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Total général .
remeni ceux de la communauté chyife, ont été décrits longuement. On trouve dans ces chapitres tout ce que ces mœurs, usages et coutumes ont de plus intéressant. Il est donc inutile de revenir ici sur ce sujet épuisé.
Quant aux membres des communautés non musulmanes du
222 VILAYET DE BASSOHAH
vilayel de Bassorah, rien de bien particulier ne les distingue des habilaols des autres provinces de TAsie oltomane, à Texceplion des sabéens, qui sont dans ce vilayel au nombre de 3,000 répandus dans les principaux centres des sandjaks d'Amara et de Muntéflk.
Sabéens. — Les sabéens^ nommés aussi soubbuy ne sont pas, comme on le croit communément, des adorateurs des astres ; c'est une erreur déjà relevée par plusieurs savants autorisés, notamment par M. Liltré. Le sabéïsme est une secte chrétienne qui prétend avoir pour fondateur saint Jean-Baptisle. A l'exemple de ce saint précurseur, qu'ils appellent el- Nébi Yahia ou le prophète Jean, comme le nomment aussi les musulmans, les sabéens pratiquent leur baptême dans l'eau courante. C'est pourquoi ils se croient tenus de demeurer sur les bords d'un fleuve ou d'une rivière. Ils ont des prêtres qu'ils nomment mollahs comme les desservants des mosquées; ce sont ces prêtres qui président aux baptêmes et autres cérémonies religieuses, revêtus de robes blanches de toile de lin, couronnés de branches d'olivier entrelacées, et portant une crosse en bois d'olivier. Ces mollahs mènent une vie très retirée et dépendent d'un chéïk reconnu par tous les sabéens comme le chef suprême de leur communauté religieuse, arbitre souverain des consciences.
Celte dignité ecclésiastique appartient en ce moment au chéïk Yahia, résidant à Souk-el-Chïouk, dans le sandjak de Muntéflk.
Les sabéens pratiquent leurs cérémonies religieuses, auxquelles ils ne permettent pas à d'autres d'assister, dans de petits oratoires dont la libre possession leur cause souvent beaucoup de tracasseries, non de la part des chéïks musulmans ni d'aucun de leurs vassaux, mais de la part des petits employés qui se plaisent à leur susciter des difficultés dans l'exercice de leur culte mystérieux.
La plupart des sabéens du vilayet de Bassorah sont orfèvres, forgerons ou constructeurs de machehouf^ sortes de petites barques qui servent surtout au transport des troupes pour la
poursuite dans les marais des Arabes récalcitrants par les soldats iodigènes dits chébané.
La laogue des sabéens est le syriaque.
Ecoles. — 11 y a dans le vilayet de Bassorab 324 écoles, où 5,195 élèves reçoivent, de 338 professeurs, une instruction à divers degrés comme suit :
VILLES
GAZAS, NAUIÉ8
Ville de Bassorali..
— de Kouraa
— de Koiiet
Nahié de Zobélr . . .
— Aboul-Hassib.
— Chalt-el-Arab..
Ville de Faô
Ville d*Âaiura
— de Châtra
Nahié de Ali-el-Gharb
— deZobéïr
Ville de Nasériyè
Caza de Chaltra
— Cbouk-el-Chiouk
— de Hamtnar
— de Haï (ville).. •
Gazas.
Totaux par cou nuNAUTÉâ . .
léèessès
MUSULMANS
bd
»*ritiinire^
311 école?, 4.940 élèves, 325 luattres.
CHBETIENS CaiMiqaes SabéoD»
Priuires
PriitiKS
6 écoles, 115 élèves, 6 maîtres.
7écolrs, m «l«v.,7uitr.
Total oémébal : 324 écoles; 5,193 élèves; 338 maîtres.
224 VILAYET DE BASSOllAH
Comme on le voil par le lableaii qui précède, rinstruction publique est extrêmement arriérée dans le vilayetde Bassorah. Le nombre des enfanls qui fréquentent les écoles, si Ton compare les chiffres à ceux des diverses communautés, est comme suit :
Chez les musulmans 1/2P0 de la popul. toi.
— Arméniens-grégoriens, nul
— — protestants —
— Grecs-orthodoxes —
— catholiques 1/26 de la popul. lot.
— sabéens 1/46 —
— israélites 1/32 —
Le chiffre le plus bas, chez les musulmans, est celui du sandjak de Miinléfîk, où le nombre d'enfants insiruils dans les écoles de cette communauté n'atleint qu'environ 1/1 266 du chiffre des habitants musulmans, et le plus élevé est celui du sandjak de Nèdjd, soit 1/65 du chiffre de la population musulmane.
Dans les écoles n/rAfl!^2^, d'enseignement secondaire et relevant du ministère de l'Instruction publique, le programme est le même que dans toutes les au 1res écoles du gouvernement, c'està-dire identique à celui des établissements scolaires de môme degré des pays les plus avancés. Par exception, les professeurs sont des imam et n'enseignent pas d'autre langue que le turc et l'arabe. Ces écoles sont entièrement aux frais de l'État.
Il n'en est pas de même des écoles primaires, tant musulmanes que catholiques, sabéennes et israélites, qui sont toutes à la charge des parents des élèves. Dans les unes comme dans les autres, l'enseignement se borne aux principes de la religion et aux premières notions de lecture et d'écriture arabes. Chez les musulmans et les sabéens, cet enseignement est donné par les mollah\ chez les catholiques, par des prêtres indigènes, et chez les israélites, par des rabbins.
Jusqu'aujourd'hui il n'y avait aucune école de filles dans aucune communauté. On vient d'en ouvrir une à Bassorah par
StATISTiQUE bEèCRlPTlVE 225
les soins du R. P. Marie-Joseph, préfet de la mission des Carmes, mais cet établissement est encore trop nouveau pour que Ton puisse faire autre chose que de constater son existence.
Climat. — Dans son ensemble, le climat du vilayet de Bassorah est humide et malsain, à cause du voisinage de la mer qui baigne ses côtes sur une vaste étendue, et des nombreux marécages des sandjaks de Bassorah, d'Amara et de Muntéfik. Plusieurs places sont éminemment sujettes aux fièvres paludéennes, notamment les villes de Bassorah, de Kourna et de Soukel-Cbïouk; tandis que d'autres, celles de Chattra, Amara, Haï, sont très saines, grâce à leur éloignement des foyers d'infeclion formés par les marais, où naissent toujours les maladies épidémiques si fréquentes dans ces parages.
Production agricole. — La production agricole du vilayet de Bassorah est évaluée, en année moyenne, comme Tindique le tableau ci-après.
Mines et minières. — On ne connaît dans le vilayet de Bassorah aucune mine proprement dite, aucun gisement bitumineux, aucune source de pétrole, mais seulement un assez grand nombre de carrières de pierres à plâtre et de terre calcaire. Cependant, toutes les briques antiques que Ton trouve dans les fouilles nombreuses qui sont faites en diverses localités du sandjak de Muntéfik sont enduites de bitume.
Forêts. — Les sandjaks d'Amara et de Muntéfik étaient autrefois des contrées forestières. Aujourd'hui il ne reste plus, dans le premier, que les petites forêts d'Ali-el-Gharbi et d'Ali- Charki, celle d'AI)Ou-Sedra et celle de Tlmam el-Défas, près de la ville d'Amara. La plus grande est la forêt d'Ali-el-Gharbi, qui mesure environ 3 kilomètres de long sur 1 kilomètre et demi de large. La forêt d'Ali-el-Charki n'a que 2 kilomètres sur 1 , et celles d'Abou-Sedra et d'Imam el-Défas sont encore plus petites. Le tombeau de l'imam se trouve à proximité de celte dernière, m 15