‹ La Vaccination Antidiphtérique État Actuel de la QuestionChapitre 16 sur 26 · RENE US · texte numérisé non relu

RENE US

Voyons maintenant les résultats de la vaccination employée en grand sur des collectivités. Deux cas peuvent être envisagés : on opère en milieu sain, ou à l’occasion d’un cas sporadique, comme MM. Martin, Loiseau et Lafaille, ou en pleine épidémie, comme M. Zoœller.

Au sanatorium de Banyuls, un cas de diphtérie s'étant produit on pratique du 5 juillet au 20 août la vaccination de 223 enfants : aucun cas de diphtérie.Le nombre des réactions ne dépasse pas 18 %, et2, 5 % seulement sont au-dessus de 39 degrés pour la primo-injection. Pour la troisième, il n’y a plus de réactions fortes, et seulement 12 % de réactions moyennes ou faibles. Aucune aggravation ne s’observe jamais chez les sujets vaccinés.

8.450 sujets vaccinés par divers médecins dans des écoles, des lycées, des asiles ou des sanatoriums confirment l'exemple que nous avons donné, et ce chiffre montre que la vaccinatiou tend à se diffuser.

En milieu épidémique, M. Zœæller a pratiqué trois campagnes de vaccination dans les troupes de Rhénanie, en 1924 et 1925. Du 15 au 18 août 1924, il vaccine 143 sujets à Schick positif avec 0 cm. 5 d’anatoxine. Au début du mois de septembre, 102 sont revaccinés avec 4 centimètre cube.

Du 1° septembre au # novembre, aucun cas de diphtérie parmi les bivaccinés, un seul cas bénin parmi les monovaccinés, 108 cas parmi les non vaccinés.

Huit mois plus tard, aucun cas de diphtérie n’a été observé chez les vaccinés restant an corps, mais 29 se sont déclarés chez les nons vaccinés.

Ces résultats excellents s’expliquent en partie par le

fait que la vaccination entreprise à la fin d’une poussée épidémique a été facilitée par la diffusion même des bacilles diphtériques, qui se traduisait par une proportion élevée de sujets à anatoxi-réaction positive. D’autre part la maladie s’était chargée d'éliminer les sujets les plus fragiles.

La troisième campagne pratiquée au début d’une épidémie est plus instructive (juillet, août 1925).

Dans un régiment de cuirassiers, 155 soldats arrivent au mois de juin ; 47 échappent au contrôle, 138 sont présentés à la vaccination ; 50 ont un Schick négatif, 28 des autres reçoivent 1 ou 2 injections, 60,3 injections.

Du 23 juin au 1" novembre 50 % de diphtérie chez les mono ou bivaccinés, 50 % chez les non vaccinés réceptifs, 10 % chez les trivaccinés.

Du 1er novembre au 1°" janvier : aucun cas de diphtérie chez les vaccinés ; 10 cas chez les non vaccinés, dont 9 chez des recrues. Les résultats moins beaux s'expliquent par la plus faible proportion de sujets allergiques, 5 à 30 % au lieu de 51.IL importe d’ailleurs de préciser que les cas d’angines observés chez les vaccinés ont été particulièrement bénins,et que, souvent,on a pu se dispenser de toute sérothérapie.D’autre part,n’oublions pas qu’une angine banale peut s’observer chez un porteur de germes sans être une angine diphtérique.

Il est permis d’espérer que la recherche des porteurs de germes deviendra bientôt superflue en milieu vacciné, ceux-ci étant les plus sûrs auxillaires de la vaccination préventive.

On pourrait aussi, en présence d’une angine apparue chez un vacciné, injecter non du sérum, mais de l’anatoxine, pour stimuler la réactivité acquise,

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