descendre à la mer ou remonter une multitude de petits càiks. Le lac Keuidjièsliman est poissonneux; son étendue est de 15 kilomètres du nord-est au sud-ouest sur 7 kilomètres de l'est à l'ouest.

Routes; chemins. — Les voies de communication par terre du vilayet de Smyrne se composent de deux chemins de fer, deux tramways et un réseau assez important de chaussées.

Chemins de fer. — Contrairement à tout ce qui s'est passé dans les autres pays, la construction des chemins de fer a précédé, en Turquie, celle des routes ordinaires ou chaussées.

Les premiers sultans ottomans ne s'étaient pas bornés à entretenir en bon état les voies romaines et autres qu'ils avaient trouvées en pays conquis. Ils en avaient eux-mêmes fait construire beaucoup d'aulres encore plus belles, larges, commodes, solides, bordées de fontaines et de caravansérails, pourvues de ponts monumentaux, purs chefs-d'œuvre d'architecture. On peut citer notamment la route militaire de Conslantinople à Bagdad, dont il est facile d aller étudier quelques restes fort intéressants à Guebzé, ancienne Lybissa, ou la tradition prétend que mourut Annibal. Toutefois, depuis bien des années, on ne

voit que quelques fragments de lant de magnifiques travaux, et il est exact de dire qu'il n'existait pas de routes en Turquie lors de la concession du premier tronçon de chemin de fer.

Dans le vilayet de Smyrne, ce premier tronçon fut la ligne actuellement connue sous le nom de « chemin de fer ottoman de Smyrne à Aïdin de S. M. I. le Sultan. » Le second fut la ligne appelée « chemin de fer de Smyrne à Kassaba. »

1° Chemin de fer d Aïdin. — Concédée à une compagnie anglaise par Firman Impérial du 23 septembre 1856, celte ligne n'a été terminée qu'en 1866. La concession était accordée pour 50 ans avec intérêt garanti par le gouvernement sur un capital de 1.200.000 liv. stg. Une jiouvelle convention, en date du mois de juin 1863, porta ce capital à 1.784.000 liv. stg. et la garantie de l'Étal fixée à 112.000 liv. stg. A l'expiration des 50 ans, l'État pouvait prendre possession de la ligne en payant à la compagnie concessionnaire une somme égale à la presque totalité des dépenses de premier établissement. En 1879, une troisième convention accorda le prolongement de cette ligne jusqu'à Saraï-Keuï (sandjak de Dénizii) ainsi qu'un embranchement de Torbali àTirèh, dont la concession devait prendre fin en 1910, en même temps que celle de la ligne principale. En outre, la garantie d'intérêt était réduite à un maximum de 34.000 liv. turq. par an pour le réseau, et l'État conservait la faculté de racheter l'ancienne ligne aux conditions précédemment fixées, et pouvait racheter la nouvelle concession moyennant le paiement d'une somme de 650.000 liv. stg. Une quatrième convention enfin intervint en 1888, pour autoriser la même compagnie à prolonger la ligne principale de Saraï-Keuï à Déneïr ou Dinair (vilayet de Brousse), où sont les sources du Méandre, et à construire divers embranchements. Par celle-ci, la concession primitive, qui devait expirer en 1910, a été prorogée de 25 ans, et ce ne sera plus qu'en 1935 que la ligne principale et ses embranchements pourront faire retour à l'État.

En compensation de ces avantages, l'État ne garantit plus aucun intérêt, et le règlement des intérêts qu'il doit de ce chef

à la compagnie est rélégué, sans que les sommes dues soient passibles d'intérêts, jusqu'à Téchéance de cette dernière convention, en 1935.

La ligne principale a été achevée jusqu'à son terminus à Dinair en 1889, et tous les embranchements ont été également conduits à bonne fin en septembre 1890.

Actuellement, la longueur totale du chemin de fer d'Aïdin, Hgne principale et embranchements, est de 515 kilomètres 300, comme suit :

Ligne principale

de Smyrne à A'idin . .

— Aïdin kSarai-Keuù

— Sardi'Keuï à Dinair

Longueur totale de la ligne principale .

130kilom 145 .500

Embranchements

kilom.

De la station de Paradis à Botidju. 2,400

— Cazmir à Sevdi-Keui. . 1 ,600

de Torbali h Tirèà 47,900

— Tchatal-Kara-Agadj kEndémich 25,300

— Baladjik à Sevké 22

— Gondjéli à Denizli 9

— Sutladj k Tchivril 30,600

Longueur des embranchements. . 138,800 Longueur totale du réseau

Quelques autres embranchements étaient compris dans Tautorisation précitée, mais la compagnie n'a pas cru jusqu'ici devoir s'en occuper.

La situation financière de cette compagnie était d'autant plus précaire sous le régime des deux premières conventions, qu'à l'insuffisance du trafic d'une ligne aussi courte, la garantie

du gouvernement, purement nominale, n'apportait aucun palliatif. En 1886, les actions de 201iv. stg. entièrement libérées, n'était cotées que 2 livres; mais au fur et à mesure que la ligne prenait de l'extension, leur cours se relevait. La mise en exploitation du prolongement d'Aïdin jusqu'à sont premier terminus Saraï-Keuï les fit monter à 9 livres. La hausse continua et bientôt elles furent au-dessus du pair. En 1889, elles ont valu 23 liv. stg. La médiocre récolte de 1890, malgré le prolongement de la ligne sur 145 kilomètres de plus, jusqu'à Dinair, causa une baisse des actions qui descendirent à 18 liv. st. 1/2; mais leur cours se releva peu à peu et de nouveau et dépassa le pair.

2* Chemin de fer de Kassaba, — Par une convention en date du 4 juillet 1863, le gouvernement ottoman concédait à une compagnie anglaise la construction et l''exploitation d'une ligne de chemin de fer entre Smyrne et Kassaba, et garantissait un intérêt de 5 0/0 sur le capital affecté à cette ligne, capital fixé à 800,000 liv. stg. Plus tard, par suite d'une seconde convention, la dite ligne fut prolongée jusqu'à Alachèhr, et ce prolongement fut exploité par la même compagnie aux mêmes conditions que la ligne de Smyrne à Kassaba, mais en supprimant pour celle-ci la garantie d'intérêt, qui ne fut pas stipulée pour le prolongement. La concession devait prendre fin et la ligne entière faire retour à l'État en 1891 ; mais en 1885, la compagnie ayant fait au gouvernement une avance de 500.000 liv. lurq., il fut convenu qu'à l'expiration de la concession elle continuerait à détenir et à exploiter cette ligne dont les revenus serviraient à payer les intérêts du capital prêté, jusqu'à ce que le gouvernement rembourse l'avance des 500,000 liv. turq.

Une troisième et dernière convention passée en 1887 a autorisé la même compagnie à construire, de Magnésie à Soma, un embranchement qu'elle exploitera tant que la ligne principale sera entre ses mains. Quand le gouvernement aura remboursé l'emprunt précité de 500,000 liv. turq., il devra racheter à la compagnie l'embranchement de Soma au prix de 1 1 ,250,000 francs, soit un peu plus de 122,000 francs le kilomètre.

La longueur totale du chemin de fer de Kassaba, ligne principale et embranchements, est de 263 kilomètres 600, comme suit :

Ligne principale

De Smyrne à Magnésie 66 k. 000 m.

De Magnésie à Kassaba 27 k. 250 —

De Kassaba à Allachèhr 75 k. 750 —

Longueur totale de la

LIGNE PRINCIPALE 1 69 k. 000 m.

Embranchements

De Smyrne à Bournabad 2 k. 600 m.

De Magnésie à Soma . 92 k. 000 . 94 k. 600

Longueur totale du réseau 263 k. 600 m.

La convention relative à Tembranchement de Soma, passée en 1887, concède à la même compagnie, à titre facultatif durant 5 années, le prolongement de là ligne principale jusqu'à la plaine d'Ouchak (vilayet de Brousse) et celui de Tembranchement susdit vers Balikesser et Panderma. Les études de ces prolongements sont terminées, mais on n'a encore rien décidé concernant leur construction.

La situation financière de la compagnie de Kassaba, pareille à celle de la compagnie d'Aïdin,n'apas cessé d'être précaire tant que la ligne a été trop courte pour que son trafic pût procurer des bénéfices, c'est-à-dire tant qu'elle avait son point terminus à Kassaba. A partir de son prolongement jusqu'à Alachèhr, le cours des actions s'est améhoré et toujours, dès lors, elles ont été cotées au pair et au-dessus. Exceptionnellement, en 1890, et pour les mêmes causes, ces actions ont subi la même baisse que celles d'Aïdin et sont tombées à 18 1/2 mais elles n'ont pas tardé à se relever.

Tramways. — La ville de Smyrne a deux tramways

connu sous les noms de « tramway de Smyrne » et« tramway de Smyrne à Gueuz-tépé », et dont le parcours total s'élève à une longueur de 8 kilomètres 735, actuellement en exploitation comme suit :

Tramway de Smyrne. — En vertu du Firman Impérial qui régit la concession des quais de Smyrne, la société concessionnaire de celte entreprise a construit et elle exploite un tramway sur toute la longueur dés quais qu'elle a créés. Ce tramway a pour têtes de lignes, d'un côté le Konak ou Hôtel du Gouverneur général, et de l'autre la station principale du chemin de fer d'Aïdin. La longueur totale de son parcours est de 3 kilomètres 600.

Tramway de Smyrne à Gueuz-tépé. — Cette ligne a été concédée en 1884 à une compagnie indigène, avec faculté delà prolonger jusqu'à Vourla. Les travaux ont été achevés, de Smyrne à Gueuz-tépé, en avril 1885, et depuis lors le tramway est en exploitation. La ligne part du Kouak et dessert Rara-tach, la Quarantaine et Gueuz-tépé qui sont des lieux de villégiature situés au bord de la mer, très fréquentés durant Tété. La longueur totale de cette partie exploitée est de 5 kilomètres 135.

La concession, dont la durée est de 45 ans à partir de la remise du Firman Impérial au concessionnaire, prendra fin en 1929; la ligne et ses dépendances ainsi que le matériel de l'exploitation deviendront alors gratuitement la propriété de rÉtal.

La compagnie se propose de prolonger la ligne jusqu'à Narli-déré afin de desservir ce village important ainsi que les bains de Lydja ou bains d'Âgamemnon, qui sont situés sur ce nouveau parcours; c'est le rendez-vous d'une foule de baigneurs pendant six mois de Tannée. La longueur de ce prolongement étant de 6 kilomètres environ, celle de la ligne entière sera par conséquent de 1 1 kilomètres 135 mètres.

Routes. — Il a déjà été dit plus haut qu'à la date des pre-

kiloin. m.

De Dikili à Magnésie 155, 260

Embranchement sur Ak-Hissar 16,480

(Pont en bois de 108 mètres sut VHef^mus)

De Ménémen à Pergame 69, 200

Embranchement sur ^océe 12, 100

De la station de Sa/inli à Démirdji 104,550

Embranchement de Jiorlou à Guerdèz 33,000

(Pont de 87 mètres sur Vïhrmns)

D'Alachèhr à Echmè

(Pont de 55 mètres sur V A /achèhr-tchai)

D'Aiachëhr à Inégueul 20,500

Embranchement près d'Alachèhr pour les eaux minérales . 3,350

De Smyme à Magnésie^ par Bournabad 39,800

Embranchement de Bournabad à Hadjilar. , 4,200

De Smyme à Cordfflio 7,320

Embranchement de Baïrakli à BournaI)ad 5,600

De Smyme à Giieuz-lepé par les hauteurs» , 5,350

Embranchement sur la quarantaine 2, 800

— sur la route du tramway 1,000

De Smyme à Kassaba par Nif \ 58,400

Embranchement de Nif à Kizildjali.. 5,000

De Smyme d Tchesmé 70,000

Embranchement de Vourla à Sighadjik 21, 400

— — à rechelle 4.400

— de Tchesmé à Keustè 2,950

— — à Yéni-nahié 4, 445

— d'AIntchata à Açrilia 2, 780

De Tchatal'Kara-agalch à Birghi 32, 600

Embranchement d'Eudémich à kélès 24, 470

— delà station de Baïndir à cette ville 1,000

lyAyasolouk à Baladjik par Koucho-adassi et Sevkè

h'Aidin à Tchinar

(Pont en fer et eu bois de 91 mùtres sur la Méandre^ sera prolongé jusqu'à Mougla.)

De Nazilli à Bozdoghan

(Pont en bois sur VArpa-sou 176 mètres d'ouverture).

De Koui^oudjak à Kara-sou

De Dénizli à Bou/adan par Séraï-Keuy . .

— — à Tchai

De la station de Kizil-kékfik à Tclial (avec raccordement sur la précédente)

De Dénizli à Davas

(Cette route s'élève de 475 mètres à 1,250 mètres d'altitude, et redescend ensuite à Davas, à 1,050 mètres d'altitude)

De Milas à Kuiluk

De Mougla à Gueuk-abad (Port-Giova)

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