DÉSIGNAI ION DES ROUTES
De Castamouni à Tach-kcupru
id. à Iiiéboli
id. à TosBia
id. à Djiddë
id. à KàiiKhéri
id. à Bartio, par Tataï et AQani
De Bolou à Âkdjè, par Duzdjè
De ZafraDboli à Amasra, par BartiD
DaDslecazadetiueiiInèk (sectiou de la route d'Iemidt à Angora)
De Siuope à BoyàbAd
De Boyâbàd à la limite du vilayet par Touragân, pour Amaseia. .
LONOURUR TOTALE DES ROUTES CAH05SABLB8 DANS I.B VILATFT
LONGDEDR TOTALE
kilomètres
Toutes ces routes forment d'innombrables lacets qui augmentent considérablement la dislance entre les deux points extrêmes du trajet à accomplir.
Pour donner une idée sommaire des énormes difficuUés qu'il a fallu vaincre pour obtenir ce résultat, il suffira de donner ici, comme exemple, quelques détails concernant la chaussée d'Inéboli à à Gastamouni :
Distance entre ces deux villages par la route carrossable 90 kil.
Distance entre ces deux villages en ligne directe 65 —
Différence 25 kil.
Il a donc fallu d'abord, pour obtenir des pentes et rampes praticables, allonger de 25 kil. la distance h parcourir, au moyen de lacets contournant une partie des obstacles; d'autres ont dû être franchis. En somme, les ouvrages d'art que la construction de cette unique route a nécessités ne sont pas moins de 3,293, comme suit :
Ponts en maçonnerie ^^^ )
— en charpente 6 5 159
— mixtes 36 )
Cassis 96
Murs de soutènement en pierres sèches 2,513 )
— à mortier .... 525 > ^'^^^
Total : 3,293
Transports. — A l'exception de certains transports qui, lors de la crue des eaux, sont effectués économiquement par la voie des fleuves et rivières, soit par simple flottage comme le bois dont on forme des trains en le liant en radeaux, soit au moyen d'embarcalions primitives (Ironcs d'arbres creusés, etc.), tous les autres se font par voie terrestre, à dos de chevaux, mulets et chameaux, à raison d'un prix moyen de 20 paras
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0 fr. 115) Toke par durée de 24 heures de marche, soit environ 115 fr. par tonne transporlée à 130 kil.
Là où il exisle des chaussées carrossables, les transports se font par chariots à partir du lieu de production jusqu'à l'échelle la plus proche, ou bien encore à dos de chevaux, en caravane, si la distance à parcourir est considérable.
Les échelles principales sur lesquelles sont dirigées les marchandises à exporter sont au nombre de quatre dans les sandjaks de Castamouni, de Bolou et de Sinope : 1"* dans le premier, le port dlnéboli ; 2** dans le second, ceux de Bartin et d'Amasra Amastris), et 3o dans le troisième, le port de Sinope. Il existe tout le long du littoral un grand nombre d'autres petits ports sans aucune importance.
Montagnes. — Les montagnes du vilayet de Castamouni sont une continuation de la chaîne qui parcourt le mutessariflikt d'Ismidt et le Bosphore et se rattache un peu plus loin aux montagnes de Bilhynie. On les comprenait toutes dans l'antiquité sous le nom de chaîne des monts Olgassus. Cette chaîne parcourait le Pont et la Paphlagonie et allait se relier ensuite à celle des monts Tchèchès vers Trébizonde. Ses principaux sommets, énumérés dans l'ordre suivant lequel ils se succèdent du sud au nord et de l'ouest à l'est dans les divers sandjaks, se présentent comme suit :
Au sud-ouest du sandjak de Bolou, on rencontre tout d'abord dans le caza de Gueuinèk, le Khoiimale-dagh ; puis, en avançant vers le nord-est, dans le merkez-caza de Bolou, se trouve le Bolou-dagh (880 mètres d'altitude) et le Sémin-dagh^ entre lesquels coule le Filias-sou (Billœus) au milieu de la plaine où est située, à 650 m. d'altitude, la ville de Bolou. En marchant vers l'est à partir du Sémin-dagh^ on passe dans le caza de Guèrèdè, dont le chef-lieu, des hauteurs de V Erèn-dagh, mont de 1,300 m. d'altitude, domine la vallée bornée au nord par ce mont et limitée au sud par Y Ala-dag h. {moni Blanc) de 2,500 m. d'altitude. Si l'on suit, au contraire, la direction indiquée vers le nord, sur la rive gauche du Filias-sou^ par le Bolou-dagh, on
arrive bientôt au caza d'Èrèkli, où Ton rencontre successivement le Gueuïnèk'dayh et rOva-dagh. qui bornent la plaine d'Héraclée .
V Erèn-dagh et VAla-dagk pénètrent dans le sandjak de Kanghéri par le caza de Tchèrkèch, où le prolongement du premier vers le nord-est est marqué par un premier sommet, le Kourân-dagh, suivi de plusieurs autres chaînons cités plus loin, tandis que le second continue sa ramification dans la direction de Test en parcourant toute la partie méridionale de ce même sandjak. Sur ce parcours, on rencontre d'abord Xlchiqdagh{lyl20 m. d'altitude), puis le Kantar-dagh par lequel du caza de Tchèrkèch on passe dans le merkez-caza de Kânghéri, où deux autres sommets, l'un à l'ouest et l'autre à l'est, le Saridagh et le Yilsale-dagh^ marquent les deux extrémités du circuit tracé par cette partie du rameau au sud du caza. Le même rameau pénètre alors dans le caza d'Iskélèb, dans le merkez-sandjak de Castamouni, où il remonte vers le nord. Suivant cette nouvelle direction, les principaux sommets sont en premier lieu VElmali-dagh (mont des pommiers) (altitude de 2,600 mètres) et le Keiissé-dagh (2,200 mètres) ; puis, dans le caza de Tossia, Yllguissas-dagh (1,600 m.). Là, le rameau se bifurque ; d'un côté le Kiraz-dagh (mont des cerises) passe du caza de Tach-keupru par le caza de Boyâbâd dans le sandjak de Sinope, et rejoint le Qathrân-dagh (mont du goudron) au nord-est sur la lisière du vilayet de Trébizonde ; — l'autre branche de la bifurcation se dirige au contraire vers le nordouest. On y rencontre, suivant cette direction, le Yarala-gueiizdagh (1,400 m.); le Kurd-dagh dans le caza d'Inéboli et le Guèrèn-dagh (870 m.) dans le caza de Djiddè, point extrême du circuit au nord et à l'ouest.
A partir du Guèrèn-dagh, le rameau parti de XAla-dagh retourne vers son origine en prenant sa direction au sud par les sommets du Dèvrènt-dagh et du Dèrè-foundouk-dagh^ h travers le caza deZafrânboli, pour aller se rattacher au Kourân-dagh, et réunir ainsi les deux rameaux parfis l'un de VAla-dagh et l'autre de XErèn-dagh.
L'altitude moyenne de tous les sommets énumérés ci-dessus, sans indicalion spéciale, est de 1,000 mètres environ.
Celte vaste région montagneuse est entièrement couverte de magnifiques forêts qui s'étendent au loin dans les vallées autour des cultures. Bien peu sont exploitées régulièrement, sous la surveillance d'agents forestiers; mais toutes fournissent abondamment aux besoins des populations, qui y trouvent, même dans les produits variés des cueillettes, de quoi subvenir pour une bonne part à leur alimenlalion. On ne peut que regretter Tabsence de bonnes routes, qui permettraient à TÉtat de tirer de celte « mer d'arbres » des revenus beaucoup plus considérables, joints à d'inépuisables ressources pour sa marine et ses grandes constructions.
Productions industrielles. — Dans tous les cazas forestiers qui ont la possibilité d'écouler leurs produits, des scieries sont installées pour débiter les bois en planches, qui font l'objet d'un grand commerce d'exportation. On compte jusqu'à 337 établissements de ce genre dans les parties des sandjaksde Bolou, de Caslamouni et de Sinope, voisines du littoral. Les ateliers de constructions navales sont nombreux ; les plus petits ports construisent leurs propres barques, leurs cdik et autres embarcations légères; mais les constructeurs de Sinope, d'Inéboli, de Bartin, d'Araasra, font des bâtiments pontés d'une certaine iraporlance, réparent fort bien les grands navires et soutiennent encore l'ancienne réputation de ces villes qui ont possédé de bonnes flottes il n'y a pas longtemps.
D'autres industries, très-répandues dans les mêmes sandjaks, sont la charpenterie et la menuiserie. Les jolis maisons de bois bâties à Sinope pour les étrangers en villégiature, ainsi que les meubles élégants qu'elles renferment, sont autant de spécimens du goût et de l'habileté des artisans de cette ville.
11 y a aussi beaucoup de tanneries, de tuileries et de briqueteries dans tous les cazas pouvus de débouchés faciles. Les villes maritimes et plus spécialement Sinope, possèdent des corps de métiers bien organisés, des ouvriers exercés, parmi lesquels on
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doit citer les armuriers, les orfèvres-bijoutiers, habiles surtout à travailler l'argent niellé et les filigranes d'or et d'argent, les tailleurs et brodeurs en or sur cachemire. Plusieurs de ces divers artisans ont obtenu des médailles et des diplômes aux expositions universelles de 1867, à Paris, et de 1873, à Vienne.
Une industrie aussi intéressante que peu connue, car tousses produits sont destinés exclusivement à la Turquie, est celle des imprimeurs-peintres de tissus légers pour coiffure de femmes, et autres pièces d'étoffe plus grandes et plus fortes pour couvertures de lit, ouatées et piquées. Les dessins sont d'abord gravés sur bois et imprimés en noir ; puis les fonds et les détails de fleurs et ornements remplis au pinceau et peints de couleurs vives et variées. On croit nécessaire, pour rendre ces couleurs indélébiles, de faire subir à ces étoffes plusieurs lavages successifs à l'eau de mer, opération qui serait peut-être avantageusement remplacée par quelques mixtures chimiques. Cependant, à Constantinople même, cette industrie est exercée dans de larges proportions, et l'on n'y emploie également pour fixer et harmoniser les couleurs, que des lavages à l'eau de mer, entre chacun desquels on fait sécher les tissus au grand soleil sur le rivage.
Le sandjakde Kânghéri n'est pas non plus dénué d'industries diverses dont les principales sont la fabrication des tapis , celles de feutres blancs [kètchè) brodés d'or et d'argent ; de ceintures longues en laine rouge recherchées dans l'Asie ottomane et la Perse ; de laine en écheveau ; de sacs noirs en poil de chèvre commune ; de grosses étoffes de coton ; d'instruments aratoires tout à fait primitifs, mais estimés dans le pays. Tous les ouvrages de sellerie fabriqués dans ce sandjak sont en grande réputation. Il fournit tout le vosinage de poteries communes et de vaisselle à bon marché.
L'enregistrement officiel compte dans le vilayet de Castamouni 2.599 moulins à farine mus, à peu près tous, par le vent ou par Veau, au moyen des mécanismes les plus élémentaires.
Commerce. — Le mouvement commercial du vilayet de
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Casiamouni, calculé sur une moyenne decinqannées^au moyen de renseignemenls puisés à la douane , aux compagnies maritimes, à rintendance sanitaire et autres, s'élève à la somme totale de 885,800 livres turques, dont 489,500 livres turques à l'exportation et 396,300 livres turques à l'importation.
Cette situation est établie dans le tableau ci-après, qui sera plus loin décomposé dans les chapitres spéciaux des sandjaks, avec les détails respectifs afférents à chacun d'eux :