TITRE I
Pneumonies expérimentales à Rickettsies
A) HISTORIQUE DE L’ADAPTATION DES VIRUS EXANTHÉMATIQUES AUX POUMONS DES DIVERS RONGEURS
H: Sparrow et Lumbroso (1929) (80) étudiant l'effet de l’inoculation nasale de virus typhiques aux animaux, observent les réactions générales de ces animaux, sans toutefois rechercher les lésions pulmonaires.
Okamoto (1937) (81) inoculant par voie péritonéale les virus typhiques murin et historique à la souris, constate que le poumon est plus riche en cellules infectées que le foie, la rate et le cerveau.
— La —
Mais Wohlrab (1937) inoculant par voie nasale la souris anesthésiée à l’éther, ne constate aucune lésion des poumons.
Les premières expériences décisives sont dues à Castañeda (1939) (83) : cet auteur utilise pour ses inoculations une émulsion de vaginales de cobaye infecté de typhus orchitique mexicain. Cette émulsion est inoculée sous anesthésie générale à l’éther à la dosé de 0,2 cc. par voie nasale chez la souris ou le rat, à la dose de 8 à 10 cc. par voie trachéale chez le lapin, cet animal étant maintenu hypothermique par injection dé dial. La souris, änimal le plus sensible, meurt hypothermique à la 96° heure, porteuse de lésions pneumoniques. Une émulsion du poumon de la souris dans 7 cc. d’eau physiologique administrée par les mêmes voies à ces animaux, entraîne la mort dé la 92° à la 96° heure.
P. Durand et H. Sparrow ont publié en 1940 des recherches du même ordre à l’aide des virus typhiques murin et historique (84). L'emploi des virus murins, souche Zinsser ou souche Tu P r de H. Sparrow leur donnent les mêmes résultats qu'à R. Castañeda : la souris meurt en 3 à 6 jours au premier passage, et en 4o à 96 heures avec des dilutions de poumon à 1/10 ou 1/100 aux passages suivants.
Par centrifugations fractionnées, on obtient pour un poumon () une suspension de 10 à 20 cc.
Ca
() N.B, — Signalons une fois pour toutes dès maintenant, que par un poumon (tant de lapin que de souris), nous éntendons l’ensemble des deux poumons de ces animaux.
à peu près pure en Rickettsies et donnant un trouble égal à une suspension de germes T.A.B. à 1 milliard par cc. Les lésions sont massives : hépatisation hémorragique totale.
Avec le virus historique, que ces auteurs semblent avoir été les premiers à utiliser, l’inoculation respiratoire de broyat d'organes de cobaye est négative, mais l’inoculation de broyat de 1 ou 2 intes- tins de pou produit la mort de la souris en 3 jours au premier passage et en 4o heures aux passages ultérieurs. Les lésions pulmonaires et leur richesse en Rickettsies sont les mêmes que celles obtenues avec un virus murin.
D’autres rongeurs, souris grise, souris des champs, rat rayé, gerbille, gerboise, donnent des résultats analogués. Le mérion, le rat blanc et le cobaye paraissent moins sensibles. Mais les auteurs n'obtiennent chez le lapin, malgré l'intensité des lésions, qu’une faible concentration de Rickettsies dans les suspensions de poumon.
L'inoculation de virus boutonneux (broyat de rhipicéphales ou mieux vaginale de cobaye infecté) donne les mêmes résultats chez la souris et le mérion., De même, P. Durand, P. Giroud et Mme H. Sparrow (1940) (85) obtiennent avec le virus de la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses les mêmes lésions et la même maladie par l’inoculation à la souris, au mérion et au lapin après abaissement de sa résistance. Chez ce dernier animal, ils notenf une hépatisation lardacée du poumon avec de très nom-
me ne
breuses Rickettsies. Ils ne notent pas de différences d'activité entre le virus provenant de la vaginale de cobaye infecté ou du Dermacentor, comme on l’observe avec le virus historique.