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GAZA DE PHOCÉE

Orientation, limites. — Le cazade Phocée (Fotchatin) est situé au nord-ouest du vilayet d'Aïdin. 11 est limité au nord par le golfe de Tchandarli ; à l'est, par le cazade Ménémèn ; au sud, par le golfe de Smyrne et à l'ouest, parla mer Egée.

Superficie. — Sa superficie totale est de 234 kilomètres carrés, comme suit :

Terrains cultivés .... 120 kilom. carrés.

Prairies iO —

Terres en friche 98 —

Forêts 6 —

Total : 234 kilom. carrés.

Division administrative. — Il comprend administrativement un nahié, outre le caza proprement dit, et contient 8 villages, dont 6 dépendent directement du chef-lieu qui est Phocée, et les deux autres du nahié qui est Fotcha-Djédid ou Néa-Phokia (nouvelle Phocée).

Autorités. — Le caza de Phocée est administré par le

caïmakam (sous-gouverneur) et le mudir, directeur du nahié, assistés respectivement de leur conseil administratif.

Population. — Sa population totale est de 20,019 habitants, comme suit -

Musulmans 2,884 hab.

Grecs orthodoxes 8,435 —

Arméniens 350 —

Étrangers 100 —

Israélites 250 —

Total: 12,019 hab.

Chef-lieu. — Phocée, aujourd'hui Folchatin, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des divers services publics, est située précisément à Tentrée du golfe de Smyrne et en face du mont Boz-dagh qui termine au nord la presqu'île Erythrée, à 45 kilomètres au nord-ouest de Smyrne en ligne directe ; à 30 kilomètres de Ménémèn et à 62 kilomètres de Magnésie du Sipyle, à l'ouest de ces deux villes.

Population. — Sa population, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du caza, est de 6,137 hab., comme suit :

Musulmans 1,411 hab.

Grecs orthodoxes 4,376 —

Arméniens grégoriens .... 100 —

Étrangers 100 —

Israéhtes 150 —

La ville actuelle de Fotchatin, nommée encore aujourd'hui par la population grecque Paléa Phokia, occupe exactement l'emplacement de l'ancienne Phocée, tel qu'il a été décrit par Tite-Live, peu d'années av. J.-C. Son port est encore divisé en

deux parties par une langue de terre qui circonscrit au sud-ouest l'ancien arsenal des bâtiments de guerre, appelé alors Namtathmos^ et aujourd'hui Meya^oç aiycaXdç, et au nord-est Tancien Lampter^ aujourd'hui Mr/.po; alytaXôç; mais on n'y retrouve aucune trace de l'antiquité.

On sait que Phocée a été fondée par une colonie grecque venue de Phocide, sous la conduite de deux chefs athéniens, Philogène et Damon, à l'époque des premières migrations ioniennes. Le pays oîi les Phocéens s'établirent et bâtirent leur ville à laquelle ils donnèrent tout naturellement leur propre nom, appartenait àryEolide,maisilfulaussitôtannexéà l'Ionie. Les habitants de Phocée sont les premiers Grecs d'Ionie qui aient entrepris des voyages au long cours, pour lesquels ils construisirent des vaisseaux à cinquante rames. Phocée devint bientôt riche et puissante par son commerce avec les Tyrrhéniens, les riverains de l'Adriatique et les Ibères.

Lois de l'invasion des Perses, elle fut investie par Harpagus du côté de la terre et ce général, pour abréger la résistance, ayant fait aux assiégés des propositions, ceux-ci demandèrent un jour d armistice et l'éloignement à quelque distance de I l'armée perse. Profilant de ce répit qu'Harpagus, informé de

leur projet, leur accorda pourtant, ils mirent à flot leurs vaisseaux de cinquante rames, y firent entrer leurs familles, y chargèrent leurs richesses, leurs meubles, les images de leurs dieux et firent voile pour Chio. Le lendemain, Tarmée perse entra dans la ville déserte et en prit possession. N'ayant pu s'entendre avec les habitants de Chio, auxquels ils proposaient de leur acheter les îles Œnusses, les Phocéens résolurent d'aller au loin s'expatrier ; mais avant de partir pour ce long voyage, ils retournèrent à Phocée et massacrèrent la garnison perse. Puis, remontés sur leurs vaisseaux, ils jetèrent dans la mer une masse de fer rougie au feu en prononçant des imprécations solennelles contre ceux qui abandonneraient la flotte et rentreraient dans leur patrie, avant que cette masse de fer ne surnageât, et ils quittèrent Phocée pour toujours, à l'exception de quelques-uns qui ne purent s'y décider. De cet acte héroïque

aucun mamis aux environs ; une chaîne de petites moàtagne:» la met à l'abri de tout vent de terre ; la mer y est remarqi>%blemetti bAlV* et pure ; lair <^!*t ratrttchi Jurant Tété par le vent du large, dit « imbu ». -^ui souffle deB heures du matin à 6 heures du soir. Toutes ces circonstances rt unies font de Phocée un séjour délicieux pour les quelques famfiÎAS smyrnéennesqui viennent y passer la belle saison et prendre des baîns de mer.

Navigation. — Mouvement maril me du port de Phocée du 1/13 mars 189i au 28 février 1892.

PAVILLON

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