‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistiqueChapitre 138 sur 151 · CAZA DE KALÉ-I-SULTANIÈ (DARDANELLES · texte numérisé non relu

CAZA DE KALÉ-I-SULTANIÈ (DARDANELLES

Orientation, limites. — Le merkez-caza de Kalè-i- SuUaniè (Dardanelles) est situé à Fouest du mutessariflik de Bigha. 11 est limité au nord par les cazas de Lampsaki et de Bigha; à Test par ce dernier; au sud, par celui d'Ézinè, et à l'ouest par le détroit des Dardanelles.

Division administrative. — Il est divisé administrativement en 1 nahié qui comprend 39 villages.

Autorités civiles. — Il est administré civilement par un mutessarify gouverneur du sandjak de Bigha et du merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè, qui relève directement du Ministère de l'intérieur, et par un mudir^ directeur du nahié d'Éren-Keuï.

Autorité militaire. — L'autorité militaire y est exercée par un férik^ général de division commandant en chef le mutessariflik de Bigha ainsi que les forteresses et casernes des côtes d'Europe et d'Asie du détroit des Dardanelles et des lies de l'Archipel ottoman.

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Autorités religieuses. — Tout ce qui concerne les autorités religieuses des divers cultes et les différents services publics centralisés aux Dardanelles se trouve plus haut, dans les chapitres spéciaux du mutessariflik.

Population. — La population totale du merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè (Dardannelles) est de 19,494 habitants, comme suit :

„ , i Population fixe 8.662 ) ^ ^^^ ^ ^

Musulmans, j ^J^^^^^ 3^^ | 9.059 hab.

Grecs-Orthodoxes 5.501 —

, . l Grégoriens 904 ) ^^^

Arméniens, j p^^^^i^^^ ^^ ( 956 -

Israélites 1.805 —

i Grecs-Orthodoxes .... 1.147 Catholiques Latins. ... 92 ^ ..^ Protestants 8 [ ^^^^ ~

Total 19.494 hab.

Chef-lieu. — Kalè-î-Sultaniè (forteresse principale; est le nom offîciel du chef-lieu du mutessariflik de Bigha, mais le nom de Tchanak-Kalè (le fort des poteries) a prévalu chez les populations locales, et celui de Dardanelles chez les étrangers.

Bien que l'origine de ces trois noms soit généralement parfaitement connue, il convient peut-être de la rappeler ici très brièvement.

On sait qu'en 1659, époque de la construction par le grand vizir Méhmed-Keupriili des forteresses de la côte d'Europe, nommées KiUd-ul-Bahr (la clef de la mer) et Sidd-ul-Bahr (la digue de la mer), les fortifications du détroit qui dataient de 1453^ étant devenues tout à fait insuffisantes pour la défense du pays, furent entièrement rebâties sur de nouveaux plans d'ensemble et considérablement augmentées, notamment aux Dar-

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danelles, quî fut alors choisi comme centre du système et reçut le nom qu'il porte encore officiellement aujourd'hui.

Celui de Tchanak-Kalè, plus populaire, ne date que de l'établissement des fabriques de poteries que l'on fait remonter à 1740,

Quant au nom de Dardanelles^ les Européens l'ont donné d'un commun accord à cette petite villç, parce qu'elle est située dans l'ancienne Dardanie, et que d'autre part on la croyait bâtie 8UP l'emplacement de l'antique cité de DardanoSy d'ailleurs assez voisin, puisque Tarchéologie le reconnaît à 8 kilomètres au sud-ouest, près de Kéfez-bournou.

La date exacte de la fondation de la ville des Dardanelles est inconnue. Des recherches faites à ce sujet par M. Cabanel, dans les archives des communautés locales, permettent seulement de supposer qu'elle est restée longtemps à l'état de forteresse, sans autres habitants que la garnison turque, et de constater les faits suivants, relatifs à l'origine des diverses communautés et à l'époque de leur établissement à Kalè-i-Sultaniè.

D'après les documents contenus dans les archives de la communauté arménienne, 83 familles du rite grégorien, fuyant la tyrannie de Chah-Thamas, fils d'Ismaîl Sofi, roi de Perse, se réfugièrent aux Dardanelles sous le règne de Suléiman-el-Kanouni, en 1529. En 1669, les descendants de ces réfugiés construisirent une chapelle qui fut détruite par les Turcs en 1691 , et reédifiée en 1718, sous Ahmed III, en vertu d'un Iradé impérial.

En 1660, d'après un recueil des décisions des tribunaux rabbinîques de ces contrées, édité cette même année en hébreu à Salonique, le tribunal rabbinique des Dardanelles autorisa, le 15 sîvan 5420 (avril-mai 1660), une veuve Israélite à se remarier. L'existence de ce tribunal démontre celle d'une communauté assez importante, et fait supposer que l'établissement des Israélites aux Dardanelles est antérieur à Tannée 1660. D'autre part, le dialecte hispano-hébreu de la communauté israélite de Kalè-i-Sultaniè doime à croire qu'elle descend, comme la plupart des Israélites de Turquie, de ceux qui furent expulsés d'Espagne en 1492.

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La communauté grecque orthodoxe, presque aussi nombreuse que celle des musulmans et qui semblerait devoir être la plus ancienne, n'a pas été organisé ayant 1690. Vers 1740, elle était groupée dans un quartier spécial ne contenant qu'environ 80 maisons, et son église n'a été construite qu'en 1793.

Enfin, rorganisation de la petite communauté des catholiques latins ne date que de 1848; sa chapelle actuelle a été bâtie en 1852. Les Arméniens protestants n'ont un local servant de temple que depuis environ quinze ans, et sont restés sans cimetière jusqu'en 1887.

Population du chef-lieu. — La population de la ville des Dardanelles, déduction faite des troupes logées dans la forteresse et les casernes, est de 11,062 habitants compris dans le chiffre ci-dessus de la population totale du merkez-caza. Ces 11,062 habitants sont répartis par communautés, comme suit :

Musulmans 3.551 hab..

Grecs-Orthodoxes 2.577 —

* • ^ Grégoriens 904 )

^™^°'^»» • 1 Protestents 32 j

Israélites 1.805 —

i Grecs-orthodoxes . . . 1.147

Catholiques Latins ... 98 r ^ .^^

P^'estanU 8 J '"' '

Israélites 926

Total 11.062 hab.

Ecoles. — Les écoles du merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè sont au nombre de 12, dont une à la fois secondaire^ primaire et élémentaire, 8 primaires et 3 élémentaires, fréquentées par 1 .402 élèves dont 1,015 garçons et 387 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

Musulmans. — École secondaire, primaire et élémentaire

Grecs orthodoxes. — Ecoles primaires

Arméniens id

Cattioliqaes-latins id

Israélitea ( ^^o\e% primaires

israéUtes. . . . } p^j^^ élémentaires

TOTAI

ÉCOLES

ÉLÈVES

On trouve tous les détails concernant ces écoles au chapitre spécial du mutessariflik de Bigha.

Dardanelles. — La ville des Dardanelles (Kalè-î-Sultanîè) est située par 24*30' de longitude et 40«56' de latitude, sur la rive nord-est du détroit, à 12 milles marins environ de son embouchure dans la mer Egée. Cette ville est assez bien bâtie, ses rues sont larges et droites^ mais non pavées. Chaque communauté y a son quartier spécial; celui qu'on appelle le quartier « Franc » est au bord du rivage. A Texceplion du château-fort, des casernes et de l'hôpital militaire, aucun édifice ne mérite d'être cité. Le bazar n'est qu'une suite peu intéressante de boutiques ; il n'y a que 3 hôtels insuffisants pour les voyageurs.

On compte aux Dardanelles 8 mosquées à minarets, 3 meS" djid ou chapelles musulmanes, 1 église grecque orthodoxe, 1 église arméno-grégorienne, 1 chapelle arméno-protestante, 1 chapelle catholique-latine et 3 synagogues ; 6 bains publics, 4 han ou hôtelleries, 47 cafés, 3 hôtels, 52 boutiques, une tannerie, 2 moulins à vent, 1 moulin à vapeur pour les troupes, 26 fours de boulanger, 12 fours de potier, 13 fontaines publiques, 1 club où les étrangers sont admis sur la présentation d'un des membres actifs, et 2040 maisons. Le quartier a Franc », qui borde le rivage, a été entièrement reconstruit à la suite du grand

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incendie de 1860. Les quartiers grec, israélite et arméuien, détruits en grande partie par l'incendie en 1865, ont été reconstruits sur un nouveau plan. Ces reconstructions et Tagrandisse* ment de la ville ont amené le desséchtement de plusieurs marais, qui étaient un foyer de fièvres paludéennes.

Consulats. — L*Angleterre, la France, la Grèce et la Russie ont chacune un vice-consul aux Dardanelles; les autres puissances n'y ont que des agents consulaires ou vice-consuls honoraires, pour la plupart représentants de compagnies de navigation à vapeur. L'Allemagne avait créé un vice-consulat dans cette ville en février 1872, mais elle Ta supprimé en avril

Le port des Dardanelles est mis en communication régulière et fréquente avec toutes les grandes places commerciales du monde, grâce aux bateaux à vapeur des compagnies Austro-Hongroises, Égyptiennes, Françaises, Helléniques^ Italiennes, Russes, Turques, etc, qui desservent les principaux ports du Levant. Plusieurs de ces compagnies délivrent des connaissements directs pour Bordeaux, Dunkerque, le Havre, Barcelone, Valence, Londres, New-York et l'Amérique du sud, et vice-versa. Ce port a également de très fréquentes relations avec les petites échelles de l'archipel Grec et des lies ottomanes du détroit de la mer de Marmara, etc., desservies par un nombreux cabotage à va* peur et à voiles.

Les offices et stations des postes et télégraphes sont énumérés au chapitre spécial de mutessariflik de Bigha.

Production agricole. —La production agricole du merkez-caza de Kalè-i-Sultanië est estimée en totalité à une quantité moyenne annuelle de 5,188,350 okes et à une valeur de 4,204,350 piastres.

Ce caza est le seul où le tabac ne soit pas cultivé.

Mines et minières. — Les mines d'or d'Osmanlar soni situées à environ 25 kilomètres au sud-est des Dardanelles et à

4 kilomètres de la rive droite du Rhodim^ sur le territoire du village de Sertchiler. Le firman de concession et d'exploitation pour 99 ans, a été promulgué en juillet 1878. La compagnie anglaise qui exploite ces mines a été constituée en février 1889, sous la raison de : a Compagnie des mines d'Astyra », au capital de 180,000 livres sterling (4,500,000 fr.), divisé en 180,000, actions de 1 sterling chacune.

Tout d'abord on a contesté à cette compagnie le droit de porter le nom d'Astyra qui est en effet le nom des célèbres mines d'or d'où sont sorties tant de richesses sous le règne de Crésus et qui étaient voisines d'une ancienne ville d'Astyra située au fond du golfe d'Adramit.

Mais il s'agit ici d'une autre ville portant le même nom d'Astyra, sur laquelle Strabon dit : (XIII-591) «plus haut que le territoire des Abydéens, dans la Troade, se trouve Astyra, ville en ruines appartenant actuellement à Abydos. Astyra, autrefois indépendante, avait des mines d'or... »

Et plus loin (XIIl-680)... « celles (les richesses) de Priam provenant d'Astyra, dépendance d' Abydos, où on voit des débris et des ouvrages souterrains... »

Smith dit aussi dans son dictionnaire : « Greek and Roman Géography » sous la rubrique Rhodius : a Ce fleuve prend sa source dans l'Ida un peu plus haut qu' Astyra. Il prend la direction nord-est et, passant par Astyra et Gromaste, se jette dans l'Hellespont, entre Abydos et Dardanos».

11 résulte donc des notices ci-dessus que la mine en question aie droit de porter le nom d* « Astyra ». Nous ajouterons qu'il est certain que cette mine a été exploitée dans l'antiquité, car il existe encore de nos jours, des galeries, d'anciens travaux, ainsi que des ruines d'une forteresse et d'un mur d'enceinte des., tinés probablement à protéger les mineurs troyens.

Bestiaux. — La production annuelle de l'élève des bestiaux dans le merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè, est en moyenne de 33,205 tètes de bétail de toutes races, d'une valeur totale de 5,070,612 piastres, soit environ 1,166,240 francs, comme suit :

MUTESSARIPLIK DE BIGHA

RACES

NOMBRE

D8 TfrTES

VALEUR

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