DE TÊTES
VALEUR
PIASThES
FRANCd
Fleuves et rivières. — Les principaux cours a eau du caza de Bigha sont : V le Graniçue, aujourd'hui nommé Gullutchài (rivière des roses), à partir de sa source jusqu'auprès de Tchan-bazar-keuï; puis, de celle ville à celle de Bigha : Ichankhodja-tchdi (la grande rivière de Tchan), et enfin de Bigha à son embouchure dans la mer de Marmara : Bigha-tchdi (la rivière de Bigha). 2* ses trois affluents, dont deux : le Kara-atli-lchdi et le Dimétoka-sou ou Khodjà-bachi-déré, ont été souvent considérés, notamment par Tchihalchef, comme des bras de ce fleuve.
Les autres cours d'eau, d'ailleurs peu nombreux, tels que le Kémer-tchàiel le Gueul-asma^ sont sans importance.
Lacs; marais. — L'unique lac du mutessariflik de Bigha est situé dans ce caza, on le nomme Edjè-gueul; il a été formé par les atterrissemenls qui ont changé l'ancien cours du Crranique et reporté l'embouchure actuelle de ce fleuve à 3 kilomètres environ plus à [l'est. L'embouchure primitive est aujourd'hui celle du Gueul^asma, ruisseau par lequel le trop-plein du lac s'écoule dans la mer.
Montagnes. — Il n'y a lieu d'ajouter ici à la nomenclature des montagnes de la chaîne du Kaz-dagh (mont-Ida), déduites au chapitre spécial du mutessariflik, que le Kizil-elmadagh (mont des pommes rouges), ancien Cotylus^ qui borde au sud son extrême limite et le sépare du vilayet de Brousse et du caza d'Ézinè.
758 MUTESSARIFLIK DE BIGHA
Localités remarquables. — Outre les anciennes villes dont remplacement est occupé par les chefs-lieux des nahiés précités, il convient de mentionner aussi Parion qui fut colonisé par les habitants de Milet, de Paros et d'Érylhrée, selon Strabon^ et que Pline croit être la même qu'Adrastée citée par Homère. Ses ruines se voient encore à Kamarès, village maritime situé près de l'entrée du détroit, sur le petit cap appelé Tersana-bournou.
CAZA DE LAMPSAKI
Orientation; Limites. — Le caza de Lampsaki est situé au nord-ouest du mutessarif^k de Bigha. 11 est limité au nord par la mer de Marmara ; à l'est ppr le caza de Bigha; au sud par le merkez-caza de Kalè-i-Sullaniè, et à Touest par le détroit des Dardanelles.
Division administrative. — Il est divisé administrativement en deux nahiés, qui sont Bergos et Tchardak^ et Ton y compte 86 villages.
Autorités. — Il est administré par un càimakam^ sousgouverneur du caza, et par deux mudirs^ directeurs des nahiés.
Population du oaza. — Sa population totale est de 12,263 habitants, comme suit :
Musulmans 10,758 hab.
Grecs-orthodoxes 941 —
Sujets hellènes 25 —
Bulgares 494 —
Arméniens-grégoriens 28 —
Total . . . 12,263 hab.
Chef-lieu. — Lampsaki, chef-lieu du caza, résidence offi-
cielle du sous-gouverneur et siège des services publics, est située sur la rive du détroit, par 40* 21' de longitude et 40** 20' de latitude, à 34 kilomètres nord-est de la ville des Dardanelles et à 50 kilomètres ouest de Bigha. La distance qui la sépare de Gallipoli, situé sur la rive européenne à l'entrée du détroit, est à peine de 3 milles marins. La situation de Lampsaki aux abords de la petite plaine dite « plaine des oiseaux » ( kouch ova), entourée de collines couvertes de vignes dominées par les sommets plus éloignés ombragés de pins, d'où lui venait son premier nom de Pityœssa^ est très agréable. Un petit fleuve nommé Soghanti^déré (la rivière ou le val des oignons) parcourt la vallée, arrose les nombreux jardins des environs et vient fournir à la ville l'eau potable nécessaire à son alimentation, en se jetant sous ses murs dans le détroit.
Popiilatiou du chef-lieu. — La population actuelle de Lampsaki, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 2,000 habitants, comme suit :
Musulmans 1,230 hab.
Grecs-orthodoxes 700 —
Grecs sujets hellènes 25 —
Arméiiiens^grégoriens 28 —
Israélites 17 —
Ecoles. — Les écoles de Lampsaki sont au nombre de 5, dont 4 primaires et une élémentaire, fréquentées par 160 élèves, dont 130 garçons et 30 filles, comme :
COMMUNAUTÉS
ÉCOLES
ÉLàVBS
Musnlmans : École Drimtire de ffarcons. •
— — de filles
— élémentaire de ffarcoDa
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700 mutessârifuk de bkha
Darant les traTaux des champs, les deux écoles primaires de garçons sont à pen près désertes, et toutes sont vides à Tépoqoe des yendangeSy où les enfants de tout âge sont aUlisés pour la cueillette des raisins.
L'époque de la fondation de Lampsaki, dont le premier nom était Pitysssa, remonte au loin dans les temps préhistoriques. Selon Plutarque, deux Phyréens, amis du roi Mandron qui régnait à Pityaessa, furent autorisés par lui à y amener mie colonie grecque, et ayant été sauvés d'une trahison des indigènes par Lampsakè, fille du roi, par reconnaissance il donnèrent son nom à la ville. La ville de Lampsaki devint très populeuse^ riche et florissante, et après avoir subi les mêmes péripéties que toutes les autres colonies grecques sous les Perses, les Athéniens, Alexandre le Grand et ses successeurs, elle fut incorporée à Tempire romain et conserva un rang distingué parmi les villes d'Asie jusqu^à son déclin. Elle fit partie des possessions ottomanes dès l'origine de l'empire. C'est dans les eaux de Lampsaki que le seigneur génois Adorno obtint du sultan Mourad II, en 1421, outre Fénorme prix d'un ducat d'or par homme pour le passage de l'armée turque en Europe, la remise du tribut imposée à la république de Gènes pour l'exploitation des mines d'alun de Phocée, ainsi que celle de l'arriéré, montant à 20,000 ducats d'or, dû à ce moment par les exploitants.
Chefs-lieux des nahiés. — Bergos, chef-lieu du nahié de même nom, résidence officielle du mudir, et siège de son administration, est située à 14 kilomètres sud-ouest de Lampsaki et à 19 kilomètres nord-est des Dardanelles, à proximité de l'emplacement de Percote, ville citée plusieurs fois par Homère, et qui subsistait encore dans les derniers temps de l'empire romain. EUeétait situéesur lefleuve du Practios^ aujourd'hui BerghoS'tcAaï. Il existe des ruines intéressantes à 1 kilomètre environ au nord de Bergos et à 5 kilomètres à l'est de ce même bourg, autour du village d'Erdagh, en un lieu, dit a Paie Percote».
Tchardak, chef-lieu du nahié de même nom, où réside le
mudiry est un petit village maritime situé à 5 kilomètres environ au nord-est de Lampsaki. Son importance, aujourd'hui à peu près nulle, était assez grande du temps que la roule com^ mcrciale de Dimétoka venait y aboutir par Guérédjé. Les vignobles et les jardins de Tchardak sont renommés ainsi que ceux de toute la contrée qui forme actuellement le caza de Lampsaki, consacré dans l'antiquité à Priape, dieu des jardins.
Production agricole. — La production agricole du caza de Lampsaki, très abondante, consiste surtout en céréales, fruits, raisins et denrées maraîchères de toutes sortes. Ses vins, quoique souvent confondus avec les autres produits du sandjak sous le nom de « vins des Dardanelles », sont cependant moins estimés que ces derniers et que ceux d'Éren keu!; ils sont plus faibles en couleur et en alcool et se vendent moins chers.
La moyenne annuelle de la production du caza de Lampsaki est estimée, en quantité et valeur, comme suit :
Quantité : 6,749,714 okes, = 8,672.037 kilogr. Valeur : 5,616,190 piastres, = 1,290.000 francs.
C'est à peu près la moitié de la production du caza de Bigha, dont l'étendue est triple. (Voir pour les détails le tableau général).
Mines et minières. — Outre les mines de plomb argentifère et de cuivre concédées à M Franck Calvert, vice-consul d'Amérique aux Dardanelles, on en connaît plusieurs autres non exploitées dans ce caza, notamment debeaux gisements de boracite.
Forêts. — On cite parmi les importantes forêts du caza de Lampsaki, celles du Guérédjé, de Baldjilar et de Yapil-dagh, dont les essences dominantes sont : les conifères le chène^ Forme, le hêtre, le platane et le tilleul.
Tabacs. — Le tabac est cultivé sur 29 hectares produisant
MUTESSARIFLIK DE BIGHA
2!2,i38 kilogrammes en feuilles, dont la valeur totale est de 13,902 francs.
Bestiaux. — On estime, en moyenne annuelle, la production totale de l'élève du bétail dans ce caza, à 49,468 têtes de toute race, d'une valeur de 5,212,840 piastres, soit environ 1,198,953 francs, comme suit :
RACES