‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure;Chapitre 11 sur 144 · QUR PEUT CONTENIR LA CAISSE · texte numérisé non relu

QUR PEUT CONTENIR LA CAISSE

1 a 40 40 à 75 75 à 175 175 et plus

Les prix de chaque caisse sont, à Vienne, principale place de deslinalion, comme suit :

Sira-Mali : 20 à 50 livres turques, soit 460 à 1150 fr. la caisse.

Birèm-Dirlik : 12 à 20 livres turques, soit 276 à 460 fr.

Pamboukli : 5 à 10 livres turques, soit 115 à 230 fr.

Deukmè : 2 à 4 livres turques, soit 46 à 92 fr.

L'administration des mines perçoit un droit de 10 0/0 sur la valeur de ces blocs d'écume de mer. L'extraction annuelle est de 10 à 12,000 caisses, d'une valeur totale d'environ 100,000 livres turques, sur laquelle il est perçu par le fisc environ 10,000 livres turques, soit 230,000 francs.

En dehors de la Turquie, on ne connaît qu'un très petit nombre de gisements de silicate de magnésie dit « meerschaum », ou « écume de mer ». Les principaux sont situés en Hongrie et en Grèce, mais l'écume de mer des mines d'Eski-Chèhr est de beaucoup la plus belle, et ces mines, qui peuvent en quelque sorte être considérées comme inépuisables, constitueraient une source de revenus des plus importantes pour la Turquie, si elles étaient bien exploitées.

Il y a à Dagh'Anliy nahié du caza de Sémav, situé aussi dans le sandjak de Kutahia, et à Domanidj, nahié du caza de Aïné- Gueul, dans le sandjak d'Ertoghroul, des mines de chrome exploitées par concession. Le minerai brut, contenant, dit-on, 50 à 55 0/0 d'oxyde de chrome, est expédié à Londres en grande partie, et un peu en France. Son prix moyen, à Texpor-

talion, est de 5 à 600 piastres les 797 okes (1022 kilogr.), soit 110 à 120 fr. la tonne.

Telles sont, parmi le grand nombre de mines connues dans le vilayel de Brousse, celles qui semblent actuellement le plus dignes d'intérêt. Plusieurs autres, qu'il eût été trop long d'énumérer ici, sont citées plus loin en leur lieu et place.

Forêts. — Les forêts exploitées par l'Étal ou sous son contrôle, dans le vilayet de Brousse, sont au nombre de 97, couvrant une superficie de 23,411 kil. carrés, dans les 5 sandjaks. Celte superficie est répartie dans les divers cazas forestiers, comme suit :

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Un contre-mallre, ayant 2 à 15 ouvriers sous ses ordres, décrit une ouverture d'un mèlre de largeur et fait creuser à la pioche un puits dont la profondeur, 1res variable, est déterminée par la rencontre d'une terre rouge, premier indice de Texislence de la magnésie. Quelquefois celle rencontre a lieu à quelques mèlres seulement au-dessous du sol, mais d'ordinaire il faut creuser jusqu^à 20 m^.lres et souvent jusqu'à 40 et même 60 mèlres avant de trouver cette terre rouge dans laquelle la magnésie est disséminée en rognons, de forme en général irrégulière. Le volume de ces blocs d'écume de mer dépasse rarement 30 à 40 centimètres cubes; la plupart sont de la grosseur d'une noix ou de celle d'une pomme. Arrivés à la couche de terre rouge qui contient la magnésie, les mineurs commencent leur exploitation en creusant péniblement une ou deux galeries horizontales à travers cette malière dont chaque coup de pioche ne peut guère détacher qu'environ 50 grammes. Quelques-unes de ces galeries n'ont pas moins de 400 mètres de long, et comme elles sont percées au hasard et sans orieutalion préalable, il arrive parfois que deux entreprises se rencontrent. Les ouvriers travaillent nuit et jour, éclairés par des lampes à pétrole. Au fur et à mesure de l'extraction, les morceaux d'écume de mer sont tirés de la mine et entassés dans les baraques des mineurs. Les lulèdji, marchands dont le nom est formé du mot « lulé » qui signifie « fourneau de pipe », viennent d'Eski-Chèhr où ils sont environ 150, faire leurs achats en bloc à forfait, au marché du vendredi.

Les lulèdji transportent cette marchandise brute, encore enveloppée de sa gangue, à Eski-Chèhr. Là, les morceaux d'écume de mer sont nettoyés, opération qui se fait au moyen d'un simple grattage ou taille au canif, car la matière est encore à ce moment très tendre. Plus de 1,000 ouvriers sont occupés au travail des blocs. Ces blocs sont ensuite divisés, suivant leur grosseur, en 4 classes, et vendus à des commissionnaires, au nombre de 12 à Eski-Chèhr. Ceux-ci disposent ces 4 classes avec soin dans des caisses d'égale grandeur, remplissant les vides avec du coton afin qu'il n'y ait ni frottement ni choc entre

les morceaux. Les quatre classes ou sortes commerciales sont disposées comme suit:

CLASSE ou SORTE

10 — SirU'AIali . .

io — tiirèm-bir/ifi 30 — Pamhoukli.

\o — Peukmè. . .

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