‹ La tyrannie socialisteChapitre 97 sur 119 · Acollas, Manuel de Droit civil, t. II, p · texte numérisé non relu

Acollas, Manuel de Droit civil, t. II, p

doxal de ranger un tel contrat parmi ceux qui favorisent l'autonomie de l'individu ; cependant, rien n'est plus exact ; si le mineur ne louait pas ses services, il chômerait et mourrait ; en louant ses services, il échange le risque de la mort à bref délai par la faim contre le risque d'une mort à plus long terme... Donc ce que fait le mineur en se louant favorise l'autonomie du mineur. »

On peut ajouter qu'il est libre de louer ou de ne pas louer ses services ; de chercher une autre occupation, etc. Mais l'important, c'est de bien spécifier que dans le contrat de louage, l'ouvrier n'aliène qu'une chose : son travail, et que sa personnalité en dehors de ce service reste tout entière intacte.

Chez les peuples primitifs, dans les maquignonages des foires, encore dans les marchés de détail, aux halles, on entend vendeurs et acheteurs se dire : — « Faites ça pour moi 1 Je vais vous le donner à tel prix, parce que c'est vous. » La personnalité est mêlée à l'acte de vente et au marchandage. Mais ces habitudes disparaissent au fur et à mesure du développement du commerce. Les vendeurs de blé d'Odessa, de San-Francisco ou de Chicago ne connaissent point personnellement .leurs acheteurs de Londres, d'Anvers, de Paris ou de Marseille. Ce n'est point, la sympathie ou l'antipathie pour tel ou tel qui fixe les cours d'achat et de vente à la Bourse du commerce. 11 serait mal venu l'acheteur qui viendrait dire à un vendeur : — Je suis animé des meilleurs sentiments pour vous, je vous regarde d'un air paternel. Par conséquent, ayez de la reconnaissance pour moi et prouvez-le-moi, en me vendant au rabais.

des mineurs ou des métallurgistes,, du jour au lendemain, ne rentrent pas ; quand des employés ayant droit à des retraites, comme ceux des manufactures de l'Etat quittent le travail; quand d'autres, après avoir pris certains engagements les rompent, il est indispensable que les employeurs aient recours à l'article 1780 et fassent condamner les grévistes à des dommages-intérêts. C'est ainsi qu'ont agi avec juste raison les verriers du Rhône. Pour assurer le recouvrement de ces dommages, ils peuvent demander un cautionnement à leurs ouvriers. Qu'ils fassent payer ou ne pas payer les dommages-intérêts, c'est une question secondaire : mais le point important, c'est de bien démontrer au travailleur que le contrat de travail n'est pas un vain mot, mais une réalité, et qu'une des parties ne peut le rompre selon ses caprices et sa fantaisie.

Les idées sont encore si peu dégagées que quand des ouvriers se sont mis en grève, en général l'employeur semble considérer que le contrat tient toujours. 11 se met à parlementer avec des délégués de « ses » ouvriers : et ils ne le sont plus, du moment qu'ils ont quitté leur atelier ou leur chantier.

L'employeur doit considérer que le contrat de travail est rompu et que tout gréviste ne fait plus partie du personnel de son établissement et poser pour règle qu'il reprendra ou ne reprendra pas, à son choix, les ouvriers qui ont quitté le travail.

La réintégration n'est pas plus un droit pour le gréviste qu'un vendeur ne pourrait forcer un acheteur à prendre une marchandise, qu'il aurait refusé de lut livrer, après l'avoir promise.

Un des inconvénients des « maisons ouvrières, » c'est qu'en présence d'une grève, l'employeur, qui loge ses ouvriers, se trouve dans la situation suivante : quand ils rompent le contrat de travail, il ne peut les mettre à la porte. Il conserve donc dans ses locaux, chez lui, autour de ses ateliers ou de ses puits, une population qu'il ne peut pas changer et qui empêche les ouvriers étrangers de venir.

IV. — Le socialisme patronal a développé l'esprit, le besoin de protection chez les travailleurs et leur aptitude à accepter les théories du collectivisme. En multipliant leurs points de contact, avec l'employeur, il a multiplié les difficultés, les froissements, les mécontentements et les prétextes à mécontentements.

Les patrons qui veulent tout prévoir pour leurs ouvriers les rendent imprévoyants et ingrats : aulieu de développer leurs qualités intellectuelles et morales, ils les atrophient et les corrompent.

Pour moi les règles que doivent suivre les employeurs à l'égard des institutions de prévoyance se réduisent à celles-ci :

1° Sociétés de secours mutuels. Libéralités, soit : mais administration complètement remise aux mains des intéressés.

2° Les accidents, sauf le cas de lourdes fautes, à la charge des employeurs.

3° Livrets individuels de caisses de retraites, pouvanttoujours être remis à l'ouvrier, ou sur sa demande ou selon les convenances de l'employeur.

militaire, bien plus facile à comprendre que les conditions de la liberté. Par besoin d'ordre, d'obéissance, et la recherche du moindre effort, il le transporte dans sa conception de la vie économique. Au fond, ces agités révolutionnaires ont un idéal de couvent; et ce qu'ils indiquent comme but aux foules qui les suivent, c'est la conquête de la paresse. Ils leur demandent de se donner beaucoup de mal et même de donner des coups et d'en recevoir pour avoir droit à l'apathie : mais n'est-ce pas précisément la vie du sauvage guerrier qui méprise le travail? et n'avonsnous pas là encore une preuve du côté régressif du programme socialiste ?

D'après les constatations que nous avons faites, le mot socialisme peut être défini : « l'intervention de l'Etat dans la vie économique du pays. »

— Mais alors, sont-ils donc socialistes, les hommes qui^ au nom de l'intérêt de la pî-opriété foncière^ demandent des droits de douanes sur les blés, sur les avoines, sur les chevaux, sur le bétail, les bois, les vins? Ceux qui, au nom des intérêts de « l'industrie nationale » et « du travail national », demandent des droits de douanes sur les cotons, les soies, les laines, les tissus de tous genres, les fers depuis les rails jusqu'auxplumes,les machines, les produits chimiques, et tousles objets quelconques, dus à l'industrie humaine?

A cette interrogation, je réponds par l'affirmation la plus nette et la plus positive :

— Ouij vous êtes socialistes, grands et petits propriétaires, qui réclamez des tarifs de douanes, car que demandez-vous? sinon l'intervention de TEtat pour garantir les revenus de votre propriété. Que

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