UOO
1 3îi5 080
— camélieiuie
— chevaline
— asine
— ovine
— porcine
Totaux
Les autres détails se trouvent plus haut au tableau généml de celte brauche agricole.
Fleuves et rivières. — Le Sari-khod/a-ichaï ou grand fleuve jaune, ancien Bhodius, prend sa source dans le Tchamlidagh, à Test du merke-caza de Kalè-i-Sullaniè, qu'il arrose d'un bout à l'autre^ d'est en ouest. Il se jette dans le détroit des Dardanelles, sous les murs de la ville de même nom, après un parcours de 40 kilomètres effectué tout entier dans le merkezcaza et durant lequel il reçoit un certain nombre de ruisseaux sans aucune importance.
Les autres cours d'eau qui peuvent être cités sont le Déirmendéressi, qui prend sa source à la limite sud du merkez-caza et se perd dans le canal à Kéfez-bournou, à 2 kilomètres environ de l'emplacement de l'ancienne ville de Dardanos, après avoir parcouru du sud-est au nord-ouest environ 24 kilomètres, et le Simoïs^ aujourd'hui Orta-ketchi-déré^ qui parcourt à partir de sa source jusque dans le caza d'Ézinè, environ 14 kilomètres au sud du merkez-caza.
Montagnes. — Les deux chaînons du Kaz-dagh qui contournent au nord et au sud le merkez-caza de Kalè-i-Sultaniè, ne sont composés que de collines d'altitudes moyennes dont aucune ne semble mériter une mention particulière.
Productions industrielles. — Les productions industrielles de cette partie du mutessariflik de Bigha sont énumérées en détail plus haut, au chapitre spécial de la production générale.
Commerce. — Il n'y a rien à ajouter ici aux tableaux de l'exportation et de l'importation qui se trouvent plus haut aux chapitres du mouvement commercial de la place des Dardanelles en 1891 , à la suite duquel se trouve également un tableau du mouvement de la navigation de ce port.
Localités remarquables. — Les localités les plus remarquables situées dans le merkez-caza de Kalè-i-Sullaniè sont, k partir du nord-est en se dirigeant au sud-ouest, le long de la rive du détroit, les emplacements des anciennes villes d'Adyrfo^, de Dardanos et d^Ophrynion,
Le premier de ces emplacements est reconnu par la science archéologique actuelle à la pointe Nagara, à 2 kilomètres environ à Test du fort autrefois nommé Boghaz-hissar. C'est là que s'élevait la ville d'Abt/dos chantée par Homère, et fondée, selon Slrabon, par les Milésiens, ce qui doit s'entendre d'une simple reconstruction^ du temps où Gygès, roi de Lydie, était maître du pays. Âbydos est surtout célèbre par les touchantes amours de Léandre et de la prêtresse Héro, et par le passage de l'armée de Xerxès d'Asie en Europe, à cet endroit réputé alors comme le plus rapproché du continent européen. La distance est aujourd'hui plus courte de moitié entre Kalè-i-SuItaniè et Kilit-babr que d' Abydos à Sestos.
On place aujourd'hui Dardanos^ non plus à Kalè-i-Sultaniè comme on le croyait autrefois, mais à 8 kilomètres plus au sud- ^ouest, à proximité de Kéfez-bournou. Cette ville fut bâtie, dit Homère (Iliade XX^ 215), « lorsqu'Iiion avec son peuple immense n'était pas encore, et qu'on habitait au pied de Flda arrosé de sources. »
Quant à l'emplacement diOphrynion^ on le reconnaît actuellement, à un kilomètre au nord d'Éren-kelu, chef-lieu du nahié m 48
752 MUTESSARIFLIK DE BIGHA
de même nom. Le village d'Éren-keuî est situé à un kilomètre environ du rivage du détroit, et à 15 kilomètres sud-ouest de la ville des Dardanelles. On l'appelle aussi yol-guèlmèz^ expression qui signifie, pour les indigènes, la « localité où la fête du Baïram n'arrive pas », ou bien encore « endroit où il n'y a pas de turcs »^ pour indiquer que c'est un village habité exclusivement par des grecs orthodoxes. Pour la même raison, d'autres encore appellent ce village Giaour keui^ parce qu'il est le seul village du sandjak où l'on s'occupe de l'élevage du porc» ce qui lui vaut les épilhètes que lui décernent les musulmans.
On peut voir encore, à 13 kilomètres à l'est des Dardanelles, sur la rive droite du Sari-khodja tchat (Rhodius), les restes intéressants d'un château du moyen âge^ an village nommé Giaour-'Aissar (le château des infidèles).
GAZA DE BIGHA
Orientation, limites. — Le caza de Bigha est situé au nord-est du mutessariflik de même nom. Il est limité au nord par la merde Marmara; à l'est par le vilayet de Brousse (Rhodavendighiar); au sud par le caza d'Ézinè, et à l'ouest par ce même caza et ceux de Kalè-i-Sultaniè et de Lampsaki.
Division administrative. — Il est divisé admînîslratîvement en 3 nahiés qui sont IHmétoka^ Tchan et Kara-Bigha; on y compte 175 villages.
Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par un càimakamy sous-gouverneur du caza, et par trois mudirs, directeurs des nahiès.
Population du caza. — Sa population totale est de 44|738 habitants, comme suit :
STATISTIQUE DESCFUPTIVE 753
( Population fixe 40,486 ^ ,^,,„. ,
Musulmans, j p,^^^^^^ 263 ( *0,749hab.
Grecs-orthodoxes 3,745 —
Arméniens-Grégoriens 244 —
Total 44,738 hab.
Chef-lieu. — Bigha, chef-lieu du caza, résidence officielle du sous-gouverneur et siège des services publics, est située sur le Gr unique^ qui prend à partir de cette ville le nom de Bighatchai^ à cinq kilomètres de son confluent avec le Kara-atli-tchai^ à H kilomètres de celui du Dimétoka-sou ou Khodja-bachi-dérè^ et à 23 kilomètres de son embouchure dans la mer de Marmara. La distance en ligne directe du port des Dardanelles à Bigha est de 70 kilomètres de l'ouest à Test.
Population du chef-lieu. — La population de la ville de Bigha, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 10.000 habitants, comme suit :
Grecs-orthodoxes 1,445 —
Arméniens-grégoriens. ... 160 —
Total. . . 10,000 hab.
Ecoles. — Les écoles de Bigha sont au nombre de 5, dont 4 primaires et 1 élémentaire, fréquentées par 265 élèves, dont 210 garçons et 55 filles, comme suit :
COMMUNAUTÉS
éCOLBS
ÉLiVIS
( École primaire de garçons
MnanlvnMTiA •' — - — • de ulles.
( — — élémentaire de garçons
Grecs-ortbodo- ( École primaire de garçons
HnTAB / — — dû filles . *v XA X....1 . X
764 MUTESSARIFLIK DE BIGHA
Bigha, citée par Anne Commène sous le nom de Pigas (les sources), esl l'ancienne ville de Pégaï. On la nomme vulgairement en turc « Boghaz-chèhr », ou la ville du défilé. Celte ville esl célèbre dans les annales musulmanes par une grande bataille livrée sous ses murs en 1230 à une armée tartare commandée par Djelal ed-din Mangouberti, dernier prince du Rharezm, et taillée en pièces par Ala ed-din Reïgobad, !•' prince Seldjounide de Koniah, qui, dit Thislorien Hammer^ « fil fabriquer des tentes avec les peaux des vaincus » 1
Chef-lieu des nahiés. — Dimétoka, chef-lieu du nahié de même nom, est située sur le Khodja-bachi'déréy à 3 kilomètres sud-est de son confluent avec le Graniqve et à 6 kilomètres nordest de Bigha. C'est Fancienne ville de Didymoteichos (les murs de Didyme).
On y compte actuellement 7,000 habitants, comme suit :
Musulmans 5,616 hab.
Grecs-orthodoxes 1,300 —
Arméniens-grégoriens . • . . 84 —
Total. . . 7,000 hab.
Tchan-bazar-keuï, chef-lieu du nahié de Tchan et centre commercial de la vallée environnante, ancienne plaine d'Adrastée, est situé à proximité du Granique^ qui perd là son nom initial de Gullu'tchdi^ ou rivière des roses, pour prendre celui de Tchan^khodja-tchài qu'il garde jusqu'à Bigha. — Le qualificatif de bazar donné au bourg de Tchan esl justifié par la grande foire qui s'y tient chaque année et durant trois jours au commencement de juin. — On estime de 20 à 25,000 le nombre des personnes qui se rendent à cette foire, en caravannes nombreuses et pittoresques, protégées par la gendarmerie locale. Personnes et bêtes campent à la belle étoile, tandis que les négociants en manufactures, broderies, denrées coloniales, etc., s'installent sous de grands hangars établis ad hoc et divisés en petits compartiments. Les transactions qui s'effectuent à celte foire atteignent des chiffres importants, principalement sur le
bétail, sur les ustensiles de cuisine en cuivre, les tissus de toutes sortes dénommés « manufactures », et sur les riches costumes turcs confectionnés et brodés à Bigha et à Brousse. Les négociants vendeurs qui alimentent cette foire, viennent surtout des Dardanelles, de Rodosto, de Brousse et même de Smyme.
Après le troisième jour, la foire de Tchan se transporte à Bigha, où acheteurs et vendeurs se rendent dans le même ordre. Les transactions qui s'opèrent à Bigha sont de même nature qu'à Tchan. La durée de la foire de Bigha est de six jours.
La population de Tchan-bazar est évaluée à 2,000 habitants, dont 1,500 musulmans et 500 Grecs-orthodoxes.
Kara-Bigha, chef-lieu du nahié de même nom, est situé sui la mer de Marmara, à 2 kilomètres ouest de l'ancienne embouchure du Granique et à 5 kilomètres de son embouchure actuelle, sur l'emplacement de l'ancienne ville de Priapus, station navale renommée du temps d'Alexandre le Grand, et déjà célèbre par ses vins sous l'archontat de Thémistocle, qui reçut les vignes de cette localité en usufruit pour Tusage de sa maison.
On compte à Kara-Bigha 995 habitants, tous marins ou vignerons, comme suit :
Musulmans 495 hatk
Grecs-orthodoxes 500 —
Total . . . 995 hab.
Production agricole. — La production agricole du caza de Bigha, est estimée, en quantité et valeur, année moyenne, à 18,719^824 kilogrammes représentant une valeur de 2,992,400 francs (voir pour les détails le tableau de la production générale au chapitre spécial du mutessariflik de Bigha).
Mines et minières. — Il existe dans le caza de Bigha de nombreuses mines non exploitées de boracite, de plomb argentifère, et de cuivre.
Forêts. — Les principales forêts de ce caza sont celles du
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Bozgoudji'daghy peuplée surtout de chênes, d^Ikirlchi. où croissent aussi de beaux chênes propres aux constructions; les hêtres et les charmes deRizil-elma-dagh (ancien mont Cotylus) ; de Kara-khodja et Aghi-dagh sont renommés. Les coupes de ces forêts sont transportées par araba et embarquées sur des cdiks à Kara-Bigha (Priapus) et à Kémer (Parion).
Tabac. — Le tabac de Bigha, très estimé, est cultivé actuellement dans ce caza sur 110 hectares seulement* Lapro* duction a été en 1 890 de 53,700kilogrammes, d'une valeurtotale de 33,720 francs.
En 1889, le nahié de Tchan, principal centre de celte culture, y avait consacré à lui seul 152 hectares, dont la production avait été de 86,947 kilogrammes de tabac, desquels 23,700 kilogrammes ont été achetés par la régie à des prix inférieurs au quart de ceux pratiqués avant Tinstitution de cet administration.
Eaux (thermales). — Les sources thermales sont nombreuses dans le caza de Bigha, mais très peu fréquentées et du reste inexploitées ; on peut citer entre autres, sur le parcours du Granique^ les sources de Tchan-bazar-keui et celle de But/uktépé'keuiy où l'on voit des restes d'anciens thermes.
Bestiaux. — C'est surtout dans les cazas de Bigha et d'Ézinè qu'est pratiqua l'élève des bestiaux en général et plus spécialement celui de la race bovine. Mais le caza de Bigha l'emporte de beaucoup sur le second, tant pour la quantité que pour la qualité de la production des bœufs, vaches et veaux. Ou estime le chiffre annuel moyen de la production de ce caza à 141,796 têtes de bétail de toutes races, d'une valeur de 27,914,920 piastres, soit environ 6,420,431 francs, comme suit:
RACES
Race boTine -
— camélienne •
— cheyaline
— asme -
— ovine
— porcine
NOMBRE