r,oo i noo
Total général ...
Fleuves et rivières. — Le Kutchid-Milân-ic/idi, ancien fleuve HypinSy prend ses deux sources dans le merkez-caza de Bolou, Tune au village Tachdjilar, au pied du Gueuyuk-dagh, et l'autre à Elmalik, au pied du Bolou-dagh. Ces deux sommets de la ct^alne fie TOlgassus portaient dans l'antiquité les noms de monts Liperus et de mont Hypius. Dès leur naissance, les sources de ces cours d^eau pénètrent dans le caza de Duzdjè, où elles foripent deux branches qui le parcourent presque entièrement de Test à Touest, et ne se rencontrent, pour se fondre en une seule rivière, qu'auprès de sa limite à Gumuch-dèrè, après avoir arrosé upe étepdi^e 4'eP^iroD ^0 kil. chacune. A partir du confluent, le petit fleuve fait un brusque coude au nord et va se jeter dans la mer Noire, en côtoyant la limite du mulessariflik d'Ismidt, aux environs d'Akdjé-chèhr. Son parcours total, d'environ 70 kil., est eflectué, tout entier, dans le caza de Duzdjè.
53Q VILAYET DE CASTAMOUNI
Montagnes. — Le relief du terrain de ce caza, quoique 1res accidenté ainsi que celui de tout le yilayet de Castamouni, n'offre pourtant aucun sommet dont Taltilude mérite d'être citée.
Production industrielle. — La meunerie et le débit du bois des forêts en poutres et en planches, constituent les principales industries du caza de Duzdjè. Les chantiers d'Akdjéchèhr s'occupent uniquement à fabriquer des agrès pour la marine de l'État.
et impôts. — On estime en moyenne le revenu brut de ce caza à i, 388, 927 piastres par an, soit environ 307,953 fr. (voir le détail au tableau général des dtmes et impôts, page 506).
CAZA DE MÉDRESSI
Orientation, limites. — le caza de Médressi est situé au sud-ouest du sandjak de Bolou et du vilayet de Castamouni. 11 est limité : au nord, par le caza de Duzdjè; au nord-est, parle merkez-caza de Bolou ; au sud-est, par le vilayet d*Angora; au sud-ouest, par le caza de Gheuinèk; et à l'ouest, par le mutessariflik d'Ismidt.
Division administrative. — 11 n'a point de nahié et contient 175 villages.
Population. — Sa population totale est de 30,461 hab., comme suit :
HOMMES FBMMBS TOTAL
Musulmans 15,119 15,3k2 80,461
Chef-lieu. — Moddournou, chef-lieu du caza, résidence
officielle du cdimakam^ et siège des services publics, est située au milieu des jardins et des arbres Fruitiers qui couvrent d'une épaisse verdure les niontagnes et les vallons de toute cette partie du sandjak de Bolou. Une petite rivière, le Moudournousou, affluent du SaAaria, prend sa source au pied des contreforts de TAla-dagh, près de celte ville qu'elle arrose et qui lui donne son nom, et parcourt environ 35 kil. de Test h l'ouest, dans cecaza, avant de pénétrer dans le mutessariflik d'Ismidt, où s'effectue la plus grande parlie de son cours.
La population de iMoudouniou, comprise dans le chiure cidessus de celle du caza de Médressi est de 4,296 hab., comme suit :
UOMaiEâ FRMUKâ TOTAL
5)u9QlmaD6 2;097 2,1*J9 4,296 hab.
Ecoles. — Les écoles de Moudournou et du caza de Médressi sont au nombre de 145, dont 8 supérieures {médressé)j 2 secondaires (écoles civiles) et 135 primaires (annexes de mosquées) fréquentées par 2,875 élèves, comme suit :
ÉCOLES ÉLÈVES
Musulmans : médressé 8 120
— écoles secondaires 2 153
— — primaires 135 2,600
Total . . . 145 2,875
Moudournou, qui n'a pas un seul habitant chrétien, est cependant l'ancienne ville épicospale de Modreae, surnommée KwiAr^cop'.ç (bourg-ville), c'est-à-dire gros bourg. On n'y rencontre, aujourd'hui, aucun vestige d'église parmi les ruines éparses dans la ville et à proximité, mais on compte, tant à Moudournou que dans ses dépendances, outre le /iOna/t ou hôtel du gouvernement et l'hôtel municipal, 16 mosquées à minarets, 8 médressé, 2 écoles civiles monumentales, 2 bains publics, 6 han ou hôtelleries, 1 bazar, 448 boutiques, 5 fours, 52 moulins, 48 scieries et 6,092 maisons dont 859 à Moudournou.
Il y a dans cette petite ville 1 tribunal de première ins-
534 VIIAYRT DE CASTAMOUNI
tance, 1 bureau de recensement et des agences des postes et télégraphes, de radminisfralion des forêts et de la régie dos tabacs, etc.
Production agricole. — l.es productions du caza de Médressi consistent surtout en céréales, fruits, cueillettes forestières, miel, cire et accessoires de l'élevage des troupeaux.
Forêts. — On compte dans le caza de Médressi 9 forêts exploitées sous le contrôle de l'État et dont la superficie totale est de 890 kil. carrés. Les principales essences de leur peuplement sont les diverses variétés de chênes et de sapins, le tilleul, le châtaignier, qui sont surtout débités en planches dans les scieries. Le chiffre des coupes annuelles effectuées dans ces 9 forêts est en moyenne de 84,000 arbres ; elles donnent lieu à la perception de 185,000 piastres, soit environ 42,550 fr. de droits forestiers.
Bestiaux. — L'élève du bétail, dans le caza de Médressi, donne en moyenne une production de 99,593 bêles de toutes races, comme suit :
lUCES
ESPÈCES
TOTAUX
PAR BSPàCBS
TOTAUX
PAR RACBS
Bo\ine
Ovioe
' Bœufs
) Vaches
' Bûmes
Moutons
1 Chèvpcd conimnnes
Chèvres niohair
Toi
•AL OK.\ÉRAL
Industrie. — L'industrie de cette belle région forestière et agricole se concentre essentiellement sur les moulins à farine et les scieries.
Dîmes et impôts. — Le revenu brut moyen du caza de
Médressi est de 1,745,894 piastres par an, soit environ 401,555 fr. (Voir plus haut, page 506 pour le détail.)
CAZADK HAMIDlYft.
Orientation, limites. — Le caza de Hamidiyè est situé au nord-est du sandjak de Bolou et au nord-ouest du vilayel de Castamouni. Il est limité, au nord :par lamerNoireetle caza de Bartin ; à Test, par ce même caza et les sandjaks de Castamouni et de Kanghéri; au sud, par le caza de Guèrèdè, et h l'ouest, par les cazas de Bolou et d'Krèkli.
administrative. — Il esc divisé en i nahié qui est Tcharchambaet Ton y compte 340 villages.
Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par \ càima/cam et l mudir.
Population. — La population totale du caza de Hamidiyè est de 51,546 hab., comme suit :
HOUMBS
FEMMRS
TOTAL
Joxos. . . .
61,187 hab.
61,516 hab.
Chef-lieu. — Dèvrêk, chef-lieu du caza de Hamidiyè, résidence du càimakam et siège des services publics^ est située]sur la rive droite du Filias-sou, dans une belle vallée enrichie de cultures variées, à 52 kil. nord-est de Bolou, chef-lieu du sandjak, à 150 kil. ouest de Castamouni, chef-lieu du vilayet, et à 50 kil . est d'Érèkli (Héraclée), sur la mer Noire, en ligne directe. Aucune voie carrossable ne relie Dèvrèk à ces centres principaux de population.
La population de cette petite ville, comprise dans le chiffre
VILAYET DE CASTAMOUNl
Bestiaux. — La moyenne annuelle de la production de rélevage dans le caza de Hamidiyè est estimée à 80,405 têtes de bétail, comme suit :
RACES
ESPÈCES
TOTAUX
par] E8PF.CES
TOTAUX
PAR RACES
( Bovine
Ovine *
î Bœufs '.
Vaches
[ Buffles
i Moiitoiis
1 Chèvres COU) m uues
, Chèvres mohair
Total GÉMÉhAL....
Dîmes etimpôts. — On évalue en moyenne le revenu brut de ce caza à 2,116,286 piastres, soit environ 486,745 fr. par an. (Voir page 506.)
SANDJAK DE KANGHÉRI
Orientation, limites. — Le sandjak de Kanghéri est situé au sud du vilayel de Caslamouni, enlre les 30^ et 31^45', de longitude et les 39*^ 56' et 41" 5' de latitude. Il est limité : au nord et au nord-est, par le merkez-sandjak de Gastamouiii ; au sud-est et au sud-ouest, par le vilayel d'Angora ; et à Touest, par le sandjak de Bolou.
Superficie. — Sa superticie totale est de 13,500 kil. carrés.
Division administrative. — Il est divisé administrativement en 3 cazas, 7 nahiés el contienl en totalité 714 villages, comme suit :
GAZAS
NAHIÉS
VILLAGES
Kanghéri (lerkez-ciza) .
Kalèdiik d»
Tchèrkèch
Kotch-Hissar, Chabâa-EuDu, Togat
loaloubolou
Karadja-VirÂD, Ovadiik, Baïudir
8 cazas
7 Dahiéfl
Division militaire. — Le sandjak de Kanghéri est divisé
(1) Ce caza a été transféré avec ses 72 villages au viiayet d'Angora, les 1|13 mars 1891.
Il n'y a donc plus, à partir de celte date, que 2 cazas et 642 vtllai;«>s dans le sandjuk de Kaiigljéri.
5i0 VILAYET DE CASTAMOUNI
en trois centres de recrutement ressortissant du quartier général divisionnaire de Castamouni et qui sont Kanghéri, Kotch-hissar el Tchèrkèch. Il y a dans chacune de ces places 1 dépôt d'armes el deux calégories de réservistes, moulant ensemble pour tout le sandjak h 7^000 hommes el commandées chacune par 1 bbi-bdchi (chef de bataillon). Ces deux officiers sont aussi chargés du recrutement, et bien que Kalèdjik n'appartienne plus au vilayel de Castamouni, ce caza se trouve toujours placé sous leur commandemenl et ne cesse pas d'appartenir à la division militaire de Castamouni, qui fait partie du premier corps d armée (garde impériale) dont le quartier général est à Cons. tantinople.
Autorités administratives. — L'autorité administrative esl exercée dans ce sandjak par 1 mu^ssarif (gouverneur), 1 caïmakam (sous-gouverneur) el 6 mudir (directeurs des na- /liés).
Le caza de Kalèdjik, quoique transféré au vilayet d'Angora, comme il esl dit ci-dessus, sera décrit un peu plus loin. 11 y a donc lieu de faire mention ici du caïmakam^ sous-gouverneur de ce caza et du mudh\ directeur de son nahié d'Inaloubalou.
Autorités religieuses. — Dans les cazas et nahiés, l'autorité religieuse appartient, pour les musulmans, aux imâm relevanl du cadi de Kanghéri, et aux naïb qui résidenl aux divers chefs-lieux et qui relèvent du cheikh ul-islamat (ministère du culte) en ce qui concerne l'application des lois du chèvi ou loi islamique.
Les Grecs orthodoxes relèvent du siège épiscopal de Néocésarée (Niksar), et les Arméniens grégoriens du patriarche de Constanlinople.
Services administratifs. — Lesservices administratifs du sandjak de Kanghéri sont identiques à ceux de Casta* mouni.
Tribunaux. — il y a à Kanghéri 1 tribunal du chéri ou
loi islamique et 1 tribunal de première instance du bédaïèt ou loi moderne. Il existe également des tribunaux de première instance du béddiet à Tchèrkèch et à Kalèdjik. Tous les tribunaux, soit du chèri^ soit du béddièty siégeant à Kanghéri, à Tchèrkèch et dans leurs nahiés respectifs relèvent de la cour d'appel de Castamouni.
Gendarmerie, police. — Le corps de zaptié (gendarmes, soldats de police), du sandjakde Kanghéri, se compose de 57 cavaliers et 51 fantassins commandés par \ tabour-aghassi ou chef de bataillon (tabour). Le quartier central est au chef-lieu du sandjak.
Service sanitaire. — Ainsi qu'il a déjà été dil plus haut, au chapitre spécial du vilayet, page 417, les maladies syphilitiques sont, depuis longtemps déjà, pour ainsi dire endémiques, comme autrefois la lèpre en Judée, dans cette province presque tout entière et plus particulièrement encore dans le sandjak de Kanghéri. Un service sanitaire, composé de médecins spécialistes distingués, a été, en conséquence, envoyé par le gouvernement. Des hôpitaux ont été fondés où ces maladies sont soignées gratuitement, des visites à domicile et des distributions de médicaments également gratuites sont faites assidûment dans toutes les localités où sévissent ces maladies, dont les enfants sont eux-mêmes affectés.
Le service spécial du sandjak de Kanghéri compte 4 médecins, dont 3 diplômés delà faculté de Constantinople et 2 pharmaciens, dont un diplômé de cette même faculté est attaché au service particulier du médecin voyageur, chargé, depuis 1885, des visites à domicile dans la région tout entière.
Les trois autres médecins spécialistes sont attachés, l'un à la municipalité de Kanghéri, l'autre à celle de Tchèrkèch et le troisième, non diplômé, à celle de Kalèdjik.
Dette publique cttomane. -^ Les receltes nettes de radministration des revenus concédés à la Dette publique otto^
542 VILAYET DE CASTAMOUNI
mane dans le sandjak de Kanghéri, s'élèvent en moyenne annuelle à la somme totale de 1,162,429 piastres, comme suit :
Dlme des tabacs 24 piastres
Sel 1,240,795 —
Spiritueux 8,462 —
Timbre 81,573 —
Total. . . 1,330,854 piastres A déduire : frais d'extraction de
sel, appointements, etc. . . . 168,425 —
Recette nettes. . . 1,162,429 piastres
Régie des tabacs. — La 'régie coïntéressée des tabacs a 2 agences dans ce sandjak, Tune à Kanghéri et l'autre k Tchèrkèch.
Le montant des ventes de ces 2 agences a été en 1892-93 de 432,540 piastres.
Service télégraphique. — L'administration des postes et télégraphes a, dans ce sandjak, 2 agences pour la correspondance en langue turque, Tune à Kanghéri et l'autre à Tchèrkèch.
Il y a aussi 1 agence postale et télégraphique de service intérieur à Kalèdjik.
Consulats. — 11 ne se trouve dans le sandjak de Kanghéri ni consulats, ni agences consulaires, mais, au besoin, l'Angleterre et la Perse s'y font représenter par leurs consuls à Angora.
Population. — La population totale du sandjak de Kanghéri est de 167,269 hab., comme suit :
UOMMBS PBMMBS TOTAL
Mu8ulmau8 84»970 80,730 165,700 hab.
drec9 orthodoxes. * . . . . 570 399 969
Arméûieus grégoriens. ... 544 416 960
Total. . . 86,084 81,543 167,629 hab.
On compte, en oulre, dans le merkoz-cuza de Kanghéri 572 sujets ottomans étrangers au vilayet, mais qui y lont régulièrement un long séjour chaque année pour leur commerce.
Ces voyageurs se répartissent en deux communautés, comme suit :
Musuloiaus 400 hab.
Arménieus 172 —
Total 572 Lab.
Population fixb 167,629 —
— TOTALE 168,201 Lab.
Mœurs, usages. — Voir à ce sujet, le chapitre spécial du vilayet de Gastamouni, page 413.
Ecoles. — Les écoles du sandjak de Kanghéri, y compris celles de son ancien caza de Kalèdjik, sont au nombre de 171, dont 19 supérieures {médressé)^ 5 secondaires et 147 primaires, fréquentées par 4,171 élèves, comme suit :
ÉCOLES ÉLÈVES
iMusulmans médressé 19 290
— écoles secondaires. 5 700
— — primaires . 144 2.980 Grecs orthodoxes. . . — — 1 100 Arméniens grégoriens. — — 2 100
Total . 171 4,170
Voir, pour plus de détails, le chapitre spécial du vilayet de Castamouni, page 414.
Climat. — Quoique sujet à de brusques et fréquentes variations, le climat du sandjak de Kanghéri est salubre. L'air y est très pur. L'absence de lacs et de marais, Fabondance de sources et de petites rivières qui descendent des montagnes, les belles forêts de chênes et de conifères entretenant, durant
544 VILAYET DE CASTAMOUNI
Tclé, une température douce el modérée, fécondent les vallées, éloignent les fièvres et les maladies épidémiques. Toutefois riiiver est rude et la neige interrompt alors toute cooimunication. On ne connaît cependant guère d'autre maladie dans ce pays, dont les conditions naturelles sont généralement favorables, que la syphilis, devenue, comme il est dit plus haut, à pou près endémique; ses ravages sont terribles. Jusqu'à présent toutes les mesures sanitaires prises par le gouvernement n'ont pu obtenir de résultats bien efficaces pour faire cesser le tléau.
Production agricole. — La production agricole du sandjak de Kanghéri est, en moyenne année, comme suit :
Heclolitres
Blé 319.680
Orge 297.850
Avoine . .
Seigle . .
Miïâ . . .
Millet . .
Alpiste^. .
lïarirota .
Leutilles .
Vcsce . .
Pois chiclics
i.UO 18.360 18.850
Riz
Opiuui
Cotou
Tabac
Gomaie adragaule 25.000
Graiuejauue. 6.000
Kilograaunes . . 42.600
{suiié) Kilogrammes
Noix de galle 1 10.000
Glands 400 000
Miel 50.000
Cire 8 500
Salep 40.000
Vin 170000
Laiue 28P.000
Poil de chèvres communes. . 23.000
~ mohair. . . 230.000
Fruits frais
Valeur Livres turques 31.000
Peaux de chèvres et moutons.
— de bœufs et vaches . .
— de loups
— de renards ....
— de lièvres
Pièces
Mines et minières. — Il n'y a point de mine exploitée ou concédée dans ce sandjak. Une houillère découverte près de la ville de Kanghéri en 1888 a été Tobjet d'études el d essais de ses produits qui ont donné de bons résultats, mais qui n'ont
eu aucune suite.
La tradition populaire a conservé la mémoire des mines de cuivre et d'une mine d'argent dont on ignore aujourd'hui l'emplacement.
Forêts. — Non moins belles que les forêts des autres sandjaks du vilayel de Casfamouni, celles du sandjak de Kanghéri ne sont poinl exploitées par TÉlal. Les principales sont situées dans le caza de Tchèrkèch, confinant à celles du sandjak de Bolou et peuplées conime elles de vieux chênes, de hêtres, d'ormes, de châtaigniers, de tilleuls et de sapins. Parmi les diverses essences qui composent le peuplement des autres forêts, situées autour de la ville de Kanghéri, dans le nahié de Kotch-Hissar et près de Touhté, sur le Yilsale-dagh, c'est le pin sylvestre qui domine.
Faune. — On rencontre surtout dans ces forftts. Tours, le sanglier, le loup, le renard, la chèvre sauvage et le lièvre. La chasse, très productive, entretient un commerce de peaux assez considérable.
Salines. — La description des mines de sel gemme de Kanghéri^ exploitées par l'administration des revenus concédés à la Dette publique ottomane, se trouve au chapitre spécial du vilayet de Castamouni, page 426.
Tabacs. — La culture du tabac, négligée depuis Tinstitution de la régie, fournit encore actuellement dans le sandjak de Kanghéri une récolte moyenne de 33,000 kilogr. de feuilles de la qualité dite « de Bâfra » et montre quelque tendance à se relever, bien que celte quantité soit au-dessous du tiers de la moyenne annuelle des anciennes récoltes.
Eaux minérales. — On cite plusieurs sources sulfureuses dans le caza de Tchèrkèch.
Bestiaiix. — La production annuelle de l'élevage, dans le sandjak de Kanghéri, est estimée en moyenne h 424,076 têtes de bétail de toutes races, comme suit :
VILAYET DE CASTAMOUNI
HACKS
E^PKCFS
TOTAUX
TOTAUX
PAR HACRS
Bd-ine J
( Ovine J
i Rœnf^
1 VarillftS
Biifn.'s
1 MonloMP
1 (Itii'vros ro'nmnncs
Chèvres iiiohiir
Total OK.\i-RAh .
Dans ce cbifTre tolal de 424,076 lêles de bélail esl comprise la production du caza de Kalèdjik montant h. 66,174 têtes de bétail de toutes races.
Apiculture. — La production annuelle de Télève des abeilles est on moyenne comme suit :
Miel 50,000 kilogr.
Cire 8,500 —
Fleuves, rivières. — Le Kizil-irmak (Halys) circonscrit au sud est la limite du sandjak de Kanghéri et le sépare du vilayet d'Angora. Durant ce parcours de 70 kilom., du snd au nord-est, ce fleuve reçoit un grand nombre de petits affluents qui viennent s'y déverser sur sa rive gauche, après avoir arrosé le merkez-caza de Kanghéri, où ils prennent leur source à Test des montagnes de celte partie du sandjak.
Outre ces ruisseaux sans dénomination connue, on peulcîlerle Dcvrê/i-sou qui prend également sa source dans le merkez-caza vers le nord-ouost, entre le Rantar-dagh et le Sari-dagh. Cette rivière parcourt le merkez-caza du nord-ouest au nord-est et passe dans le caza de Tossia après avoir reçu, pendant ce trajet d'environ 80 kil., de nombreux ruisseaux sur ses deux rives.
VOuloU'ichaï ou Hammâmli'tchàij affluent de VAratch-sou.
pénètre à l'ouest dans le caza de Tchèrkèch et en sort au nord pour passer dans le merkez-sandjakdeCastamouni. La longueur de sou parcours dans le sandjak de Kanghéri est d'environ 50 kil. 11 y reçoit beaucoup de petits affluents sur ses deux ri* Tes.
Routes, chemins. — Il n'y a dans le sandjak qu'une seule voie carrossable, encore en cours de construction, et qui mettra bientôt la ville de Kanghéri en communication directe avec Castamouni et le port d'Inéboli d'une part, et d'autre part avec Angora.
Les relations du sandjak de Kanghéri avec le chef-lieu du vîlayet et les provinces voisines ont lieu, comme parle passé, au moyen de chevaux, de mulets et de chameaux qui suivent les anciennes routes de caravanes.
Transports. — Les transports de marchandises sont ainsi effectués à raison d'un prix moyen de 20 paras (0 fr. 1 15) Toke (I k. 282,95) pour vingt-quatre heures de marche.
Montagnes. — La chaîne qui portait dans l'antiquité le nom de monts Olgasstis^ se rattachant d'un côté aux montagnes de la Bithynie etse reliant de l'autre à la chnîne des monts Théchès, vers Trébizonde, pénètre dans le sandjak de Kanghéri, à l'ouest, par le caza de Tchèrkèch. Ses principaux sommets, dans cette partie du vilayet de Castamouni, sont . au nord-ouest, le Kourân-dagh et d'ouest en est le Ychik-dagh (1,120 mètres d'altitude) et le Kantar-dagh^ tous trois dans le caza de Tchèrkèch. Suivant la même direction, on rencontre encore, le premier à l'ouest et le second à Test du merkez-caza de Kanghéri, deux des principaux sommets de la mfime chaîne, le Sari-dagk et le Yilsale-dagh, h partir duquel la chaîne des anciens monts Olgassus se continue dans les autres sandjaks voisins.
Production industrielle. — Les principaux produits de l'industrie du sandjak de Kanghéri sont de beaux tapis; des feutres blancs {kètchè) brodés d'or et d'argent pour portières et
548 VILAYET DE CASTAMOUNI
autres usages mobiliers; des ceintures longues en laine rouge recherchées dans tout TOrienl; des laines filées en écheveau, des sacs en poil de chèvre, objet d'un grand comoierce; des étoffes de colon fortes, durables et d'un agréable aspect, des ouvrages de sellerie renommés, et enfin des poteries communes, de la vaisselle à très bon marché et des instruments aratoires grossiers tout à fait primitifs. Ces trois derniers produits sont tout particulièrement estimés et en grande réputation , il s'en fait dans les provinces voisines une consommation importante.
Commerce. — Le commerce du sandjakde Kanghéri consiste en exportations dans les vilayets voisins, principalement à Angora; en exportations dans les places commerciales de la Turquie et de l'étranger par le port d'Inéboli; en importations par ce même port, provenant presque entièrement de l'étranger, et en importations des vilayets voisins.
Il est à peu près impossible d'évaluer les importations et les exportations effectuées à l'intérieur du pays; tout document, à ce sujet, soit officiel, soit d'une autre nature, faisant absolument défaut depuis que les droits douaniers devilayetà vilayet ont été supprimés partout, excepté aux échelles maritimes, dernier progrès qui reste à faire, et que le commerce et l'agriculture, en Turquie ont Tespoir, bien fondé, de voir se réaliser sous peu,
Quant aux exportations et importations du sandjak de Kanghéri parle port d'Inéboli, ce mouvement commercial, d'après les documents établis par une personne dont la compétence n'est point douteuse et qui habite le pays depuis de longues années, est très approximativement estimé en valeur livres turques,
EXPORTATION
Céréales
Noix de galle ....
Opium
Scammonée . . . .
Gomme adragante . .
Cire jaune
Bestiaux sur pied . .
Peaux diverses . . .
Laine
Poil de chèvres mohair Ceintures de laine . .
Tissus divers ....
Cuivre ouvré . . . .
Fer
Divers
Livres turques . . 7.000
Total : Livres Turques.
IMPORTATION
Livres turques
Tissus mauufacturés 22.000
Coton Ole et autres fils. . . . 2.500
Draperie 2 5o6
ïlabiliements confectionnés . . 300
Mercerie 2 500
Ferronnerie, cuivre, clous, etc. 2.500
QuiDcaillorie, papeterie, verrerie . . 1.100
Cuirs et peaux timnées ... 1 000
Spiritueux 400
Tabac mauu raclure 4.000
Cufé 3.000
Sucre 3.000
Produits alimentaires .... 1.000
Savon 1.500
Pétrole l.OOO
Huile et olives 700
Fruils 8CC5 1.000
Allumettes, bougies, etc. . . 300
Divers 2.000
Total : Livres Turques. . 52.500
Parmi les articles d'importation énumérés ci-dessus, plusieurs ne sont entrés dans la consommation locale que depuis peu. Ainsi le sucre, dont chacun des habitants de Kanghéri consomme aujourd'hui en moyenne un peu plus que la valeur de G fr. 41 par an, y était tout à fait inconnu avant 1878.
Dîmes et impôts. — On estime, en moyenne, le revenu brut annuel dusandjak de Kanghéri à 5,911,498 piastres y compris 844,086 provenant des dîmes et impôts du cazadeKalèdjik. Celui-ci ayant été transféré au vilayet d'Angora, en défalquant de la somma ci-dessus celle de ses revenus, il reste une somme de 5,067,412 piastres^ à laquelle il y a lieu d'ajouter :
!• Revenus concédés à la Dette publique ottomane. . 1,162,429 piastres 2* Recettes do la régie coîntéressée des tabacs. . . . 432,540 —
Total dbs akyenus du sandjak db Kanouéhi
soit environ 1,540,000 fr.