‹ La tyrannie socialisteChapitre 65 sur 119 · Slj^cle, 5 mai · texte numérisé non relu

Slj^cle, 5 mai

ceux qui, depuis moins de dix ans. ont exercé des métiers similaires.

Mais MM. Bovier-Lapierre et ses amis nous paraissent avoir fait de vains efforts pour donner satisfaction aux exigences socialistes : car les représentants de la Bourse du travail ont déclaré que peu leur importait cette loi, puisqu'ils ne reconnaissaient pas la loi de 1884, et ont proclamé qu'ils entendaient n'être groupés et régis que d'après leur propre convenance et leur bon plaisir.

Ceux mêmes qui acceptent la légalité des syndicats ne sont pas satisfaits du rôle qui leur est attribué. Nous avons vu le^Congrès de Tours demander qu'ils règlent les salaires et surveillent les ateliers.

Le Congrès de Bienne l'avril 1893) a réclamé les syndicats obligatoires dans chaque profession. Ils détermineront les conditions du travail, la journée normale, le taux du salaire. Les décisions prises auront force de loi pour tous les patrons et ouvriers.

Du moment que je me permets de déclarer qu'un syndicat, même légal, n'a pas tous les droits,, qu'il n"a pas le droit de constituer un monopole et de priver un ouvrier de travail, s'il refuse d'en faire partie, on ne manquera pas de dire que je suis ennemi des syndicats.

Pour moi, au contraire, les ennemis des syndicats, ce sont ceux qui veulent les constituer en monopoles, confisquer à leur profit toute une partie de l'activité de la nation, en faire l'apanage des audacieux et des habiles qui ont su en prendre la direction et transformer des organismes destinés à développer les garan-

ties de la liberté individuelle en instruments d'oppression.

Les ennemis des syndicats, ce sont ceux qui, par leurs pratiques et leurs paroles, semblent prendre à tâche de justifier la loi des 14-17 juin 1791 abolissant les anciennes corporations et stipulant « la défense de les rétablir de fait sous quelque forme et sous quelque prétexte que ce soit. »

Les ennemis des syndicats, ce sont ceux qui déclarent que la loi de 1884 est no a avenue pour eux et qu'ilsentendentconstituerdes corporations ayant, pour principal objet, non pas de discuter les intérêts de la profession, mais de préparer la guerre sociale.

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