North American Review, ^S
XII INTKODUCÏION
conditions qu'il fixe d'accord avec son employeur, qu'il appartienne ou non à une organisation du travail et le droit de toute personne et de toute société d'employer un ouvrier quelconque à un travail autorisé par la loi^ et que dans ce libre pays, ces droits ne sauraient être contestés ni restreints, à peine de détruire cette liberté personnelle qui est riionneur et la gloire des citoyens américains. » Il repoussait l'arbitrage obligatoire, en vertu de ce principe qu'une autorité quelconque ne peut imposer un contrat à une personne qui refuse de l'accepter.
Enfin le président des Etats-Unis, M. Cleveland, disait dans son message : « Les leçons du paternalisme devraient être désapprises. 11 faut que le peuple sache qu'il doit être, avec patriotisme et allégresse, le soutien du gouvernement et non pas celui-ci le soutien du peuple. »
Voilà dans quel termes des hommes éminents, de nationalités et de situations différentes, s'élèvent contre les prétentions tyranniques des socialistes actuels. En France, par leur agitation, la place qu'ils prennent dans les discussions du parlement et qu'ils occupent dans quelques conseils municipaux, la docilité moutonnière avec laquelle les suivent certains hommes politiques, ils donnent l'illusion d'une force qu'ils n'ont pas. Par leurs affirmations
INTRODUCTION XI il
tranchantes, par leurs sophismes subtils, ils apparaissent aux yeux de naïfs et d'ig:noranls, comme des sortes de messies et d'apôtres.
En attendant les monopoles effectifs dont ils veulent s'emparer, ils s'arrogent le monopole de représenter « la classe ouvrière ». Ainsi, voici en quels termes M. Lavy interrompait mon discours du 8 mai 1893 sur les Bureaux de placement :
M. Lavy. — Cela cadre avec les affirmations que vous avez formulées d'un bout à l'autre de votre discours contre la classe ouvrière. Vous en avez le mépris et la haine, je le conçois.
M. Yves Guyot. — Monsieur Lavy, permettez-moi de vous dire que je ne considère pas cette expression de classe ouvrière comme étant compatible avec le vocabulaire dont nous devons nous servir ici. (Très bien! très bien! sur un grand nombre de bancs.) Nous ne reconnaissons pas plus de classes ouvrières {Très bien! très bien!) que de classes aristocratiques.
Et nous mêmes, quelles sont donc nos origines? Quelle est notre manière de vivre? Croyez- vous donc que nous n'avons pas tous des attaches avec les ouvriers dans notre parenté ou parmi nos ancêtres!
Est-ce que la plupart d'entre nous ne travaillent pas d'une manière ou d'une autre? Qu'est-ce que ces séparations aussi radicales que vous voulez faire entre les travailleurs et ceux qui ne travaillent pas. {Très bien! très bien! — Applaudissements à gauche et au centre.)
Vous avez déclaré, monsieur Lavy, que j'avais la haine et le mépris de la classe ouvrière. Pourquoi aurais-je ce mépris ? Pourriez-vous me le dire ?
M. Lavy. — Je n'en sais rien.