‹ La tyrannie socialisteChapitre 76 sur 119 · LES CAUSES DES GREVES · texte numérisé non relu

LES CAUSES DES GREVES

toujours comme un des principaux griefs plus ou moins bien motivés. Souvent quand la compagnie a cru avoir une intention excellente, cette intention est dénaturée ou prise en mauvaise part.

Les grévistes ont invoqué, àmaintesrciirises, à Bessèges, en 1882, ù Anzin, en 1884, à Decazeville, en 1886, l'institution de sociétés coopératives de consommation.

En 1881, la société de secours mutuels des chapeliers qui, comme elle le reconnaît, était un syndicat de résistance, imposa une grève dans des conditions qui montrent jusqu'où peut aller, dans la conception de certains syndiqués^l'idée du pouvoir des syndicats et le mépris de la liberté du travail. La maison Crespin, Laville et C'® avait deux maisons, l'une, rue Vitruve et l'autre, rue Simon-le-Franc. Elle payait les ouvriers de cette dernière au tarif de la société et les premiers à un tarif plus bas. La société ordonne à celleci de se mettre en grève. Ils obéissent. Elle ordonne aux ouvriers de la maison de la rue Simon-le-Franc de se mettre en grève à leur tour. Certains se soumettent ; d'autres protestent, en disant : — Nous travaillons au tai if de la société : nous sommes en règle. Nous n'avons pas de motif pour nous mettre en grève. Vous ne pouvez l'exiger de nous. — On vous expulsera. — Et nos cotisations pour la caisse de retraite, etc.? — Perdues.

Une assemblée générale est convoquée et, avec des procédés menaçants^ oblige les ouvriers de la rue Simon-le-Franc à faire grève !

Beaucoup de grèves qui se sont produites dans ces derniers temps viennent de la prétention des syndi-

cats à imposer leur autorité dans les ateliers et usines, à ne pas souffrir qu'il s'y trouvât un ouvrier non-syndiqué. Au mois de janvier 1893, cette prétention provoqua non seulement la grève dans l'usine Marrel mais par solidarité, les ouvriers des autres usines, Brunon, Arbel. Deflassieux, Lacombe, des Aciéries de la marine, etc., etc.^ les ont quittés sans invoquer aucun grief, ni formuler aucune réclamation.

La grève est déclarée : mais par qui? Est-ce à l'unanimité ? Pas du tout. C'est une minorité le plus souvent qui prend la résolution. Si elle trouve de la résistance, elle a recours à l'intimidation, aux injures, aux menaces et même aux coups. En mars 1882, à Bessèges, 2 ou 300 individus se mettent en grève : 5.500 ouvriers voulaient travailler, et finissent par céder.

Le 25 novembre 1889, à la Chambre des députés, je signalais qu'à TEscarpelle, le 7 novenbre, une réunion spontanée d'ouvriers antigrévistes avait combattu la grève. îiJalheureusemenl, c'est là un acte de courage isolé dans l'histoire des grèves.

Le 19 novembre 1891, je disais à la Chambre des députés, sans que mes renseignements pussent être contestés, que la grève des mineurs du Pas-de-Calais, avait été déclarée à la suite d'un vote dont les voix se répartissaient de la manière suivante: 13.000 pour; 7,000 contre; 10.000 abstentions et la grève générale est proclamée.

Ensuite on nomma des délègues pour formuler des revendications qui devaient, a posteriori, la justifier.

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