‹ La tyrannie socialisteChapitre 6 sur 119 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

ques cpithètes aussi variées que de bon goût, comme un « affameur. » Ce n'étaient ni de pareils procédés, ni de semblables arguments qui pouvaient changer mes convictions. Comme Cobden, je considère que « concéder au gouvernement le droit de régler les heures de travail, c'est poser le principe d'un retour en arrière » ; et on se rappelle avec quelle énergie John Morley, aujourd'hui membre du cabinet Gladstone, candidat à iXewcastle, en 1892, déclara qu'il préférait ne pas être élu plutôt que de faire cette concession. Voilà des exemples de courage que feraient bien de méditer certains députés français qui s'abandonnent trop volontiers à tous les courants, sans même en sonder la profondeur ni en mesurer la force.

La nécessité de défendre la liberté individuelle contre une prétendue législation protectrice du travail et contre le despotisme de certaines associations ou syndicats se fait sentir partout. M. Georges Howel, membre du parlement, ancien ouvrier, ancien secrétaire du conseil des Trade>> Unions à Londres et du Comité Parlementaire du Travail, un homme que les socialistes ne peuvent pas accuser d'être « un bourgeois », dans son livre intitulé le Trade Unionism new and old, protestait, en 1892, contre l'esprit de tyrannie qui s'était produit dans les grèves des docks, des ouvriers du

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gaz, à l'égard des ouvriers indépendants, ceux que nous appellerions les non-syndiqués : et il concluait à quoi? à la nécessité d'une loi pour assurer la liberté du travail ! C'est parce qu'il a soutenu la même thèse que M. Broadhurst, un ouvrier aussi, a dû donner sa démission de secrétaire du Cong-rès des Trades 6««o;i.s, fonction qu'il remplissait depuis quatorze ans. et qu'il a été battu à Nottingham. Ces hommes sont-ils des renégats? Ne sont-ils pas des esprits clairvoyants qui veulent préserver leur patrie et leurs amis de la plus odieuse des tyrannies?

Aux Etats-Unis, les mêmes protestations se font entendre. Un de leurs plus éminents publicistes, M. George Ticknor Curtis, a réclamé aussi au nom de la liberté individuelle : « Nous avons émancipé de l'esclavage la race noire, il est nécessaire d'arracher certaines parties de notre race à un esclavage qui ne vaut pas mieux. Il n'est pas permis à un homme d'aliéner son droit à la vie ou à la liberté (1). »

M. Gates, président de la Commission d'enquête du Congrès des Etats-Unis sur la grève de Homes tead, rappelait que les lois des Etats-Unis « ont consacré le droit de ton f homme à travailler aux

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