‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistiqueChapitre 118 sur 151 · TURQUE · texte numérisé non relu

TURQUE

TOTALS

Port de Bodroum

— Makri

liv. turq.

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Totaux

DIMES ET IMPOTS. — Recettes et dépenses du sandjak de Mentéché.

RECETTES

Impôt foncier

Patentes (témettu)

Exonération du service mililaire

Taxe sur les bestiaux

Dtme des céréales . . . ,

Revenus des forêts

— des mines

Droits de mutations

— judiciaires

Divers

Centimes additionnels

Total

LI?HBS TURQUES

DÉPENSES

Administration gouvernemen-

Ule •

Administration des finances. . *

— de la Justice • .

— de l'Instruction publique

Administration des forêts ....

Honoraires des cadis^ muftis etc.

Pensions de retraite, orphelins.

Divers

Gendarmerie

Police

LIVRES TURQUES

Notices historiques. — Le territoire actuel du sandjak de Menléché est formé d'une grande parlie de la Carie dont la limite au nord était la rive gauche du Méandre (Buyuk-Mendérès) et de la Lycie qui en était séparée dans l'antiquité par le moDl Salbacum, aujourd'hui Boz-dagh.

L'origine du peuple Carien est fort peu connue. On pourrait le croire de race asiatique en le voyant figurer parmi les alliés de Priam lors de la guerre de Troie (Iliade II, 867). Cependant, le fond de sa langue était hellénique, si Ton en juge par ce fait, que le roi d'Egypte Psammétichus, d'après Hérodote (liv. II, chap. 154) chargea des Cariens établis à Memphis d'enseigner la langue grecque à des enfants égyptiens. D'après Strabon, toutefois, les Grecs leur donnaient le nom de Cariens barbarophones; Homère l'avait déjà dit avant lui (Iliade II, 867), et Etienne de Byzance cite plusieurs mots Cariens tel que gela (roi) ala (cheval), cara (tète), qui ne ressemblent en rien au grec.

Quoi qu'il en soit, les Cariens comptèrent au nombre des plus fidèles et des plus braves alliés des Ioniens et des Lydiens, dans leurs guerres contre les Perses. A la chute de l'empire de Cré-

SUS, ils furent compris dans la première satrapie, peu après les Lyciens le furent aussi. Sous Tautorilé des Perses, Artémise, fille de Lygdamis, tyran d'Halicarnasse, reçut le titre de reine de Carie. Un de ses descendants, Mausole, célèbre par le tombeau que lui éleva une autre Artémise, sa veuve et sa sœur, étendit son pouvoir sur toute la Lycie et une partie de la Phrygie. Ada, qui était aussi sœur de xMausole et comme Arlémise avait épousé un de ses frères, fut déclarée reine d'Halicarnasse par Alexandre le Grand ; et lors du partage de l'empire du héros macédonien, la Carie tomba au pouvoir des Séleucides et leur resta soumise jusqu*à la conquête romaine, à partir de laquelle elle partagea le sort de la Lycie, dont il reste à parler

La partie du sandjak actuel de Mentéché qui appartenait dans l'antiquité à la Lycie, s'étend au sud entre le Boz-dagh (Salbacum) et la mer qui baigne l'Ile de Rhodes, d'où sortirent les premiers ancêtres des Lyciens pour aller habiter le continent asiatique. Les trois provinces qui formèrent la Lycie furent peuplées à l'origine par trois tribus rhodiennes, dont deux parlaient la langue phénicienne. Celle de ces trois tribus qui s'établit au sud était conduite par Trémilus et porta le nom de Termiles jusqu'au règne de Sarpédon. Le nom de Lycien fut pris par lesTermiles par reconnaissance pour Lycus, fils de Pandion qui^ chassé d'Athènes, se réfugia près de leur roi et leur donna des lois empruntées à celles des Cretois et des Carions.

Les trois tribus de la Lycie formaient une confédération gouvernée par les députés des 23 villes principales de cette nation, réunis dans une assemblée nommée Corps Lyciaque. Les Lyciens parlaient, concurremment avec le grec, une autre langue très différente, mais dont les caractères ont pourtant beaucoup de ressemblance avec ceux de la langue grecque. Leurs villes portaient deux noms, l'un lycien et l'autre grec. L'art lycien se distingue aussi de l'art grec par des conceptions et des formes tout à fait spéciales, qui ne se rencontrent absolument qu'en Lycie.

Les Lyciens conservèrent leur indépendance, même sous les

rois de Lydie; mais leur valeur dut céder au grand nombre lorsque les Perses envahirent la Lycie après la chute de Crésus. Malgré leur héroïque résistance, ils furent bientôt incorporés avec les Cariens dans la première satrapie, puis dans le royaume de Carie, auquel ils appartenaient déjà peu après sa formation. Ils eurent beaucoup à souffrir des exactions du roi Mausole, qui les accabla d'impôts de toutes sortes, jusqu'à frapper une taxe sur leurs longues chevelures, pour subvenir aux dépenses des embellissements de la ville d'Halicarnasse. Après la mort d'Alexandre, la Lycie tomba au pouvoir des Séleucides avec la Carie et dès lors ne se sépara plus de celle-ci. Comprise avec elle, à la conquête Romaine, dans la province d'Asie, puis dans l'empire d'Orient, les empereurs turcs Seldjoukides de Koniah s'en emparèrent et les donnèrent en fief à l'émir Mentéché, dont le sandjak, auquel son nom est resté jusqu'aujourd'hui, fut réuni définitivement aux possessions ottomanes en 1423 parle sultan Mourad II (Amurat), père du conquérant de Constantinople.

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