‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure;Chapitre 42 sur 144 · NOMBRE DE TÊTES · texte numérisé non relu

NOMBRE DE TÊTES

Bœufs et vaches. . 150,000

Cheveaux et mulets 43,000

Moutons 333,700

Chèvres communes 166,550

— mohsÀv (tiftik) 249,750

Chameaux 5,000

Total. . . 948,000

Les principaux lieux de production sont les cazas d*Aziziyé et de Sandikli. L'exportation des moulons est considérable; on Testime à plus de 160,000 têtes par an dirigées sur les marchés de Brousse et de Panderma et sur ceux de Smyrne; mais dans ce nombre sont compris quelques troupeaux venant d'Angora ou du vilayetde Koniah.

Les chèvres « mohair » sont peu exportées. Le plus souvent on se borne à récolter leurs toisons, et la chair est utilisée pour la consommation locale.

La race bovine et la race chevaline sont fort belles. La valeur des bœufs et veaux h destination de Smyrne s'élève annuellement à 25,000 livres turques (575,000 fr. environ.

Fleuves, rivières. — On ne compte dans le sandjak de Kara-Hissar que deux cours d'eau importants, qui sont : le TIeuve Memlérès (ancien Méandre), déjà décrit tome III, p. 385, et la rivière à' Afioun-Kara-Hissar^ autrement nommée Kara- Arslan-lchai ou rivière du Lion-Noir. C'est un cours d'eau très rapide qui prend sa source dans le sandjak de Kulahiai à Altoun-tach. Sa direction générale est de l'ouest à Test; après avoir arrosé tout le merkez-cazaet la ville de Kara-Hissar, il passe dans le caza de Bolvadin et va se jeter dans le Ébèr ou Ipèr à l'ouest du lac de ce nom, entre Bolvadin et Tchaï,

el le traverse en entier pour reparaître vers Test et se perdre enfin à 20 kil. plus loin, dans le lac i^kk-Chèhir^ sur le territoire du vilayet de Koniah. Son parcours total est d'environ 110 kil.

Lacs, marais. — On compte deux lacs assez importants dans le sandjak de Kara-Ilissar; Tun au sud-ouest, situé dans le nahié de Tèzkiri, dépendance du caza de Sandiqli, prend son nom du village de Tchardak, station du chemin de fer de Smyrne-Aïdin ; l'autre, à Test, entre Bolvadin et Ishaqlu, est appelé tantôt Ebèr ou Ipèr, tantôt lac de Tchdi^ village voisin de sa rive, vers le sud-ouest. Ces deux lacs ont déjà été décrits plus haut, page 77.

Dans le nahié de Cheïklu, dépendance du caza de Sandikli, il existe sur les rives du Mèndérès (Méandre) des marais d'une grande étendue couvrant une superficie d'environ 20,000 hectares. Son dessèchement rendrait à l'agriculture des terrains éminemment fertiles, et assainirait cette partie du sandjak actuellement infestée durant Tété de miasmes paludéens.

Routes, chemins. — Le chemin de fer de Smyrne-Aïdin parcourt dans le caza de Sandikli une longueur kilométrique de f)8 k. 385 à partir de la station Tchardak, sur le lac salé de même nom, jusqu'à celle de Dinaire, chef-lieu du nahié de Ghéïkler, point terminus actuel de la ligne principale. Un embranchement de 30 kil. part de la station de Snlladj, à 20 kil. nordouest de Dinaire, et aboutit à Tchivril; on nomme communément cet embranchement Dinaire-Échèkli. Le parcours total du chemin de fer de Smyrne-Aïdin dans le sandjak de Kara-Hissar (caza de Sandikli) n'est donc actuellement que de 98 k. 345. Nous avons vu plus haut que la ligne de Smyrue-Alachèhr sera poursuivie en prolongement jusqu'à Kara-Hissar en passant

par Ouchak.

Une route carrossable en cours d'exécution doit relier la station de Dinaire au chef-lieu du sandjak ; mais la construction de celle roule présente de grandes difficultés, et l'on n'a pu l'achever jusqu'ici que sur une longueur de 55 kil. envi-

ron qui part de Sandikli et s'arrête à 15 kil. de Kara-Hissar, en s'embranchant sur une autre route à Télat de projet, devant aboutir plus tard à Ouchak. Pour le moment, les marchandises apportées de Kara-Hissar à Sandikli par une voie carrossable, sont obligées de continuer leur route avec celles qui partent de cette dernière ville à destination de Smyrne, à dos de mulets ou de chameaux, jusqu'à la station deDinaire, située à une distance d'environ 50 kilom. plus loin vers le sud-ouest. Celles qui sont dirigées sur Brousse ou sur Koniah bénéficient de la voie carrossable qui relie ces deux villes en passant par Kutahia, et dont la longueur de parcours dans le sandjak de Kara-Hissar est d'environ 125 kil. Cette route carrossable traverse ce sandjak dans toute sa largeur, dans la direction du nord-ouest au sud-est.

Une autre voie carrossable s'embranche sur celle-ci à Tchaï, dans le caza de Bolvadin, cl parcourt de là environ 55 kil. dans la direction du sud au nord pour aboutir à Mouslidjé, cheflieu du caza d'Aziziyè. Un prolongement, projeté, de cette roule rejoindra le chemin de fer d'Anatolie à travers le sandjak de Kutahia à la limite des vilayets de Brousse et d'Angora.

En résumé, dans l'état actuel, les routes et chemins de fer du sandjak de K a*Hissar se présentent comme suit :

Chemins de fer de ( Tcliardak àDinaire. . 68,385 Smyrne-Aïdin ^ Sutladj à Tchivril. . . 30,000 Houle carrossable de Brousse à Koniah

par Kutahia, elc 125,000

Boule carrossable (tronçon) de Kara- Hissar à Sandikli 55,000

Boule carrossable (Ironçon) de Tchaï a Mouslidjé 55,000

Total . . 333,385

Transports. — Les transports se font tous par voie de terre, les deux seuls grands cours d'eau du sandjak n'étant pas

navigables; l'un, le Mendérès (Méandre), à cause de son peu de profondeur et des innombrables lacets qu'il décrit; l'autre, le Kara-Ardan-tchai , parce que son lit est semé d'écueils, à travers lesquels ses eaux coulent avec une rapidité vertigineuse, et que d'ailleurs, elles vont se perdre à l'intérieur du pays dans deux lacs, loin de tout centre commercial.

Les transports des céréales, laines, poils de chèvre et autres exportations, h l'exception des opiums, se font, ainsi que ceux des articles coloniaux el autres importations, entre les centres commerciaux du sandjak et les terminus des chemins de fer de Smyrne-Aïdin et de Smyrne-Cassaba, à dos de chameaux, à raison de 5 à 10 paras (Ofr. 02875 àOfr.0575) l'oke, suivant les circonstances commerciales el celles de la saison. Quant aux couffes d'opium, elles sont expédiées à Smyrne par l'entremise des khatêrdji (muletiers), el à leur charge, à raison de 30 à 40 paras (0 fr. 1725 à 0 fr. 23) y compris les frais de chemin de fer.

Montagnes. — On cite parmi les sommets principaux des chaînes déjà plus haut décrites, page 92, \ Emir-dagh^ qui s'étend du nord au sud, à l'est du sandjak, entre Aziziyé (Mouslidjé) et Bolvadin, le Sidlan-dagh, qui borde d'est en ouest, la lisière des vilayots de Brousse et de Koniah entre Ishaqiu, nahié du caza de Bolvadin el Gheïkler(Dinaire) station terminus du chemin de fer de Smyrne-Aïdin; Alii-Parmak et enfin Màimoun-dagh^ séparant, au sud-ouest du sandjak, Tèzkiri, nahié du caza de Sandikli el station du chemin de fer de Smyrne- Aïdin, du village de Baklan, situé au bord du Mendérès (Méandre), dans les marais du nahié de Chéïklu.

Industrie. — Outre les industries déjà décrites plus haut dans le chapitre spécial du vilayet, et parmi lesquelles l'industrie feutrière tient une large et honorable place, ainsi que celle des tapis, on peut ajouter ici, en ce qui concerne cette dernière, que les procédés et les dessins des tapissiers d'Ouchak, si justement renommés, ont été récemment introduits à Bolvadin, centre de productions des meilleures laines du pays. Ces laines.

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très recherchées pour la fabrication des plus beaux tapis lurcs, n'étaient point employées jusqu'ici par les producteurs, qui croyaient, à tort, tirer de leur vente plus de bénéfices.

Mais le càimakam de ce caza et le ndibj frappés de cette étrange aberration, prirent, en 1889, l'initiative de l'établissement d'un atelier modèle dirigé par d'excellents ouvriers engagés à cet effet par eux à Démirdji, centre tapissier en grand renom. Actuellement, les élèves formées par ces ouvrières au nombre d'environ 20 à 30 sont passées maîtresses. Chacune d'elles travaille dans sa famille, à son propre compte, et le bourg de Bolvadin tiendrait déjà l'un des premiers rangs de l'industrie tapissière en Turquie, si sa production, très remarquable par la beauté des dessins, la richesse des couleurs, et la qualité hors ligne des laines, n'était bornée par le manque de capitaux pour subvenir aux dépenses d'une large exploitation. L'appât de bénéfice entraînera peutêtre un certain nombre de petits capitalistes du pays à former avec lesouvrières une association qui, selon toutes probabilités, ferait bientôt rivaliser de réputation et de richesse Ouchak et Bolvadin.

Quoi qu'il en soit, il ne paraît pas non plus hors de propos de rappeler ici que l'industrie de la fabrication des armes, dont la ville de Kara-Hissar s'était faite jadis une célébrité presque comparable à celle de Damas, mérite encore une mention assez honorable. Si elle ne s'est pas tenue au courant des progrès modernes, on doit attribuer celte faute, plus apparente que réelle, au désir de satisfaire aux exigences locales, plutôt qu'à une ignorance dédaigneuse ou systématique. On ne fabrique à Kara- Hissar que des carabines à long canon rayé et à 5 ou 6 capucines d'argent gravé ou repoussé, de lourds pistolets d'arçon également ornés d'argent travaillé, et des tromblons, le tout à pierre et souvent même à mèche, parce que la clientèle ne veut pas du tout d'autres armes, ce qui n'empêche pas les chasseurs du pays d'être fort adroits. Il y avait à l'Exposition Universelle de 1867, à Paris, entre autres armes turques intéressantes, une carabine rayée à mèches, longue de plus de 2 mètres, tout le long de laquelle son propriétaire avait cloué les pattes, les griffes

OU le bec des animaux tués par lui, collection magnifique où figuraient des têtes d'hirondelles, des griffes d'ours et de lion. Une telle arme, à canon rayé et à capucines d'argent ouvré, coûte à Kara-Hissar une livre turque, soit environ 23 fr.

Commerce. — Les exportations et importations de Kara- Hissar se font, comme on l'a déjà dit dans les chapitres précédents, par voie de Brousse et surtout de Smyrne; elles se trouvent par suite englobées, tant en quantité qu'en valeur, dans le mouvement commercial des ports de Moudania et de Smyrne.

GAZAS DU SANDJAK DE KARA-HISSAR

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