ADAPTATION AU POUMON DU LAPIN DES RICKETTSIES PU TYPHUS HISTORIQUE
Cette adaptation est le fruit des longues et patientes recherches de P. Giroud et de son collaborateur R. Panthier (1941-42) (97). Grâce à cette adaptation, on peut éviter les passages sur souris, obtenir un développement plus massif des Rickettsies dans le poumon du lapin, et, par suite, un pouvoir antigénique d'autant plus grand que de lapin n’oppose plus la même résistance au virus.
À partir de Ia souche pulmonaire de virus historique entretenue ‘sur souris, au cours des passages successifs de lapin à lapin, la gravité de la maladie décroît progressivement et l'importance dela récolte des Rickettsies diminue : dès le deuxième passage, on n’observe-plus guère sur frottis que des corps homogènes, aspects traduisant la réaction cellulaire locale. Il fallait donc-abaisserila résistance du lapin.
Abaissement de la résistance du lapin
On sait que le passage cerveau-péritoine du wirus historique chez ke cobaye provoque au 7°-8° jour, Papparition d'une ‘fièvre tvphique qui dure jusqu'au 15*. Jour. RER ae SR > P.-Giroud (1936) (87) inocule par eette techni-
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que 4 cobayes soumis depuis 4 jours à un régime carencé (avitaminose C). Il provoque ainsi chez la moitié de ces animaux, après 5 jours d’incubation seulement, un typhus mortel en 2 ou 3 jours. Si Je régime de carence est établi le jour même .de l’infection, il obtient, sur 17 cobayes, 2 cas d’orchite. Le régime de précarence favorise l’apparition de cette orchite dans 1 cas sur 1e. De même l’inoculation de cerveaux de souris infectées soumises à un régime normal ne produit qu’une maladie inapparente, alors que l'inoculation de cerveaux de souris carencées infecte le cobaye et produit parfois la mort.
Il n'est pas non plus sans intérêt, d’ailleurs, de remarquer avec P. Giroud (1936) que l’état de carence C fait disparaître chez le cobaye l’immunité acquise par une infection antérieure (87).
C’est en partant d’ailleurs du même principe d'affaiblissement de la résistance, que Zinsser, pour obtenir sur vaginales de rats une plus grande récolte de son virus orchitique, soumettait ses animaux à des injections répétées de benzol (45) ou à une irradiation massive (46).
Mais il existe bien d’autres procédés pour abaisser la résistance d’un organisme animal, et particulièrement celle du lapin, animal physiologiquement peu réceptif à l'infection typhique. C'est ainsi que -pour augmenter Ja réceptivité de cet animal, on peut le sotrmettre à des injections intrapéritonéales répétées de sang, d'extrait globulaire ou orchitique, ‘ou de doses massives d’antigène tué (suspension de
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bacilles T.A.B. par exemple). On peut encore utiliser des lapins paralysés, enduits de collodion, irradiés ou splénectomisés/ ou encore des lapins éthyroïdés ou saignés (P. Durand et P. Giroud). Castañeda utilisait des lapins anesthésiés par injections intraveineuses de Dial (83).
Ces derniers procédés, d’ailleurs, ont pour effet commun d’abaisser la température du lapin. Aussi sembla-t-il plus simple à P. Giroud d’obtenir ce résultat par simple exposition du lapin tondu dans une enceinte refroïdie. À l’action du froid, on ajoute l’action d’injections intrapéritonéales de vaccin T.A.B. chauffé, injections qui ont pour effet, aussi bien que l'irradiation ou la splénectomie, de bloquer l’activité du système réticulo-endothélial, et favorisent ainsi la fixation du virus typhique au niveau du poumon : À
Ces injections sont pratiquées à intervalles plus ou moins rapprochés selon chaque lapin ; on se base pour cela sur son aspect, sa température et son amaigrissement.
Par cette méthode, on peul conserver une souche de typhus historique par passages continus sur poumon de lapin. Le lendemain de l'inoculation intra-trachéale, la température de l'animal s'élève à ho° ou 40o°5, puis elle s’abaisse progressivement et l'animal succombe au 4° ou 5° jour. Il n’y a pas intérêt à trop précipiter l’évolution de la maladie expérimentale. Si l'évolution est trop brutale, l’animal mourant au 2° ou 3° jour, les poumons ne pèsent
que 12 à 15 gr. au lieu de 30 à 50 gr., poids moyen des poumons obtenus ordinairement. Aussi, diminue-t-on progressivement au cours des premiers passages les quantités inoculées ; de même les injections … bactériennes chauffées sont rendues moins fréquentes ou même sont suspendues.
= De plus, il est bon de sacrifier les animaux à la phase préagonique, pour éviter la dissémination des germes banaux qui se produit dans la circulation au cours des dernières heures qui précèdent la mort.