‹ La Turquie officielleChapitre 50 sur 67 · LÉGENDES ET ANECDOTES · texte numérisé non relu

LÉGENDES ET ANECDOTES

iiiio iltMiii-lii'lirc. Il' priant <li' iiii' liirr (rembarras.

— Vous voule/ un ftskàr .' — Oui, ell'encli. — Où (leineurez-vous ? — lUie D... — Depuis combien de lemps? — Depuis quatre mois. — Où allez-vous? — AT..., dans le Bosphore. — Et vous voulez un tcskirc? Je répondis encore « oui » dans un gracieux sourire. — Très bien, lit-il. — Ça y est, je tiens mon teskirc, me dis-je . — Très bien , reprit l'employé. Atlressez-vous à B... effendi. Et il m'indiqua son voisin. Je remarquai qu'il avait taillé sa plume et en reprenait une autre pour la retailler. J'allai me dresser devant B... effendi. — Que désirez-vous ? — Un teskirc de déménagement. — Où demeurez-vous "■' — Rue D... — Depuis combien de temps? — Depuis quatre mois. — Où allez-vous? — A T..., dans le Bosphore. — Oui, alors il vous faut un teskirc, c'est juste. — Oui, effendi, c'est très juste. — Bien, très bien... Veuillez vous adresser à C... effendi. Et il me montra duu signe de tète son voisin.

Celui-ci, avant de m'adresser la parole, feuilleta un grand registre et commença un cha-

leureux entretien avec les trois bonshommes qm s'étaient collés comme moi à son bureau.

J'attendis dix minutes. — Effendi. .. hasardai-je. — Que voulez-vous? demanda-t-il en se mouchant (il était horriblement enrhumé). Un teskèré pour T... dans le Bosphore. Je demeure rue D..., à Péra, depuis quatre mois. Je désire payer le droit de balayage et m'en aller, car mes meubles attendent dans la cour, et la pluie est loin de produire sur eux l'effet d'un plumeau. Je vous serais donc infmiment... Ah bien, ouiche! pendant que je lui narrais ma mésaventure, il continuait d'éternuer, de se moucher et de parler aux trois hommes. A un moment donné, il me regarda et me redemanda ce que je voulais. Je recommençai ma narration. - Ah! oui, il vous faut un te^kcré... Et il reprit sa conversation avec les autres. Je commençai à transpirer. Au bout de quatre mmutes il s'adressa derechef à moi. — Vous voulez un tcskcrù, dites-vous? Oui, mon effendi pas autre chose. - Très bien. Et où demeurezvous, s'il vous plaît?. . . C'était fort, par exemple ! Mais que faire? Je renarrai mon histoire en m'épongeant le front. — Je comprends, dit-il.

LÉGENDKS HT ANK (.DOTES. ^'I

Viniillez vous... La suite <le la i-lnase se perdit ilausunôlernuenuMU. Il me seuibla eependant conipreiidre .pi'il mv .lisait <le uj'adrosser en

face.

J'allai eu face. Je me cramponuai au bureau duu .piatrième employé. —Je serais heureux, mon bon effendi, d'obtenir un permis pour déména.^er. — Où demeurez-vous? — Hue D..., îi PéPa. — Depuis? — Quatre mois. — Où démOnagez-vous? — A T..., dans le Bosphore. — Attendez un moment. Enlin, me dis-je, ça y est bel et bien pour cette fois. Après une dizaine de minutes, D... effendi me passa un papier. — Merci, vous êtes bien aimable. Qu'aije à payer, s'il vous plait? — Pardon, ce n'est pas pour vous. Veuillez remettre le papier que vous tenez à ce monsieur (il me désignait un individu enrfuilrar qui se tenait derrière moi). Je lui tendis le papier, alors un frisson glacial courait dans mon dos.

— Maintenant à vous, monsieur, me dit l'employé. Vous m'avez dit que vous désiriez un tcskérc? — Oui. —Tour où?— PourT. ., dans le Bosphore. — Très bien, mais d'où? — De Péra,rue D... — J'entends. Ayez l'obligeance

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de VOUS adresser à mon collègue que voici. Ça le regarde.

Son collègue me renvoya à un autre. Je roulai ainsi comme un paquet d'un bureau à un autre. Je ne sais qui me retenait de verser d'abondantes larmes Enfin, F... effendi m'écouta. Il appela un huissier et lui dit de m'accompagner chez moi pour vérifier le nombre de mois que j'avais logé dans la maison de la rue D... Nous nous mîmes en route. L'huissier questionna mon propriétaire qui lui répondit que j'habitais chez lui depuis quatre mois. Il questionna le biikal^ du coin qui dit que c'était six mois. Il questionna les hamals* de ma rue qui dirent les uns deux mois, d'autres sept mois, plusieurs trois mois.

Le bekdji^ réfléchit longtemps, compta sur ses doigts, et affirma que mon séjour dans cette maison pouvait remontera cinq mois. Sérieusement renseigné, l'huissier retourna à la municipahté et répéta ce qu'il avait entendu dire. F... effendi se gratta l'oreille. En y ajoutant Toc-

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