PRÉFACE. XIII
don Pasquak y }onée d^ une main encore un peu timide; c'est le frère d'Abdul-Medjid, qui charme ses loisirs par la musique : autrefois, la raison d'État lui eût passé au col le cordon des muets.
A l'histoire des Bayezid, des Amurat, des Mahomet, des Selim, des Mustapha, entremêlée de séditions, de conquêtes, de défaites, de révolutions de palais, d'étranglements, succède une description topographique de l'empire turc, si vaste encore, et qui s'étend à d'énormes distances dans les profondeurs inconnues de l'Asie, depuis ces plaines où s'écroulent les ruines des anciennes colonies grecques ou romaines, squelettes de villes dont on ne sait même plus les noms, et dont le voyageur étonné demande à Strabon et à Ptolémée l'emplacement hypothétique, jusqu'à Bagdad et aux confins de l'Inde. Ces civilisations éteintes, et dont les cendres se sont stratifiées par couches régulières, peuvent revivre dans ces admirables pays presque déserts aujourd'hui et qui pourraient nourrir une population supérieure à celle de l'Europe : là, comme le dit la Genèse, à la place où blanchit un sable brûlant, verdoyait le paradis terrestre et coulait le fleuve qui, au sortir du lieu de délices, se divisait en quatre branches : — le Phison, qui entoure toute la terre d'Hévilath, où naît l'or, où l'on trouve le bdellium et la pierre d'onyx; le Gehon, qui traverse la terre d'Ethiopie; le Tigre, qui coule du côté de l'Assyrie, et enfin l'Ëuphratel — Autrefois c'était de l'Orient que descendaient, comme d'un centre de lumière, vers les régions obscures de l'Occident, les religions, les sciences, les arts , toutes les sagesses et toutes les poésies.