Chez les Grecs de Turquie, pages 23 à
soit une étoffe qui couvre le front et qu'elles ramènent sur la bouche dès qu'elles peuvent craindre d'être vues. Les négresses sont superbes, toujours parées d'étoffes aux tons éclatants, jaunes, rouges, orange, qui font encore plus valoir les tons bronzés de leur peau. La couleur nègre est vraiment une belle teinte au soleil et qui s'associe bien avec le vermillon. Quant aux hommes, Grecs, Turcs, Arméniens passent confondus dans un fouillis coloré où l'œil novice d'un Européen frais débarqué commence par se perdre, reconnaissables seulement à leur type plus ou moins crochu, ou à quelque détail plus caractéristique. Cet homme à la ceinture noire bouffante est un Grec; celui qui a une ceinture de cuir est un Turc; le bonnet rose brodé de violet et de jaune désigne un Arménien; le turban blanc appartient à un lettré, le turban vert à un hadji qui a fait le voyage de la Mecque...
Tout cela, malgré une note asiatique un peu plus prononcée, n'a rien qui nous étonne après Constantinople. Ce sont les mêmes tableaux d'intérieurs obscurs, où de vieux Juifs, qui prennent des apparences de Turcs pour remédier à l'antisémitisme des Occidentaux, vous offrent de petites tasses de café en marchandant longuement sur le prix d'armes truquées et d'antiquités fausses.
Dans l'obscurité caractéristique du Bazar, du « Tcharchi », qui en fait un endroit frais et abrité contre le soleil aussi bien que contre la pluie, on rencontre, de distance en distance, de jolies oasis de lumière : des places plantées d'arbres qui donnent l'impression d'une clairière en forêt. Au centre se dresse quelque fontaine vivement éclairée, où des
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Turcs font leurs ablutions. Tout autour sont des cafés en plein vent, recouverts par des étoffes flottantes accrochées aux arbres. Et, sortant de l'ombre, on a les yeux d'autant plus vivement attirés par le brillant des armes, des verres, des narghilés, par la coloration bruyante des étofïes.
Mais, dans le bazar de Smyrne et dans les rues avoisinantes, ce que l'on venait voir surtout autrefois, c'étaient les nombreuses caravanes de chameaux. On était attiré vers cette <x porte de l'Asie » par la promesse d'y voir circuler, à travers les rues étroites du quartier turc, tant de ces bêtes imposantes, à la tête levée et renversée en arrière majestueusement, au clignement d'yeux de myopes, au pas mollement cadencé.
Alors, en effet, avant que les chemins de fer n'eussent à peu près tué cette industrie, la plus grande partie des marchandises destinées à aller d'Asie Mineure en Europe ou réciproquement, cheminaient par cette voie. De très loin, de très loin, comme aux temps préhistoriques, comme lorsque les Phéniciens ou les Grecs faisaient venir le jade du Turkestan, l'étain de Malacca, les épices d'Extrême-Orient, les chameaux arrivaient à Smyrne, conduits par des chameliers étranges, personnages frustes et énigmatiques, sur lesquels, dans leur rudesse d'allure native, ne se faisait sentir aucune influence du moderne progrès, malgré leurs périodiques voyages à la ville. Chameaux et chameliers avaient cheminé longtemps, semblables les uns aux autres par la forme de leurs pensées, couchant dans la campagne poudreuse ou dans les hans, jusqu'au jour où se faisait la dernière halte sur le Mélès, au fameux pont des caravanes...
Aujourd'hui les caravanes sont rares. Pourtant, dans la rue des caravanes, on voit encore les hans, où logent les chameliers et les marchands : de grandes cours plantées d'arbres où des chameaux sont agenouillés et accroupis, où des hommes, aux costumes bariolés de ces tons superbes que donnent le rapiéçage, le frottement et l'usure, déchargent des fardeaux...
Voici venir un chameau couvert de ces étoffes de laine bigarrées sur lesquelles est arrimée la complication d'un bât, où portent, en équilibre, dans un réseau savant de cordes et de nœuds, les édifices les plus volumineux... Il avance, posant l'une après l'autre ses pattes molles, qui s'appliquent sans bruit sur la terre déjà pulvérisée par le passage d'innombrables chameaux semblables^: une terre mêlée de crottin et de débris de tous genres qui exhale la si caractéristique odeur des bazars, des hans et des soccos.
Derrière lui, en voici un autre, puis un autre, tous reliés ensemble par une corde ; et l'on s'aperçoit que la file entière est traînée par un tout petit âne gris dont un gamin tire la ficelle.
Ces chameaux ont le devant du corps, le cou, les pattes de devant couverts de poils épais, tandis que l'arrière-train est comme pelé et usé. Ils se détachent sur un décor de maisons turques, aux toits plats de tuiles, aux murs de pisé jaunâtre, dans lequel des rangs de tuiles crues, posées obliquement en dents de scie pour aérer l'intérieur, produisent un etïet décoratif.
Un arrêt à la fontaine: tous de dos, la tête penchée en avant, montrant l'ogive de leurs longues jambes maigre* que domine le chargement. Et les chameaux
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repartent. Ils arrivent à l'étape. On entend leurs cris stridents, A un commandement, le chameau fléchit sur ses genoux, se penche en avant et brusquement asseoit son train de derrière, puis affaisse son train de devant. Il attend en mâchonnant qu'on vienne lui enlever son fardeau....
Enfin, de flânerie en flânerie, nous nous rapprochons du Mont Pagos. C'est par là, à vrai dire, que nous aurions dû débuter : d'abord en vertu de ce principe général qui veut que, pour s'orienter dans une ville nouvelle, on commence par la dominer d'un point haut, ensuite parce que là se trouve à la fois le site le plus pittoresque de Smyrne et celui où l'on en revit le mieux le passé. Nous nous sommes, en effet, jusqu'ici promenés dans Smyrne comme s'il s'agissait de la plus moderne des villes turco-grecques, alors que nous abordons, en réalité, l'une des plus vieilles cités antiques et celle où la légende place le lieu de naissance d'Homère. Il est temps de nous en souvenir et de placer ici deux mots d'histoire.
La position géographique de Smyrne était marquée d'avance pour une agglomération humaine et, du haut du Mont Pagos, nous nous en rendrons particulièrement bien compte tout à l'heure. Il faut, pour constituer un tel centre de population, trois choses : d'abord, l'aboutissement d'une grande voie d'échange naturelle; puis, au début, de l'eau abondante; enfin une position élevée, une acropole propre à la défense.
La voie naturelle est ici tout indiquée par la topographie et détermine encore le mouvement commercial actuel dont nous venons de dire l'importance.
Cette position de Smyrne est une des plus belles
qu'on puisse souhaiter: sur une côte où abondent les golfes profonds, accessibles aux grands navires et ouvrant un débouché aux riches vallées de l'intérieur. C'est vers Smyrne que se sont dirigées jadis les routes antiques, aujourd'hui suivies par des voies ferrées qui viennent de Magnésie, du Sipyle et, plus loin, de Sardes, Alacheir, Koutaya, Afioun-Karahissar.ou encore, au sud, d'Oedemich, d'Ephèse, de Magnésie, du Méandre, ou, au nord, d'Akhissar et de Soma. Le golfe de Smyrne draine naturellement tout ce qui descend par la grande vallée de l'Hermos (ou Yédis-Tchaii, bien que la Smyrne actuelle soit un peu au sud, sur une vallée latérale.
Dans cette plaine si favorablement située, on avait le choix à l'origine entre plusieurs localités aux sources fraîches et plusieurs acropoles. C'est pourquoi la position de la cité paraît s'être modifiée avec le temps. Il dut y avoir, à certains moments, une ville aux Bains de Diane que nous visiterons bientôt. Là des sources particulièrement abondantes donnent peut-être naissance au véritable Mêlés et tout ce que nous savons sur tant d'autres cités antiques donne à penser qu'une venue d'eau semblable, à laquelle on recourt encore aujourd'hui pour alimenter la ville, a dû vivement attirer l'attention des premiers hommes.
Mais c'est ailleurs que l'on place la vieille Smyrne, habitée vers le XP siècle avant J.-C. Un peu au nord, près deCordélio, on voit, sur la montagne, les restes curieux d'une grande acropole à murailles cyclopéennes encore munies d'une porte. A côté sont des tombes à coupole, dont la principale est dite Tombeau de Tantale. C'est là probablement la primitive Smyrne qui fut assiégée par Gygès, le fameux roi
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de Lydie dont on connaît les démêlés avec Candaule.
Enfin, l'emplacement actuel de Smyrne, le plateau du Mont Pagos et les pentes qui s'y adossent vers le Nord, devinrent le siège d'une ville plus récente, dont on fait remonter la fondation à Lysimaque, le roi que nous avons déjà rencontré comme fondateur de Troie. Le Mont Pagos était-il déjà habité antérieurement, c'est fort possible. Mais il est certain que, depuis Lysimaque, Smyrne grandit rapidement et devint, sous l'Empire romain, la première ville d'Asie. On y vantait un sanctuaire élevé à la mémoire d'Homère, l'Homéreion. Plus tard, Smyrne est une des sept villes de l'Apocalypse. De grands tremblements de terre la ruinent en 178-180. Marc- Aurèle la reconstruit. Elle passe aux Seljoucides; puis, pendant l'empire latin de Constantinople (1204-1261), à l'empereur grec de Nicée. En 1344, les chevaliers de Rhodes la fortifient. En 1424, les Turcs s'en emparent et arrêtent, pour un temps, sa prospérité.
De cette antiquité, que reste-t-il ? Pas grand'chose, comme nous allons le voir en faisant maintenant l'ascension du Mont Pagos.
Hors du bazar obscur, brusquement nous sortons au plein soleil, dans des ruelles montantes aux maisons basses, que coupent des bouts de cimetières orientaux, avec leurs pierres ornementées en désordre sous les cyprès. Ces maisons elles-mêmes s'arrêtent comme essoufflées et, au haut d'une dernière pente nue, nous apercevons les belles murailles flanquées de tours, la silhouette crénelée et les chemins d'accès pierreux qui s'introduisent en serpentant dans la muraille.
Le sommet du Pagos est un grand plateau allongé dans le sens de l'est à l'ouest sur 650 mètres de long et 200 mètres de large. Quand on regarde au nord, on domine de là toute la ville, toute la baie azurée et la chaîne lointaine du Sipyle. On aperçoit, sur la droite, le pont des caravanes qui traverse le Mélès, puis, à la sortie de la ville, le grand cimetière aux cyprès noirs et, par derrière, dans le lointain, les Bains de Diane.
Quand on regarde au sud-est et au sud, on voit les pentes trachytiques plus escarpées dominer le ravin du Mélès, traversé par de belles arcades antiques croustillantes de lumière qui amènent, depuis l'antiquité, l'eau dans la ville. De minces voûtes ogivales s'accolent les unes aux autres, celle du milieu s'élargissant à la base par une série de renvois successifs afin de laisser passer le torrent; et des murs de soutènement avec voûtes de contrebutée relient ces arcades les unes aux autres. C'est ce qu'on appelle le Val Sainte-Anne (V. pi. 32). Au fond de la vallée court une voie ferrée qu'on distingue à peine et la pensée s'envole aisément de ce côté vers tous les pays mal connus qui ont déversé, pendant tant de siècles, leurs réservoirs d'hommes sur l'Europe, qui, pendant tant de siècles, ont été le centre des civilisations dont nous avons hérité.
La vue du haut de l'acropole du Mont Pagos est très complète. La situation était évidemment remarquable et l'on conçoit qu'elle ait attiré l'attention des très anciens humains qui y ont élevé le premier sanctuaire entouré de murailles, pour rester ensuite indéfiniment un point retranché presque imprenable.
Sur l'acropole même c'est, comme toujours en
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pareil cas, un pêle-mêle de débris de toutes les époques repris et réenglobés dans des constructions plus récentes. Les fondations sont souvent antiques. A l'intérieur de l'enceinte on peut également remarquer une grande citerne byzantine et la ruine d'une mosquée.
Enfin, sur les flancs de cette colline, se voient tous les restes antiques encore subsistants dans Smyrne^. C'est un théâtre dont il reste à peine un pan de mur, sur la pente même du Pages, immédiatement au nord de la forteresse. C'est, à l'extrémité sud, un stade encore assez visible; à l'ouest de la ville turque, près du quai, un temple d'Esculape et un temple de Vesta. Cette disparition de presque toute trace antique dans une ville où l'antiquité a joué un si grand rôle tient à ce que la ville antique a été englobée dans la ville turque, et l'on a rasé ou utilisé les murailles dont on voyait encore des restes au xviiF siècle.
Mais du Pagos, il faut, pour compléter notre promenade, descendre au pont des Caravanes, ne fût-ce que pour toucher ce ruisseau auquel on donne le nom de Mélès et vers lequel Chateaubriand se précipita pour boire une gorgée en souvenir d'Homère.
Le Mélès s'est beaucoup déplacé avec la fantaisie des archéologues. Communément, on va le voir au Pont des Caravanes, ou sous les aqueducs romains du Val Sainte-Anne. Mais n'est-ce pas plutôt la belle source qui sort des Bains de Diane, « le Mélès
1. Dans le konak du gouverneur, on peut voir quelques antiques, des figures de Gybèle, les fragments d'une frise des Centaures provenant du temple de Dionysos à Téos. Il existe également un petit musée archéologique au collège grec et des collections particulières.
à l'eau limpide et plein de joncs épais des auteurs classiques »? Notre goût d'hydrologue et le souvenir de tant de villes antiques auxquelles une source semblable a servi d'origine nous porterait volontiers de ce côté. Enfin, souvent aussi, on place le Mélès vers ce qu'on appelle la vieille Smyrne, dans l'angle nord-est de la rade, près de Cordélio, où se trouvent le tombeau de Tantale, les caveaux funéraires et la haute acropole antique, dont nous avons déjà dit un mot.
Quand on peut rester quelques jours à Smyrne, les environs méritent des promenades.
Les côtes tout d'abord se peuplent de plus en plus de faubourgs de plaisance, qui se développeraient encore davantage si la sécurité était mieux assurée. C'est Boudja, Bournabad, Bounarbachi ou « Tète de l'Eau «. Un joli coin bien oriental, un tableau tout composé et souvent peint que ce Bournabad, avec sa fontaine des Soupirs. On retrouve par là la Smyrne des tableaux de Decamps, Les jardins, les maisons de campagne, les cyprès, les pins parasols et les platanes en font un endroit de fraîcheur pour l'été. Quelques pans de vieux murs, se dressent parmi les cyprès, au-dessus de l'eau courante et des notes de couleurs sont piquées dans la verdure.
En face de Smyrne, sur l'autre rive du golfe, c'est encore Cordélio, où l'on peut aller voirie tombeau de Tantale.
Une autre excursion classique conduirait à* Nymphi.
De la vallée de l'Hermos, pour descendre à Smyrne, on suivait autrefois la voie antique qui part de Cassaba et dont le point culminant ne dépasse
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pas 200 mètres. Là, vers le col, se trouve le fameux bas-relief rupestre dit de Nymphi, ou de Nymphio, qu'Hérodote décrivait déjà comme une figure de Sésostris et que l'on croit aujourd'hui hittite (vers 2000 avant J.-C.) (V. pi. 32). C'est un homme à bonnet pointu, avec l'arc et l'épée, qui peut avoir 2 m. 50 de haut. L'aspect est vraiment saisissant de ce guerrier entaillé dans sa paroi de rocher à 30 ou 40 mètres au-dessus de la vallée. Dans une grande paroi verticale sillonnée de rainures de pluie et corrodée par de longues intempéries, au-dessus des arbres, on voit le roi hittite marchant de profil, les jambes écartées, le bras droit tendu, le bras gauche replié, penché en avant comme s'il décochait une flèche ou épiait son ennemi.
La voie du chemin de fer contourne à l'ouest le Sipyle en passant par la blanche Manissa (Magnésie du Sipyle), au voisinage de laquelle on voit, dans une paroi de rocher, une autre statue colossale, dite la Niobé, peut-être quelque antique symbole hellénique de Cybèle.
Enfin, on peut encore se faire une idée de la campagne de Smyrne, en s'enfonçant dans l'intérieur vers les Bains de Diane.
Pour aller aux Bains de Diane, on passe le pont des Caravanes, on traverse une superbe forêt de cyprès qui est un cimetière et l'on rentre dans un faubourg turc aux grands jardins, aux maisons basses avec des fenêtres grillagées, aux rues étroites, où circulent de rares femmes voilées sur leur bourricot que conduit un nègre.
Aux Bains de Diane, il y avait, lorsque je les ai vus, un ancien parc abandonné avec des marais à peu près défrichés, un étang planté de roseaux
et un énorme platane, sous lequel la tradition qui n'a jamais de scrupules historiques, veut qu'Alexandre se soit reposé à l'époque où il fondait Smyrne. C'est une de ces sources abondantes qui, dans le voisinage de toutes les antiques villes asiatiques, ont toujours attiré d'abord et fixé les nomades. Aujourd'hui encore, la Société des Eaux de Smyrne conduit ces eaux à la ville.
Quand on a fait ainsi le tour de Smyrne, la tentation est bien forte de s'échapper plus loin encore vers toutes ces vieilles cités aux noms classiques dont les affiches mêmes des gares vous apportent la tentation : vers Éphèse semée de ruines, vers Sardes et ses vieilles tours à coupoles, vers Pergame, Kolophon, Priène, etc. Mais c'est un tout autre voyage, où l'on aborde déjà la Turquie peu connue, sinon inconnue. 11 faut savoir se résigner et partir...
RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
L'excursion de Troie se fait à partir des Dardanelles, où s'arrêtent la plupart des navires (Tchanak Kaléssi). Elle demande deux jours d'arrêt et comporte un trajet à cheval de 6 heures. Le coucher à Kalifatli ou à Ren-keui est sommaire. Un drogman, que l'on peut prendre aux Dardanelles en le retenant d'avance, est à peu près indispensable. C'est donc une petite aventure où l'on sort des chemins battus. On peut aussi se joindre aux excursions archéologiques que font parfois diverses sociétés.
A lire, outre : Schliemann, Ilios (1885), qui a vieilli, Di.rpfeld, Troja und Ilion, 2 vol., Athènes, 1902 et Perrot, Histoire de l'ArL T. 6, La Grèce primitive, 1S94.
Smyrne est une ville tout à fait européenne, où l'on parle encore plus couramment français qu'à Constantinople. Sa visite ne présente aucune difficulté. On la parcourt aisé-
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ment en un jour : ascension au Mont Pagos et bazar le matin, pont des Caravanes dans l'après-midi. Si l'on reste plusieurs jours, on n'a que l'embarras du choix entre des excursions nombreuses. Les trajets sur les chemins de fer asiatiques, quelle que soit la nationalité, française, anglaise, allemande, sont simplifiés par l'obligation imposée aux employés de parler français. Il est cependant bon, si l'on s'enfonce en Asie, d'emmener un drogman ou d'être annoncé et introduit d'avance auprès de quelques personnes du pays.