‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistiqueChapitre 119 sur 151 · GAZAS DU SANDJAK DE MENTÉGHÈ · texte numérisé non relu

GAZAS DU SANDJAK DE MENTÉGHÈ

MERKEZ-CAZA DE MOUGHLA

Orientation, limites. — Le merkez-caza de Moughla est situé vers le nord-ouest du sandjak de Mentéché et le sud-ouest du vilayet de Smyrne. Il est limité au nord parles sandjaks d'Âïdin et de Dénizli ; à Test par le caza de Keuïdjiès; au sud par celui de Marmaris et le golfe de Cos, et à Touest par le caza de Milas.

Superficie. — Sa superficie totale est de 2,050 kil. carrés, comme suit :

Cultures 500 kil. carrés

Pâturages 150 —

Montagnes 972 —

Forêts 428 —

Total .... 2,050 kil. carrés

Division administrative. — Il est divisé administrât!vemeot en 2 nahiés qui sont, Bozouyuk et Oula. On y compte 55 villages dont 1 7 dans la circonscription du chef-lieu Moughla^ 25 dans celle du nahié de Bozouyuk et 13 dans celle d'Oula.

Autorités civiles. — Le mçrkez-caza de Moughla est administré civilement par le mutessarify gouverneur du sandjak de

Menléchè, et les deux mudirs^ directeurs des nahiés de Bozouyuk et d'Oula.

Division militaire. — Il est compris, sous le rapport militaire, dans la circonscription de Milas dont il forme le 'deuxième district avec lescazas de Marmaris et de Keuïdjiès, et à l'exception du nahié de Bozouyuk qui appartient au premier district de Milas.

Population. — Sa population totale est de 42,8Gi hab.,

Musulmans 41,572 hab.

Grecs orthodoxes 1,115 —

Arméniens 114 —

Total. . . 42,801 hab.

Chef-lieu. — Moughla, chef-lieu du merkez-caza de ce nom et du sandjak de Mentéché, siège des autorités civiles, des tribunaux, de la gendarmerie et de la police ainsi que des divers services publics, d'une succursale de la banque impériale ottomane et d'agences de la Dette publique et de la Régie coïntéressée des tabacs, est la résidence officielle du mulessarif. Celle ville est située sur la penle occidentale d'une petite montagne de la chaîne du Boz-dagh (Salbacum), nommé Hassar par les habitants du caza, à 670 mètres d'altitude. Devant la ville, au sud-est, s'étend une petite vallée d'environ 9 kil. de long sur 3 de large, dont la disposition en bassin fermé n'offre aucune issue aux eaux de pluie qui vont, se perdre dans quelques gouffres ou puits naturels se trouvant dans les bas-fonds. C'est dans celle petite vallée que se trouvent les campagnes nommées Kara- Baghlar^ oîi les habitants de Moughla vont passer en villégiature la belle saison, à partir du mois de juin jusqu'en septembre, bien que ce séjour n'ait rien de plus agréable que celui de la ville, dont le climat est très sain et le site pittoresque.

Population. — La population do la ville de Moughla, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du merkez-caza, esl de 15,000 Lab., comme suit :

Grecs orthodoxes 1,115 —

Arméniens 114 —

Total. . . 15,000 hab.

Ecoles. — 11 y a dans cette ville 5 écoles dont 2 secondaires et 3 primaires, fréquentées par 550 élèves dont 450 garçons et 100 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

ÉGOLBS

ftLi?BS

MusulmaDs : 1 école secondaire TirarcoDs)

— 1 — — (filles) .

— 2 — primaires (garçoas)

Grecs orUiodoxes : 1 école primaire (140. Garçoos. — 40 Filles).

Total. . .

On peut ajouter à Teffectif scolaire des musulmans de Moughla 6 médressés ou écoles de droit et théologie islamiques, fréquentés par 400 étudiants.

On compte à Moughla, outre le konakon hôtel du Gouvernement, et les 6 médressés précités, 5 mosquées à minarets; 2 tekkés ou couvents de derviches; 1 église grecque; 3 bains publics; 1 bazar; 100 boutiques; 10 cafés; 1 han ou hôtellerie^ 6 fontaines publiques; 3 magasins et. 1,410 maisons.

Une partie de la ville s'étend dans la plaine, et Fautre, oii sont les maisons d'habitation, est étagée sur le penchant des collines qui viennent s'y perdre. Elle est traversée dans sa largeur par le Déïrmen-déré, torrent à sec durant l'été, et dont les eaux vont pendant la saison des pluies s'engouflfrer dans un abîme, à 2 kil. au sud-ouest de Moughla.

Dans les quartiers situés en plaine se trouvent Iel)azar, le konakj vaste édifice en pierre, les hans et caravansérails et les magasins. Une large rue assez bien alignée parcourt d'est en ouesl, dans leur plus grande longueur, la ville et le bazar. Les magasins sont pour la plupart bâtis en pierre, ainsi que le rezde-chauàsée des maisons^ dont le premier étage est en bois, ou en pans de bois avec remplissage en petits moellons ou en briques crues; le tout recouvert le plus souvent d'un enduit à la chaux. Hors la rue principale, qui passe devant le bazar, les autres sont étroites et tortueuses; les plus importantes seules sont éclairées au pétrole, mais toutes sont bien pourvues d'eau.

La plaine seule est cultivée, car les parties montagneuses ne sont que des roches nues ou à peine recouvertes d'une mince couche de terre. Aussi la population de Moughla doit-elle tirer des çazas voisins et surtout de celui de Davas Tapprovisionnement de céréales nécessaire à son alimentation. La ville de Moughla semble d'ailleurs isolée et comme perdue au milieu des montagies. Elle ne communique avec la mer et les villes de l'intérieur que par des sentiers à peine praticables aux bêles de somme. On a commencé depuis quelques années une roule carrossable entre cette ville et le petit port de Gueuk-Abad, liommé aussi Port Giova, situé au fond du golfe de Cos, et dont la distance en ligne directe n'est que d'environ 15 à 16 kil., tandis que par celle route elle sera de 30 kilomètres au moins. L'échelle de Gueuk-Abad n'est touchée qu'exceptionnellement par les bateaux qui desservent la côte, et seulement quand ils y sont appelés pour prendre un chargement; mais on espère que les compagnies de navigation consentiront à fréquenter régulièrement cette échelle, lorsque les relations avec Moughla auront été rendues faciles par l'achèvement de la chaussée en cours de construction.

Actuellement, le gros de l'importation se fait par Aïdin, et une faible partie parle petit port de Kulluk (golfe de Mendélia) et Milas, à l'exception des céréales, qui viennent de Davas. La distance pour les chemins actuels de Moughla à Kulluk par Milas est d'environ 95 ki. ; celle de Moughla à Tchiné el Aïdin

d'environ 110 kil. ; el celle de Moughla à Kalé-Davas et Yaren- Cihénaé de 85 à 90 kil.

Moughla passe pour être Tancienne Alînda, mais on n'y a pas trouvé jusqu'ici de restes de l'antiquité. Cette ville est peu commerçante; quelques grecs seuls y font un peu d'importation; la plus grande maison a, dit-on, à peine 5,000 fr. de capital.

Régie des tabacs. — Les ventes de l'agence principale de la régie coïntéressée des tabacs à Moughla se sont élevées du 1/13 mars 1889 au 28 février 1890, à la somme de 367,390 piastres, soit environ 84,000 francs.

Forêts. — La coupe annuelle des forêts du caza de Moughla s'élève en moyenne à 4,500 mètres cubes, et leur produit en écorces pour tanneries à 4,500 quintaux métriques.

Bestiaux. — On estime la production annuelle de l'élève du bétail dans ce merkez-caza, à 103,334 têtes de bétail dont 98,923 chèvres et moulons.

Localités remarquables. Stratonicée (Eski-

Hissar). — Parmi les nombreuses ruines de villes antiques qui ont été retrouvées sur le territoire du merkez-caza de Moui^hla, on doit citer particulièrement celles de Stratonicée, sur lesquelles s'élève aujourd'hui le petit village d'Eski-Hissar (le vieux château), compris dans la circonscription du nahié de Bozouyuk, ainsi que celles de Lagina.

Stratonicée a éié fondée par Anliochus Soler, qui lui donna le nom de sa femme Slralonice. Ses ruines sont situées sur le chemin de Moughla à Milas, à 27 kil. environ de cette dernière et à 28 kil. de la première, en ligne directe. Elles occupent une vaste étendue qui donne une haute idée de l'ancienne importance de cette ville, dont il ne reste aujourd'hui debout que quelques colonnes et une grande enceinte de marbre blanc, au centre du village actuel. Cette enceinte, connue des

archéologues sous le nom de tombeau de Philœlère, est formi^e de blocs de marbre régulièrement taillés, cubant 1 à 2 mètres, el posés à sec. Lorsqu'elle fut visitée par Ch. Texier en 1835, ou y voyait une inscription du temps de Di(»clélien déterminant le prix des denrées sur les marchés du pays. Peut-être serait-il intéressant de savoir si la nature el le prix de ces denrées ont quelque rapport à ceux d'aujourd'hui. Le reste des ruines n'était alors composé, comme à présent, que de quelques colonnes avec ou sans chapiteaux disséminées autour du village, et d'un très grand nombre d'autres beaux fragments d'architecture couchés sur le sol.

Les maisons d'Ëski-IIissar et les murs de clôture des jardins des environs sont construits en marbre pris aux anciens édifices de Stratonicée.

C'est à cet endroit que commence la zone des grands bosquets de myrte, dont la fleur répand son agréable odeur dans les vallons et sur les montagnes du sandjak de Mentéché.

Lagina. — Non loin de Stratonicée, pcès du village de Lagîna, S. E. Hamdy Bey, directeur du Musée impérial de Constantinople, a découvert récemment les restes d'un temple, jadis décoré de nombreuses sculptures, qui sont autant de chefsd'œuvre de l'art antique. Elles ont été retrouvées intactes dans les fouilles exécutées par S. E. Hamdy Bey.

En vertu d'un Iradé Impérial qu'il a obtenu de S. M. le sultan, le monument entier sera transporté à Constantinople, où il prendra place à côté du nouveau musée élevé spécialement pour les autres découvertes, si importantes pour la science archéologique et l'art grec de l'époque Alexandrine, qui ont été récemment faites à Saïda (Sidon) par le directeur du Musée impérial.

Le monument de Lagina sera réédifié, et les magnifiques sculptures qui en formaient la frise seront remises à leur place primitive.

On croit que ce temple'étail dédié à la mystérieuse Hécate, qui, sous une triple forme, était au ciel Séléné ou Phœbé, la Lune,

sur la lerre Arlhémis ou Diane, et dans les enfers Perséphoni ou Proserpine.

CAZA DE BODROUM

Orientation. — Le caza de BoJroum est situé au nordouest du sandjak de Menléché el au sud-ouest du vilayet. Il est limité au nord par le golfe de Mendélia; à Test par le caza de M lias; au sud parle golfe de Cos, el à l'ouest par Tarchipel ottoman.

Superficie. — Sa superficie totale est de 787 kil. carrés, comme suit:

Cultures 120 kil. carrés.

Pâturages 40 —

Montagnes 582 —

Forêts.' 45 —

Total. . .' 787 kil. carrés.

Ce caza n'a point de nahié et contient 29 villages; sous le rapport militaire, il est compris dans le premier district de la circonscription de Milas.

Population. — Sa population totale est de 14,008 babilants, comme suit :

Musulmans 11,613 hab.

Grecs-orthodoxes 2,264 —

Étrangers 45 —

Israélites 86 —

Total. . . 14,008 hab.

Chef-lieu. — Rodrodm, chef-lieu du caza, résidence olti-

cîelle du caïmakam et siège des services publics, des diverses aulorilés militaires, maritimes et douanières, esl situé près de rentrée du golfe de Cos (Gueuk-Abad), à 10 milles marins au nord-esl de Tile de Cos (Istankeuï). CetJe pelile ville eslTancienne Halicarnasse, fondée par Anlhès, chef d'une colonie de Trézène, à laquelle se joignirent quelques Argiens commandés par Mêlas. Elle fit d'abord partie de la confédération dorienne. Le roi de Carie, Mausole, qui résidait à Milassa (Milas), abandonna le séjour de celle ville pour faire de celle d'Halicarnasse sa capitale, à cause de sa situation naturellement fortifiée et favorable au commerce. Il s'y fit bâtir un magnifique palais en briques émaillées et en marbre, et dépensa des sommes énormes, produit de ses exactions, pour les embellissements de la ville et du port. Il ne reste plus rien du palais, et quelques ruines éparses aux environs de la ville actuelle de Bodroum ne sauraient donner une idée des splendeurs évanouies de Fantique cité carienne. Le tombeau du roiMausole lui-même, cette merveille du monde dont les auteurs grecs et romains nous onl laissé de si belles descriptions, fut découvert fortuitement par les chevaliers de Rhodes qui fouillaient un champ situé près du port, en 1522, pour y trouver les matériaux de construction du château fort de Bodroum, puis est resté de nouveau ignoré durant plusieurs siècles. Ce monument, d'après leprocèsverbal du commandeur de la Tourette, a été violé pendant la nuit, avant qu'on en eût pu faire une reconnaissance régulière. Vers le milieu du siècle présent, son emplacement a été enfin retrouvé par M. Newton, qui y a opéré des fouilles dont l'heureux résultat a fait l'objet de rapports adressés au gouvernement anglais et en grande partie publiés. Il en résulte la découverte de bas-reliefs, de statues colossales et de nombreux fragments de sculpture du plus bel art grec, conformes aux descriptions des auteurs anciens et vraiment dignes de l'admiration enthousiaste qu'ils ont témoignée pour le tombeau du roi Mausole.

Le château de Bodroum occupe l'emplacement de l'ancienne lie Zephyria, aujourd'hui réunie au continent. Comme il est dit

ci-dessus, il a été construit par les cheyaliers de Rhodes avec des matériaux empruntés aux ruines d'Halicarnasse. Son aspect est des plus imposants, tant par les grandes dimensions de Tédifice que par la belle ordonnance de ses diverses parties. Les larges fossés qui Tentourent du côté de la terre permettaient de risoler complètement. Son état de conservation est tel que, malgré l'écroulement de quelques voûtes, on peut le visiter ea entier jusqu'aux étages les plus élevés.

Population. — La population de la ville de Bodroum, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 6,000 hab., comme suit :

Musulmans 3,605 hab.

Grecs orthodoxes 2,264 —

Étrangers 45 —

Israélites 86 —

Total. • . 6,000 hab.

Ecoles. — Il n'y a à Bodroum qu'une école primaire musulmane fréquentée par 80 élèves.

MOUVEMENT MARITIME DU PORT DE BODROUM du /•' mars i 89 i, au 2 S février iS92:

PAVILLOxN

Anglais ....

Hellène

OUoman . . . .

SamieD

TOTAOX

NOMBRE DE NAVIKES

TONNAGE

12 07fi 10.197

DROITS

DK PDARBS

piastres

Soit 1.609 naYires, jaugeant 30.531 tonneaux

Commerce. — Ainsi qu*il est déjà dit plus haut, le mouvement commercial du port de Bodroum s'élève à la valeur annuelle moyenne de 61,388 livres turques, comme suit :

Exportation 45,100 liv. turq.

Importation 16,288 —

Total. . . 61,388 liv, turq.

Différence en faveur d'exportation 28,812 liv- turq.

soit une valeur totale de 1.411,924 francs

avec différence en faveur d'exportation 662,676 francs

Routes. — Bodroum n'a point de route carrossable. Celle qui relie celle ville à la chaussée de Milas, à KuUuk, est une voie antique assez bien conservée qui passe à Guverdjinlik (le pigeonnier), village situé près des ruines de Bargylia, cité d'une haute antiquité dont la fondation est attribuée, par Etienne de Byzance, à Bellérophon ou à Achille.

On compte à Bodroum outre le konak ou hôtel du Gouvernement et les constructions nécessaires à la douane, au capitanat de port, à l'office sanitaire, aux postes et télégraphes, à l'administration des phares, etc., 1 mosquée à minaret; 2 mesdjids ou oratoires musulmans ; 1 petite église grecque orthodoxe; 50 boutiques ou magasins; 1 bain public; 2 fontaines; 5 cafés; 2 fours et 1025 maisons.

Production agricole. — La production agricole du caza de Bodroum est à peu près nulle.

Bestiaux. — L'élève des bestiaux donne en moyenne un produit annuel de 33,358 têtes de bétail dont 28,240 têtes de la race ovine.

GAZA DE xMILAS

Orientation, limites. — Le caza de Milas est situé au nord-ouest du sandjak de Menléché et au sud-ouest du vilayet de Smyrne. Il est limité au nord par le sandjak d'Aïdin; à Test par le merkez caza de xMoughla; au sud par le golfe de Cos, et à Touest par le golfe de Mendélia.

Superficie. —Sa superficie totale est de 1,863 klL carrés, comme suit :

Cultures 400 kîl. carré?.

Pâturages 200 —

Montagnes 896 —

Forêts . 367 —

Total. • . 1.863 kiL carrés.

Division administrative. — Il n'a point de nahié et contient 95 villages.

Division militaire. — Milas est le quartier général de la circonscription militaire de même nom, divisée en 4 districts.

Autorité z. — L'autorité civile est exercée par un caïmakam, et l'autorité militaire parle général de brigade commandant la circonscription de Milas.

Population. — La population totale du caza de Milas est de 28.586 bab., comme suit :

Musulmans 26,320 bab.

Grecs orthodoxes 1,930 —

Etrangers 25 —

Israélites 3H —

Total. . : 28,586 bab.

Chef-lieu. — Milas, chef-liea du caza, résidence du sousgouverneur civil et du gouverneur militaire, siège des services publics, des agences de la Delte publique ottomane et de la Régie coïntéressée des tabacs, ainsi que d'un agent consulaire de France, station télégraphique de service intérieur où la langue turque est seule en usage, est située dans une plaine fertile, sur un petit monticule de 95 m. d'altitude, près d'un petit affluent du Sari'tchài (fleuve jaune) qui prend sa source dans les montagnes voisines appartenant à la chaîne du Lalmus, à 20 kil. environ à Test de cette ville. C'est probablement l'ancien tleuve MarsyaSj près duquel était le temple de Men Carus, dont le culte, commun aux Cariens, aux Lydiens et aux Mysiens, avait pour centre Mylassa (Milas), Tune des plus anciennes villes cariennes, qui fut longtemps capitale de la Carie et conserva toujours sa suprématie, même après que le roi Mausole, qui y était né, l'eût abandonnée pour transférer le siège de son autorité royale à Halicarnasse.

Les belles carrières de marbre que renferment les montagnes qui entourent la plaine de Milas, étaient une source abondante de matériaux de construction ; aussi la contrée et en particulier la ville de Milassa, possédait un grand nombre de magnifiques monuments. En parcourant la ville aciuelle, qui occupe l'emplacement de l'ancienne ville, on voit de tous côtés des fragments d*archilecture et des blocs de marbre tantôt dans les murs des maisons, tantôt épars sur le sol. Il ne reste debout qu'une colonne dans un jardin au centre de la ville, et un monument sépulcral, au sud de la ville, qui passe pour être une copie en petit du tombeau de Mausole et qui est assez bien conservé.

Milas est, en lig'ie directe, à 53 kil. ouest de Moughla, cheMieu du sandjak; mais la distance réelle est plus longue, à cause des montagnes qui séparent ces deux villes, et qu'il faut franchir ou contourner pour aller de l'une à l'autre. Une chaussée carrossable d'environ 25 ki!. conduit de Milas à Kulluk, petit port situé à l'ouest, au fond du golfe de Mendélia. C'est à cette échelle, desservie chaque semaine par 2 vapeurs, l'un venant de Smyrne, et l'autre y allant, que se concentre tout

le trafic commercial du caza de Milas, consistanl dans les produits du sol, énumérés au cbapitre spécial de la production du sandjak de Mentéché.

Population. — La population de la ville de Milas, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza est de 12,000 hab., comme suit :

Musulmans 9 J34 hab.

Grecs orthodoxes. . . • . . 1,930 —

Étrangers 25 —

Israélites 311 —

Ecoles. — Il n*y a Milas que 2 écoles primaires, Tune appartenant aux musulmans, fréquentée par 100 élèves, et Taulre aux grecs orthodoxes^ fréquentée par 90 élèves; elles sont entretenues par les moyens ordinaires, souvent cités plus haut.

Une belle et vaste plaine, circonscrite à l'est par la chaîne du Lalmus, entoure Milas. On y rencontre les ruines de nombreuses villes antiques du ressort de Mylassa, parmi lesquelles on peut citer celles à'Euromus^ près du village de Mendélia, à 20 kil. nord-ouest de Milas. La plupart de ces ruines figurent dans Touvrage bien connu de M. de Choiseul Gouffier, où Ton peut voir aussi ce qu'il restait encore d'antiquités à Milas de son temps.

Edifices. — Outre le Aonak ou hôtel du Gouvernement civil, situé dans le bas de la ville, à 75 m. d'altitude, la caserne et le dépôt militaire, on compte à Milas 3 mosquées, dont la plus grande, de construction moderne, toute en marbre, a été bâtie avec les matériaux d'anciens monuments; 5 mesdjids ou oratoires musulmans; 1 église grecque orthodoxe; 2 bains publics; 1 bazar avec 120 boutiques; 1 Aan ou hôtellerie ; 15 cafés; 6 fontaines publiques, et 2,600 maisons. La ville est abondam-

ment pourvue d*eau potable. Ses rues sont étroites et tortueuses, mais éclairées au pétrole.

Production agricole. — La production agricole de ce caza, comme celle de tout les autres cazas du sandjak de Mentéchè, est faible, mais estimée quant à la qualité des produits.

Bestiaux. — L'élève des bestiaux dans le caza de Milas produit annuellement, en moyenne 103,125 tètes de bétail dont 87,779 chèvres et moutons.

Mine et houille. — Une mine de houille d*une superficie de 256 hectares, située dans ce caza, a été concédée le 23 février 1801 pour une durée de 99 ans à deux sujets ottomans, Hussam eddin Effendi et Manolaki Effendi.

Salines de Mentéchè. — Le casa de Milas possède aussi des salines dites de Menléché, situées au fond du golfe de Mendélia. Leur production annuelle est de 2,000,000 de kilogrammes.

Tabacs. — Le tabac de la sorte dite d' « Ayasoulouk » est cultivé dans le caza de Milas. Les détails à ce sujet se trouvent plus haut.

Forêts. — L'exploitation des forêts de ce caza, d*une superficie de 367 kil. carrés, donne annuellement 3,800 mètres cubes de coupes de bois et5,000quintaux métriques en écorces pour tanneries.

CAZA DE MARMARIS Orientation, limites. — Le caza de Marmaris est situé

au sud-ouest du sandjak de Mentécbè et du vilayet de Smyrue. Il est limité au nord par le golfe de Gos, et le merkez-caza de Moughla; à Test parle cazade Keuïdjiës ; au sud et à Touest par l'archipel ottoman.

Superficie. — Sa superficie totale est de 1,390 kil. carrés, comme suit :

Cultures 200 kil. carrés

Pâturages 100 —

Montagnes 775 —

Forêts 315 —

Total . . . 1,390 kil. carrés

Il n'a point de nahié et contient 23 villages. Sous le rapport militaire, il appartient au district de Moughla, qui est le second de la circonscription de Milas.

Population du caza. — La population total du caza de Marmaris est de 12,868 hab., comme suit :

Musulmans 12,228 hab.

Grecs orthodoxes 640 —

Total ... 12,868 hab.

Chef-lieu. — Mahmaeis, chef-lieu du caza, résidence offlcielle du caïmakam et siège des services publics, est située au fond d'un petit port naturellement fermé et abrité de tous les vents par les déchiquelures de la côte sud du territoire du caza, et qui contient au nord une moitié de la côte du golfe de Cos ; puis, entre les deux presqu'îles terminées par le cap Crio (ancien promontoire Triopaeum) et le cap Alypo, enferme le golfe de Symi à son extrémité occidentale et de là, arrivé au sud, s'étend vers Test en face l'Ile de Rhodes, jusqu'un peu au-delà de la baie de Kara-Aghadj, (ancien port Panormus), dont les côtes sont comprises dans ce territoire.

Marmaris est l'ancien porl Physcus où se faisaient les transactions commerciales des Éphésiens et des Rlio Jions ; c*est encore aujourd'hui le ceulre d'un pelit commerce dont les habitants, tous marins, sont les agents naturels entre le continent asiatique et Tlle de Rhodes, située à une distance de 30 milles marins au sud de Marmaris.

Population. — La population de cette petite ville comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 3,000 habitants musulmans.

Ecoles. — Il y a à Marmaris une seule école, annexe de la mosquée de Sélim l"et fréquentée par 70 élèves.

Edifices publics. — Outre le konak ou hôtel du gouvernement et le koulloukoxx poste militaire, on compte à Marmaris 600 maisons ; 2 mosquées à minaret dont une fondée par Sélim Y^ ; un bain public de la même époque et un caravanséraï en ruines, bâti également par Sélim P'; ce sont les seuls monuments de cette ville, où il n'en existe pas de plus anciens; tout ce qu*on y voit est de Tépoque ottomane. En revanche, sur la petite montagne voisine (ancien mont Phœnix), qui sépare le port de Marmaris de la baie de Kara-aghadj, on remarque de nom. breuses constructions archaïques, et le sommet de ce mont, à Taltilude de 690 m., est couronné par une acropole défendue par des tours carrées. Toutes ces constructions, parmi lesquelles on voit aussi des sarcophages taillés dans le roc, sont d'une haute antiquité.

Le nom de Marmaris donné à celte petite ville vient sans aucun doute des gisements de marbres de toutes couleurs, blancs, roses, veinés de rouge, jaune antique, etc., dont toutes les montagnes du caza soat remplies, et qui ont fourni cette profusion de magnifiques monuments de marbre des villes maritimes célèbres dans Tantiquité, situées aux alentours. Toutefois, Topinion des habitants sur Tétymologie de ce nom est très différente et ne manque pas d'originalité ; Le seigneur qui fit

bàlir la ville, n'étant pas content de Tarchitecte, ordonna qu'on le pendit, disent-ils, en ces termes brefs : « Mtmar-as! » (pends l'architecte !) De là, le nom de Marmaris, un peu changé sur la route I

Localités remarquables, antiquités. — Le principal attrait du caza de Marmaris, peu productif, peu commerçant, car ses échanges actuels avec Rhodes sont bien déchus de Fimportance de ceux des anciens temps du port Physcus^ alors qu'il était le grand entrepôt des Ephésiens et des Rhodiens, consistent dans ses antiquités. Les plus célèbres sont celles de la ville de Cnide, fondée par une colonie lacédémonienne conduite par Triopas; c'est Tancienne métropole de la confédération dorienne. Elles sontsituées dans la presqu'île terminée par le cap Grio, et l'occupent presque tout entière. Les ruines de Phaenica, aujourd'hui occupées par un hameau grec nommé Fineket, s'étendent autour du cap Alypo, où sont répandus quelques autres petits villages grecs nommés Rena, Alexi^ Kirvassil, Costa et Ilia. Durant ces dernières années, beaucoup d'études et de fouilles très fructueuses ont été faites dans toutes les localités situées dans le caza de Marmaris, notamment par des savants et des touristes anglais.

Forêts. — Lesforêts exploitées par rÉlat ou sous sa surveillance occupent, dans ce caza, une superficie de 315 kil. carrés, comme il est dit ci-dessus. Leur 'principal peuplement consiste en pinsi d'Alep, styrax et chêne ^de variétés diverses. Outre le storax entièrement exporté, produit du styrax, la production annuelle de ces forêts est en moyenne comme suit :

Coupes annuelles (chênes pour | carbonisation) 3,200 m. cub. Écorces pour tanneries 5,500 q. mètr.

Bétail. — L'élevage des bestiaux dans le caza de Marmaris donne un produit moyen, chaque année, de 42,315 têtes de bétail, dont 38,091 têtes de race ovine : (moutons, 7,135; chèvres 30,956.)

GAZA DE REUÏDJIÈS

Orientation, limites. — Le caza de Keutdjiès est situé au sud-est du sandjak de Mentéchè et du vilayet de Smyrne. 11 est limité au nord par le sandjak de Dénizli ; à Test par le caza de Makri, dont il est séparé par le Dalaman-tchài (ancien fleuve Indus); au sud par la mer Rhodienne, et à Touesl par le caza de Marmaris et le merkez-caza de Moughla.

Superficie. — Sa superflcie totale est de 2,660 kil. carrés, comme suit :

Cultures 360 kil. carrés

Pâturages 150 —

Montagnes 1,484 —

Forêts 676 —

Total. • . 2,660 kil. carrés

11 n'a point de nahié et Ton y compte 69 villages. Sous le rapport militaire, il appartient au district de Moughla, qui est le second de la circonscription de Milas.

Population du caza. — La population totale du caza de Keuidjiés est de 20,369 habitants comme suit :

Musulmans 20,129 hab.

Grecs orthodoxes 240 —

Total. . . 20,369 hab.

Chef-lieu. — Yuksek-Koum (escarpement sablonneux), cheflieu du caza, résidence du caïmakam et siège des services publics, est situé sur le bord et à l'extrémité nord-est du lac Keuidjiès-liman-gueul ou Dalian, à 5 kil. nord-est du village ni ^3

de Keuidjiés, précédent chef-lieu du caza de ce nom, abandonné à cause de son mauvais climat et remplacé d'abord par Dalian, localité plus insalubre encore, puis enfin par Yuksek- Koum, chef-lieu actuel, qui n'est pas beaucoup plus sain.

En effet, cette nouvelle résidence administrative, bâtie comme les deux premières sur la rive du même lac salé, est fort sujette aux fièvres paludéennes. Aussi est-elle à peu près déserte durant Télé à cause des risques que la santé des habitants y courrait, et que ne sauraient compenser le charme du site pittoresque et les autres nombreux agréments de ce petit bourg, où viennent se rencontrer deux rivières toujours couvertes de caïks qui forment sur le lac une fiollille sans cesse en mouvement, pour les communications entre la mer et Tintérieur du caza. En allant habiter les montagnes environnantes pendant les chaleurs, pour se dérober aux dangereuses émanations des marécages, la population de Yuksek-Koum ne fait d'ailleurs que se conformer à la coutume générale du caza de Keuïdjiés, où domine la vie nomade.

Population. — La population de ce petit bourg, fondé il y a dix ans par un notable propriétaire terrien nommé Thaher Agha, est de 1,200 habitants, tous musulmans, compris dans le chiffre ci-dessus de la population du caza. On peut y ajouter une population flottante étrangère, composée d'ouvriers grecs et bulgares qui travaillent aux mines et forêts et ne font guère que passer, et de quelques Israélites de Rhodes, venant à certaines époques s'y installer momentanément en qualité d*éplclers et de cabaretiers.

Il y a, à Yuksek-Koum, un Aonak où hôtel du gouvernement; xxnkoullouk ou petit poste militaire; une station télégraphique de service intérieur où la langue turque est seule en usage; un petit han ; une mosquée à laquelle est annexée une école fréquentée par«0 élèves, et 250 maisons.

Mines et minières. — ^ Les mines auxquelles travaillent les ouvriers de passage à Yuksek-Koum, sont en partie situées

sur le territoire du caza de Keuïdjiés, mais elles dépendent de celui de Makri, qui est limitrophe. Ces deux mines^ Tune de chrome el l'autre de manganèse, sont décrites plus haut d'après un rapport de M. Rougon, consul général de France à Smyrne, au chapitre spécial du vilayet d'Aïdin.

Forêts. — La superficie des forêts exploitées par TÉtat, sous sa surveillance, dans le caza de Keuïdjiés, est de 676 kil. carrés.

Les principales essences de leur peuplement sont les pins d'Alep et Laricio et diverses variétés de chênes.

On estime leur production moyenne annuelle comme suit : 8,400 mètres cubes de coupes de bois, et 7,500 quintaux métriques en écorces pour tanneries.

Bétail. — On évalue le produit de l'élève du bétail dans ce même caza, en moyenne annuelle, au nombre total de 96,019 têtes de bétail, dont 76,819 têtes de race ovine.

Antiquités. — Les ruines de Gaunus, Tune des plus anciennes villes du pays, dont les habitants parlaient, selon Hérodote, un autre langage, avaient d'autres usages que les Gariens, et n'adoraient que des divinités locales, sont situées entre le village de Dalian et larive droite du Dalaman tchài (Indus), à la limite extrême de la Garie, marquée par ce fleuve. A l'exception des anciens tombeaux des Gauniens taillés dans le roc, de quelques restes du port, des murs d'enceinte partant de ce port et qu'on peut suivre jusqu'à l'acropole, les ruines de Gaunus sont de l'époque romaine. Une inscription découverte au commencement de ce siècle par M. Hoskyn a levé tous les doutes qui pouvaient encore subsister alors sur l'emplacement de cette antique cité maritime, dont le port, en forme de croissant, bien abrité des vents d'ouest par de hauts rochers et fermé par une chaîne, a souvent servi de refuge au flottes grecques.

GAZA DE MAKRI

Orientation, limites. — Le caza de Makri est situé à la limite sud-est du sandjak de Mentéché et du vilayet de Smyrne. Le Dalaman ou Gliérénis-tchai (Indus), qui séparait jadis la Lycie de la Carie, sépare aujourd'hui ce caza, au nord, du sandjak de Dénizli, et à Touest, du caza de Keuïdjiës; au sud-ouest, il est baigné par les eaux de la mer Rhodienne, et une ligne idéale passant à travers les montagnes de l'ancienne Lycie parallèlement à la rive gauche du Khodja-tchdi (Xanthus), et à la distance moyenne de 15 kil. de ce fleuve, circonscrit à Test son territoire et à l'ouest celui du vilayet de Koniah.

Superficie. — Sa superficie totale est de 4,489 kil. carrés, comme suit :

Cultures 70 kil. carrés.

Pâturages 80 —

Montagnes 3,259 —

Forêts 1,080 —

Total. . . 4,489 kil. carrés.

Division administrative. — Il n'y a qu'un seul nahié qui est Ëchèn. On y compte 81 villages, dont 39 appartiennent à la circonscription du nahié et 42 à celle du chef-lieu qui est Makri.

Division militaire. — Le caza de Makri forme le 4' district de la circonscription militaire^e Smyrne, faisant partie du 3° corps d'armée (voir le chapitre spécid du merkezsandjak).

Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par

un caïmakam, sous-gouverneur du caza, et par un mudir, directeur du nahié.

Population. — Sa population totale est de 23,522 hab. comme suit :

Musulmans 19,622 hab.

Grecs orthodoxes 3,837 —

Étrangers 37 —

Israélites 26 —

Total. . . 23,522 hab.

Chef-lieu. — Makri, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des divers services publics, des agences consulaires de France et de Grèce, des autorités maritimes et douanières, d'une agence secondaire de laRégie coïntéressée des tabacs, d'une station télégraphique de service intérieur (langue turque), etc., est situé au fond du petit golfe ou de la baie de même nom. Ce nom lui est resté de celui de Maxpis que portait dans l'antiquité l'île voisine de l'entrée du port, appelée aujourd'hui Isola longa, simple traduction de Maxptç, ou île des Chevaliers, en souvenir des chevaliers de Rhodes, longtemps maîtres de ces parages.

Population. — La population actuelle de la petite ville de Makri, comprise dans le chiffre ci-dessus, de celle du caza, n'est que de 1,500 habitants, comme suit :

Étrangers 37 —

Israélites . . / 26 —

Total. . . 1,500 hab.

Celte faible population pour une ville qui ne manque pourtant pas d'une certaine importance commerciale, trouve son

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explication dans l'abandon de sa résidence par une grande parlie de ses anciens habitants en 1856, lors d'un tremblement de terre qui détruisit entièrement Makri, et en 1885, à la suite d'un grand incendie. Les habitants se réfugièrent alors à Levissi, si tuée à 6 kil. au sud-ouest^ et la plupart des grecs orthodoxes y sont restés. Ces deux petites villes voisines ne forment pour ainsi dire, depuis ce temps, qu'une seule et même communauté, tant elles sont étroitement unies.

La ville actuelle de Makri n'a donc que 37 ans d'existence. Elle a été reconstruite entièrement après le tremblement de terre de 1856 sur un plan nouveau et officiel, dressé et exécuté par un architecte du gouvernement à l'imitation du procédé généralement usité pour la fondation des cités antiques. C'est une des plus charmantes petites villes de l'Asie Mineure. Considérablement enrichie et embellie depuis la mise en exploitation régulière de ses mines de chrome et de manganèse, on lui donne communément le nom de « petite Smyrne » qui ne semble pas immérité.

Ecoles. — Les écoles du caza de Makri, réparties entre celte ville, celle de Levissi et Restep, chef-lieu du nahié d'Echèn, sont au nombre de 16 dont 3 secondaires et 13 primaires, fréquentées par 415 élèves, comme suit :

COMMUNAUTÉS

ÉCOLES

ftLiVBS

Musulmans : 1 éC'le secondaire à Kestep

— 2 — prim^iires à Makri

Grecs orUiodoxes : 1 école secondaire à Makri • . . .

— i — — Levissi

— 6 — primaires —

— 5 — — à Makri

MOUVEMENT MARITIME DU PORT DE MAKRl

du /«' mars i 89i au 28 février i 892.

PAVILLON

Anglais . • .

Hellèoe...

Ottoman . .

Samiea...

Totaux.

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