GAZA DE SIVRI-HISSAR
Orientation, limites. — Le cazade Sivri-Hissar est situé à l'ouest du vilayet d'Aïdin. Il est limité au nord par le caza de Vourla et le merkez-caza de Smyrne ; à Test, par ce dernier caza ; au sud, par le golfe de Kouch-Adassi ; et à l'ouest par la baie de Sighadjik.
Superficie. — Sa superficie est de 472 kilomètres carrés,
Terres arables .... 220 kilom. carrés.
Prairies 50 —
Montagnes 137 —
Forêts 65 —
Total : 472 kilom. carrés.
Division administrative. — Il est subdivisé en un nahié qui est Sighadjik, et Ton y compte 14 villages ressortissant de ce nahié.
Autorités. — Il est administré par le caïmakam et le mudir. Ces deux fonctionnaires sont assistés de conseils administratifs.
Population. — La population totale du caza de Sivri-Hissar est de 28,840 habitants, comme suit :
Musulmans 21,200 hab.
Grecs orthodoxes 7,500 -•
Etrangers 100 —
Israélites 40 —
Total : 28,840 hab.
Chef-lieu. — Sivri-Hissar, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des services publics, est situé dans un agréable vallon, sur un frais ruisseau qui va se jeter à la mer au milieu des ruines de Téos, antique ville carienne, dont la population se trouve absorbée par des migrations grecques successives, et qui devint ainsi, parla suite, une ville ionienne, occupant dans la confédération un rang important. C'est aujourd'hui Sighadjik. Sivri-Hissar n'en est éloignée que de 5 kilomètres à Test, et peut s'en servir comme d'échelle maritime, au besoin, pour ses exportations et importations, au moyen de son petit fleuve. Un embranchement de 21 kilomètres sur la route de Vourla, met Sivri-Hissar à la distance de 56 kilomètres sudouest de Smyrne par voie carrossable.
Population. — La population de Sivri-Hissar, comprise dans le chiffre ci-dessus de celle du Caza, est de 3,640 habitants, comme suit :
Musulmans 2,000 hab.
Grecs-orthodoxes 1,500 —
Étrangers 100 —
Israélites 40 —
Total: 3,640 hab.
Ecoles. — Il y a dans le caza de Sivri-Hissar 9 écoles primaires dont 8 de garçons, fréquentées par 580 élèves et une de filles avec 100 élèves, comme suit :
Musulmans (écoles prim. de garçons) 5 écoles. 250 élèves.
Grecs-orthodoxes — — 2 — 300 —
— — filles i — 100 —
Catholiques étrangers. garçons 1 — 30 —
Total : 9 écoles. 680 élèves.
Les forêts de pinsd'Alep de ce caza donnent lieu à une coupe annuelle de 560 mètres cubes.
Agriculture. — La production agricole du caza de Sivri- Hissar, assez importante, consiste surtout en céréales (blé et orge) et en olives et huile d'olives estimée.
Antiquités et localités remarquables. — Plusieurs villes antiques célèbres ont occupé diverses parties du terri toire dont est aujourd'hui formé le caza de Sivri-Hissar. Cette ville même est bâtie, comme celle de Sighadjik, de pierres tirées des ruines de Téos. La plupart des inscriptions des Téiens ont été conservées parce qu'elles ont été encastrées, soit dans les murs de Sighadjik, soit dans ceux de quelques édifices de Sivri-Hissar. C'est là qu'on peut les étudier, mais il est probable qu'on en découvrirait d'autres non moins intéressantes en fouillant les ruines de Téos qui sont très voisines de Sighadjik, et à 4 kilomètres seulement de Sivri-Hissar. On sait que cette ville, très probablement détruite par un tremblement de terre, était consacrée à Bacchus et était devenue le point de réunion de tous les acteurs d'Asie qui concouraient à l'éclat de ses fêtes dionysiaques. Sa puissance maritime était fort grande et tous les arts y étaient en grand honneur, comme le prouvent les magnifiques sculptures qu'on voit encore daus ses ruines. Devenue chrétienne dès les temps apostoliques, Téos avait Daphnus pour évêque lors du martyre de Saint-Polycarpe à Smyrne.
Lébédos^ autre ville ionienne également célèbre pour ses fêtes dionysiaques, rendez-vous de tous les acteurs de l'Ionie, où les
entrepreneurs de spectacles venaient engager leurs troupes, se trouvait sur le bord de la mer, près de Tembouchure d'un ruisseau où se jette une source thermale sulfureuse, à 9 kilomètres est du bourg d'Hypsili-Hissar, dernier refuge du rebelle Djounéïd en 1423, sous le sultan Mourad II. Cette source marque 75^ centigrades de thermalité ; elle émerge avec tant d'abon. dance que les habitants des environs s'en servent pour faire tourner un moulin. Sur les vestiges des anciens thermes, deux salles rustiques ont été bâties pour les baigneurs. Une foule de débris d'édifices, restes de la ville de Lébédos, couvrent le sol tout autour.
Colophon^ ville ionienne dont l'armée se distinguait par sa cavalerie qui a donné lieu au proverbe grec : « il a ajouté la cavalerie de Colophon », pour dire : « il n'a rien oublié de ce qui pouvait assurer son succès », a laissé quelques vestiges sur la limite du caza de Sivri-Hissar et du merkez-caza de Smyrne, près du village de Zilè. On voit aussi non loin de là, sur la rive gauche du petit Blet d'eau qui porta le nom de Halésus, un large plateau dominant la mer d'environ 40 mètres et au milieu duquel, parmi les imposantes ruines de Claros, antique colonie Cretoise, s'élève encore le soubassement du fameux temple d'ÂpoUon, où Calchas et Mopsus luttèrent de science divinatoire. La grotte ou l'antre célèbre où Mopsus rendait ses oracles est sur la rive droite de l'ancien Halésus. Une source tarie y a laissé de belles stalactites.