‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistiqueChapitre 141 sur 151 · PIASTRES · texte numérisé non relu

PIASTRES

FRAKCa

Rac6 bovioe

— camélienne

— chevaline*.

— asÎDe

— 0 vioe

— porcine .

Total

Fleuves; rivières. — Le caza de Lampsaki est arrosé et fertilisé par de très nombreux cours d'eau qui le parcourent dans toutes les directions, et forment de cette contrée une suite continue de magnifiques forêts, de champs, de prairies, de jardins et de belles vignes. Cependant chacun de ces ruisseaux est par lui-même de si minime importance, que le seul fleuve Practios, aujourd'hui Bergos-tcàaï, mérite une mention particulière à cause de son passé historique, il est écrit plus haut au chapitre spécial des fleuves et rivières du mutessariflik de Bigha.

Montagnes. — Les montagnes de ce caza sont aussi nombreuses que ses cours d'eau; elles appartiennent toutes à la chaîne de Vida (Kaz-dagh) et n'ont d'une faible altitude. Il n'y a lieu de rien ajouter à ce qui en est dit plus haut.

GAZA D'ÉZINE

Orientation. Limites. — Lecaza dÉzîné est situ(^. versle sud du mutessariflik de Bigba et en occupe toute la largeur à partir de la mer Egée jusque et y compris le mont Ida (Kaz dagh). Il est limité au nord par le merkez-caza de Kalé-i-Sullaniè et le caza de Bigha; à Test, par le vilayet de Brousse; au sud, par le caza d'Aïvadjik et à l'ouest par la mer Egée. C'est la Troade proprement dite, théâtre de la première grande lutte de TEurope contre l'Asie, chantée par Homère. Là se trouvent ses derniers vestiges, les ruines d'ilion et les tertres où reposent les héros grecs et troyens, autour du Xanthe et du Simoïs^ à l'ombre majestueuse des forêts du mont Ida.

Division adminisfo'ative. — Il est divisé en deuxnahiés qui sont : Baïramitch et Koum-kalé; on y compte 126 villages.

Autorités. — Les autorités civiles sont le cdimakam et les deux mudirs.

Population du caza. — La population totale de ce caza est de 34,368 habitants, comme suit :

„ ,• ( Population fixe 28.653 ) ,^^,^^ ^

Musulmans, j ^ ^^^^^^ ^^^ | 29.210 hab.

Grecs orthodoxes 4.458 —

Arméniens grégoriens 460 —

Israélites 240 —

Chef-Ueu. — Ëzinè, chef-lieu du caza, résidence officielle

764 BiUTESSARIFLIK DE BIGHA

do Galmakan et siège des services publics, esl situé par 24*" de longitude et 39"* 47' de latitude^ surla rive gauche du Scamandre (Mendérès-t chai), à un kilomètre sud de ce fleuve et à 40 kilomètres en ligne directe au sud des Dardanelles. Par abréviation, les habitants du canton appellent Iné cette petite ville, que plusieurs voyageurs ont citée sous le nom d'Éncâ.

Population du chef-lieu. — Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 1,750 habitants, comme suit :

Musulmans * 780 hab.

Grecs orthodoxes 580 —

Arméniens grégoriens 260 —

Israélites 130 —

Total . . . 1.750 hab.

Ecoles. — On compte à Ézinè 5 écoles, dont 4 primaires et 1 élémentaire, fréquentées par 279 élèves dont 211 garçons et 68 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

éCOLBS

ÉLiVES

ilO

( Ecole primaire de ffarçons

Mul«a1oiaD&. — de IleV. .....r.

1 — élémentaire de ffarçons*

Grecs i Ecole primaire de garçons ,....•

orUiodoxes } — de £ les".

Total

Outre le conak ou hôtel du gouvernement, il y a à Ézinè une belle mosquée à minaret ; 3 mesdjid ou chapelles musulmanes, 1 église grecque orthodoxe, une chapelle arménienne, 1 local servant de synagogue, 1 corps de garde, 1 grand bazar où 86 tient chaque lundi le marché des lapis, 1 han ou hôtel-

lerie, vaste caravansérail du temps de la conquête ottomane, 3 bains publics (hammam) ; 5 fontaines, plusieurs moulins et fours, 100 boutiques et 350 maisons.

Ghefs-lieux des nahiès. — Baïramitch, chef-lieu du nahîé de même nom, où réside le mudir^ est situé sur la rive gauche du Scamandre (mendérès-tchaï), à 25 kilomètres est d'Ézinè en ligne directe. La colline sur laquelle est bâtie cette petite ville domine une vaste plaine bien cultivée, qui fait partie de la plaine de Troie où combattirent les héros de Tlliade. C'est un des principaux centres agricoles du mutessariflik de Bigha On y compte 250 maisons et 1,250 habitants, comme suit :

Mulsumans 800 hab*

Grecs-orthodoxes 190 —

Arméniens-grégoriens 200 —

Israélites 60 —

Total . . . l,250hab.

n se tient chaque mercredi un grand marché de tapis au bazar de Baïramitch «

Koumkalè (le fort de sable) est le premier château fort qui fut construit àPembouchure du détroit des Dardanelles par Mahomet II (el Fatyh le Conquérant) (1451-1481) sur le promontoire de sable formé par les alluvions du Xanthe et du SimoiSy en prolongement de l'ancien cap Sigée disparu et dont remplacement est reconnu aujourd'hui à 5 kilomètres plus au sud sur la côte de la mer Egée où se voient encore les ruines de la ville antique de Sigée. On retrouve celles de la ville de Rhœtée, qui était située sur un autre cap opposé, également disparu^ à 9 kilomètres est de Koum-kalè, dans le détroit des Dardanelles.

Koum-kalè, chef-lieu du nahié de même nom et résidence officielle du mudir^ n'a que 1,000 habitants, dont 700 musulmans, 276 grecs-orthodoxes et 24 israélites, tandis que la petite ville de Yéni-chehr, de fondation beaucoup plus récente et si-

MUTESSARIFUK DE BIGHA

tuée à 3 kilomètres au sud sur la mer Egée, compte déjà 1,200 habitants^ dont 600 musulmans, 574 grecs-orthodoxes et 26 Israélites.

La baie située dans la mer Egée, à 23 kilomètres environ au sud de Koum-Kalè, entre les caps Béchik-bournou et de Koumbournou, est devenue célèbre dans ces derniers temps sous le nom de « baie de Bessika ».

Production agricole. — La production agricole ducaza d'Ézinè, très variée, mais consistant surtout en blés, orges, raisins, bons vins dits des Dardanelles et en quantité considérables de vallonées, est estimée en moyenne annuelle comme suit:

Quantité : 15,427,960 okes, = 19,792,529 kilos. Valeur: 15,679,149 piastres = 3,606,200 francs.

Voir plus haut pour les détails le tableau général de la production agricole du mutessariflik de Bigha.

Mines et minières. — On cite dans ce caza 4 mines de chrôme,^ 5 de manganèse, et 1 de soufre, non concédées.

Forêts. — Les forêts les plus importantes du mutessariflik de Bigha sont celles du Kaz-dagh (mont Ida) et du Satchlar^ situées, ainsi que celles de Tchamli-dagh, qui fournit de très beaux pins à la marine ottomane, dans le caza d'Ézinè. Ces forêts, qui ont été explorées sous la direction de M. Tassy, conservateur des eaux et forêts de France et fondateur de Técole forestière de Constantinople, sont décrites plus haut succintement, au chapitre spécial du sandjak.

Eaux minérales. — On trouve également plus haut, dans un autre chapitre spécial, la description des sources thermales du Tchigri-dagh, situées au sud de la ville d'Ézinè, prèJ des ruines d'Alexandria-Troas.

Bestiaux. — La production annuelle de l'élève du bétaLî dans le caza d'Ézinè est estimée en moyenne à 151»931 têtes de

toute race, d^une valeur totale de 18,680,424 piastres soit environ 4,296,497 francs, comme suit :

RACES

Race boTine

— camélienne

— ohevaUne

— asioe

— ovine]

— porcine

Total.

t6tbs

Fleuves, rivières. — A l'exception de deux seuls, le Kourcak'déré, affluent de droite du Scamandre, dont le confluent se trouve situé à 2 kilomètres en aval de Balramitch, et d'un autre affluent de gauche du même fleuve, FÉziné-sou^ qui traverse le chef-lieu de ce caza, aucun des très nombreux cours d'eau qui Tarrosent ne mérite une attention spéciale, si ce n'est peut-être le Kémersou^ infime ruisseau qui passe près d'Aktchékeul, hameau bâti sur l'emplacement de l'antique vallée Thymbra, où campaient les alliés des Troyens. Cet humble filet d'eau, est Tancien fleuve Thymbrius^ aux bords duquel Hector tint conseil sur le tombeau d'Uus.

Le MendérèS'tchcHy (ancien Xanthe ou Scamandrey) et l'Or/aketchi'déré'sou, (ancien Simoïs,) sont suffisamment décrits au chapitre spécial du mutessariflik.

Montagnes et localités remarquables. — Le

Kad'dagh, ancien mont Ida, situé au sud-est du caza d'É2inè, a été plus haut Tobjet d'une assez longue description dans un chapitre spécial, ainsi que les principaux sommets des chaînons qui y prennent leur origine^

n serait beaucoup trop long d'énumérer toutes les localités remarquables de ce caza; mais on ne saurait pourtant passer sous silence les plus célèbres, telles, par exemple que les villes

768 MUTESSARIFUK DE BIGHA

d'ilion, de ISéandiia, Cébrène et d'Alexandria Troas et la for^ ieresse antique Cenchrae.

Ilion. — On reconnaissait généralement à Pounar-bachi, sur la rive gauche du Scamandre^ l'emplacement de Tancienne capitale du roi Priam ; mais voici que les fouilles faites à Hissarlik^ plus au nord et sur la droite du même fleuve, semblent jeter un doute sur l'état de la science archéologique reconnu jusqu'ici. Schliemann croit en effet, et il rétablit d'une manière indubitable selon lui, avoir retrouvé les vestiges de Troie et les tombeaux des héros d'Homère à Hissarlik, à 25 kilomètres sudouest des Dardanelles^ à 6 kilomètres sud-est de Koum-kalè, entre le Xant/ie et le Simoîs, et à proximité de Tchiblak. Le gouvernement aUemand a même — un peu prématurément peutêtre — consacré officiellement la découverte de Schliemann par la frappe et la distribution d'une médaille commémorative. Cependant il nous a été donné d'entendre soutenir très vigoureusement et avec non moins de certitude la thèse contraire par de véritables savants archéologues, voire même des compatriotes de Schliemann, qui assurent, avec la plus grande impartialité, que la Troie découverte par Schliemann ne serait qu'une bourgade fortifiée de l'âge de pierre, où furent ensevelis dans l'acropole mycéenne les chefs dont Schliemann a retrouvé les tombes pleines d'or.

Quoi qu'il en soit, les services rendus à la science archéologique par l'inratiguableSchHemann n'en sont pas moins précieux, et ses découvertes ainsi que celles qu'il a provoquées par son exemple^ méritent d'être prises en très sérieuse considération.

Néandria, Genchrae. — Les ruines de Néandrîa sont situées à 9 kilomètres sud-ouest d'Ézinè, au mont Tchigri, où se trouve également, à 502 mètres d'allitude, le fort appelé Tchigri-Ralessi, qui a été reconnu pour l'ancienne forteresse de CenchrsB, où les empereurs byzantins enfermaient les prisonn ers d'état, jusqu'au moment où l'emplacement de Néandria que Ton reconnaissait à Ézinè, a été restitué aux ruines situées

sur Je Tchigri-dagh. Par ce fait, l'emplacement de Cenchrae reste indéterminé.

Cébrène. — On reconnait actuellement à Ak-Bounar l'emplacement de Cébrène, ville dont les habitants furent transférés par Antigène à Alexandria Troas avec ceux de Scepsis dont ils étaient séparés parle Scamandre Ak-Bounar (la source blanche), est située sur les pentes du Tchal-dagh (altitude moyenne 501 mètres), à 9 kilomètres sud-ouest de Baïramitch, sur la rive droite du Déirmen-déré, petit affluent du Scamandre ou Xanthe {Mendérès-tchàï). Les ruines, d'une étendue considérable, sont dominées par un hiéron archaïque, et contiennent, entre autres monuments dignes d'intérêt, d'anciens thermes et de grandes salles aux murs revêtus de stuc, bien conservés.

Alexandria-Troas. — Les ruines d'Alexandria-Troas, ville fondée par Antigone, qui lui donna le nom d'Antigonia, sont situées sur la mer Egée, à 4 milles marins de la pointe sudouest de nie de Ténédos et 13 kilomètres environ au sud-ouest d'Ezinè, près d'un hameau nommé Dalian et des sources thermales de Tchigri-dagh, au lieu connu sous le nom de Eski- Stamboul. Cette ville fut peuplée par les habitants de Cébrène, de Scepsis, de Néandria et autres qui y furent transportés lors de sa fondation. Au partage de l'empire d'Alexandre (323 av. J.-C), elle échut à Lysimaque qui lui donna le nom d'Alexandrie auquel on ajouta celui de Troas pour la distinguer des autres villes de même nom. Les habitants de Ténédos obtinrent alors, sur leur demande, la faveur d'y être transportés.

Les ruines d'Eski-Stamboul ont été si souvent visitées et ont donné lieu à tant de publications savantes, qu'il serait oiseux de les décrire ici, mais on trouvera peut-être quelque intérêt à savoir que les splendides colonnes alternativement de marbre blanc et rose qui soutiennent les voûtes de Yéni-Djami à Constantinople, ainsi que les deux colonnes de jaspe d'un prix inestimable placées à droite et à gauche de la principale entrée de cette magnifique mosquée, ont été tirées de ces ruines. Les

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carrières qui ont fourni aux anciens tous ces marbres précieux, si beaux et si variés, sont situées à 10 kilomètres environ au nord-est d^Eski-Slamboul et à 15 kilomètres ouest d'Ézinè. Elles sont restées inexploitées depuis Tanliquité jusqu'aujourd'hui.

GAZA D AlVADJIK

Orientation, limites. — Le caza d'Aïvadjik est situé au sud du mulessariflik de Bigha. Il est limité au nord par le caza d'Ézinè ; à Test, par le vilayet de Brousse ; au sud, par le golfe d'Adramit, et à l'ouest, par la mer Egée.

Division administrative. — Ce caza n'a point de nahié ; il contient 57 villages.

Autorités. — Il est administré par un calmakam, sousgouverneur.

Population du caza. — La population totale du caza d'Aïvadjik est de 18,575 habitants, comme suit :

^^ , < Population fixe . . . . 16.483 ) ,^ on-r u u

Musulmans. ) a oai \ 16-807 hab.

Grecs-orthodoxes 1.768 —

Total 18.575 hab.

Chef-lieu. — Aïvadjik, chef-lieu ducaza, résidence officielle du caïmakam et siège des services publics, est située par 24*4' de longitude et 39'37' de latitude, à 62 kilom. sud des Dardanelles, en ligne directe.

Population du chef-lieu. — Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 1 ,820 habitants, comme suit :

Grecs-orthodoxes 768 —

Total .

1,820 hab.

Ecoles. — Il y aà Aïvadjik 4 écoles primaires, fréquentées par 109 élèves dont 70 garçons et 39 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

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